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ISBN : 1519754833
Éditeur : CreateSpace Independent Publishing Platform (09/12/2015)

Note moyenne : 5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Ion Pillat (1891-1945), poète roumain, se fit connaître, entre autres, par ses monostiches. Son art de la concision, de l'expression indirecte, surprennent toujours aujourd'hui et excitent la curiosité. Cette nouvelle traduction rend enfin un premier volume de son œuvre disponible au lecteur francophone, en regroupant une sélection de ses poèmes.
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Tandarica
  26 décembre 2015
Mes poèmes préférés sont les brillantes parenthèses de la préface, comme "Soldats de plomb..." qui évoque brillamment la guerre et comment elle est socialement entretenue ou "Tant ai-je contemplé ton corps" dont le sujet est, bien entendu, la passion amoureuse.
Parenthèses, parce que Ion Pillat est considéré en Roumanie et en France comme un poète de facture classique, qu'on pourrait presque comparer à Théophile Gautier: un amour du classicisme, avec beaucoup de références à la Grèce antique par exemple, mais aussi des écarts (pour Gautier, penser à "Mademoiselle de Maupin", en particulier certains passages de la préface, ou à "Albertus"). Bref, je ne poursuivrai pas le parallèle jusqu'à la thèse, surtout que l'homme a étudié à Henri IV et est sans doute le seul à avoir fait rimer quelque chose, mais je ne veux pas trop en dévoiler, avec "Francis Jammes", auquel il fut souvent comparé.
Comme beaucoup de jeunes gens de sa génération et de héros romanesques de l'époque (de mémoire Demian chez Hermann Hesse ou Léniot chez Valéry Larbaud), Pillat est rapidement passé aux travaux pratiques : campagne de Bulgarie puis Première guerre mondiale, ce qui lui valut d'être durablement marqué par la mort, sujet récurrent, parfois à la limite de la misanthropie. Pour un classique, la forme est très variée, la poésie populaire roumaine aidant, comme la soif de dépaysement de l'auteur toujours inassouvie. C'est ainsi qu'on trouve cette forme rare surtout en Roumanie qu'on appelle le monostiche : des poèmes d'un seul vers qui se rapprochent parfois sous la plume de Pillat des "cimilituri", ces devinettes roumaines issues de la littérature populaire : "Jaillissant des vagues, l'écume blanche s'est mise à voler" ("Mouettes", p.28). Si vous voulez connaître la réponse à "Il a serré le bleu dans ses bras et le berce toujours", vous savez où la découvrir...
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Francharb3
  09 janvier 2016
Les citations, qu'il est réconfortant de voir largement apprécier pour certaines, donnent une idée pertinente de la variété de la poésie de Ion Pillat. Elle rappelle "L'invitation au voyage" de Charles Baudelaire : tout n'y est, à première vue qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté, sous des horizons variés. On y joue du shamisen au Japon, on y lit Giorgio Vasari, on se recueille à San Francesco del Deserto, et la Roumanie se rapproche de la Grèce et de Rome par l'intermédiaire d'Ovide. Mais sous cette préciosité feinte apparaît discrètement une pertinente réflexion sur la condition humaine, à l'image de cette biche de porcelaine, décrite comme une merveille, avant de révéler le contraste entre le monde animé et celui des choses, "où la mort ne tue point". Ancré dans la campagne roumaine, où il avait plusieurs propriétés, comme Francis Jammes dans son Béarn, Pillat s'en évade en monostiches vers ces amandiers riches en immortalités fragiles : qui ne ressent pas, aujourd'hui, l'envie de s'évader?
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
TandaricaTandarica   07 février 2019
Le poète
Chargé de vers comme l’automne de fruits.
(p. 47)
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TandaricaTandarica   07 février 2019
Art poétique
Ce n’est pas les paroles, mais le silence qui donne au chant sa voix.
(p. 19)
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TandaricaTandarica   07 février 2019
Le retour
Je me suis exilé chez les dieux, pour retourner auprès des hommes.
(p. 22)
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TandaricaTandarica   26 décembre 2015
Peu leur chaut le flot de douleurs ! Ils coulent et résistent
Aux siècles nombreux comme le sable et les peuples – ils existent,
Leurs yeux sont comme de la pierre, ils possèdent une âme granitée :
Fatigués de l’éternité, ils se sont endormis à perpétuité.

(p. 74, Dans la cathédrale, Notre-Dame de Chartres)
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TandaricaTandarica   26 décembre 2015
Post-mortem

Le monde aujourd’hui m’a abandonné, comme l’habit
Oublié suspendu à la patère,
Et seul m’est dévoilé le mystère
Dont parler à personne je ne puis.

Je laisse le bourdon, la poussière et les sandales :
Même une ombre je ne suis plus guère.
D’une autre contrée je vois au loin le pétale
De cette lumière qui fut ma terre.
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