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ISBN : 9791022403085
Éditeur : Michel Lafon (06/09/2018)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 80 notes)
Résumé :
Sage Singer est une solitaire. Elle dort le jour et travaille la nuit dans une boulangerie, où elle oublie les blessures de la vie en pétrissant le meilleur pain de la ville.

Quand elle rencontre Josef Weber, un vieil homme insomniaque, Sage a enfin le sentiment d’avoir trouvé quelqu’un à qui se confier.

Malgré leurs différences, chacun devine les cicatrices intimes de l’autre, et une amitié inattendue voit le jour.

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Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
Analire
  09 septembre 2013
Wahou, wahou, wahouuuu, ce livre est une perle rare, un objet précieux à découvrir absolument, et à conserver précieusement. C'est un énorme coup de coeur, un roman PAR-FAIT, comme il n'en existe que trop peu.
Tout d'abord, je suis directement tombée sous le charme du visuel de la couverture de Pardonne-lui. Dans des tons assez clairs, elle semble représenter le bonheur, la douceur... mais que nenni ! Il ne faut pas se fier aux apparences, qui sont, dans le cas de ce roman-ci, très fausses.
L'histoire est sombre, très sombre. Elle ne fait pas partie des romans noirs, mais presque. le récit dépeint est atroce, il est parfaitement horrible, mais décrit de manière très réaliste. Jodi Picoult nous raconte une histoire fictive, avec un fond de vérité. Les événements racontés se sont réellement déroulés, mais pas de la même manière.
Au début du roman, nous faisons la connaissance de Sage Singer, qui mène une triste vie solitaire, enfermé toutes les nuits dans la boulangerie dans laquelle elle travaille. Elle se rend quotidiennement dans un groupe de soutien, pour pouvoir surmonter le décès de sa mère, il y a quelques mois de ça. Un beau jour, elle fait la rencontre d'un vieil homme, qui se dit s'appeler Josef Weber, qui lui demande de l'aider à mourir, tant les crimes qu'il a commis dans le passé, dit-il, sont affreux. Très prochainement, Sage va découvrir que Josef a été un ancien SS, qui a supervisé les directions dans un camp de concentration de juifs, durant la Seconde Guerre mondiale, Auschwitz. Sage, elle-même juive du côté maternel, va aller questionner sa grand-mère pour en apprendre davantage sur les horreurs perpétrés par les SS durant cette horrible guerre. Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir que Minka, sa mamie, cache, depuis très longtemps un atroce secret : elle a elle-même été détenue à Auschwitz.
Entre faits réels et avérés et fiction, Jodi Picoult arrive à nous plonger totalement dans son récit. Cette Seconde Guerre mondiale a été la plus violente, la plus affreuse et sans doute l'une des plus meurtrière guerre qui s'est déroulée dans le monde. Tout le monde connaît un tant soit peu l'histoire d'Hitler et des juifs qu'il maltraite dans les camps de concentrations et d'exterminations. On ne peut que ressentir du dégoût et de la haine à cette évocation et à la seule pensée de toutes les choses que ce pauvre peuple a du vivre.
Dans Pardonne-lui, Jodi Picoult nous raconte, vu de l'intérieur, l'horreur de cette guerre. Dans un première temps, on se place dans le personnage de Josef, le SS chargé de surveiller et/ou de tuer les juifs. On peut alors découvrir toutes les émotions qu'il ressentait durant ce laps de temps, les pensées qui lui venaient en premier lieu, avant de tuer plusieurs dizaine de milliers d'innocents.
Et dans un second temps, notre auteure nous place en temps que victime, dans la peau d'une jeune fille juive, Minka, retenue dans un camp de concentration. Beaucoup de sentiments se mélangent, tous plus horribles les uns que les autres. On ressent de la pitié pour ces pauvres jeunes filles, de la colère vu l'état dans lequel elles sont retenues, de la peur pour leur triste existence, et du mépris à l'encontre de leur bourreaux.
De cette façon, nous pouvons voir deux points de vu différents concernant cette partie de l'Histoire. Mais ce n'est pas tout. Jodi Picoult nous montre également l'après de cette guerre, des années plus tard, et nous fait pénétrer dans l'existence et la conscience de ces deux personnes, rescapés ou non, de cette rafle. On peut voir que ces quelques années ont bouleversées leur vie à jamais, marqués par l'horreur et l'atrocité des choses qu'ils ont vus ou vécus. Pas un jour ne se lève sans qu'ils ne pensent à cette partie-là de leur vie. Entre remords, regrets, peines, colères... l'auteure nous montre que personne ne peut ressortir indifférent de cette guerre.
En écrivant ce roman, je pense qu'elle a voulut nous rappeler une nouvelle fois, l'inhumanité dont est capable l'être humain.
Ce roman, très complet concernant toutes les rafles, ainsi que les conditions de concentration des juifs, et leur sort, ne peut qu'émouvoir le lecteur. Avec un profond réalisme, Jodi Picoult arrive à nous toucher, encore une fois, avec brio. J'étais au bord des larmes à plusieurs reprises consécutives. Impossible de lâcher ce livre, il est tellement fort et vrai qu'on a l'impression d'être ancré dans l'histoire, et de vivre réellement ces événements-ci.
A l'image du roman Elle s'appelait Sarah écrit par Tatiana de Rosnay, Jodi Picoult fait un coup de maître, en abordant de différentes façons cette abominable guerre. Je ne peux que tirer mon chapeau à cette auteure, qui a parfaitement réussi son coup. Bravo, je le conseille à toutes et tous ! Une chose est sûre ; je ne l'oublierais pas de sitôt... tant certaines choses m'ont choquées.
Lien : http://addictbooks.skyrock.c..
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Bonheur_Lecture
  03 novembre 2013
Et un de plus à ma collection… Et quelle merveille en plus !
Lorsque j'ai vu sur Babelio ce nouveau roman sur la Seconde Guerre Mondiale, je n'ai pu m'empêcher de l'ajouter dans mon pense-bête, cette fameuse liste dont j'essaye de me servir à chaque petite promenade hebdomadaire à ma librairie. Puis, je suis tombée dessus lors de mon « travail de fouine » dans les rayons, pour dénicher la perle rare.
Premièrement, avant même de lire la quatrième de couverture, c'est la couverture elle-même qui m'a attiré, moi qui n'est pas l'habitude d'acheter des livres grand format. Ce rose, qui n'est pourtant pas ma couleur préférée, ces vieux ouvrages ainsi que cette écriture enfantine pour nous présenter le titre du roman m'ont complètement charmé.
Vint le tour de la quatrième de couverture. Elle non plus ne m'a pas laissé indifférente, et j'ai décidé de me laisser tenter. Autant vous dire que je ne regrette absolument pas.
Dans la première partie du roman, nous rencontrons Sage Singer, boulangère américaine. C'est une jeune femme au passé triste, dont elle a du mal à se défaire. En effet, elle est orpheline, ayant perdu son père il y a quelques années et sa mère il y a quelques mois. Sa vie se résume à son travail de nuit à la boulangerie, où elle fait du pain d'exception, mais aussi à sa vie cachée avec Adam, un homme marié, avec qui elle entretient une relation extra-conjugale. Sage fréquente aussi un groupe de soutien, comme il en existe beaucoup aux Etats-Unis, pour l'aider à surmonter le décès de sa mère. Un jour de pluie, une personne va venir se mettre au chaud dans la boulangerie de Mary, la patronne et amie de Sage. Il s'agit d'un homme qui assiste aux réunions du groupe de soutien. Il prétend s'appeler Joseph Werber et au fil de ses discussions avec Sage, il va lui demander quelque chose d'impensable : l'aider à mourir. Sage, qui alors ne comprend pas sa demande, va « enquêter » sur ce mystérieux homme qu'est Joseph Werber et va faire une macabre découverte, Joseph Werber est un ancien nazi qui a été directeur du camp de concentration d'Auschwitz ! Avec l'aide de Léo Stein, un agent qui se charge de traquer les Nazis en Amérique, peu importe leur âge, elle va se battre pour faire reconnaître Joseph Werber, ce vieil homme de plus de quatre-vingt-dix ans que tout le monde apprécie à sa juste valeur : un monstre.
Après avoir mené sa propre enquête, Sage Singer décide d'interroger sa grand-mère, Minka qui a connu cette Seconde Guerre Mondiale et là encore, elle va découvrir que sa grand-mère est en fait une rescapée d'Auschwitz.
La deuxième partie du roman se concentre donc sur le récit de Minka, grand-mère de Sage. Elle raconte pour la première fois son histoire, qu'elle a tenté d'oublier toute sa vie. Tout prend donc un sens pour Sage, elle comprend pourquoi sa grand-mère portait des pulls, été comme hiver, avec un seul but : cacher son tatouage sur son avant-bras. Et Minka raconte, sans jamais s'arrêter, l'enfer de sa déportation. D'abord sa vie dans le ghetto, puis l'arrestation de son beau-frère, la déportation de sa mère. Puis, la mort de son neveu, celle de sa soeur, et enfin, la déportation de son père et la sienne, qui ont eu lieu en même temps.
Vint la vie au camp de concentration d'Auschwitz, le travail, la survie, les conditions difficiles, la solidarité entres juives, puisque la seule raison de leur présence ici était d'être d'origine juive.
Lors de la première partie de ce roman, je dois avouer que je n'étais pas littéralement envoutée. Pourquoi ? Parce que tout simplement, tout était trop romancer à mes yeux. Après tout, me diriez-vous, c'est un roman, pas un témoignage. Je vous répondrai que vous avez entièrement raison et c'est pourquoi j'ai continué ce livre, et que je n'en suis pas déçue.
Au contraire, la deuxième partie m'a totalement déstabilisée. Comment, dans un roman, pouvait-on faire ressentir autant d'émotion ? Comment, dans du fictif, pouvions-nous ressentir autant de réalité ? Parce que pour moi, dans cette deuxième partie du roman de Jodi Picoult, j'ai pu entrer totalement dans l'histoire de Minka, j'étais avec elle durant cette période, je l'ai accompagné du mieux que j'ai pu. Je n'ai pas pu m'empêcher de tourner les pages, sans m'arrêter, et même si ce roman ne m'a pas rien appris de nouveau, il m'a une fois de plus marqué.
C'est dans un roman comme Pardonne-lui que l'on voit le lien très fin entre fiction et réalité. C'est dans un roman comme celui-là qu'on voit qu'écrire sur des sujets comme celui-là n'est pas donné à tout le monde. Parce que derrière ce roman se trouve de nombreuses heures de travail pour comprendre, pour écrire une histoire fictive sur un sujet qui est encore dur à accepter. Et pour ça, je remercie l'auteur.
Le titre et l'histoire nous emmène dans une réflexion toute autre sur le pardon et voici ma réflexion personnelle pour terminer cette critique : « Faut pardonner, non ? Rendre le bien pour le mal… C'est dans les Saintes Ecritures. – Pardonner ? Pour ensuite recommencer ? » Jean Pellerin. Au risque de choquer, c'est exactement mon ressenti, vu la conjoncture actuelle.
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PrettyYoungCat
  13 février 2019
Sage est une jeune boulangère repliée sur elle-même et qui porte en elle une blessure, une honte : celle de se sentir responsable de la mort de sa mère. Comme le reflet de son âme rongée, elle affiche sur son visage une terrible cicatrice comme l'empreinte indélébile de son passé.
Un vieux monsieur, client de la boulangerie, effacé et doux, toujours accompagné de son teckel qu'il gâte de viennoiseries est lui aussi prisonnier de son passé. Josef Weber apprivoisera Sage et deviendra son ami.
Un jour, Josef lui demande une faveur hors du commun : il prie Sage de le tuer. Il ne supporte plus la culpabilité et les regrets qui l'accablent et ne voit qu'une manière de s'en libérer. Il confiera alors à Sauge les secrets de son passé...
Mais qu'a-t-il à se faire pardonner ?
Et peut-on tout pardonner ?
A qui le pardon profite-t-il ?
Jodi Picoult nous offre des ébauches de réponses mais nous laisse toutefois trancher avec notre conscience et notre réflexion.
Malgré quelques imperfections, j'ai réellement apprécié ce livre dont les 650 pages se lisent comme on boirait du petit lait : ça glisse en douceur et on y revient.
La forme est agréable, les personnages ont un relief qui nous les rend vivants, la partie historique sonne juste et est parfaitement documentée.
Encore un très bon moment en compagnie de cette auteure (même si l'histoire en elle-même est assez sombre... mais je préfère ne pas trop vous en dire, mais sachez que les ténèbres sont aussi éclairés de lumière) dont j'avais adoré "La tristesse des éléphants" et dont je me réjouis de lire le très prometteur "Mille petits riens".
Sans conteste, un livre qui réunit réflexion et émotions et qui trouvera bonne place dans votre bibliothèque.

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argali
  26 septembre 2013
Romancière américaine, Jodi Picoult a une vingtaine de romans à son actif. Douée pour raconter des histoires aux ramifications multiples, elle nous emmène avec ses personnages dans l'Amérique d'aujourd'hui et l'Europe des années de guerre. A travers ce roman choral qu'elle a divisé en trois parties distingues, elle alterne les points de vue d'un tortionnaire, d'une victime et de la petite fille de celle-ci.
Alors que certains survivants éprouvent le désir de raconter ce qui s'est passé comme si cela donnait un sens à ce qu'ils ont subi, Minka, la grand'mère de Sage n'a jamais voulu. Jadis écrivain, elle s'est refusé à s'y résoudre, estimant que les mots, tant galvaudés, n'avaient plus le relief nécessaire pour traduire les émotions intenses ressenties durant ces terribles années. le roman qu'elle écrivait quand tout a commencé et qu'elle a poursuivi, servira de fil rouge à l'histoire. Il évoluera en fonction de ses lecteurs et des faits tragiques qu'elle vivra, devenant peu à peu la métaphore de sa vie.
Sage, la petite-fille de Minka, l'amènera pourtant à se confier alors qu'elle-même est en questionnement et en plein doutes sur sa propre vie, depuis les révélations bouleversantes de son ami Josef.
Si le récit ne réserve pas de grosses surprises et ne nous révèle rien de neuf sur la Seconde Guerre mondiale et la vie dans les camps, il ébranle par la question qui sous-tend le roman : « Peut-on pardonner l'impardonnable ? »
Si ceux qui ont perpétré ces meurtres ne l'ont jamais regretté, pourquoi devrait-on leur pardonner ? Est-ce à nous d'accorder notre pardon ou à leurs propres victimes ? le pardon collectif ne vaut-il rien sans pardon individuel ? Et la vengeance est-elle justice ? …
Jodi Picoult n'apporte pas de réponses. A chacun de se forger ses propres convictions, de construire ses réponses face à ce dilemme moral. Et c'est là toute la force de ce roman qui nous renvoie face à nous-mêmes. L'auteure nous invite à nous positionner en n'imposant pas sa propre lecture des faits. Ainsi, le bourreau évoque-t-il les événements qui l'ont entrainé dans cet engrenage infernal. On ne peut qu'être touché par ce témoignage qui met sa vie en perspective et ébranle nos certitudes. Mais cela suffit-il à l'excuser ?
Un roman à la lecture aisée et fluide qui joue son rôle à merveille dans le devoir de mémoire.
« En chacun de nous sommeille un monstre ; en chacun de nous vit un saint. La véritable question est de savoir lequel nous nourrissons le plus, lequel dominera l'autre. »
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Sourisetdeslivres
  25 septembre 2013
uel roman que Pardonne-lui !
Sage Singer travaille de nuit dans la boulangerie de son amie Mary, chaque semaine elle se rend dans un groupe de soutien pour personnes ayant perdu un être cher, dans le cas de Sage il s'agit de sa mère qu'elle a perdue 3 ans plus tôt. Ce n'est pas la seule souffrance de la jeune femme; si elle travaille de nuit c'est pour rencontrer le moins de monde possible, elle a une cicatrice sur le visage, cette blessure elle la cache à tous, ses seuls amis sont : Mary ancienne soeur reconvertie en boulangère, Rocco son collègue et Adam son amant. Lors d'une réunion, Sage fait la connaissance de Josef, vieil homme de 90 ans aimé de toute la ville. Une amitié s'installe entre eux, avec lui Sage arrive à communiquer, ces deux êtres solitaires se rapprochent et deviennent vite indispensables l'un à l'autre. Josef va alors lui demander d'accomplir un acte pour lui : le tuer pour le libérer. Sage veut comprendre pourquoi il lui demande d'accomplir un tel acte, pourquoi à elle ? Elle ne sait pas qu'en posant cette question c'est un tout un pan de l'histoire et de son passé qu'elle va déterrer, que son avenir changera radicalement.
Le livre est découpé en trois parties, on commence le roman avec quelques pages narrant l'histoire d'Ania et Emil son père, le boulanger. Ecrit en italique on ne comprend pas immédiatement qui sont ces 2 personnages, ce récit continue tout au long du livre ; une histoire dans une histoire, j'y reviendrai plus tard.
Vient ensuite la première partie où l'auteur nous présente les personnages : Sage, jeune femme brisée, portant des cicatrices visibles et invisibles, elle a mis en place une routine qui ne la rend, certes, pas heureuse mais qui lui permet de survivre. Josef, le vieux bonhomme, aimé de tous, veuf, il vit seul avec son chien, il a lui aussi des stigmates invisibles qu'il traîne depuis plus de 60 ans. Mary et Rocco la patronne et l'employé de la boulangerie, Adam, Minka sa grand-mère, Léo un agent au service des Droits de l'homme et des Poursuites spéciales, sa mission poursuivre les responsables de génocides, marié à son travail au grand désespoir de sa mère.
L'auteure nous dresse toute une palette de personnages intéressants ; des personnages plus légers, doté d'humour, des personnages forts qu'on ne peut qu'aimer, même si pour certains les aimer est inimaginable, des personnages très réalistes que l'on peut croiser au détour d'un chemin. On suit leur évolution, leur observation, leur but, leur mission et on se prend à tourner les pages sans se rendre compte du temps qui passe, preuve, s'il en est, que ce livre est un très bon livre.
Sage en interrogeant Josef va apprendre un fait important.
A partir de cette révélation, l'auteure place le lecteur du point de vue du tortionnaire, elle nous retrace son enfance, comment et pourquoi il est devenu cet homme détestable pour finir en vieil homme respectable et dévoué.
Dans la deuxième partie le lecteur est placé du point de vue de la victime à travers Minka la grand-mère de sage, déportée à Auschwitz, elle a caché cette partie de sa vie à sa famille, seule preuve de son passage le tatouage sur son bras. On la suit, jeune fille innocente qui va perdre toute humanité au gré des atrocités qu'elle verra ou subira.
La troisième partie c'est le dénouement de l'intrigue, quelle décision Sage va-t-elle prendre ? Les faits, pourtant passés, ont encore une incidence dans la vie actuelle, comment l'héroïne va-t-elle assumer le poids du passé ?
Grâce à cette alternance de point de vue, le lecteur est mis face à son propre questionnement : Serions nous prêt à pardonner l'impardonnable ? Est-ce que les SS ont-ils été tous mauvais et les Juifs tous bons ? Peut-on avoir une opinion aussi tranchée ?
Jodi Picoult traite d'un sujet dur, la déportation des juifs pendant la seconde guerre mondiale, les camps de concentration et toutes les atrocités qui y régnaient. le lecteur est entraîné au coeur de l'intrigue et de la réflexion. La plume de l'auteure est envoûtante très réaliste, les faits on les lit mais on les vit nous aussi.
Que ce soit du côté de Josef ou de Minka, on accompagne la souffrance des protagonistes, on endure la violence de cette époque, on sent l'odeur et le malheur des ghettos, on tremble, on a peur, certains passages sont très durs, il est impossible de retenir ses larmes.
Jodi Picoult n'écrit pourtant pas un mélodrame destiné à faire pleurer dans les chaumières mais presque un essai tant la réflexion est présente du début à la fin. Tout en nuance, jamais en force, graduellement le lecteur lit et se questionne, quelle est la différence entre justice et vengeance, entre pardon et pitié ?
L'auteure nous ménage grâce à ce récit qui ponctue le livre, je ne peux pas vous en dire plus car ce serait trop en dévoiler mais j'ai trouvé très intelligent de la part de Jodi Picoult de se servir de cette histoire pour que le lecteur puisse souffler, se poser. En début de livre c'est un peu perturbant, on ne comprend pas d'emblée de quoi il s'agit, cela pourrait peut-être rebuter certaines personnes car on sort complètement de l'intrigue principale pour en lire une autre, pour ma part cela ne m'a pas gêné. La lecture est limpide du début à la fin, moi qui n'aime pas les changements de narrateur ici j'ai adoré, me positionnant du côté de Sage, puis de Josef et enfin de Minka, Jodi Picoult m'a complètement immergée dans son roman. Des touches de légèreté, des moments forts en émotions, des sentiments travaillés avec énormément de justesse et de précision.
L'auteure ne nous impose pas son point de vue, il n'est d'ailleurs pas détectable, non, c'est au lecteur de se positionner, lire l'inhumanité de l'être humain c'est une chose, la comprendre c'est une autre étape à franchir. Les avis sont ébranlés, j'ai aimé la façon d'aborder les points de vue du bourreau et de la victime, ni tout blanc ni tout noir, on comprend qu'on ne peut pas avoir d'opinion tranchée sans pousser la réflexion plus loin, que ce soit pour ce génocide ou tout autre fait d'actualité actuel.
Vous l'aurez compris c'est un roman à lire absolument, autant pour la fiction, que pour les réflexions qu'il entraine. Un roman sombre mais où règne force et espoir, un livre qui pousse au débat pour de nombreux points.
Un coup de coeur total
Lien : http://luciebook.blogspot.be..
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Citations et extraits (50) Voir plus Ajouter une citation
ThalyssaThalyssa   27 septembre 2013
— Pourquoi toutes ces questions, Sage ? me demande-t-elle avec un rire forcé. Tu t'es subitement décidée à écrire un livre ?
En guise de réponse, je lui retourne le bras et soulève avec douceur la manche de son chemisier, dévoilant ainsi une partie de son tatouage bleu flouté, puis je murmure :
— Je ne suis pas la seule de la famille à porter une cicatrice, mamie.
Elle s'écarte et recouvre son poignet.
— Je ne souhaite pas en parler.
— Mamie... Je ne suis plus une petite fille.
— Non, lance-t-elle sèchement.
J'ai envie de lui parler de Josef. J'ai envie de lui demander de me parler des soldats SS qu'elle a connus. Mais je sais que je n'en ferai rien. Non pas parce que ma grand-mère ne veut pas discuter de cela, mais parce que je redoute - et j'en ai honte - que cet homme avec qui je me suis liée d'amitié, pour qui j'ai cuisiné, avec qui j'ai passé du temps et ri, n'ait autrefois été un de ses tortionnaires.
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AnalireAnalire   08 septembre 2013
Il existe tant de façons de trahir quelqu'un. On peut chuchoter dans son dos. Le tromper volontairement. Le livrer à l'ennemi, alors qu'il vous fait confiance. Ne pas tenir une promesse. La question est : se trahit-on soi-même en agissant ainsi ?
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AnalireAnalire   07 septembre 2013
Les mots, parfois, ne sont pas assez profonds pour contenir tous les sentiments qu'on essaie d'y mettre.
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JoyceGJoyceG   20 janvier 2017
J’en étais également arrivée à comprendre que tous mes personnages et moi-même avions les mêmes motivations. Qu’ils soient à la recherche de pouvoir, de revanche ou d’amour, ils éprouvaient tous une forme de faim. Plus on manque de quelque chose, plus on en a désespérément envie.
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PrettyYoungCatPrettyYoungCat   13 février 2019
Je ne sais pas ce que t'a fait cette personne, et je ne suis pas sûre de vouloir le savoir, mais on n'accorde pas son pardon au nom d'autrui; c'est quelque chose qu'on fait pour soi. Cela revient à dire : "Ne fais pas de moi une victime. Tu n'es pas assez important à mes yeux pour devenir l'objet de ma haine." En réagissant ainsi, ton ennemi reste enchaîné à son passé. Mais toi tu es libre.
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