AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Julia Phillips (Autre)Héloïse Esquié (Traducteur)
EAN : 9782290222874
378 pages
Éditeur : J'ai Lu (26/08/2020)

Note moyenne : 3.63/5 (sur 35 notes)
Résumé :
Sur le rivage de la péninsule du Kamtchatka, aux confins de la Russie, deux petites filles disparaissent. L'enlèvement bouleverse les habitants : le coupable serait-il un étranger de passage ? Pire, l'un d'entre eux ? Comme une onde de choc, le trouble se propage et vient ébranler la vie de dix femmes dans leur quotidien, leurs amours et leurs rêves secrets, tandis que le puzzle de la disparition se reconstitue peu à peu... Dans un décor inoubliable, entre volcans, ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
Kirzy
  28 août 2019
°°° Rentrée littéraire 2019 #9 °°°
Presqu'île de Kamtchatka, aux confins de l'Extrême-Orient russe.
Le roman s'ouvre sur l'enlèvement de deux soeurs, onze et huit ans, un jour d'été, au bord d'une baie. Début classique pour un polar ou un thriller où le lecteur suivrait classiquement enquêteur, victime et criminel ... sauf que Julia Phillips est partie dans une toute autre direction. Ce n'est pas l'enquête ni sa résolution ( même s'il y en a une ) qui l'intéressent. Non, ce qui l'anime, c'est de parler des femmes du Kamchatka, de leur condition au sein d'une société en plein bouleversement : de l'isolement total durant la guerre froide, jusqu'à la lente ouverture actuelle qui enflamme et aggrave les tensions et les peurs endormies. L'auteure a vécu plus d'une année au Kamchatka, et on sent à travers ses mots la parfaite connaissance qu'elle en a .
La temporalité du roman court sur une année, chaque chapitre sur un mois, un mois pour mettre en scène un personnage féminin différent, touché directement ou très indirectement par la disparition des fillettes, comme un bruit de fond. Julia Phillips rend compte avec finesse et sensibilité du poids du patriarcat, du sexisme ordinaire, des relations familiales et amoureuses qui pèsent sur l'émancipation féminine, du racisme à l'égard des populations indigènes évènes ( peuple nomade de Sibérie vivant d'élevage des rennes et de chasse, la problématique est très proche du vécu douloureux des Amérindiens en Amérique du Nord ).
Chaque chapitre chante d'une voix claire et subtile les tragédies mineures ou majeures de la femme qui est en son coeur, comme un singulier huis clos au coeur du décor grandiose du Kamchatka. Celle qui m'a le plus touchée est Ksyusha, fille d'un éleveur évène, étudiante réservée et sérieuse, sous la coupe d'un petit ami blanc, elle se révèle à elle-même en tombant amoureuse d'un jeune autochtone comme elle, plus doux. Cette dizaine de portraits féminins - jeunes filles, mères, épouses, blanches, autochtones – finissent par résonner les uns avec les autres comme une ronde sororale , jusqu'à ne plus former qu'un seule femme, inscrite dans la société russe du Kamchatka. Au final la femme dans toute son universalité.
Et c'est là toute la prouesse narrative de Julia Phillips que de nous plonger dans les expériences émotionnelles de ces femmes entre douleurs et espoirs tout en faisant converger les indices parcimonieusement disséminés dans chaque chapitre jusqu'à une résolution. Lorsqu'elle arrive, franche et claire, dans les deux derniers chapitres, j'en ai été presque déconcertée tellement j'ai été hypnotisée par ces voix féminines.
Un premier roman puissant, sous tension douce, nimbé de mystères, peuplé de femmes inoubliables, déployé dans le décor inédit du Kamtchatka. La comparaison avec Laura Kasischke ( une de mes auteures préférées ), proposée aux Etats-Unis, me semble totalement justifiée.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          1019
Bazart
  10 décembre 2019
Un jour du mois d'août, alors qu'elles sont parties se promener toutes seules, deux fillettes disparaissent au bord du Kamtchatka, péninsule russe quasiment inaccessible, terre sauvage et inhospitalière.
Le drame n'en finira d'avoir un impact sur les habitants de ce secteur, et notamment sur douze personnages féminins liées plus ou moins directement à l'affaire. Toutes ces femmes liées d'une manière ou d'une autre, et les deux petites disparues sont toutes présentes dans leur discours et au cours des 12 mois suivant la disparition des fillettes vont livrer une part de leur mystère.
Raconté à douze voix, une par mois de l'année le premier roman Julia Phillips éblouit par sa construction et également par la façon dont la romancière qui a vécu un an au Kamtchatka réussit à rendre compte de cette l'atmosphère particulier de cet endroit perdu aux confins du monde.
On apprend à connaitre le peuple Évène qui habite dans cette région et Phillips parvient à mélanger approche ethnologique en nous montrant comment on peut vivre au Kamtchatka, de nos jours et la dimension du thriller liée à la disparition d'enfants au cours d'un huis clos prenant et intense.
Mine de rien, le récit raconte pas mal de chose sur la violence patriarcale, la charge mentale qui incombe aux femmes et l'impossibilité de faire le deuil.
Une tragédie à la fois noire et glacée pour un des grands premiers romans étrangers de la dernière rentrée littéraire.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          300
Litteraflure
  18 décembre 2019
Un thriller pas comme les autres ! Par son cadre, d'abord, le Kamtchatka, une péninsule devenue perméable à l'immigration des non russes. Julia Philips a pris les codes du genre et les a faits tous exploser. le criminel ? On ne sait pas rien de lui. Il a le profil du marginal, mais l'auteure ne s'étend pas sur sa psyché, en cherchant à comprendre, par exemple, en quoi une enfance malheureuse aurait pu le mener au crime le plus odieux. Les enquêteurs ? Une bande d'incapables dont les hésitations coupables et les incompétences sont aussi révoltantes qu'incompréhensibles. Les victimes ? Là encore, on a peu d'informations. le mobile ? Totalement inconnu ! le dénouement et la scène finale ? D'une désarmante discrétion. Alors de quoi ça parle ? de la manière dont les cercles (1°famille, 2°proches, 3°habitants du coin) absorbent le choc de la disparition de deux fillettes. Chaque chapitre est un mois de l'année, dédié à l'un de ces cercles – ce qui en fait un roman choral. Plus le temps passe, et plus on découvre à quel point cette affaire non élucidée a perturbé le quotidien de chacun, à en devenir obsédante, pathologique. La plus grande qualité de ce roman est aussi son défaut : la multitude des personnages impliqués. Chaque chapitre est presqu'un nouveau livre, ce qui demande un gros effort de concentration. On s'y perd un peu et puis, à partir de la page 250, accélération, la trame, avec tous ses fils tendus, se resserre, jusqu'à l'apothéose finale qui m'a prise de cours. Malgré quelques longueurs, c'est un thriller inattendu que vous n'oublierez pas de sitôt !
Bilan : 🌹
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          240
SagnesSy
  28 août 2019
Nous sommes dans le Kamtchatka, une péninsule aux confins de la Russie. En août, deux petites filles (la plus grande s'occupait de la plus jeune) disparaissent. Mois après mois pendant un an, à la manière d'un roman choral (mais sans une once de feel good) nous allons apprendre à connaître cette région. Chaque mois est consacré à une femme différente. Toutes ne se connaissent pas mais sont néanmoins liées d'une manière ou d'une autre, et les deux petites disparues sont dans leur esprit. C'est comment, de vivre au Kamtchatka, de nos jours ? Les petites sont-elles mortes ? Qu'est-ce qui s'est passé et pourquoi toutes ces femmes différentes ?…
Pour son premier roman Julia Phillips frappe très fort. Elle nous offre tout le suspens d'un roman policier tout en flirtant avec la nouvelle pour la forme et en soutenant le tout par un fond très solide : tenant de l'ethnologie et du social pur, elle parvient à nous émouvoir aux larmes (Revmira) avant de faire s'envoler notre rythme cardiaque. C'est une découverte assez éblouie, pour ma part, par le talent de l'autrice bien sûr mais aussi par celle du peuple Évène dont j'ignorais l'existence. Tendu, émouvant, effrayant et invitant avant tout au voyage et à la rencontre de l'autre, ce roman est ultra prenant.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          130
VincentGloeckler
  16 août 2019
Si l'on peut regretter la mauvaise traduction du titre (« Disappearing Earth », le titre anglais, soit sauf erreur « Une Terre en voie de disparition », ayant beaucoup plus de correspondances avec ce qui est narré dans le livre… Dommage !), « Dégels », premier roman de l'américaine Julia Phillips, à paraître fin août chez Autrement, est certainement l'un des textes les plus séduisants, les plus promis à succès de cette rentrée, d'une grande qualité littéraire, mais en même temps susceptible d'être recommandé au plus grand nombre de lecteurs. Autour d'un fait-divers, la disparition (en fait, leur enlèvement, raconté dans les premières pages du roman) de deux petites filles, des soeurs, sur la plage du centre-ville de la capitale du Kamtchatka (cette péninsule du bout du bout de la Sibérie russe, en face de l'Alaska, de l'autre côté du détroit de Béring, devenue à cause de la beauté des paysages un lieu de tourisme à la mode) et d'une enquête qui traîne en longueur, sans résultats, le roman évoque les répercussions de ces événements dans la vie d'une douzaine de femmes de la région, d'origines (russe ou de différents peuples indigènes), de conditions et de tempéraments très différents, mais parfois cependant liées par la famille ou le travail les unes avec les autres, dans douze chapitre correspondant aux douze mois de l'année qui suit. Mal-être professionnel, conflits dans leur couple, rêves brisés ou difficiles à réaliser, disputes d'adolescents, chacune vit une situation de tensions et l'écho de la disparition des deux gamines ajoute une touche d'angoisse supplémentaire à leur fragilité ou fait évoluer, même discrètement, leur existence. Une douzaine de destins pour une image de la condition féminine, des humiliations et des dangers qui pèsent sur elle, et tout cela au milieu d'une nature de rêve, pourtant elle-même menacée… Car ce roman, magnifique, est aussi celui du Kamtchatka, ses glaces et ses ours, un territoire que l'on sera amené à retrouver dans le texte de Nastassja Martin, " Croire aux fauves ", si attendu chez Verticales au mois d'octobre !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          70

Citations et extraits (2) Ajouter une citation
BazartBazart   10 décembre 2019
Maintenant après une chance durable, Valentina est rattrapée par sa propre mort. C'était une idée folle, mais n'était elle pas vraie?Le médecin de la clinique avait dit qu'il ne pouvait pas s'en occuper.C'était un cancer. Etait ce un cancer? Si c'était un cancer ne l'aurait il pas dit?
Commenter  J’apprécie          80
SagnesSySagnesSy   28 août 2019
Elle se haïssait tellement que ses dents lui faisaient mal.
Commenter  J’apprécie          10

Video de Julia Phillips (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Julia Phillips
Dégels - Julia Phillips
autres livres classés : kamtchatkaVoir plus
Notre sélection Polar et thriller Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox




Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (6 - polars et thrillers )

Roger-Jon Ellory : " **** le silence"

seul
profond
terrible
intense

20 questions
1958 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , thriller , romans policiers et polarsCréer un quiz sur ce livre

.. ..