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ISBN : 2714310893
Éditeur : José Corti (06/09/2012)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Révulsé par une société qu'il juge débile et décervelante, le personnage de ce livre assume sa réputation d'hurluberlu : «Comme le monde serait ennuyeux si on se contentait de le prendre au pied de la lettre ! J'ai toujours pensé qu'il fallait dépayser les choses pour se dépayser soi-même.» Il le fait ardemment, avec la conscience ironique et aiguë d'être ce qu'il est, un rêveur philosophe en rupture avec les routines sociales.
Pendant quelque temps, il vit s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Danieljean
  28 juillet 2016
Méditation buissonnière – quoique menée dans un contexte urbain –, ce livre est pourtant moins désinvolte qu'il n'y paraît, habité tout du long par une angoisse que résume parfaitement cette phrase de Rilke citée par l'auteur : « On arrive, on trouve une existence toute prête, on n'a plus qu'à la revêtir. »
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
DanieljeanDanieljean   28 juillet 2016
Ainsi, j’ai vécu quelque temps sur un toit d’immeuble parisien. J’y avais installé un matelas mousse, un duvet, une table, une chaise de camping, un réchaud à gaz et quelques livres dans une caisse en guise de bibliothèque. Ma parole, je crus bien avoir trouvé ma vraie place dans cette vie. Je dormais dans les nuages, je me réveillais dans les premières dorures du soleil. Au loin, la tour Eiffel perçait la brume. Tandis que je me préparais un café, des pigeons et des moineaux se disputaient les miettes de mon repas de la veille. J’entendais la rumeur lointaine des voitures et je me disais qu’il n’est nul besoin de machines et d’écrans pour jouir du moment qui passe. Je crois n’avoir jamais si bien regardé le ciel que depuis mon observatoire. C’est que j’étais dans le ciel lui-même, pris dans son drapé gris et ses humidités printanières. En bas, nous sommes comme des égarés. Tout est fait pour nous faire penser à autre chose qu’à notre vérité d’êtres vivants. Tout nous soucie, nous accapare, nous maintient dans l’anesthésie de la routine ou dans une trépidation stérile et angoissée. Comparativement, ce toit abandonné aux oiseaux valait un royaume. Pourtant, la vue n’avait rien de romantique : on apercevait d’autres toits couverts d’antennes, des cheminées délabrées, des murs d’une saleté pisseuse ou grisâtre, des cours ouvertes comme des puits sinistres, des fenêtres donnant sur des escaliers ou des appartements que l’on aurait pu croire inhabités. Mais je m’y trouvais en accord avec moi-même. C’est une épreuve à laquelle chacun peut se livrer. Que valons-nous quand nous ne sommes plus directement conditionnés par notre milieu ? Quand nous ne cédons plus à la facilité de nous laisser conduire par des rapports de force que nous ne maîtrisons pas ? Quand les petites tricheries et les grandes frimes n’ont plus de raison d’être ? Tout individu dispose de ressources personnelles, généralement inexploitées par inconscience ou par paresse, peut-être aussi par pudeur, par peur ou par simple préjugé.

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DanieljeanDanieljean   28 juillet 2016
Depuis longtemps, j’ai acquis une réputation d’hurluberlu. Être considéré ainsi n’a rien de dégradant. L’hurluberlu est un personnage plutôt sympathique dans notre folklore social. Il n’agit pas comme tout le monde, il ne comprend pas le langage commun, il vit dans un monde parallèle. Dans le meilleur des cas, il ne porte tort à personne et n’abîme que sa propre réputation. Mais comme il sait à peine de quoi il s’agit, ça ne tire pas à conséquence. Le dictionnaire m’apprend que je suis un type extravagant qui agit d’une manière bizarre et inconsidérée. Je suis tout prêt à le croire. Je peux tout aussi bien croire le contraire au bénéfice de ma liberté d’échapper aux codes et aux modes débiles qui sévissent dans notre société. Si la société est folle, d’une folie sans issue, agressive et mesquine, rien ne doit nous retenir de lui tirer la langue ou de lui faire un bras d’honneur. Pour ma part, je crois plutôt à la solution malicieuse. À l’occasion, je pratique volontiers le rire, voire la cocasserie. Il m’arrive de faire des jeux de mots sans les regretter. C’est une hygiène comme une autre dont l’intérêt ne semble pas avoir été perçu par les faiseurs de traités métaphysiques. Comme le monde serait ennuyeux si on se contentait de le prendre au pied de la lettre ! J’ai toujours pensé qu’il fallait dépayser les choses pour se dépayser soi-même. En brouillant un peu les contours au lieu de suivre passivement le trait, on s’ouvre des perspectives plus excitantes sur la réalité. Je ne sais pas si une considération de ce type recevrait le suffrage des contemporains. Notre époque est lourde comme jamais, elle s’épuise dans un prosaïsme déprimant. Mais elle présente au moins l’avantage de s’intéresser frénétiquement à elle-même, grâce à quoi chacun peut lui rendre la pareille en butinant de son côté, en toute indépendance d’esprit.
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Georges Picard : Tout le monde devrait écrire
A la Cité Internationale Universitaire de Paris, Olivier BARROT reçoit Georges PICARD pour son livre "Tout le monde devrait écrire", un essai qui parle du bonheur d'écrire.
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