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EAN : 9782723414074
Glénat (01/01/1990)
2.5/5   3 notes
Résumé :



L'Alsace est envahie par les troupes du Troisième Reich... La province française devient un bout d'Allemagne et les jeunes gens sont enrôlés dans l'armée d'Hitler. L'enfer commence...
Embrigadés, formés, ils seront envoyés sur le Front de l'Est pour servir de chair à canon contre les forces soviétiques.
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Cette bande dessinée s'attache à suivre le parcours d'un jeune Alsacien incorporé de force dans l'armée allemande pendant de la Seconde Guerre mondiale, en se concentrant sur sa captivité dans des conditions terribles au camp de Tambow, où étaient détenus par les Soviétiques des prisonniers de guerre de l'armée allemande. L'intention est louable, mais le dessin est juste passable, et l'oeuvre si courte que je n'en ai presque rien appris et ne me suis pas intéressé aux personnages.

Mais il y a aussi dans l'ouvrage quelque chose qui pose problème, assez emblématique de la façon dont on a souvent évoqué le sort des Malgré-nous, et qu'illustre bien la préface, sorte de mise au point historique, de Stan Barets, qui est apparemment plutôt spécialiste de SF et a travaillé pour Glénat. Tout d'abord, il est regrettable que la parole n'ait pas été donnée à un véritable historien. Mais surtout cette préface suggère plusieurs fois que le traitement des Malgré-nous à Tambow n'avait rien à envier aux camps nazis, au prix de plusieurs approximations. Tout d'abord, l'auteur utilise le parallèle fait fréquemment entre les systèmes concentrationnaires nazi et soviétique, mais un camp de prisonniers de guerre n'est pas le Goulag ! Ensuite, il compare les rations alimentaires des détenus de Tambow avec celle d'Auschwitz, mais, d'une part, il n'y a aucune source pour les chiffres présentés dans cette préface, et, d'autre part, c'est oublier qu'Auschwitz est un système de plusieurs camps aux conditions variables : affirmer que les rations alimentaires étaient de deux mille calories me semble donc douteux. Mais surtout, dans ce que j'imagine être une approximation dans le vocabulaire, la préface compare Tambow aux camps d'extermination nazis ! Il y a des parallèles qu'on peut tout-à-fait admettre avec les conditions de vie dans les camps de concentration, mais pas avec les camps d'extermination, où les déportés étaient le plus souvent assassinés en quelques heures seulement.

Or il m'a semblé que la bande dessinée elle-même, et pas seulement la préface, repose souvent sur une comparaison frappante avec le système concentrationnaire nazi, en représentant des marches de la mort, des prisonniers au crâne rasé, l'infirmerie-mouroir, etc. L'on peut remarquer toutefois l'absence ou presque de mauvais traitements de la part des gardiens. Mais la comparaison se fait aussi dans le vocabulaire : parlait-on vraiment de « kapos » à Tambow ?

Je connais bien le traumatisme des Malgré-nous (rappelons que plus d'un quart d'entre eux sont morts pendant la guerre), et il n'y avait presque pas de repas de famille sans que mon grand-père n'exprime le sien, mais il faut éviter la concurrence mémorielle et rappeler qu'il n'y a pas vraiment de comparaison valable entre des conditions atroces et inhumaines de milliers de prisonniers de guerre et la mise à mort délibérée et industrialisée de communautés entières. On pourrait d'ailleurs rappeler que les nazis ont volontairement laissé mourir de faim des centaines de milliers de prisonniers de guerre soviétiques. À ma connaissance, il n'y a pas une telle intention chez les Soviétiques.
Ce n'est pas par des comparaisons hâtives ou forcées qu'on montrera la singularité de cette catastrophe alsacienne (et mosellane).
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Cette bd rappelle tout le problème qui a touché de nombreux alsaciens durant la Seconde Guerre Mondiale. L'Alsace a été ballotée entre la France et l'Allemagne au fil des guerres, des victoires ou des défaites. le coeur a toujours battu pour la France même dans les pires moments de l'Occupation ou plutôt devrais-je dire de l'Annexion.

Les jeunes alsaciens étaient envoyés sur le front russe (près de 130000 hommes tout de même). On les mettait en première ligne pour en faire de la chair à canon. du coup, c'était bien pratique de se débarrasser d'eux qui n'étaient pas totalement allemands. Ceux qui ont été capturé par les russes ont été enfermés dans un terrible camp à savoir Tambow. Les conditions de détention y étaient des plus effroyables. La ration journalière était estimée à 1340 calories contre 2000 pour les détenus d'Auschwitz par exemple. Un homme sur deux y mourait après une durée moyenne de 4 mois.

Après la capitulation allemande du 8 mai 1945, on pouvait légitiment penser qu'ils reviendraient tous à la maison. Ce ne fut pas tout à fait le cas puisque le dernier de ceux qu'on a appelé les Malgré nous ne rentra qu'en 1955 ! C'est une terrible page de l'histoire pour les alsaciens et les mosellans. Ceux qui sont rentrés ont dû subir encore la honte d'avoir collaboré avec l'ennemi.

Cette bd raconte l'histoire de ces hommes à travers le destin de Charles. L'objectif de cette oeuvre est de faire découvrir aux jeunes générations tous les méandres de cette guerre. L'Alsace a beaucoup souffert. Et elle s'est relevée !
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
La guerre ne répugne à aucune ruse.
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Voici les albums et romans conseillés dans cet épisode : - Les P'tites Poules, une série d'albums de Christian Jolibois et Christian Heinrich (éd. Pocket Jeunesse) : https://www.librairiedialogues.fr/serie/les-p-tites-poules/75044/ ; - Les Chiens pirates, une série d'albums de Clémentine Mélois et Rudy Spiessert (éd. École des Loisirs) : https://www.lesenfants.fr/recherche/?q=les+chiens+pirates ; - La Fabuleuse Histoire de la poire géante, de Jacob Martin Strid (éd. Pocket Jeunesse) : https://www.lesenfants.fr/livre/7175350-la-fabuleuse-histoire-de-la-poire-geante-jakob-martin-strid-pocket-jeunesse ; - La Ville grise, de Torben Kuhlmann (éd. NordSud) : https://www.librairiedialogues.fr/livre/21838973-la-ville-grise-torben-kuhlmann-nord-sud ; - Deux ans de vacances, texte de Jules Verne, abrégé par Thibault Vermot, illustré par Frédéric Pillot (éd. Sarbacane) : https://www.librairiedialogues.fr/livre/22569217-deux-ans-de-vacances-jules-verne-sarbacane ; - Celui qui voulait tout réparer, de Barbara Kosmowska, illustré par Emilia Dziubak (éd. Père Fouettard) : https://www.librairiedialogues.fr/livre/22519891-celui-qui-voulait-tout-reparer-barbara-kosmowska-pere-fouettard ; - Pony, de R.J. Palacio (éd. Gallimard Jeunesse) : https://www.librairiedialogues.fr/livre/22401465-pony-r-j-palacio-gallimard-jeunesse ; - L'Année perdue, de Katherine Marsh (éd. Gallimard Jeunesse) : https://www.librairiedialogues.fr/livre/22401480-l-annee-perdue-katherine-marsh-gallimard-jeunesse.
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