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EAN : 9791034904303
224 pages
Éditeur : Liana Lévi (26/08/2021)
3.76/5   25 notes
Résumé :
Sur le quai de la gare de Perrache, un jour de l'année 1929, une jeune Hongroise, Szonja, a rendez-vous avec son avenir : la France où brillent encore les Années folles et l'usine qui l'a embauchée à la production de viscose. Répondre au désir des femmes d'acquérie ces tissus soyeux à bas prix ne lui fait pas peur. Son rêve à elle, c'était de quitter le dur la beur de paysanne. A Vaux-en-Velin, dans la cité industrielle, elle accepte la chambre d'internat chez les s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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Zakuro
  26 août 2021
Ce très beau roman social aux contours historiques est centré sur le personnage de Szonja dont l'apparente fragilité cache un courage exemplaire. J'ai aimé la suivre tout au long du roman dans la découverte de sa personnalité, de ses attentes, de ses rencontres.
En 1929, l'usine française de textile Gillet et Chatin installée en Hongrie ferme définitivement ses portes. Tous ses ouvriers sont déplacés dans le nouveau site industriel installé à Lyon, la Sase (Soie artificielle du sud-est renommée plus tard Tase pour Textile) qui fabrique la viscose alors en plein essor.
L'usine embauche, l'emploi est rémunérateur. La promesse d'un meilleur avenir pour toute une jeunesse hongroise rurale et pauvre.
C'est donc avec le coeur et le pas encore légers que Szonja et Marieka, deux adolescentes de 17 ans quittent leur famille pour Lyon, c'est un contrat provisoire de 6 mois dit-on.
Seule la grand-mère sait. « De ses lèvres s'écoulait une prière ». La scène de la grand-mère sous l'ombre d'un tilleul au milieu des volailles est très poignante. Dernière image sur arrêt avant le voyage interminable vécu comme un enfer « On ne sait plus si on attend le soleil ou l'éternité ».
A travers Szonja, Paola Pigani fait revivre intensément toute une époque, un quartier, les lieux de vie austères où sont cantonnés les jeunes filles et les couples mariés, les échappées sur le canal de Jonage, les très dures conditions de travail.
Une ambiance restituée de façon très documentée qui frappe par sa puissance visuelle comme les murs de l'Hôtel des religieuses, rue de la Poudrette et son règlement intérieur très dur envers les jeunes filles «  On veut leur voix claires pour le chant des offices, leurs doigts fins pour embobiner le fil de viscose. Et surtout pas de rêves qui dépassent, pas d'envies de baisers derrière les buissons, ni d'échappées hors de la cité ».
La description à la fois très détaillée et puissamment humaine fait surgir de terre la mélancolie de la cité ouvrière, le familistère censé être la porte du bonheur dont l'architecture patriarcale renvoie les femmes mariées à leur condition «   Elles secouent à leurs fenêtres les petits riens de la vie entre l'appel aux enfants, le cognement des casseroles, les fredons de gaieté et les sorties de messe ».
A l'usine, les phrases courtes reproduisent la mécanique du labeur, les mains comme des pièces détachées du corps, attelées au filage, 60 heures par semaine dans l'odeur insupportable de l'acide sulfurique, du bruit, de la moiteur par le manque d'aération. 
L'écriture très imagée de Paola Pigani aide à affronter le quotidien de Szonja qui suffoque dans l'usine et dans sa vie de jeune femme.
Car l'imagination est la force de Szonja. Elle rêve près du château d'eau au bord du canal, laisse venir les notes nostalgiques d'un violon polonais, hume les herbes coupées de sa prairie natale quand le fermier apporte le lait.
Szonja la rêveuse se construit aussi à travers les autres et à travers la danse le dimanche, dans les bals de plein air « les femmes sont belles même sans bas dans de vieux souliers ajourés ».
Szonja apprend la légèreté, à relever la tête. Danser, c'est vivre.
Les rires sont les siens mêlés aux sonorités de voix étrangères de toutes nationalités et de toutes religions soudées par des liens plus forts que ceux du sang. «  Ce soir et pour 3 jours, chaque bal va assourdir le monde entier et ses rumeurs funestes, guerrières, raciales. On va envoyer son corps paître au-devant de soi dans une prairie d'étoiles, picorer des baisers. La musique va pousser chacun au centre, sur la piste » .
Le grand bal pour une insurrection joyeuse avant les grands rassemblements sociaux qui feront vivre à Szonja l'aventure collective de la solidarité.
J'ai beaucoup aimé ce roman pour son fonds historique et sa véracité, sa dimension sociale et le touchant portrait de Szonja qui parle au nom de toutes les femmes.
Paola Pigani dans un style à la fois réaliste et poétique entrelace avec talent les liens d'une communauté dont le patrimoine industriel aujourd'hui disparu en était le socle.
Un roman très fort et authentique.
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CatLizet
  01 septembre 2021
Szonja, une jeune hongroise calme et réservée ayant grandi à la ferme, et Marieka sa cousine, ont pris, un matin de 1929, un aller-simple Budapest-Lyon où les attendent désormais un nouveau destin, celui d'ouvrières d'une usine de viscose en France, à Vaulx-en-Velin. Une nouvelle vie les attend, celle de femmes immigrées dans une cité ouvrière au moment de la grande et terrible crise de 29.
Je me suis rapidement attachée à Szonja, cette jeune femme de vingt ans, taiseuse, facile à vivre, une suiveuse plutôt qu'une meneuse, qui est pourtant capable de quitter sa famille, son pays pour partir sans rien, vers un avenir inconnu et très incertain, à une époque où fermer la porte de la maison familiale signifiait souvent dire adieu aux siens pour…toujours. Pas d'internet et d'apéritifs en ligne sur zoom !
Paola Pigani a choisi comme porte d'entrée dans son récit –écrit de façon chronologique– la porte féminine. Ces héroïnes courageuses et méritantes sont bien sûr accompagnées d'hommes, mais c'est à travers leur regard de filles que l'autrice a voulu nous plonger dans l'histoire de l'industrie des années 30.
Notre héroïne se met donc consciemment en route vers un avenir qu'elle espère meilleur. Pourtant, à part cet acte de départ qu'elle a posé, elle subit plutôt qu'elle n'agit. Elle dit même « nous avons la volonté, la volonté du contentement, juste du contentement ». La hiérarchie est claire sur les attentes envers ces ouvrières : « on n'attend d'elles ni preuves d'intelligence, ni esprit d'initiative. »
Elles sont embauchées pour travailler dur dans des conditions atroces, sans aucune sécurité, ni de l'emploi, ni de salaire, ni même de protections quant à l'inhalation, aux intoxications ou aux brûlures dues aux produits chimiques, nécessaires à la transformation de la pâte de bois qui deviendra la cellulose, à partir de laquelle les femmes fabriqueront du fil.
Leurs salaires sont de loin inférieurs à ceux des hommes. Cette évidence résonne toujours à nos oreilles, comme un vieil adage, comme si nous avions réglé en un siècle nombre d'injustice mais que celle-ci restait le dernier rempart d'une société machiste. Hommes et femmes employés de la Sase, leur usine, viennent de nombreux pays et se mettent à parler entre eux une langue colorée, métissée. Szonja lie une forte amitié avec l'italienne Elsa, extravertie, gaie, chaleureuse.
Six jours sur sept, les ouvriers triment, les femmes sont logées dans un foyer tenu par des religieuses, l'office religieux est plus que conseillé, les brimades et punitions sont le menu quotidien. Mais le septième jour… leur appartient. Szonja cherchera d'abord à se ressourcer seule, mais rapidement elle partagera les moments simples et vrais avec les autres, au bord de la rivière, à piqueniquer, danser, rire et jouer. « C'est la loi du dimanche : marcher, respirer, dormir, aimer à son aise ».
Rien ne viendra entacher cette loi, pas même la terrible crise de 29 et les licenciements, qui dès 1931 toucheront d'abord les étrangers, les femmes, et feront d'eux des travailleurs en « chômage partiel », non rémunérés !
Je dirais de ce livre qu'il raconte des vies dures…oui mais ! Rien n'est jamais tout blanc ou tout noir. La vie ne peut être un ascenseur vers le haut ou un toboggan vers le bas.
D'une part, l'ambiance lourde, pesante, instable due au fascisme grandissant, à une guerre que l'on sent menacer, à une pauvreté du prolétariat. D'autre part, le moment présent que ces gens acceptent de vivre, sans penser en boucle à leur passé et sans spéculer sur un futur dont ils n'ont aucune idée. Ce qui les sauve est donc leur état d'esprit, leur capacité à vivre « ici et maintenant ». J'ai pris conscience à travers cette lecture que le petit nombre d'entre eux qui ne parvient pas à vivre dans l'instant présent ne fait pas de vieux os ! Aujourd'hui, nous parlons de burn-out, conséquence, entre autres, d'une incapacité à vivre le présent…
Paola Pigani nous instruit dans ce livre. Elle nous fait vivre la naissance du front populaire. Les personnages seront de cette lutte, et nous, lecteurs, avec eux.
Je m'attendais à trouver dans ce livre une forte intrigue, concernant les personnages, mais j'y ai trouvé en fait le rythme du quotidien. J'ai compris que l'histoire d'un seul ou d'une seule d'entre eux n'était pas au coeur du livre. C'est le destin des ouvriers, le destin des femmes, le destin des étrangers, le destin d'un peuple entier qu'a voulu porter Paola Pigani et non l'histoire romancée d'une femme.
Si je n'avais qu'une phrase pour résumer ce livre, elle serait : du combat pour la subsistance au combat pour la dignité, avec pour alliés la fraternité journalière, les petites joies simples et vraies, l'audace et le courage d'avancer.
Je n'ai pas eu LE coup de coeur mais l'envie d'en découvrir plus de Paola Pigani.
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karined1
  21 octobre 2021
Quand on est jeune et jolie, l'on rêve d'autre chose que de vivre la même vie étriquée que ses parents et grands-parents, une vie de paysans hongrois. C'est pourquoi quand des recruteurs viennent proposer aux villageois un travail dans une filature de viscose en France, Szonja et sa cousine signent immédiatement. Quel sera leur avenir au bout de ce long voyage en train ? Que vont-elles trouver à Vaulx en Vélin ? L'argent ? L'amour ?
Mais c'est une vie de labeur qui les attend au milieu d'autres immigrés. Des italiens, des polonais, des hongrois qui partagent avec elles les dures journées de travail, la vie à l'internat … Les français, eux, ne veulent pas travailler dans les vapeurs toxiques de cette usine où beaucoup tombent malades.
Vont-elles s'adapter ? Rentrer au pays ? Elle-même s'interroge :« Faudra-t-il qu'elle reste dans cette vie en noir et blanc que rien n'éclaire, ni ne réchauffe ? ».
Les amitiés se créent entre ouvriers et ouvrières de toutes nationalités, la misère rapproche. Les pique-niques à la campagne et les bals du dimanche permettent de survivre aux dures journées à l'usine. La solidarité rend plus douce la vie à l'internat ou à la cité ouvrière où certains noient leur désespoir dans l'alcool.
L'auteure nous entraine dans le monde ouvrier des années 30, dans ce pan de l'histoire que nous connaissons peu. le livre est bien documenté et c'est une photographie haute en couleur que nous livre Paola Pigani : une photographie du monde ouvrier lyonnais, de ses luttes pour une vie décente, de ses grèves jusqu'à l'avènement du front populaire. Elle s'inscrit complètement dans la lignée du courant réaliste du 19eme siècle.
J'ai eu un véritable coup de coeur pour ce roman qui nous offre une réalité brute sans fioriture et que j'imagine très bien adapté au cinéma.
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Blandine80
  13 septembre 2021
Deux cousines choisissent de s'expatrier dans l'espoir d'une meilleure vie. Elles quittent leur Hongrie natale pour une vie d'ouvrières en France. Alors pas à pas, jour après jour on suit leur installation en France, leur découverte de la vie à l'usine, leur intégration dans la société française.
L'immigration un sujet vieux comme le monde. Paola Pigani nous raconte ici une tranche de l'histoire industrielle de l'entre-deux guerres. Une montée en puissance avec des besoins croissants de main-d'oeuvre puis les difficultés qui amèneront les grandes grèves de 1936.
J'ai eu un peu de mal à « rentrer » dans le livre dont je trouvais le rythme un peu trop lent à mon goût. Puis je me suis prise d'affection pour les deux cousines. Paola Pigani sait instiller en vous l'atmosphère de l'époque, un peu comme les poisons chimiques de l'usine de viscose s'installent dans la vie des ouvriers. Elle aborde également au travers de son roman des sujets toujours d'actualité : l'immigration, le racisme (des Français à l'encontre des étrangers, mais aussi des étrangers entre eux), les difficultés économiques du peuple ouvrier. Elle dénonce aussi la condition féminine, les différences de traitement homme/femme, la violence à leur encontre.
Le livre m'a fait penser à une valse. Trois temps : l'arrivée, la découverte puis le quotidien, enfin la colère libératrice. La danse du dimanche était leur détente…
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VincentGloeckler
  20 septembre 2021
Sous la plume de Paola Pigani, qui avait déjà su nous émouvoir, et ô combien, avec des romans mettant en scène sa rencontre d'enfance avec les tsiganes, dans N'entre pas dans mon âme avec tes chaussures (Liana Levi, 2013), la vie de sa famille de paysans italiens immigrés et sa jeunesse en Charente dans Des orties et des hommes (Liana Levi, 2019), ou des poèmes comme ceux du recueil, La Chaise de van Gogh (La Boucherie littéraire, 2021), un merveilleux hommage rendu à son père récemment décédé, Et ils dansaient le dimanche est un très grand roman historique et social, montrant une fois de plus l'extrême attention de l'auteure aux simples « choses de la vie » humaine, sa manière bien à elle de révéler dans le quotidien la violence ou la beauté. En 1929, Szonja, une jeune paysanne hongroise, quitte son pays avec sa cousine Marieka, pour gagner Lyon, où les attend une promesse d'embauche dans une usine de fabrication de viscose, cette soie artificielle qui connaît alors un bel essor. Au cours même du long voyage ferroviaire, pourtant, le rêve d'émancipation commence déjà à s'effriter, et la découverte de leur nouvel environnement industriel à l'arrivée ne fera qu'empirer le désenchantement. Szonja est obligée de se loger dans une triste pension tenue par des soeurs, de partager avec les autres ouvrières les maigres repas au réfectoire, de subir à l'usine cadences infernales et mauvais traitements, victime des brimades et des inégalités entre hommes et femmes, abimant ses mains dans des produits toxiques, sa tête et ses poumons dans un brouillard de fumées nocives. Et pourtant, avec ses collègues immigrés d'Europe centrale et d'Italie, elle découvre aussi la camaraderie et la solidarité, la joie des conversations, de la fête dominicale, et des danses au bord de la Rize. Quand surgit la grande Crise, conséquence du crash économique de 1929, entraînant le chômage et l'hostilité à l'égard des étrangers, cette fraternité des ouvriers, dans la colère et la lutte, leur permettra de résister jusqu'au Front Populaire et ses promesses de jours meilleurs… Dans un récit engagé, trouvant toujours les mots justes pour dire les tourments du corps comme les sentiments, traduisant avec la même poésie la douleur et l'amour, Paola Pigani nous entraîne, comme ses héros, dans la plus belle des valses littéraires… Laissez-vous emporter par sa musique, comme par le souffle de l'accordéon du « petit bal perdu » !
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
ZakuroZakuro   18 août 2021
Au moment de partir, Szonja avait regardé trembler ce qu'il y avait de plus réel dans sa petite vie, les branches nues du tilleul dans la cour dont l'ombre sèche passait et repassait sur leur grand-mère assise au milieu des volailles, les mains serrées autour de l'écuelle de maïs. La vieille dame avait levé les yeux vers elles. De ses lèvres s'écoulait une prière. Seule Szonja l'avait deviné.
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julienleclerc45julienleclerc45   28 août 2021
Des ouvrières ont baptisé les machines de noms bizarres comme il ragno. « L’araignée », explique Elsa aux autres, « Parce qu’elle est toute noire et nous garde entre ses pattes toute la journée. » La fraternité, ça monte, ça descend, capricieuse comme la misère. Parfois, elle s’enroule autour des filles, leur tient chaud surtout quand elles ont du mal à tenir debout à cause de leurs règles ou du taux d’humidité qui avoisine les quatre-ving-dix pour cent dans l’atelier. Elle aide les filles à avancer quand même, mains tendues, la râpe aux cœur. Il faut ignorer les cheveux qui poissent, le regard du chef, ignorer la vraie lumière qui filtre à travers les carreaux embués.
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BazartBazart   06 septembre 2021
Parmi les grévistes, ils sont nombreux à mépriser les ouvriers venus des villages ou des fermes alentour, qui ont embauché pour améliorer l’ordinaire alors qu’ils ont « de quoi assurer leur manger » : ils ne se mêlent pas aux luttes, n’approuvent pas la grève interminable et restent dans les rangs des jaunes.

Szonja sait que Jean est tenu pour l’un d’entre eux. Grévistes peu convaincu, fataliste, il répète en fumant cigarette sur cigarette, la bouche amère, que le travail aurait pu reprendre sans tous « ces cocos d’étrangers » qui n’ont rien à perdre. En vérité, ils sont bien moins nombreux, les Italiens, Polonais, Hongrois, Espagnols ; épuisés, les poumons troués comme le linge piqué d’acide quand il reste trop longtemps aux fenêtres, beaucoup vivotent désormais de l’artisanat et du petit commerce. L’autorité administrative a restreint le nombre des cartes »travailleur » et des naturalisations.
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