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EAN : 9782812610523
115 pages
Éditeur : Editions du Rouergue (09/03/2016)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 82 notes)
Résumé :
Quelques jours avant Noël, suite à une séance d'humiliation au collège, et à l'annonce que sa mère, une fois de plus, ne sera pas là pour les fêtes, Anouk décide de fuguer.
Mais après une demi-journée dehors, elle rentre… et va se cacher dans le grenier.
Clandestine chez elle pendant deux semaines, elle va finir par renouer avec les siens, le temps que chacun dise son inquiétude et son amour.
Un roman au sujet original, pour les jeunes adoles... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (49) Voir plus Ajouter une critique
Soleney
  15 mars 2016
Un jour de décembre, Anouk va décider de fuguer... Mais pas dehors, hein, il fait quand même un peu trop froid pour ça, plutôt dans son grenier, bien au chaud. L'ennui, c'est qu'elle va avoir accès à la réaction de tous ses proches face à son départ, et le moins qu'on puisse dire, c'est que ce n'est pas la meilleure idée pour garder ses résolutions.
Ce petit livre m'a faite bien rire, avec cette jeune héroïne mi-trouillarde mi-courageuse, mal dans sa peau, mal dans sa fugue, et en recherche du sens de la vie. Je me suis un peu reconnue en elle : j'ai parfois rêvé de partir à l'aventure, mais je n'en ai jamais eu le courage. Il faut dire aussi que je manquais de sens pratique. Où chercher à manger sans être repérée ? Où dormir sans risque ? Comment survivre sans parents ? Et puis merde, quoi ! L'aventure, ça fait peur.
J'aime bien ce petit livre, non seulement parce que l'histoire est à la fois drôle, triste et mélancolique, mais aussi parce qu'elle est profonde. le désoeuvrement va pousser Anouk à réfléchir à sa condition, à la raison de ses actes. Pourquoi a-t-elle fugué alors qu'elle n'est pas si malheureuse ? Sa mère est la grande absente de sa vie, mais elle a une soeur et un père. Sa meilleure amie est devenue une sale peste, mais même si elle lui fait des coups tordus, Anouk ne souffre pas de harcèlement – et elle sait se défendre ! Pourquoi alors a-t-elle baissé les bras quand tant d'autres vivent de véritables drames et ne renoncent pas ? Elle réalise qu'elle a de la chance, cette jeune fille, d'avoir une vie comme la sienne.
Mais le réaliser ne la fait pas changer d'avis. Et c'est aussi ce que j'ai aimé chez elle : elle ne renonce pas. Même quand ça devient difficile pour elle, même quand elle voit les messages d'amour et les cris de détresse de sa famille, elle se refuse à revenir. Comme s'il lui manquait encore quelque chose à réaliser. Elle est déchirée du mal qu'elle fait à ces proches, la culpabilité la dévore mais elle ne s'autorise pas à revenir vers eux.
Il y a aussi un petit détail qui m'a plu : pour une fois, ce n'est pas le père, le grand absent familial. Pour une fois, ce n'est pas la mère qui voulait avoir des enfants. Pour une fois, ce n'est pas la femme, la grande maniaque du rangement et de l'organisation. Ce n'est rien du tout, mais c'est un petit trait d'originalité qui m'a interpellée et amusée. On a tendance à coller des rôles-types aux hommes et aux femmes (surtout dans les histoires) et échanger les étiquettes nous sort de nos habitudes.
Je pense que c'est un livre parfait pour tous les adolescents. Très court, très facile à lire et qui pousse à réfléchir sur notre condition. J'ai passé un bon moment avec Ma fugue chez moi, et je recommande cette lecture, même aux adultes. Coline Pierré est une auteure que je suivrai de près...
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trust_me
  18 octobre 2016
Anouk en a ras le bol. du collège où tout va de travers, de son père qui ne donne jamais la moindre marque d'affection, de sa mère partie au bout du monde pour mener sa vie de scientifique et qu'elle voit deux fois par an. Parce qu'elle n'en peut plus, elle décide de disparaître, de se volatiliser. Sa fugue inquiète, forcément. La police enquête, ses parents et sa petite soeur sont rongés par l'angoisse, les recherches s'intensifient sans résultat. Car Anouk a trouvé la cachette idéale, une cachette à laquelle personne n'a pensé.
Une jolie variation sur le thème de la fugue adolescente, aussi originale qu'improbable. Anouk, sans s'épanouir totalement dans sa disparition volontaire, y trouve l'occasion de réfléchir, de se poser les bonnes questions sur sa situation, son avenir. Mais elle découvre aussi que les décisions qui nous font du bien peuvent rendre les autres tristes. Elle a du mal à supporter ce qu'elle inflige à sa famille alors qu'elle pensait ne pas avoir à s'en soucier. Elle comprend ce que ses proches ressentent, l'impression qu'ils lui disent : « Tant que tu ne seras pas de retour, nous ne recommencerons pas à vivre ». Pour autant, elle refuse de céder et de revenir, pour son propre bien.
J'ai trouvé ce texte fin dans sa construction et intelligent dans sa réflexion. La mère qui n'assume pas son statut, la souffrance infinie du père, la maturité de la pétiré soeur. Une famille « biscornue et rafistolée comme tant d'autres ». Et cette jolie fin, positive sans mièvrerie, porteuse d'espoir et d'avenir mais ne reniant pas une réalité bien plus complexe que les apparences ne le laissent penser : « L'humanité tout entière passe son temps à s'enfuir. Je crois que c'est le cours normal des choses ». Pas faux ma chère Anouk.

Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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zazimuth
  05 janvier 2017
J'ai beaucoup aimé ce roman pour ados emprunté à la médiathèque.
Anouk est une collégienne qui vit avec son père et sa soeur cadette (qui est en internat la semaine en section aménagée pour la danse). Elle a 14 ans et découvre que ce qu'elle a toujours trouvé normal - avoir un mode de vie et des goûts différents de la majorité - la marginalise de plus en plus et elle est victime de harcèlement au collège, de la part même de son amie d'enfance !
Humiliée, n'en pouvant plus, l'adolescente décide de fuguer... mais s'aperçoit vite qu'elle manque de ressources pour cela et se réfugie dans le grenier de la maison où elle espère passer inaperçue, en faisant croire qu'elle a quitté les lieux.
Pendant les fêtes de Noël, elle va suivre depuis sa cachette, les recherches que mènent son père et sa soeur mais aussi découvrir leur inquiétude qu'elle n'avait pas anticipée et la peine qu'elle leur fait.
Une histoire intelligente dans laquelle on comprend très bien le cheminement intérieur d'Anouk.
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Colibrille
  16 avril 2016
C'est quelque peu déçue que je referme ce roman. Après "La folle rencontre de Flora et Max", bouleversant récit épistolaire écrit de concert avec Mélanie Page, j'attendais beaucoup de ce nouveau roman de Coline Pierré. Hélas, il ne m'a pas enthousiasmée plus que cela.
J'ai trouvé le roman à la fois trop long et trop court. Un peu paradoxal, vous en conviendrez ! Trop long car je n'ai pas vraiment réussi à me plonger dans l'histoire. Je n'ai pas accroché au personnage d'Anouk. Un peu problématique vu qu'il s'agit du protagoniste principal... Qui plus est, j'ai trouvé que l'intrigue peinait à avancer. Le concept de départ (une ado qui fugue dans son grenier) était pourtant prometteur, mais rapidement, on finit par tourner en rond. L'auteure n'exploite pas assez le côté dramatique de cette situation, pas plus que son côté comique.
Anouk est dans son grenier, se cache, mange, point barre. J'exagère en disant cela, mais disons que je m'attendais à ce qu'il se passe un peu plus de choses. Pas forcément en terme d'action mais en terme de réflexion. Anouk ne semble pas réfléchir plus que ça aux conséquences de sa fugue, ni évoluer psychologiquement. J'ai trouvé son personnage un peu puéril. Je n'ai pas ressenti de compassion pour elle malgré ce qu'elle a traversé au collège.
Si je l'ai trouvé trop long, j'ai aussi trouvé ce roman trop court. Le dénouement (un peu trop prévisible à mon goût) arrive trop rapidement. A mon sens, il aurait été intéressant que l'auteure poursuive son histoire bien après qu'Anouk "descende" rejoindre sa famille. J'aurais aimé voir la jeune fille intégrer un nouveau collège, nouer de nouvelles relations etc. Si l'auteure avait poursuivit son intrigue, nous aurions pu voir également comment la famille d'Anouk se reformait peu à peu. Cela aurait apporté un peu de consistance et de densité émotionnelle à l'ensemble.
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Nikouette
  15 avril 2020
Dès les premières pages on voit Anouk, 14 ans, préparer méthodiquement et presque tranquillement sa fugue. Suite à l'annonce que sa mère, climatologue, resterait cette année encore en Norvège pour son travail au moment de Noël elle a comme une sorte de ras-le-bol. Elle veut changer de vie et décide de quitter la maison où elle vit avec son père et sa jeune soeur de 12 ans (celle-ci ne revenant que le week-end car elle est en internat la semaine). Pourtant, elle le dit elle-même, elle n'a pas un esprit d'aventurière, elle rêverait plutôt d'une petite vie calme seule dans un studio à vaquer aux activités qui lui plaisent (cinéma, lecture, dessin, banjo). L'appel de sa mère a servi de déclic, mais ce qui a surtout motivé cette fugue c'est l'envie de ne plus à avoir à aller au collège. En effet, son ancienne meilleure amie a complètement changé en cette année de 3e où elles ne sont plus dans la même classe. Elle s'est fait de nouveaux amis, leurs anciens ennemis, et elle est devenue la copie conforme de tous ce qu'elles détestaient avant. Mais surtout elle rejette violemment Anouk, se moque d'elle ouvertement pour plaire aux autres, elle est devenue un vrai « bourreau ». Mais une fois son sac fait elle se rend compte qu'en raison des marchés de Noël les hébergements de sa ville (d'Alsace) ont été pris d'assaut par les touristes. Elle ne se sent pas capable d'affronter seule la rue, surtout en hiver, et rentre donc chez elle honteuse après cette fugue ratée. Mais une fois arrivée à la maison elle a une illumination : elle va fuguer à la maison, ainsi elle n'aura pas à retourner au collège et aura tout le confort. Mais elle n'avait du coup pas prévu d'assister aux réactions de son père et de sa soeur ; d'autant que les conduits de cheminées lui permettent de suivre particulièrement bien les mouvements et conversations du grenier où elle s'est cachée. Elle trouve donc cela très vite « dérangeant et désagréable », même si elle ressent parfois quand elle est seule une certaine excitation à ne pas se faire repérer.
Elle n'est pas très proche de ses parents, ils ne la comprennent pas et ne savent pas la réconforter, sans compter l'éloignement géographique régulier de sa mère depuis qu'elle a 4 ans. Leur relation est donc distante dans tous les sens du terme. Il semblerait que sa mère ai eu des enfants surtout pour faire plaisir à son père, mais qu'elle était plus intéressée par sa carrière et pas à l'aise dans cette vie familiale. Les parents eux-mêmes ne forment plus un couple lors de ses brefs retours.
Mais le problème de la fugue c'est qu'elle permet de fuir les problèmes, mais pas de les résoudre. Rien n'a bougé, du coup Anouk n'a pas envie de revenir, elle vit au jour le jour. On se demande bien comment elle va se sortir de cette situation.
Finalement son retour va permettre une réconciliation familiale et le soulagement l'emporter sur la colère. Anouk va redécouvrir sa mère, les petits détails qui la relient à elle et à sa soeur, et ne plus la voir comme une complète étrangère. Les parents se rapprochent à leur tour. Elle se rend compte que la fuite est assez courante, chez sa famille et chez les êtres humains en général. Au final l'isolement lui a fait du bien, il lui a permis de prendre du recul et confiance en elle.
C'est un beau livre, bien écrit, même si la fin semble un peu trop belle et le revirement trop rapide pour être vraiment crédible. Cela n'empêche pas d'apprécier cette histoire et ces personnages. Elle est originale et agréable à lire.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
LegrenierdelaCelestineLegrenierdelaCelestine   05 janvier 2017
Je pense à ce qui s'est passé ces derniers jours. C'est à cause de Marina si je suis partie. On était amies depuis le CM1, on dessinait des bandes dessinées, on jouait des pièces de théâtre ensemble. On avait inventé notre propre langue. Les autres se moquaient de nous, mais on s'en fichait parce qu'on était deux. Le reste du monde ne pouvait rien contre nous.
Tout a changé à cause de la troisième B.
(…)
Marina a commencé à porter des vêtements plus branchés et à écouter d'autres styles de musique. Ses jeans sont devenus plus moulants, elle s'est mise à faire ses achats dans des boutiques de fringues de marque, et elle a troqué sa vieille besace couverte d'écussons de groupes de folk contre un sac en cuir avec des coutures dorées qu'elle tient dans le creux de son bras. Elle n'avait plus envie d'écouter de la musique ou d'aller au cinéma avec moi, elle préférait parler de garçons, faire du shopping et lire des magazines idiots avec ses nouvelles copines. Elle critiquait tout ce que je faisais, la musique que j'écoutais, ma coiffure approximative, mes vêtements.
Elle me renvoyait au visage le fait que mes goûts n'étaient pas du tout en phase avec ceux des autres élèves. Quand elle s'est mise à se moquer de moi, j'ai compris que quelque chose d'important s'était brisé. Elle n'était plus seulement amie avec les autres filles : elle était devenue une autre fille. Elle était devenue ce qu'on avait toujours détesté.  (p.13-15)
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SoleneySoleney   13 mars 2016
À en juger par les livres que je lis et les films que je vois, je suis dans la moyenne du mal-être d'une adolescente. Je ne suis pas battue, pas pauvre, pas en échec scolaire, pas gravement malade, pas contrainte par mes parents à quoique ce soit. Alors pourquoi moi ? Pourquoi j'ai fugué et pas les autres ? J'ai parfois le sentiment d'être un imposteur. Je ne suis pas capable d'affronter mes petits drames alors que d'autres, qui vivent des situations bien plus terribles, s'accrochent malgré tout.
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ColibrilleColibrille   16 avril 2016
J'ai compris quelque chose sur notre famille : d'une manière ou d'une autre, nous sommes tous des fugueurs.
Ma mère s'est enfuie en Norvège, mon père s'échappe dans son travail et ses boîtes, et ma sœur fuit dans ses cours de danse. L'humanité tout entière passe son temps à s'enfuir. Je crois que c'est le cours normal des choses.
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ColibrilleColibrille   16 avril 2016
Elle me renvoyait au visage le fait que mes goûts n'étaient pas du tout en phase avec ceux des autres élèves. Quand elle s'est mise à se moquer de moi, j'ai compris que quelque chose d'important s'était brisé. Elle n'était plus seulement amie avec les autres filles : elle était devenue une autre fille.
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MamechikuMamechiku   10 avril 2016
La question de mon père m'obsède : est-ce que je vais rentrer? Ce soir, je me sens absente de ma propre existence, comme si je ne faisais plus partie de ma propre existence, comme si je ne faisais plus partie de la vie de personne, pas même de la mienne. Ça ne peut plus durer, je dois faire quelque chose.
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Videos de Coline Pierré (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Coline Pierré
Rencontre avec les éditeurs et une sélection d'auteurs des Editions du Rouergue Jeunesse au Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale 2018 à Arras, le 1er mai. Avec : Olivier Pillé, Catherine Grive, Coline Pierré et Ahmed Khalouaz. Puis : Olivier Douzou, Frédérique Bertrand, Michel Galvin Médiation : Tara Lennart & Julien Delorme Captation : Colères du Présent
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