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ISBN : 2812618019
Éditeur : Editions du Rouergue (01/05/2019)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Victor et Yazel ne devaient pas se rencontrer… L’un né dans une famille de braqueurs, l’autre orpheline sourde recueillie par une richissime tante. Mais l’une et l’autre refusent d’être ce que l’on attend d’eux. Alors, il suffit d’un cambriolage de Victor chez Yazel pour qu’ils se découvrent une fraternité à toute épreuve… et qu'ils s'enfuient à l'étranger, loin de leurs deux familles dingos ! Drôle et émouvant.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
letilleul
  01 mai 2019
Coline Pierré propose ici un nouveau road-movie exaltant à la « Bonnie and Clyde ». Ses héros s'appellent Victor et Yazel, Victor au destin de braqueur et Yazel, orpheline sourde adoptée par une tante richissime...c'est un plaisir de lecture de participer à la rencontre de ses deux héros improbable et à leur amitié et compréhension immédiate qui en découle. Et si la liberté de vivre, l'acceptation de soi et des autres découlait simplement de belles et uniques rencontres et de vivre des aventures ?
La citation de Roald Dahl choisie en prélude au livre est tellement pertinente pour résumer ce livre que je ne résiste pas à vous la répercuter :  « C'est pour ça qu'il y a toujours deux pages blanches à la fin des atlas (…), c'est pour les nouveaux pays, comme ça on peut en dessiner la carte soi-même. »
Roald Dahl, le Bon Gros Géant
Lien : http://www.liresousletilleul..
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murielan
  19 mai 2019
Victor, 21 ans, vient d'une famille de braqueurs. Son père l'oblige, par la violence, à participer à des vols alors qu'il ne rêve que d'avoir une vie "normale". Yazel, quant à elle, a 12 ans et est orpheline : elle vit chez sa riche tante qui ne l'aime pas car elle est sourde. Mais leur rencontre improbable lors du cambriolage de Victor chez Yazel va changer leur vie : Yazel convainc Victor de l'emmener en Bulgarie où elle souhaite disperser les cendres de ses parents…
Un roman initiatique que j'ai beaucoup aimé ! L'amitié qui unit Yazel et Victor est vraiment touchante, elle leur permet de s'affranchir de la pression des adultes et de grandir, de prendre leur destin en mains et de se construire une nouvelle famille.
Yazel est sourde et c'est aussi l'occasion d'en apprendre plus sur ce handicap : comment perçoit-elle les sons, la LSF, la lecture labiale…
C'est vraiment bien écrit, l'histoire est prenante et le ton léger malgré le fond difficile. J'ai littéralement dévoré ce road trip de 350 pages en une journée !
Un très chouette moment de lecture !
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DreamBookeuse
  07 mai 2019
Même si le road trip a bien évidemment sa place je dirais que c'est davantage la relation qui unit (ou désunit) Yazel et Victor qui m'a véritablement touchée. Yazel est une jeune adolescente atteinte de surdité mais qui ne l'empêche en aucun cas d'afficher un sourire espiègle et des yeux pétillants de malice. Exit les clichés de la fille handicapée mal dans sa peau. Exit les clichés de la pré-adolescente. Bienvenue dans le monde de Yazel : lumineux, rempli de mots et d'images percutantes de réalisme. Pourtant Yazel n'a pas été épargnée par la vie. Orpheline, ses parents sont morts dans un accident de la route alors qu'elle n'était encore qu'une enfant. Séparée de ses grands parents maternels qui la traitaient d'égale à égale, recueillie par une tante richissime autant d'argent que de bêtises, elle n'a qu'un seul réconfort : un journal à l'odeur de vanille, rose bonbon, qui lui permet d'écrire chaque soir à ses parents-poussières.
Victor, lui, est presque un adulte, dans cette période « entre deux » où on ne sent ni enfant ni responsable. Là aussi on oublie l'image du jeune adulte perdu dans des relations amoureuses toxiques et on s'élance dans la vie d'un jeune cambrioleur…qui n'a pas envie de cambrioler. Pas le choix, dans la famille Kouzo on est braqueur de père en fils. Et si on ne le veut pas la chevalière au doigt du père de famille n'est pas sans rappeler qu'on a pas le choix. Alors Victor s'évade en petites rébellion : faire échouer un braquage en faisant semblant de confondre ambulance et police, animer un club d'aide aux victimes de braquage, viol et autres agressions, passer son bac et lire Victor Hugo ou Boris Vian. Mais dans la famille Kouzo on doit aussi payer ses dettes. le voilà pétrifié, prêt à cambrioler le manoir d'une fillette au nom d'ailleurs : Yazel.
Dès le départ, Yazel m'a fait penser à ces petites filles, encore très jeunes, capables de sortir des phrases étourdissantes de réalité, sans filtre. C'est vraiment un personnage unique, attendrissant et indéniablement attachant. Elle aurait pu être détruite par le mépris et l'ignorance mais au lieu de ça elle construit de son handicap une réelle force et je ne peux qu'être admirative. A travers ce roman Coline Pierré remet aussi en question notre propre vision de l'handicap malgré toutes les bonnes intentions que l'on peut avoir, notre jugement est toujours là et je me suis beaucoup retrouvée dans le personnage de Victor. Il hésite, s'excuse tout le temps, la prend avec des pincettes, ne sait pas quel terme utiliser. Est-ce que « handicapée » est dur à entendre ? Est-ce que oublier le handicap de la personne c'est ne pas la respecter ? Leur relation évolue en même temps que cette acceptation de l'autre dans son entièreté, pour ce qu'elle est et non pour ce qu'on s'imagine qu'elle est. C'est beau, puissant et j'ai adoré.
A travers ce road trip endiablé entre Angers et la Bulgarie, nos deux héros grandissent, s'apprivoisent, se travestissent et s'assument. C'est un récit initiatique vers l'acceptation de soi et de l'autre, un roman plein de bonnes valeurs qui m'a fait aussi prendre conscience de mon propre regard, sur moi ou sur les autres. Un roman qui nous parle aussi de famille. On a pas toujours la famille rêvée. On a pas toujours un grand frère super attachant, une tante gentille, ou un père tendre. Mais on a la famille qu'on a, et, tout au fond, chaque personne porte en elle son lot d'amertume, de douleurs ou de violence. Mais la famille s'agrandit aussi. D'amis. de grand frère, ou de petite soeur.
A cela (et c'était déjà beaucoup n'est-ce pas ?) vient se rajouter une écriture extrêmement juste. J'ai notamment beaucoup aimé les moments où Victor décrit les sons, je me suis posée de question après, comment décrire des sons…sans reproduire d'autres sons. Dire que le bruit du clavier fait « tek tek tek tek tek » n'a pas beaucoup de significations n'est ce pas ? J'ai aimé entendre les sons en les voyant, cela avait quelque chose de nouveau et de totalement inattendu, un peu magique quelque part. de temps en temps, quelques phrases m'ont fait ouvrir la bouche en « o » tellement je les trouvais belles, tendres ou violentes de vérité. Voilà. J'en ai dis beaucoup et en même temps si peu…
En résumé
Nos mains en l'air raconte une tranche de vie loufoque, souvent drôle, toujours touchante qui nous entraîne à la découverte des autres et de soi. Coline Pierré présente le handicap de la surdité de la meilleure des manières : sans faux semblant, sans méchanceté, juste tel que cela est, et ça fait du bien. Tout comme Victor on apprend à écouter les silences et les respirations. Une lecture tendre et vivifiante sur le pouvoir de l'amitié.
Lien : https://lesdreamdreamdunebou..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
letilleulletilleul   01 mai 2019
Yazel prend le chemisier beige et la jupe bleu marine sur la pile de vêtements parfaitement repassés qu’Anita, la femme de ménage a déposés sur son lit. Elle les humidifie, les roule en boule, et pose un gros dictionnaire dessus pour s’assurer qu’ils seront méticuleusement chiffonnés d’ici le lendemain.
Sa tante entre dans sa chambre. Petite et fluette, élégamment habillée d’un tailleur de couturier, elle est belle. Ou disons : esthétique. D’une beauté glaciale et factice qui ne laisse pas de prise au hasard. Ses traits sont réguliers, sa bouche est parfaitement dessinée, discrètement soulignée d’un trait de crayon. Un carré long parfaitement lissé, parfaitement et chimiquement bruni, encadre son visage hâlé, dont la peau bénéficie des traitements anti-âge les plus onéreux. Tout est choisi avec goût, précision, et un bon paquet d’argent.
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letilleulletilleul   01 mai 2019
Victor passe sa main sous les mailles fines du collant qu’il a enfilé sur sa tête et se gratte vigoureusement l’arrière du crâne. Il a l’impression de s’être douché avec du poil à gratter. Le tissu appuie sur ses lunettes, dont le verre gauche s’écrase sur ses cils, ce qui déforme légèrement le monde autour de lui. Victor cligne sans cesse des yeux pour essayer de faire le point.
– Tu aurais quand même pu choisir un collant de meilleure qualité, lance-t-il à son père.
– Tu pourras t’acheter tous les bas en soie que tu veux quand tu auras réussi un braquage, mon fils. En attendant, tu te contenteras du premier prix.
Derrière eux, Martial et Achille, ses deux grands frères, éclatent de rire sous leurs bas chics. Ça leur donne l’air d’aliens décharnés.
La famille Kouzo a développé une véritable culture du collant et du bas – dont on étudie avec précision la douceur, l’élasticité ou encore le degré de transparence –, qui jure étrangement avec l’autre grande culture familiale : la virilité.
Dans la voiture aux vitres fumées où ils attendent l’ouverture de la banque, Victor a l’impression d’être dans une vieille salle de sport étouffante.
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DreamBookeuseDreamBookeuse   07 mai 2019
A chaque fois qu’elle rit de ses tragédies, Victor se prend un poing dans le ventre et pense aux centaines de poings dans le ventre que Yazel s’est pris, et qui ne l’empêchent pourtant pas de se tenir si droite et d’être si légère. Il a envie de pleurer pour elle, de hurler.
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DreamBookeuseDreamBookeuse   07 mai 2019
Je n’ai jamais rencontré d’autres gangsters mais je suis à peu près sûre que vous êtes le plus mauvais cambrioleur de l’univers.
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DreamBookeuseDreamBookeuse   07 mai 2019
La spontanéité empêchée rend le silence plus consistant, se dit Victor, on cesse de le remplir avec du bruit inutile.
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Rencontre avec les éditeurs et une sélection d'auteurs des Editions du Rouergue Jeunesse au Salon du livre d'expression populaire et de critique sociale 2018 à Arras, le 1er mai. Avec : Olivier Pillé, Catherine Grive, Coline Pierré et Ahmed Khalouaz. Puis : Olivier Douzou, Frédérique Bertrand, Michel Galvin Médiation : Tara Lennart & Julien Delorme Captation : Colères du Présent
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