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EAN : 9782355220180
222 pages
Éditeur : Zones (09/09/2010)

Note moyenne : 3.89/5 (sur 62 notes)
Résumé :
Petits chèques entre amis, dîners mondains, légions d'honneur et comptes en Suisse... L’affaire Bettencourt a jeté une lumière crue sur les connivences souterraines qui unissent pouvoir politique et puissances de l'argent. Dans ce livre-enquête, les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, spécialistes de la bourgeoisie française, donnent à voir, au-delà des scandales, la logique d'un système.

Pour faire vivre un monde où l'entre-soi perm... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
de
  01 novembre 2011
Contrairement à ce qu'avancent les auteur-e-s, mettre les relations, les faits, les actions sur la place publique ne les rendent pas instantanément visibles ni même tout simplement lisibles. Pour briser l'opacité construite, il convient non seulement de les mettre en perspective mais aussi de tracer des pistes, d'ouvrir des fenêtres sur un futur plus émancipateur qui puisse rendre immédiatement tangible les ruptures avec la grisaille du présent.
Quoiqu'il en soit, les descriptions et analyses de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot permettent d'illustrer concrètement les fonctionnements d'une partie du pouvoir institutionnel. Les libéraux jugent l'État trop interventionniste, frein pour la concurrence « non faussée » et le « libre » marché, mais exigent en permanence des politiques d'interventions, un usage très privé de la puissance dite publique. Effets de bande, copinages, passe-droits, voire criminalité en col très blanc, la bourgeoisie a une haute considération d'elle même. Ses membres se reconnaissent et exigent des privilèges pour leur classe, très minoritaire. Ils revendiquent une non-égalité, une différentiation permanente, quelque fois discrète, quelque fois plus affirmée publiquement, d'avec l'égalité des salarié-e-s, des non-nantis, de celles et ceux qui forment les légions des incompétent-e-s, pour utiliser la belle formule de Jacques Rancière ( Retrouver le tranchant d'une idée).
Entrez donc dans ce voyage au Fouquet's, chez les amis du CAC 40. Les étapes pourraient se nommer : bouclier et niches fiscales, réseaux au travail, président attentionné, lotissements oligarchiques, Neuilly-sur-Seine, révolution de l'audiovisuel, droit comme propédeutique à la politique, clientélisme, vie conjugale à la une, grand Paris dont La Défense serait la capitale ou « des mots pour ne pas le dire ».
Un pan du monde réel non derrière l'illusion d'une « République », mais la république réellement existante.
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YvesParis
  25 février 2013
Succès immérité pour ce livre qui se pare des atours de l'étude sociologique universitaire.
Le procès est tellement à charge qu'il en perd toute crédibilité.
Les erreurs et les approximations sont légion.
La haine à l'égard de Nicolas Sarkozy est-elle devenue si forte que le premier livre venu qui le traîne dans la boue devienne un best-seller ?
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alicejo
  17 novembre 2010
Une enquête à charge sur ces réseaux de l'ombre qui tirent les ficelles de la politique moderne. Très instructif mais aussi assez démoralisant.
Les solutions apportées à la fin de ce livre pour lutter contre cette puissante oligarchie semblent bien dérisoires et utopiques.
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de
  21 mars 2012
Contrairement à ce qu'avancent les auteur-e-s, mettre les relations, les faits, les actions sur la place publique ne les rendent pas instantanément visibles ni même tout simplement lisibles. Pour briser l'opacité construite, il convient non seulement de les mettre en perspective mais aussi de tracer des pistes, d'ouvrir des fenêtres sur un futur plus émancipateur qui puisse rendre immédiatement tangible les ruptures avec la grisaille du présent.
Quoiqu'il en soit, les descriptions et analyses de Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot permettent d'illustrer concrètement les fonctionnements d'une partie du pouvoir institutionnel. Les libéraux jugent l'État trop interventionniste, frein pour la concurrence « non faussée » et le « libre » marché, mais exigent en permanence des politiques d'interventions, un usage très privé de la puissance dite publique. Effets de bande, copinages, passe-droits, voire criminalité en col très blanc, la bourgeoisie a une haute considération d'elle même. Ses membres se reconnaissent et exigent des privilèges pour leur classe, très minoritaire. Ils revendiquent une non-égalité, une différentiation permanente, quelque fois discrète, quelque fois plus affirmée publiquement, d'avec l'égalité des salarié-e-s, des non-nantis, de celles et ceux qui forment les légions des incompétent-e-s, pour utiliser la belle formule de Jacques Rancière .
Entrez donc dans ce voyage au Fouquet's, chez les amis du CAC 40. Les étapes pourraient se nommer : bouclier et niches fiscales, réseaux au travail, président attentionné, lotissements oligarchiques, Neuilly-sur-Seine, révolution de l'audiovisuel, droit comme propédeutique à la politique, clientélisme, vie conjugale à la une, grand Paris dont La Défense serait la capitale ou « des mots pour ne pas le dire ».
Un pan du monde réel non derrière l'illusion d'une « République », mais la république réellement existante.
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CineKino
  28 août 2018
Je m'y prends un peu tard pour lire ce livre paru au milieu du quinquennat de Nicolas Sarkozy, mais je suis tombé dessus récemment et finalement il est toujours d'actualité avec le président actuel et nombre d'acteurs importants de la politique et de l'économie qui sont toujours présents. Je vois par ailleurs en préparant cette chronique qu'une édition revue et augmentée est parue plus tard, tant l'activité (et les affaires) de Nicolas Sarkozy était importante. Bravo d'ailleurs aux auteurs d'avoir rédigé une telle synthèse à peine deux ans après l'élection du président bien vite qualifié de président des riches.
Là où je suis moins convaincu par leur livre (en plus de cette affreuse édition : couverture datée, mauvaise qualité d'impression, notes minuscules), c'est par le style, très critique, revendicatif voire agressif, des auteurs, différent des constats sociologiques teintés d'humour auxquels ils m'avaient habitué dans leurs autres ouvrages. C'est certain que ce personnage, par son comportement, ses relations et ses actes, a de quoi déchaîner les deux sociologues, spécialistes des riches et des classes dominantes. En deux ans à peine, son bilan était déjà accablant, de ses débuts au Fouquet's (le fait de manger dans ce grand restaurant n'étant pas en soi le plus critiquable, mais la liste des participants au dîner l'est, qui vont finalement diriger la France pendant 5 ans sans être élus) à ses mesures allant toutes dans le sens des puissants.
Plus que tout, c'est l'entre-soi politico-médiatico-financier sous le règne de Nicolas Sarkozy qui est ici analysé et décrypté. Les lobbies de l'argent ont dicté la politique du quinquennat (je parle de 2007-2012, pas de 2017-2022. Quoique…), et nos deux auteurs décortiquent tout cela en profondeur avec un beau travail d'enquête, pour dresser un constat assez saisissant.
Clairement revendicatif, ce livre est sans doute le plus énervé du couple Pinçon-Charlot et aurait pu éviter certaines formulations, mais il présente en tout cas un portrait complet des forces politiques et économiques, souvent invisibles, qui nous dirigent.
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
lesptitchatslesptitchats   22 juillet 2014
Toute nouvelle mesure de solidarité sociale ne sera pas, selon cette logique, acquittée par ceux qui dépassent déjà le taux de 50 pourcent d'imposition. Ainsi, le 8 octobre 2008, au coeur de la crise économique et financière, les députés de lammajorité présidentielle, l'ump et le Nouveau Centre, ont inclus dans le calcul du bouclier fiscal la taxe de 1,1 pourcent sur les revenus de placements d'épargne, destinée à financer le revenu de solidarité active (RSA). Ce prélèvement, appliqué dès le 1er janvier 2009, est donc à la charge des riches les plus modestes et des classes moyennes.
Comme l'a laissé entendre Nicolas Sarkozy, dans ce langage qui manie avec rouerie les apparences de l'évidence, "un bouclier fiscal, si ça laisse passer les flèches, ce n'est plus un bouclier". Irréfutable. Sauf que les flèches atteignent les moins protégés. Les petits épargnants sont mis à contribution sur leurs assurances-vie, leurs comptes sur livret et autres placements, alors que les milliardaires se retrouvent, eux, hors d' atteinte. Les plus riches sont donc exemptés de l'effort de solidarité envers les plus démunis.
Avec un cynisme époustouflant: les indemnités versées aux victimes d' accidents du travail sont, depuis décembre 2009, considérées comme un revenu et donc imposable.
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lesptitchatslesptitchats   23 juillet 2014
Cette loi a été adoptée par la Parlement le 11 février 2010, après avoir été votée par la Sénat le même jour. selon l'article 222-14 du code pénal, ainsi modifié, "le fait pour une personne de participer sciemment à un groupement, même formé de façon temporaire, en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, de violences volontaires contre les personnes ou de destructions et de dégradations de biens est puni d'un an d'emprisonnement et de 15000 euros d'amende". Même si la durée d’emprisonnement a été réduite, de même que l'amende, l'application de la loi, promulguée le 2 mars 2010 et publié le lendemain au Journal officiel, risque d'entraîner de graves atteintes aux libertés.
c'est ainsi que "cent dix personnes ont été interpellées lors d'un rassemblement anticarcéral relativement confidentiel aux abords de la prison de la Santé, dimanche 28 mars, après que l'un des participants a procédé à un tir de fusée de détresse". Deux cents personnes ayant participé à ce rassemblement, c'est la moitié des manifestants qui furent interpellés, et le quart finit en garde à vue. Comme dit l'ineffable Frédéric Lefebvre, il faut saluer cet outil qui permettra "l'éradication des bandes de racailles, qui prennent toujours pour cible les plus fragiles de nos concitoyens dans les quartiers les plus populaires".
Cette loi semble avoir été conçue pour casser la contestation sociale en rétablissant la responsabilité pénale collective. elle permettra de juger un manifestant pour des actes commis par des tiers, et même pour de simples intentions supposées. La responsabilité collective avait été établie dans le droit français avec la loi Pleven, dite loi "anticasseurs". Elle fut abrogée avec l'arrivée de la gauche au pouvoir en 1981. Voilà qu'on la réinvente.
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PumpkinPumpkin   26 janvier 2011
ce combat incertain exige que soient dévoilés les moyens et les méthodes de l'adversaire. Pour le vaincre, ne faut-il pas le connaitre? [...] dans un souci constant de transparence et de lisibilité, nous donnons à lire des faits, des preuves, nous multiplions les histoires et les exemples pour emmener le lecteur sur la réalité du terrain, à la Défense, à Neuilly et dans les lotissements chics ou l'entre-soi permet la consolidation des réseaux. Les sources sont indiquées: il faut vaincre l'opacité du pouvoir, l'un de ses remparts les plus solides.
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alicejoalicejo   16 novembre 2010
[...] le chef de l'État ne peut éviter de rendre visible l'intervention du pouvoir pour remercier qui l'a servi [...]. Les rouages du pouvoir ont toujours fonctionné ainsi, mais dans la discrétion, voire le secret. Nicolas Sarkozy, peut-être parce qu'il n'est pas né au cœur du sérail, vend la mèche dans une sorte de forfanterie, celle du novice trop heureux de pouvoir réaliser enfin ce qu'il désirait depuis l'enfance.
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lesptitchatslesptitchats   22 juillet 2014
Un enfant ayant ses deux parents pourra recevoir d' eux, tous les six ans, des donations pour un montant cumulé de 313948 euros, sous des formes diverses: dons manuels en espèces, chèques, virements, titres ou valeurs, ou dons en nature, de biens meubles ou immeubles. Sous la seule condition que celui ou celle qui reçoit le don en fasse la déclaration à l'administration fiscale.
Prenons un exemple: à l'âge de 50 ans, des parents engagent des donations en faveur de leurs deux enfants. S'ils réalisent la dernière à 74 ans, ils auront pu procéder à cinq donations, en respectant un intervalle de six ans. Soit, pour chaque enfant (sur la base de 156974 euros par parents, donc 313948 euros par donation) un total de 1569740 euros de dons. Le maximum des donations cumulées pour deux enfants atteint donc 3139480 euros.
À la mort de leurs parents, les deux enfants pourront en plus bénéficier d'une exonération fiscale sur la succession de 627896 euros au maximum. C'est un total de 3767376 euros pouvant être transmis sans imposition. Ces avantages fiscaux bénéficieront à des personnes déjà financièrement avantagees. Une nouvelle fois, les recettes de l' État se privent de la contribution de familles fortunées.
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Vidéo de Monique Pinçon-Charlot
Magnifique Monique Pinçon Charlot qui allume un député macroniste ! Sur la Chaîne Révoltons-nous.
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