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EAN : 9782760410602
Stanké (01/03/2012)
3.4/5   5 notes
Résumé :
1974. Jeanne, fillette dotée d'un verbe coloré et d'une impitoyable lucidité, refuse d'être une enfant, le nom que les adultes donnent à leur progéniture « pour nous rapetisser au lieu de nous élever ».

Elle aspire à devenir un grand homme comme Jésus Christ et Jacques Cartier, avec qui elle partage ses initiales, ou encore comme ce rescapé des camps venu libérer les femmes d'ici. Confrontée aux adultes peu responsables qui peuplent son univers, Jeann... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Avant d'ouvrir Mémoires d'une enfant gâtée de Brigitte Pilote, il vaut mieux que vous attachiez tout de suite vos tuques, parce que tout va défiler à la vitesse grand V pendant 160 pages.

Jeanne, la narratrice, n'a pas froid aux yeux et veut laisser sa marque à tout prix. Après tout, elle a les mêmes initiales que Jésus-Christ et Jacques Cartier. C'est bien assez pour être convaincue qu'elle a un grand rôle à jouer. Enfin, c'est ce qu'elle croit, comme elle croit aussi qu'elle n'est pas une petite fille, mais une adulte dans un corps d'enfant puisqu'elle se comporte comme une adulte, a un raisonnement plus aiguisé et plus mûr qu'en ont un les adultes de son entourage, et qu'elle semble savoir où elle va alors que son propre univers est en pleine perdition.

Brigitte Pilote a créé une héroïne qui vous décoiffera avec ses analyses, ses remarques à l'emporte-pièce et sa vitesse d'exécution. Jeanne, alors qu'elle n'a que huit ans environ, va de plus vous bousculer un peu en faisant d'un certain Henry M. qui n'a rien à voir avec Montherlant un héros parce qu'il a vécu l'enfer des camps de concentration et qu'il a voulu consacrer sa vie à aider les femmes à assumer leur choix.

Vraisemblable? Sûrement pas! On n'est pas ici à une exagération près. Tout dépasse le possible et devient caricatural. du vrai délire, un délire qui glisse, que dis-je qui dérape totalement quand Brigitte Pilote déplace ses personnages dans une commune où parents et enfants vivent chacun de leur côté, ces derniers, privés de crayons, recevant pour toute éducation des phrases tirées de la Bhagavad-Gītā. Mais ça en valait la chandelle. Jeanne va devenir célèbre : un homme à la caméra d'or s'intéressera à son cas.

Si vous avez tenu le coup jusqu'ici, n'avez pas perdu le souffle dans la descente des montagnes russes de ce que je vous ai relaté des Mémoires d'une enfant manquée ni votre tuque au passage, ce livre est pour vous. Moi, j'ai eu un peu de mal avec l'exagération et l'invraisemblance.
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C'est dans le cadre de la première session de mon challenge des Maisons d'éditions que je me suis lancée dans cette lecture, le synopsis m'ayant beaucoup plus. Par contre, je ne peux dire si j'ai passé un bon moment ou pas avec l'histoire de Brigitte Pilote. Je n'avais pas vraiment d'attente, c'est seulement que le récit manquait quelque chose… Quelque chose qui m'aurait emballé plus que ça.

Il faut dire que j'adore les point de vue de jeunes enfants, quand c'est tout simple et mystérieux, mais il me semblait ne pas cerner l'histoire et où elle s'en allait. Au moins un point positif, la jeune fille m'a énormément plu. J'ai beaucoup aimé son tempérament, comment elle tenait tête aux autres. Elle se dit ne pas être une enfant et porte des propos très matures, mais aussi superbement mignons.

Dès la première partie, on plonge complètement dans le quotidien de Jeanne. de son envie de voir du pays à sa mère qui ne semble pas la comprendre, du tout, à la maitresse d'école qu'elle trouve trop enfantine à son goût. Les péripéties s'enchaînent et il est impossible de s'ennuyer. de plus, l'auteur chamboule un jour totalement l'histoire en nous transportant dans une commune, là où les enfants sont séparés des adultes et vont à « l'école de la vie ». J'ai été un peu perdue à partir de là, jusqu'à ce que je me rappelle que ça ne se passe pas au XXIe siècle, exactement. N'oublions pas que nous sommes en 1974 ou, du moins, quelques années après. le typique hippie, quoi.

…Je ne sais quoi dire d'autre sur ce premier roman de l'auteur. J'aurais peut-être voulu plus de sérieux, moins de désordre dans son style d'écriture qui n'a pourtant rien de banal. Mais ne vous arrêtez pas à cause de moi, vous pourriez aimer le temps d'une pause. Surtout que c'est un roman à livre à lire en une soirée, d'une traite.
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L'héroïne du roman, Jeanne, est une enfant particulièrement lucide et «une fille de parole». Elle jette un regard amusant sur les adultes (et ses parents) qui évoluent dans les années 70. Comme j'ai moi-même vécu cette période, ce livre a fait ressurgir en moi plusieurs souvenirs. Il y a beaucoup d'humour dans ce roman que j'ai bien aimé.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
On ne naît pas enfant, on le devient. Suffit de laisser les grandes personnes faire leur boulot. En quelques années, le mal est fait, car tout se joue avant six ans, dit le livre de maman.

Je ne suis pas une enfant. Je n’ai rien en commun avec eux, à part l’âge.

Je veux devenir un grand homme comme Jésus Christ et Jacques Cartier, parce que le pire dans la vie, c’est d’être une ratée: une écrivaine ratée, une potière ratée ou une mère ratée, si c’est le seul métier qui s’offre à toi.

«Jacques Cartier cherchait un passage vers les Indes, nous dit la maîtresse, lorsqu’il découvrit notre pays.» Alors les sauvages qu’il aperçut sur les berges du Saint-Laurent sont devenus les Indiens.

Quelque chose ne tourne pas rond avec Jacques Cartier. Je demande à notre maîtresse comment il a pu découvrir notre pays si les Indiens étaient ici avant lui. La voilà qui fouille dans la pile de ses connaissances en prenant soin de ne rien déplacer: son beau visage se contracte sous l’effort, je l’observe étirer nerveusement son chandail pour le lisser même si aucun pli ne le traverse parce qu’il est en Fortrel, la nouvelle matière infroissable qui ravit les ménagères, dit l’annonce à la télévision. Ce simple geste l’a vraisemblablement aidée à réfléchir, car elle répond à ma question.

«Des documents doivent attester les découvertes, Jeanne, ça ne se fait pas n’importe comment. Les Indiens n’écrivaient pas, tandis que Jacques Cartier tenait un journal de bord.»

Notre maîtresse aime faire flèche de tout bois et elle enchaîne:

«Savoir écrire est très important dans la vie. Vous allez maintenant écrire quelques lignes pour me présenter votre maman.»

Autour de moi les enfants ouvrent leur cahier et s’attellent à la tâche. Pour eux, la maîtresse est Dieu le Père et sa parole est loi: ma mère est, ma mère a, ma mère fait: ils se tortillent sur leur chaise pour mieux expulser leurs idées.

Je reste là à fixer le vide, car parmi les choses que je sais se trouve cette vérité: ma mère est impossible à décrire en quelques lignes. Je n’essaie même pas. Pour le moment, la maîtresse me laisse faire parce qu’elle croit que je réfléchis lorsque j’appuie mon crayon sur mon nez, la mine vers le haut. C’est son boulot de stimuler les enfants, même ceux qui ne feront jamais rien de bon.
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«Les temps sont durs pour les écrivaines, m’a dit un jour maman, regarde à quel point Mado en arrache avec ses livres, personne n’en veut, elle sacrifie tout à son art et ne connaîtra pas le bonheur d’être mère. Elle est raide pauvre et doit quêter de l’argent à Lucien pour s’acheter des bas de nylon, ce n’est pas une vie, de toujours dépendre d’un homme.»

J’ai répondu à maman que chez nous aussi c’est papa qui paie tout parce qu’elle ne travaille pas et son visage a vite tourné à l’orage: «Jeanne, ne dis plus jamais que les mères ne travaillent pas, elles travaillent sans arrêt, elles sont débordées. Regarde la tonne de vaisselle dans l’évier, le panier à linge plein à ras bord et quand je t’explique des choses comme en ce moment, je m’occupe de toi, c’est du travail. Les mères travaillent tout le temps, le problème c’est qu’elles ne sont pas payées pour le faire.»

Ma mère n’aime pas le beau et le propre comme les autres mères. Elle préfère nettement passer son temps à refaire le monde avec ses amies Mado l’écrivaine et Monique la potière.
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