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ISBN : 2742741143
Éditeur : Actes Sud (03/01/2003)

Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes)
Résumé :
On pourrait enfin signaler ce qu'il y a de tendre et de dérangeant dans la poésie de René Philoctète. À un moment où l'on prend le parti de délocaliser les individus, les discours comme les entreprises, de réduire l'aventure poétique à un jeu formel sans portée ni proposition, la poésie de Philoctète cherche ailleurs sa modernité. Dire je : " moi, René Philoctète, poète et citoyen " ; dire de vastes ensembles : Haïti, la Caraïbe, la terre entière. Être d'un seul ten... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Piatka
  17 avril 2014
Par hasard, ces " Poèmes des îles qui marchent " sont venus jusqu'à moi. Lyonel Trouillot fut le passeur, auteur de la préface aussi sensible qu'instructive, dont j'avais appréciée la magnifique Parabole du failli paru à la rentrée 2013 et qui m'a menée jusqu'à René Philoctète ( 1932-1995 ).
Né à Jérémie, Haïti, il est l'auteur d'une dizaine de recueils de poèmes, quatre pièces de théâtre, trois romans, un recueil de nouvelles et, si j'ai bien compris, une masse encore importante de manuscrits non publiés.
De Haïti au reste du monde, ses poèmes se propagent doucement grâce à une voix chaleureuse, généreuse, revendicative aussi, ancrée sur son île pour mieux partir à la conquête de l'universalité des sentiments humains, comme le montre les derniers vers de Promesse :
" Maintenant que le jour s'installe, voici qu'un peuple nouveau-né, porteur de braise et de verdure, voici qu'un peuple nouveau-né dévale les pentes de clarté.
Et moi, poète et citoyen, je rentre dans la foule, parmi les feux de joie et le chant des bannières. "
Ou du poème Petite note :
" car moi, poète, j'ai le pouvoir de posséder la vérité de mon pays. "
Cette courte anthologie de poèmes, articulée autour de fragments des recueils Les Tambours du soleil, Margha ( son épouse ), Ces îles qui marchent, Et cætera, et le texte intégral de Promesse est aussi une ode à l'amour, sa femme, sa terre, comme le résume ce vers du recueil Margha :
" Notre amour est un épi de l'immense moisson de l'homme "
Que voulez-vous, des îles qui marchent ne vont pas vite malgré tout pour atteindre la célébrité. C'est ainsi que je me plais à imager la notoriété balbutiante en dehors des Caraïbes de ce poète moderne, qui grâce à des mots simples agencent des compositions qui touchent au coeur. Coeur, un mot qu'il sème sans retenue dans presque tous ses poèmes. Touchée !
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   02 avril 2014
URGENCE DE LA POÉSIE

J’aurais pu vous parler des splendeurs des matins
arraisonner le ciel mettre l’aube en bouteille
agencer à ma guise un nuage en château fort
créer un temps de fête où flamboient des baisers

D’un seul battement de coeur j’aurais pu vous porter à ne plus concevoir
la vie dans ses vérités propres
à manger les fruits d’or d’une saison céleste
inventer une mer où tremblent à l’infini des feux inexprimables

J’aurais pu par ma voix étoiler des nuits pâles
entretenir le vin des délices aveugles
bâtir un pays rose où des femmes de gemme lissent leur chevelure
à l’encens de la lune

J’ai tout un atelier où des ornements sont rangés pour un cortège fabuleux
avec l’écho des cymbales le jour brûlant des pierreries la turbulence des couleurs
et des peuples pleins de foi qui roulent comme des vagues aux fêtes d’eau

Si j’appelle mes mots à vous rouer de vertiges ils viendront par brassées,
comédiens fabuleux d’un théâtre féerique,
changer les fleurs de la passion en paupières d’anges soûles
et jouer de la flûte à des soleils décapités

Mais mon rêve se glace comme un caillot de sang
Car quiconque dans la nuit pleure sur la ville et sur son coeur
saigne en moi

Quiconque n’a pas de feu pour grandir son amour
le protéger contre l’oubli contre la mort
s’éteint en moi

Quiconque attend vainement quelqu’un pour aimer ou pour lutter
et sans sourciller remonte sa montre
espère en moi

Alors
sans à-peu-près et sans ambages
cassant l’aile au lyrisme des natures mortes et des vertiges
je proclame l’urgence de la poésie comme témoin à charge
dans ce procès permanent des hommes
contre l’Homme…
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PiatkaPiatka   03 avril 2014
L'Homme n'est jamais seul alors que je vous parle et
que vous
m'écoutez
il fait causette avec la vie devenue sa servante
Le bois le pain le feu sont à sa table et le ciel rentre
libre par les
fenêtres ouvertes
C'est beau ce que je dis mais vous n'y croyez pas
C'est dommage de ne pas voir que la terre se recrée
et se fait
notre alliée
bien triste de savoir que vous désespérez du bonheur
Moi je marche
tant que je marche je sais que les roses se multiplient sur mon passage

Les Tambours du soleil ( 1962 )
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PiatkaPiatka   03 avril 2014
Écrire comme si tout s'animait autour de soi d'un vaste chant, d'un feu multiple, comme si chaque objet se déplaçait, prêt à vous rendre le témoignage de sa présence.
Écrire pour être deux, pour être mille et savoir qu'au bord de la lampe où vous vous consumez, il y a d'autres têtes à se regarder, d'autres bouches à se prendre et qu'au bout du compte votre chaleur se multiplie.
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PiatkaPiatka   06 avril 2014
Je suis venu vers toi
nu
et sans bagages
tu m'as offert des fêlures de ciel tombées sur tes doigts
tu m'as donné les gemmes de ton rire
et le bocage de tes baisers

Je ne demande rien
ma vie s'attarde aux nids
et cueille à l'oiseau des tranches de levant

Je ne demande rien
Je veux avoir un rossignol à la croisée
quand le pain est au four
avoir chaud dans mes draps si la chambre est trop froide

Je ne demande rien
Je veux des fleurs aux portes
des jouets pour les enfants et des tables chargées

Je suis venu vers toi
J'ai mouillé l'ancre dans ton golfe
Margha de tous les bras tendus pour la récolte
je suis venu vers toi
tu m'as donné mes mains ma force ma raison
+ Lire la suite
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PiatkaPiatka   17 avril 2014
L'homme m'envoie vers vous
alors je vous attends
prenez tout ce qu'il faut prenez tout ce qu'il vous faut
n'oubliez pas le cœur c'est l'instrument suprême pour
faire la
route ensemble.

Les tambours du soleil ( 1962 )
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