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ISBN : 2812603135
Éditeur : Editions du Rouergue (04/01/2012)

Note moyenne : 2.67/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Le chiffre, ce sont les initiales que la grand-mère de l'auteur brodait sur le linge de ses enfants, au début du siècle dernier... Annabelle, l'ainée de la fratrie, tient salon à Maillac, petite ville industrielle où l'on joue au rugby depuis toujours, au golf depuis peu, et dont l'auteur nous raconte la prospérité d'après-guerre, puis la chute, à l'orée des années quatre-vingt. Ses soeurs sont devenues infirmière, religieuse, professeur de piano et forment avec ell... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
keisha
  17 novembre 2012
Il y a un mystère Piazza. Moi qui déteste en général ces romans trop inspirés par la vie d'un auteur, j'ai dévoré cette chronique façon puzzle à la chronologie vagabonde axée sur les quatre tantes de l'auteur, Annabelle, Armelle, Alice et Angèle. le lecteur traverse un vingtième siècle et ses évolutions, particulièrement dans cette petite bourgeoisie. Oncles et neveux, gendres et beaux frères, grand-pères restent en arrière plan. Rien de sensationnel ne survient, pas de folie, d'inceste, de catastrophe, mais Piazza transforme la banalité grâce à son regard lucide et détaché. Non, on ne saura rien de ses états d'âme, de ses interventions. Son affection pour cette famille est palpable et il ne prend pas parti. Pourtant ces soeurs ont parfois leur caractère, leurs défauts et leurs manies!
A feuilleter les romans de Piazza, on peut hésiter : c'est dense, pas de dialogues pour aérer les pages. Mais une fois lancée dans une de ses (longues) phrases, je suis accrochée et l'élégance de la langue me berce et m'entraîne...
"Mon père, prenant livraison, dans la semaine qui suivit, d'une nouvelle voiture, fut étonné de ne pas voir, après l'interminable et minutieux examen qui exaspérait d'ordinaire le concessionnaire et les vendeurs réunis derrière lui et à l'issue duquel il il réglait le solde dû à la livraison, l'orifice ombilical et familier qui, au moment de prendre la route, le sauvait éventuellement de la paralysie ou de la pluie. En réalité, Renault avait depuis peu supprimé la manivelle ancestrale et sommaire et fait naître la voiture moderne, docile et exempte de pannes, et les lourds ahans des citadins congestionnés rejoignirent dans un vent archaïque et froid les cris de paysans poussant leurs bêtes."
Lien : http://enlisantenvoyageant.b..
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michelekastner
  06 mai 2012
Un long texte à l'écriture travaillée pour raconter pêle-mêle les souvenirs et les portraits de famille du début du siècle à nos jours : les quatre tantes (religieuse, infirmière militaire, professeure de piano, épouse d'industriel), les liens qui les unissent, les petites manies, les frasques, les actes de résistance, mais aussi les penchants de certains pour le maréchal Pétain, la longue prospérité de la petite ville industrielle où vécut la famille, l'usine administrée par le beau-frère avant les difficultés dues à la concurrence. Je n'avais pas été captivée par "La route de Tassiga" qui m'avait ennuyée, mais Antoine Piazza développe un réel talent d'écrivain dans ce texte touffu.
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pilyen
  31 janvier 2012
Après avoir vraiment aimé un précédent livre "Les ronces" en 2006, je lis régulièrement Antoine Piazza. Avec plus ou moins de bonheur il faut dire. "La route de Tassiga" ne m'avait guère emballé et "le voyage au Japon" m'avait beaucoup plus intéressé par son côté récit de voyage.
Avec "Le chiffre des soeurs", l'auteur continue d'explorer sa vie et c'est cette fois-ci se retourne vers le passé pour nous parler de sa famille et surtout de ses tantes.
La première chose qui impressionne quand on ouvre un livre d'Antoine Piazza, c'est la densité de l'écriture. Densité, pour l'oeil, car, son texte est absent de tout dialogue, ce qui donne une vision très touffue de chaque page. Mais se plonger dans la lecture est un réel bonheur car il y a un vrai talent d'écrivain, qui déploie des phrases amples et profondes, au fort pouvoir d'évocation, arrivant en quelques mots à cerner un univers, un sentiment.
Ici, l'écriture est au service d'un projet ambitieux : raconter à travers la vie de ses quatre tantes Annabelle, Alice, Armelle et Angèle, l'histoire, l'opulence d'une ville prospère et de ses habitants, des années trente aux années soixante et son lent déclin à la fin du siècle dernier. Ou comment à partir d'un matériel très personnel, arriver à généraliser, ouvrir la boîte aux souvenirs de son lecteur tout en racontant une France aujourd'hui disparue.
Pour ma part, c'est pas mal réussi. On sent un reste de naphtaline sur les vêtements, les bois cirés, on voit les napperons en dentelle sur la table du salon, on se courbe à cause la vie codifiée et rigidifiée par les bonnes moeurs et le qu'en dira-t-on. Pourtant, le passé rejaillit sans aucune nostalgie. On sentirait même une légère ironie pour tous ces personnages qui semblent avoir trouver une vraie liberté d'esprit que dans la dernière partie de leur vie, une fois que les convenances n'eurent plus autant d'importance.
la fin sur le blog :
Lien : http://sansconnivence.blogsp..
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loofiebrod
  16 avril 2013
Un peu longuet pour en arriver finalement là! Des personnages pas vraiment attachants, des anecdotes sans lien juxtaposées les unes après les autres.
Cependant une belle écriture, des personnages bien campés rendent se livre agréable.
Chacun pourra retrouver dans les anecdotes ses propres histoires de famille et sourira au détour d'une page en se disant "Ah oui le skaï des voitures", "Pépé et Mémé n'étaient pas marié eux aussi quand l'aîné est né".
Pour les mauriennais, un superbe chapitre sur Bessans et les montagnes environnantes.
Bref agréable si vous n'avez rien d'autre à vous mettre sous la main
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Gwordia
  13 avril 2012
En véritable passionnée des fresques familiales, je me suis jetée corps et âme dans cette lecture prometteuse... selon l'éditeur. Au final, j'ai la même sensation qu'en ayant lu Comme une ombre de Michel Schneider : il est difficile de captiver quelqu'un d'autre que soi (ou son entourage) avec l'autobiographie. Et même quand le style est infiniment maîtrisé comme dans Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan, j'ai du mal à accrocher. L'exercice périlleux se révèle une nouvelle fois un échec à mes yeux. Je me suis ennuyée. J'ai eu la sensation de contempler des anecdotes posées çà et là, sans véritables liens si ce n'est celui du sang. Décidément, le cru 2012 se révèle un peu fade jusqu'à présent.
Lien : http://gwordia.hautetfort.co..
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critiques presse (2)
Lexpress   03 février 2012
A travers le portrait d'une famille, Antoine Piazza écrit une part oubliée de l'histoire de France.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   25 janvier 2012
L'auteur bouscule la chronologie, recompose avec un goût proustien le puzzle familial, se révélant une fois encore un merveilleux explorateur du temps perdu, doublé d'un chroniqueur plein de malice.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
michelekastnermichelekastner   06 mai 2012
J'étais arrivé quand mes tantes, pour s'asseoir, opéraient un laborieux ballet devant l'étroit canapé qu'elles rejoignirent à la façon de ces avions de chasse qui se détachent un à un de leur escadrille pour piquer vers leurs cibles. Comme je n'étais pas grand et que je me présentais au moment où les quatre femmes commençaient leur manoeuvre, l'une ayant trouvé sa place, une autre amorçant sa descente, les deux dernières tournant encore, la première chose que je vis d'elles ne fut pas leur visage mais leurs cuisses charnues alignées sur le canapé comme des pièces de viande sur leur étal, et au milieu desquelles, trônant comme un officier au milieu de ses soldats, Nabelle affichait la toile opaque de ses bas galonnés de jarretelles qu'elle portait en toute saison. Alors que, en s'asseyant, la plupart des femmes s'arrangeaient d'ordinaire pour ramener le bord de leur jupe sur leurs genoux serrés, mes tantes livraient à la vue de tous la prolifération de leurs cuisses additionnées et, à quatre reprises, parce que les bustes et les visages étaient enfoncés dans les profondeurs du canapé et que mes tantes n'avaient pas bougé pour que je pusse les embrasser facilement, je dus plonger mon corps d'enfant dans la croisée obscure de ces jambes mal refermées et m'imposer une interminable apnée pour échapper à des odeurs de femmes mûres compliquées de transpiration et d'un peu d'incontinence.
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keishakeisha   17 novembre 2012
Mon père, prenant livraison, dans la semaine qui suivit, d'une nouvelle voiture, fut étonné de ne pas voir, après l'interminable et minutieux examen qui exaspérait d'ordinaire le concessionnaire et les vendeurs réunis derrière lui et à l'issue duquel il il réglait le solde dû à la livraison, l'orifice ombilical et familier qui, au moment de prendre la route, le sauvait éventuellement de la paralysie ou de la pluie. En réalité, Renault avait depuis peu supprimé la manivelle ancestrale et sommaire et fait naître la voiture moderne, docile et exempte de pannes, et les lourds ahans des citadins congestionnés rejoignirent dans un vent archaïque et froid les cris de paysans poussant leurs bêtes.
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