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EAN : 9782876739567
324 pages
Éditeur : Champ Vallon (03/04/2014)

Note moyenne : 4.25/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Varsovie, 19 septembre 1940 : un officier de réserve polonais se fait volontairement arrêter lors d'une rafle par l'armée allemande.Son nom : Witold Pilecki.Sa mission : être interné dans le camp d'Auschwitz pour y constituer un réseau de résistance.Témoin tragique d'une des pages les plus sombres de l'histoire de l'humanité, après presque mille jours passés dans l'antre du crime nazi, il est le premier homme à informer des conditions effroyables de détention à Ausc... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Filox
  02 août 2016
Pour démarrer cette critique, j'emprunte cette phrase de Pascal, cité dans la postface du livre :
« Je ne crois que les histoires dont les témoins se feraient égorger » Witold Pilecki est l'un d'eux.
Sous-lieutenant de cavalerie, il s'est porté volontaire et s'est arrangé fort discrètement pour, à l'occasion d'une rafle à Varsovie, se faire interner en septembre 1940 dans le camp d'Auschwitz. Il y fonde la Résistance, exporte son rapport dès qu'il trouve une occasion favorable vers l'armée secrète polonaise, et met en place une organisation résistante au sein du camp, pour préparer une insurrection, qui n'aura jamais lieu. Il s'évadera du camp en 1943.
C'est donc un témoignage, précis, éclairant, factuel et qui nous permet aussi de mieux connaître le rôle de la Pologne lors de la 2 ème guerre mondiale.
En ce qui me concerne, cette lecture qui a suivi une visite récente aux camps de concentration et d'extermination d'Auschwitz, est une de celles qui devrait être déclarée d'utilité publique et si elle nous met face à l'abyme de la barbarie, elle nous rappelle qu'elle fut le fruit d'une doctrine, d'une politique et d'un projet certes fou mais bien réel et pragmatique et glaçant utilisateur rationnel des sciences et techniques de son temps.
Je vous renvoie à trois citations que je publie simultanément à cette critique, pour vous faire une idée du ton et de la teneur du rapport. C'est la dimension irremplaçable de l'écriture, écriture non littéraire d'un témoin direct qui me touche le plus, il l'a écrit pour nous, sans doute moins brillamment que Primo Lévi , mais à chaud, petit à petit, en direct….Lecture essentielle aujourd'hui, car comme l'a rappelé hier le pape François le soir de sa visite à Auschwitz- Birkenau et devant les jeunes : « le dois dire la vérité, la cruauté ne s'est pas arrêtée à Auchwitz et à Birkenau »
La mesure du courage pour affronter la cruauté est contenue aussi dans le témoignage, pour agir, de Pilecki.
Je vais simplement, à ce stade, tenter de partager au mieux les points qui me restent à l'esprit après ma lecture.
- Nous suivons les étapes de la construction et de la gestion des camps d'Auschwitz. Au départ le but est de neutraliser les classes dirigeantes polonaises. Les slaves sont de bons travailleurs, ils ont donc destinés à être des esclaves, sont priés de laisser leur terres, pour garantir un espace vital suffisant au « vrais » hommes du Reich. Les intellectuels seront prioritairement décimés, car la mort frappe ceux qui n'ont pas le sens pratique, des corps inaptes au travail, qui ne respectent pas des consignes cyniques, car c'est bien un régime de terreur qui est instauré dès les débuts. Trois appels par jour, rester au garde à vous des heures entières dans le froid, etc...Pilecki décrit tout cela, cite certains kapos, tueurs en série érigés en manageurs du camp ou de leur block.
- Il résume les conditions de survie de la manière suivante : « Tirer bénéfice de toute générosité et y répandre la générosité. Car on ne pouvait survivre qu'en se reposant sur des liens d'amitié, de travail manuel et d'entraide. Ceux qui ne se liaient pas aux autres, ceux-là mouraient vite ». Deuxième grande obsession, se retenir de manger ce qui était indigeste, et puis ne pas tomber malade, et puis avoir beaucoup, beaucoup de chance. Il nous indique que les français mouraient plus rapidement que n'importe quel autre peuple, car je cite : « Ils n'étaient pas aptes au travail et manquaient de camaraderie, ils étaient malingres, souffreteux et bêtement réfractaires »
- En 1941, 700 prisonniers de guerre, des officiers soviétiques furent gazés, par l'acide prussique, après avoir été entassés dans des conditions inimaginables, les autres, périrent gelés, car laissés nus à l'extérieur. Puis ce fut la mise en oeuvre de la solution finale pour les juifs d'Europe et la mise en place de la sélection, triste spécificité d'Auchwitz-Birkenau : 80 % des arrivants étaient gazés directement, les 20 % orientés vers le camp de « travail » bénéficiant d'une durée de vie moyenne de 3 mois, dans des conditions inimaginables, et que d'ailleurs Pilecki ne connut pas, une post-face très bien faite, complète son rapport par les faits qu'il n'a pas pu connaître.
- Il nous décrit, les tromperies ignobles qui incitaient les juifs à venir travailler dans les camps, certains payant même leur voyage, car des témoignages écrits (sous la dictée bien sûr!) de leur famille dressaient un tableau favorable de la situation. Que dire des effets positifs sur la vie économique des camps, voire de l'amélioration de l'ordinaire, car en effet, il y eu une deuxième vie des objets, des vêtements emportés par les juifs. La plate-forme de tri et de trafic fut nommée le Kanada … Auschwitz devint précise Pilecki une source d'où diamants et or commencèrent à couler.
La soupe même s'améliore, puisqu'elle est constituée des rejets mélangés en vrac dans de grandes marmites, rejets des meilleurs colis, désormais autorisés, dont ceux de France, qui approvisionnent directement la cantine des SS.
En 1942, l'effort de guerre s'intensifie, on efface les traces des meurtres précédents en faisant déterrer des dizaines de milliers de cadavres des tranchées. Puis l'industrialisation de la mort s'emballe encore par la construction de 4 complexes gazage/fours crématoires à Birkenau, capacité : 12000 victimes par jour ! tandis que l'assassinat en masse des malades du typhus par injection de phénol directement dans le coeur bat son plein à « l'hôpital ». Les sonderkommandos, chargés de gérer l'extermination industrielle renommée « épouillage » sont aussi évoqués avec des mots très forts eux qui furent qualifiés par Primo Lévi comme constituant le crime de plus démoniaque du National-Socialisme.
- le rapport se termine par le récit, épique, de son évasion, et de son retour à la Terre , car c'est ainsi qu'il nomme le reste du monde sauf Auschwitz dès les premières pages de cet exceptionnel témoignage dorénavant, et c'est très récent, sauf erreur de ma part traduit en français. Si, vous n'avez encore d'avoir lu sur Auschwitz, ou si vous avez le sentiment d'avoir trop lu sur la Shoah, ce livre est pour vous ! Cela n'engage que moi, bien entendu !

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theobservor
  09 mars 2020
Je suis extrêmement perplexe après avoir lu ce document.
L'utilité de ce livre : on découvre un peu l'histoire de la Pologne, qui nest pas jugée suffisamment passionnante pour être étudiée en France , au moins au lendemain de la première guerre mondiale. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, il parait que ce pays a été balayé en quelques jours; il est vrai que deux pays se sont chargés de le mettre en pièce ( n'oublions pas les si fantastiques "russes "...
Ensuite, en lisant ce rapport, on a l'impression que la Pologne avait la possibilité de mettre en place dans tout le pays une résistance extrêmement efficace…
Je reste quand même très septique, mais ce n'est que mon regard de petit "français", qui ne connait rien à l'histoire de la Pologne.
Néanmoins, un très grand RESPECT, pour ce Monsieur, qui volontairement a rejoint l'enfer…
Mais toujours un scepticisme, certes, il a connu ce si tristement camp presque dés son origine, et si j'ose dire dire, pas encore rodé aux méthodes d'extermination.
Il n'empêche que les conditions étaient terribles...et ce qui me contrarie c'est qu'en lisant cet ouvrage, ce héros parle : d'organisation de Noel, de courrier reçu par les détenus, de nourriture qui peuvent pénétrer dans le camps, de prisonniers qui sont même étonnement en bonne santé au dire même des médecins du camp qui s'en étonnent eux mêmes…
En liant les explications de ce héros, comment arriver à déjouer la vigilance des nazis et autres kapos, je suis quand même septique sur son récit…
Septique en sa réalité, septique entre les discours officiels, septique au regard du discours des autres prisonniers et notamment ceux de confession juive …
Aurait on cacher une partie de la réalité pour des raisons politiques, pour des raisons de propagande??? Il parait que cela arrive.
Ce récit permet de mettre en lumière des héros, qui ne sont jamais cités dans les manuels scolaires...surtout s'ils ne sont pas français.
Ce récit permet de mettre en lumière une autre réalité de ce camps
Ce récit permet de comprendre comment le système répressif a évolué au cours du temps, au cours des évolutions du conflit et des divagations nazies.
Ce discours permet de mettre en lumière une nouvelle vision de ce conflit.
Ce conflit permet aussi en connaissant la fin tragique de l'auteur, de bien comprendre qu'il n'y a que si peu de différence entre les enragés nazis et les enragés communistes.
Ce livre remet en cause l'histoire officielle et juste pour cela ce Monsieur mérite le plus grands des respects
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loicdj
  15 mai 2015
Sacré témoignage de ce qu'a pu être la détention à Auschwitz. Witold Pilecki s'est déporté volontairement lors d'une rafle à Auschwitz pour créer un réseau de résistance au sein du camp. Il réussi à s'en échapper en 1943. Pilecki nous décrit comment il a réussi à survivre à cet enfer. Je le recommande.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
loicdjloicdj   13 mai 2015
Le camp était autosuffisant. Du blé était semé. Tout un élevage existait, que cela soit des chevaux, des vaches et des cochons. Il y avait un abattoir pour transformer la viande animale en produits bon à manger et, à coté de ce dernier, ce trouvaient les fours crématoires où une masse de viande humaine était transformée en cendres pour fertiliser les champs, le seul emploi que l'on pouvait faire de cette viande.
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FiloxFilox   02 août 2016
La guerre à toujours été justifiée par les " hommes de haute culture " comme "indispensable et nécessaire". En vérité, elle consister à tuer pour servir les intérêts d'un groupe. Elle n'était que masque,alibi. Toutefois, avant, elle était une affaire de militaires, uniquement de militaires. On peut estimer que c'était là une "belle époque". Que peut dire aujourd'hui, cette humanité qui veut croire dans le progrès de la culture et mettre le XX e siècle au -dessus de tous les précédents ? .... Quand une masse armée détruit, non pas un ennemi armé, mais des nations entières, des populations sans défense, en utilisant les derniers accomplissements de la technologie ? Des progrès technologiques : oui. Mais un progrès de la culture ? Ne me faites pas rire. Mes amis, nous voilà impliqués dans quelque chose d'horrible ! Il n'y a pas de mots pour exprimer cette chose. Je voulais utiliser le mot bestialité .... Mais non ! L'homme est pire que les bêtes, il les surpasse de toute l'immensité de l'enfer. J'ai le droit d'écrire cela, spécialement après ce que j'ai vu et après ce qui s'est passé à Auschwitz à partir de l'année suivante. Aussi grande était la différence entre " être" et " ne pas être ", aussi grande était celle entre les conditions de vie de ceux qui travaillaient sous un toit ( dans les étables , les magasins et les ateliers ) et ceux qui finissaient leur vie de diverses manières dans les commandos non abrités.
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FiloxFilox   02 août 2016
Le camp était autosuffisant. Du blé était semé. Tout un élevage existait, que cela soit des chevaux, des vaches et des cochons. Il y avait un abattoir pour transformer la viande animale en produits bons à manger et , à côté de ce dernier , se trouvaient les fours crématoires où une masse de viande humaine était transformée en cendres pour fertiliser les champs, le seul emploi que l'on pouvait faire de cette viande.
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loicdjloicdj   13 mai 2015
La guerre a toujours été justifiée par "les hommes de haute culture" comme "indispensable et nécessaire". En vérité, elle consistait à tuer pour servir les intérêts d'un groupe. Elle n'était que masque, alibi. Toutefois, avant, elle était une affaire de militaires, uniquement de militaires. On peut estimer que c'était là... une "belle époque".
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FiloxFilox   02 août 2016
Les scènes vues chaque jour. Plus de trois cents fois l'année, montraient constamment ce rouleau compresseur. Et imaginez de le vivre pendant près de mille jours ... Si des gens vivant confortablement sur Terre font l'effort de lire ces pages , l'image seule de ce rouleau compresseur , de cette extermination les submergera. Des compagnons étaient liquides de façon variée, tous les jours, sans discontinuer. Il est peut être bon que le lecteur partage cette expérience répétitive. Et même si nous avons vécu ce rouleau compresseur des milliers de fois et que les jours semblaient se ressembler, nous n'oublierons jamais chacun de ces moments.
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