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EAN : 9791034901098
320 pages
Éditeur : Liana Lévi (07/03/2019)
4.06/5   59 notes
Résumé :
L'enfance de Pia, c'est courir à perdre haleine dans l'ombre des arbres, écouter gronder la rivière, cueillir l'herbe des fossés. Observer intensément le travail des hommes au rythme des saisons, aider les parents aux champs ou aux vaches pour rembourser l'emprunt du Crédit agricole. Appartenir à une fratrie remuante et deviner dans les mots italiens des adultes que la famille possède des racines ailleurs qu'ici, dans ce petit hameau de Charente où elle est née. Tou... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
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Bookycooky
  30 avril 2019
Un famille de paysans dans les années 70.
On les appelle “Panzanis”, car les parents venus s'installer en Charente viennent du pays des “papaveri”*. Leur gagne-pain, leur rempart, sont les vaches. Ces “mucche” comme les appellent les parents, qui semblent des prieuses, silencieuses et patientes, et “entrent à l'étable comme les mémés à l'église, chacune à sa place sans regarder les autres”.....Et qu'on devrait “aimer davantage, comme des personnes, pas seulement comme des remparts contre la pauvreté”.
Ils sont cinq enfants, dont la cadette Pia de dix ans. C'est elle, l'alter ego de l'écrivaine, qui nous raconte cet univers de labeur, où ils arrivent à peine à vivre de leur travail, où les enfants besognent à plein temps à la ferme hors des heures d'école , et même si ce n'est pas la misère totale, le père doit tous les mois se tortiller devant le gars “ impeccable comme un maître d'école en mieux habillé “, le directeur du Crédit agricole, (« Les jours de Crédit agricole, je le sais tout de suite, c'est moi qui cire les chaussures......Papa dit qu'il a plus de dettes autour du cou que la reine de Belgique de perles à son collier.»).
Et puis il y a Joël, le garçon pas comme les autres, et ça c'est une autre histoire. Et enfin les orties, celles du titre, alors là il y a plus d'une histoire .....
Émouvante, touchante cette très belle prose de Pagani, à l'humour subtil. Elle noie la rudesse et la tristesse de cette vie paysanne dans les mots et les métaphores qui irradient le texte, et en deviennent sa force. On sent qu'elle a la nostalgie de cette enfance campagnarde en communion avec la nature et les bêtes, mais où pourtant elle “n'a pas grandi avec du Nutella entre les doigts mais avec la glaise, la sueur, les caresses animales et la sale matière du travail pur “. Bien que dans le fond, ce ne soit qu'une niéme chronique d'une vie rural, le vrai talent d'écrivaine de Pagani en fait une ode à un monde en voie de disparition, celle de la richesse du sentiment d'appartenance au monde de la terre, un monde qu'elle a dû quitter pour un autre, mais auquel elle accepte pleinement son appartenance, même si ce n'est plus qu'au passé.
Je dois cette lecture à Mollymon, que je remercie en passant. Si vous aimez ce genre d'histoires, c'est magnifique, n'hésitez pas.
« ....tout est permis, la vie rêvée, la vie ratée.....Longueur d'un rêve : une nuit et toute une vie. »
*Coquelicot en italien.
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Kittiwake
  15 février 2020
Nostalgie d'un passé, qui nous semble si proche et qui nous a construit, peu à peu, en avions- nous l'intuition, sinon la conscience?
Dans les années 70, être enfant d'immigrés, en Charente, c'est ne pas échapper aux sobriquets, macaroni, panzani. C'est aussi pour l'auteur vivre dans l'ombre d'une demeure, habitée par une demoiselle, dont on est les fermiers. Et accepter sans la plus petite arrière-pensée cet état des choses. C'est normal, c'est ainsi. Ce n'est que plus tard lorsque la nécessité de rejoindre le collège que les différences se dessinent avec ce qu'elles impliquent de conséquences : lutte ou rejet, fierté de ses origines ou énergie consommée pour les cacher.
Les pages défilent avec l'enfance, éphémère comme un bouquet de fleurs des champs, et l'auteure sait parfaitement y insérer ces repères dérisoires avec lesquels on se construit une image du monde restreint : a t-on ou non Tout l'univers?
C'est aussi le chant du cygne d'un secteur qui se bat désespérément, pot de terre contre pot de fer, happé par le chant des sirènes d'une organisation qui les dépasse : les agriculteurs vivent la fin d'un monde à visage humain.

Superbe récit d'enfance, où l'on voit poindre la future écrivaine, la poétesse qui écrit déjà sans imaginer alors que cette attirance pour les mots ne la quitterait jamais.
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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Cannetille
  07 juin 2019
L'auteur se remémore son adolescence au sein d'une famille de modestes agriculteurs de Charente, dans les années soixante-dix, alors que le monde rural en pleine mutation voit peu à peu disparaître les petites exploitations et mourir les villages.

Pia est la dernière-née d'une famille de cinq enfants, surnommés les Panzanis parce que les grands-parents sont venus d'Italie. La ferme et ses vaches laitières suffisent à peine pour joindre les deux bouts, au prix d'un travail incessant auquel participe activement la fratrie. L'enfance de Pia est pauvre et travailleuse, mais heureuse, au sein d'une tribu turbulente et unie, au contact de la nature et des animaux, dans un village qui connaît l'entraide.

Pia grandit, part en pensionnat à l'heure du collège puis du lycée, se retrouve confrontée à une société éloignée des préoccupations des « ploucs » en pleine crise. Déchirée entre sa fidélité à ses racines et l'appel du large, la jeune fille voit avec impuissance se déliter l'univers de son enfance : son frère et ses soeurs partent chacun leur tour vers leurs destins, les plus âgés et les plus fragiles des êtres chers disparaissent, personne ne reprendra la ferme familiale.

Le récit aux mille détails authentiques observe sans juger et avec humour les petits et grands évènements du quotidien, dans une ode à un monde en voie de disparition, pleine de tendresse et de nostalgie : c'est avec une infinie tristesse que s'impose sans recours l'incompatibilité entre l'énergie et les rêves de la jeune génération d'un côté, la déliquescence d'un univers condamné de l'autre.

Récit personnel et intime, servi par une langue souvent surprenante par ses trouvailles, Des orties et des hommes est un roman sensible et touchant, où l'émotion contenue rivalise avec l'humour, pour évoquer le passage du temps et l'éphémèrité de la vie.

Prolongement avec la petite histoire des orties, dans la rubrique le coin des curieux, en bas de ma chronique sur ce livre sur mon blog :
https://leslecturesdecannetille.blogspot.com/2019/06/pigani-paola-des-orties-et-des-hommes.html

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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anlixelle
  06 juin 2019
Des orties et des hommes est un roman autobiographique dans lequel est racontée l'enfance semi sauvage d'une petite fille de dix ans. On y comprend vite que Pia le personnage principal n'a pas grandi avec du Nutella entre les doigts au goûter, mais avec « la glaise, la sueur, les caresses animales et la salle matière du travail pur ».
« Nous, le temps qui passe, les saisons on s'en fiche, du moment qu'on les relie aux choses de la vie, aux récoltes. Pourtant je grandis, je porte déjà des robes de Dora avec des chaussures d'Adamo. Je ne me regarde jamais dans la glace et je ne suis bien qu'en pleine terre. »
De « son pays perdu de l'enfance », dans une mise en lumière des gestes du quotidien d'une ferme charentaise des années soixante-dix, les yeux de cette enfant à la fois libre et loyale écrivent sur un cahier d'essai des pages et des pages sur le travail de la terre et la vie des animaux, donnant ainsi beaucoup de dignité à la rude vie d'exploitant agricole.
La survie de sa famille d'Italiens exilés nous est dessinée sous la forme d'un récit très intimiste rendu ultra sensible grâce à une plume ciselée mais aussi poétique là où, vu le contexte, on s'attendrait à autre chose de plus chaotique. C'est d'ailleurs toute la gageure de ce type de récit que d'être à même de déposer ça et là tant de douceur.
« Mais qu'a-t-on à gagner à vivre loin des arbres et de nos bêtes ? » se demande-t-elle lorsqu'avec l'âge elle est obligée de partir découvrir d'autres cultures que la sienne, notamment au pensionnat. Alors, une colère souterraine sera exhumée de ses retranchements intellectuels pour l'accompagner ensuite partout où les cloisonnements de caste projetteront moults injustices et dysfonctionnements sociaux.
« La pension, c'est les soeur grises ou les professeurs raides comme des branches mortes ».
Ce qui éclaire aussi ce texte original, c'est la plongée dans la question des racines, du déterminisme social, de l'exil (des grands-parents et parents entre autre). La langue se dessine de manière imagée dans la lignée de Raymond Depardon.
« Est-ce que ce pays est trop petit ou bien trop grand ici ? »
Hélas, même si j'ai apprécié la teneur et l'effort d'écriture précédemment décrits, les bruits du « froufrou de la paille propre et de la cascade d'urine des vaches » m'ont lassée assez rapidement. Les cris des frères et des soeurs dans la cuisine, le tac-tac du sifflet de la cocotte-minute… ne m'ont pas passionnée.
« Comment trouver sa place dans une vie en vrac ? » n'est-il pas finalement la grande question que chaque personne équipée d'un minimum de sensibilité s'est posée à un moment ou à un autre ? Rien de transcendant là-dedans, parce que l'auteure a fait le choix de pas aller au fond des choses (comme le fait si bien Annie Ernaux) préférant le travail de la langue avant tout, et la beauté des images littéraires.
Certes, la fraternité et le respect qui existent entre ces gens-là, malgré la douleur et la dureté de leur quotidien et les conflits inhérents au monde agricole sont touchants, mais j'ai trouvé que ce texte manquait aussi de rythme.
Pour moi, cette chronique intime n'explore pas suffisamment les âmes des uns et des autres, restant trop en surface des faits et des actes qu'ont recueilli les yeux et les oreilles de l'enfant PIA.

C'est donc un sentiment de déception que je ressens à l'issue de cette lecture trop longue pour moi, même si je suis certaine que cette lenteur peut plaire à d'autres.

Lien : http://justelire.fr/des-orti..
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Biblioroz
  17 août 2019
Ces derniers jours, je me suis coulée dans l'univers de Pia, cernée par des petites phrases si simples, si belles, si poétiques, si vivantes et débordantes d'énergie que j'en ai encore le tournis. Je me suis laissée prendre dans ce tourbillon de mots, de verbes précieusement choisis et assemblés pour faire éclater les images qui jaillissent de l'univers de cette exploitation laitière, dans une petite ferme de Charente.
Chez Pia, vous y trouverez la fragilité du sourire de Joël, le poids de sa bosse et ses saluts sur le bord de la route. La 4L piquée de rouille conduite par le papa dont la voix entonne inlassablement Io sono un povero negro. Mademoiselle qui occupe aux beaux jours le château d'à côté, une autre vie ordonnée et silencieuse. Les cris de ses trois soeurs et de son frère, l'éphémère d'une grande fratrie. Les corvées de tous les jours avec le ronron des trayeuses, les vaches aux pis gonflés pour remplir le tank à lait. La force des biscoteaux pour transformer la crème battue en belles mottes de beurre. Les herbes sèches jetées dans la botteleuse.
Vous apprendrez à cueillir en douceur les orties pour ne pas qu'elles se vengent.
Vous devinerez les vestiges des origines italiennes qui ressurgissent à travers les clapotis de la polenta et les « porca miseria » à chaque coup dur. Et les coups durs planent avec la politique d'écrasement des petits producteurs pour donner les moindres miettes du gâteau aux tout-puissants qui contrôlent cultures et élevages. Ils se cachent aussi derrière les emprunts au Crédit Agricole, sous les blessures de la grande sécheresse de 1976, dans le hameau qui se dépeuple lorsque l'au-revoir aux anciens arrive, inévitablement.
Et tant, tant de choses encore, tous les restes de l'enfance perdue au milieu des champs.
Une toile de fond égrène les années 70 avec ses feuilletons, ses chansons, son odeur de chicorée et ses petits biscuits à messages. Souvenirs, souvenirs.
Ce n'est pas une grande histoire mais un chapelet de petits riens, de petits faits qui remplissent les jours puis les années d'une enfance à la campagne. Une enfance dont les gestes, les élans, s'effacent tout doucement pour d'autres horizons.
En savourant chaque phrase, j'ai trouvé beaucoup d'émotions tapies derrière ces orties et derrière ces hommes sur cette terre de Charente, dure mais attachante.
Paola Pigani a su en faire des explosions de tendresse, en toute simplicité, comme celle-ci :
« À la maison, la polenta est prête. Maman a préparé un gâteau. Elle roule l'amour des siens dans la farine. Le chagrin de nous avoir loin d'elle pendant des jours, elle le pétrit et l'aplatit comme elle peut. »
Je n'ai pas résisté, j'ai adoré !
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critiques presse (3)
LeMonde   08 mars 2021
Dans un long poème en quatre chants, Paola Pigani rend hommage à son père, déjà évoqué dans son roman « Des orties et des hommes ».
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeSoir   20 juin 2019
Paola Pigani plonge dans son enfance, en Charente dans les années 70. Entre un monde paysan qui se meurt et la liberté des grands espaces. Des orties et des hommes est le beau roman d’une nostalgie heureuse.
Lire la critique sur le site : LeSoir
LeMonde   26 avril 2019
Avec ce roman autobiographique, l’écrivaine et poète dit ce qu’elle doit, reconnaissante, à sa jeunesse dans une ferme charentaise.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (57) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky   26 avril 2019
Pour la vente du lait, on préfère y aller à deux pour compter la monnaie. Les mémés de Cellefrouin sont gentilles même avec leurs bises piquantes. Ce soir, c’est le type qu’on n’aime pas, celui qui passe tous les dimanches sur sa mobylette pour aller voir son film cochon à Chasseneuil, la ville des magasins. Sous le béret de traviole, ses yeux sont bombés et brillants comme son bidon en aluminium. On ne le regarde jamais en face. Je verse le lait sans dire un mot. Il aime bien m’impressionner pour que je rougisse. Un jour, je mettrai de la mort aux rats dans son lait. À condition d’en trouver de l’incolore.
(La narratrice une gamine de 10 ans)
+ Lire la suite
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CannetilleCannetille   07 juin 2019
À notre retour, la journée clapote doucement avec la polenta dans la marmite. On vit en rond mais on a déjà le cœur séparé. Demain, la maison se videra. Les parents travailleront sans nous. Nos devoirs, nos pensées seront tendus vers le lointain. Inévitable. Nous irons au-delà des frontières tendres de Cellefrouin. La rivière, le château, la charmille ne nous appartiendront plus. Nous nous en écarterons à mesure que tomberont nos dépouilles de gamins. Déjà on ne court plus sur la route qui descend au bourg, plus personne ne saute à chaque entrée d’une voiture dans la cour. On n’a plus la joie des chiens. On ne crie plus pour s’interpeller. On ne siffle plus entre nos doigts. On a laissé l’enfance sauvage pendue dans un séchoir à maïs vide, là où on se planquait pour manger des Carambar.
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NikiNiki   04 mai 2020
Un troupeau, des hectares de terre à travailler. Papa et maman sont usés et rien qui balaie la peine de vivre sauf les rires qu'ils s'inventent parfois.
Quelque chose remue pourtant dans la commune et les esprits depuis des mois.
Ça bout de colère et de fraternité suite à l'histoire d'un fermier menacé d'expulsion sur l'exploitation où il travaille. Un paysan sans terre, comme papa qui n'a jamais pu avoir assez d'emprunt au Crédit agricole pour s'installer vraiment dans une exploitation à lui. Un fermier obligé de louer. Le propriétaire a voulu s'en débarrasser pour faire le cultivateur à son tour. Les gens disent qu'il ne sait pas ce que c'est un sillon droit, ce cumulard, ni tenir une fourche. Il travaille avec des lunettes et un stylo dans un bureau de notaire. Il a déjà un salaire chaque mois et il veut lui ôter le pain de la bouche à son fermier !
Ça fait grand bruit dans tout le canton et là, on tend l'oreille, même les voisins, ceux de la ville et les Parisiens. En France, le droit de fermage date de 1946. Quest-ce que c'est vraiment ? Tout le monde s'intéresse. On sait ce que c'est ne rien posséder et travailler juste pour rester à la surface de la vie. D'une ferme à l'autre ça gronde entre les verres. Les hommes, les femmes, les enfants, on comprend qu'on n'est pas que des bouseux et que la parole, on sait la prendre.
Dans le comité de défense, il y a deux gars d'ici. On est fiers de les voir aux informations régionales à la télé. Des réunions se tiennent un peu partout. Des voitures se remplissent pour aller brailler aux portes de la préfecture, des tribunaux. On ne parle pas que de misère et de mauvais rendement sur nos terrains argileux. On revendique le droit au travail contre la propriété foncière. Ça s'accélère, l'horizon qui se déchire pour laisser passer la révolte, le nouveau vocabulaire, et là, le Tout l'Univers ne me sert à rien, j'en ai étalé plusieurs, douze numéros. J'essaie de comprendre, mais je tombe sur les moujiks en Russie soviétique. Le nombre d'hectares dans leurs kolkhozes ou leurs sovkhozes, ça me donne le tournis et puis ça date de vieux.
Alors j'écoute les copains de papa, Luc et les autres. Quand je peux, je vais chercher la Charente libre au pied du lit des parents. Le soir, on lit des articles qui traitent de l'affaire. On compte tous ceux qu'on connaît. On se sent guerriers.
Dora et Adamo n'en peuvent plus. Ils veulent aller aux manifestations, mais avec le pensionnat ce n'est pas possible. Ils se contentent de distribuer des tracts à la foire de Chasseneuil. Ce ne sont pas les gros qui font vivre le pays, mais les petits paysans avec leurs familles qui remplissent les écoles et les épiceries, ça on en est tous sûrs.
+ Lire la suite
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fanfanouche24fanfanouche24   13 août 2020
Ce matin,autour du hameau,l'air est transparent. Une lumière qui nous rend tous égaux dès qu'on a le pied à terre,à s'égailler dans la ferme, à demander des nouvelles d'un tel, à remarquer les motifs de la toile cirée neuve,les cartes des cousins d'Italie,à lire les journaux.Évidemment, on demande pour -le pain sur la planche-,qu'est-ce qu'on peut
faire ? Chacun retrouve une parcelle de soi où tendre la main,se rendre utile.On se croise les bras chargés, on se chambre,on râle. Ça fait combien de temps qu'on n'a pas occupé tout l'espace,ici à la ferme,tous ensemble ? Pour un peu,on s'offrirait un petit verre de foie de morue à l'apéritif.
(p304)
+ Lire la suite
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fanfanouche24fanfanouche24   09 août 2020
Aujourd'hui,on va aux cosses où papa nous embarque pour une corvée de rêve : ensevelir la décharge. C'est là qu'on trouve des trésors de toute sorte,des restes de guerre,le pélican de Robert Desnos et surtout la honte des gens d'ici. (...)Chez nous on ne connaît pas les ordures.Tout est recyclé ou jeté au feu.Après le champ de cailloux,c'est le dépotoir la décharge sauvage,un terrain qu'aucun agriculteur ne voulait,mais papa sait que sous l'océan de crasse,il y aura encore du rêve à creuser.Partir de rien toujours, planter du futur là où personne n'y croit. (p121)
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Vidéo de Paola Pigani
Avec Arthur H, Rim Battal, Seyhmus Dagtekin, Maud Joiret, Sophie Loizeau, Guillaume Marie, Emmanuel Moses, Anne Mulpas, Suzanne Rault-Balet, Milène Tournier, Pierre Vinclair & les musiciens Mathias Bourre (piano) et Gaël Ascal (contrebasse) Soirée présentée par Jean-Yves Reuzeau & Alexandre Bord
Cette anthologie reflète la vitalité impressionnante de la poésie francophone contemporaine. Quatre générations partagent des textes pour la plupart inédits. La plus jeune a 17 ans, les plus âgés sont nonagénaires. Ils sont ainsi 94 à croiser leurs poèmes sur la thématique du désir, un mot aussi simple que subversif.

ADONIS – ARTHURH – Olivier Barbarant – Linda MARIA BAROS Joël BASTARD – Rim BATTAL – Claude BEAUSOLEIL – Tahar BEN JELLOUN – Zoé BESMOND DESENNEVILLE – Zéno BIANU – Carole BIJOU – Alexandre BONNET-TERRILE – Alain BORER – Katia BOUCHOUEVA – Julien BOUTREUX – Nicole BROSSARD – Tom BURON – Tristan Cabral – CALI – Rémi Checchetto – William CLIFF – François de CORNIÈRE – Cécile COULON – Charlélie COUTURE – Laetitia CUVELIER – Seyhmus DAGTEKIN – Jacques DARRAS – Michel DEGUY – Chloé DELAUME – René Depestre – Thomas DESLOGIS – Ariane DREYFUS – Renaud EGO – Michèle FINCK – Brigitte FONTAINE – Albane GELLÉ – Guy GOFFETTE – Cécile GUIVARCH – Cécile A. HOLDBAN – Philippe JAFFEUX – Maud JOIRET – Charles JULIET – Vénus KHOURY-GHATA – Anise KOLTZ – Petr KrÁL – Abdellatif LAÂBI – Hélène LANSCOTTE – Jean LEBOËL – Yvon LE MEN – Perrine LEQUERREC – Jérôme LEROY – Hervé LETELLIER – Sophie LOIZEAU – Lisette LOMBé – Mathias MALZIEU – Guillaume MARIE – Sophie MARTIN – Jean-Yves MASSON – Edouard J.MAUNICK –
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