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ISBN : 2757817450
Éditeur : Points (25/03/2010)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 34 notes)
Résumé :
On peut être à la fois militant et bourgeois! De Neuilly-sur-Seine aux châteaux de l'Oise, deux sociologues de renom se sont aventurés au coeur de la grande bourgeoisie pour étudier les associations, comités et cercles formés par les riches pour défendre leur pré carré. Appartenir à la bourgeoisie, c'est avant tout cultiver l'entre-soi pour convertir la richesse économique en richesse sociale.

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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Aela
  15 septembre 2013
La grande bourgeoisie se protège des autres, quitte à former des ghettos, des ghettos "favorisés", les ghettos du Gotha.
C'est ce que montre ce livre écrit par un couple de sociologues Monique et Michel Pinçon.
Qui est-elle cette haute bourgeoisie?
Elle détient un pouvoir économique, financier et aussi culturel.
Elle s'organise autour de Cercles, qui sont des lieux de concentration de pouvoir (Jockey Club, Cercle de l'Union interalliée, Automobile-Club de France..)
Quelles sont les stratégies pour maintenir sa place dans cette classe dominante?
C'est ce que les auteurs nous aident à comprendre au travers de multiples exemples.
Nous "navigons" ici au fil des célèbres dynasties: Wendel, Vuitton..
Rien ne semble nouveau sous le soleil mais ce qui est intéressant dans ce livre c'est de voir que le capital "patrimonial" n'est pas tout (hôtels particuliers, objets d'art, châteaux..).
Le capital "mondain" a aussi un rôle important à jouer et il se manifeste par l'appartenance à un réseau ou à des associations.
Une manière de s'enraciner dans la "multiterritorialité", dans les réseaux les plus divers.
Au terme de cette étude, les auteurs nous amènent à penser que l'écart ne fait que grandir entre cette classe dominante et le commun des mortels..
Une étude intéressante, assez axée politiquement mais qui met bien en lumière les stratégies adoptées par certaines catégories sociales pour rester membre de l'"élite".
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letitbe
  02 août 2013
Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon, un couple de sociologues, ont fait une incursion dans la milieu de la grande bourgeoisie et nous dressent un portrait de cette classe sociale.
J'ai dévoré ce livre d'un abord accessible et j'y ai appris énormément de choses.
J'y ai découvert un milieu hermétique et tentaculaire très attaché à ses privilèges, qui n'hésite pas à utiliser ses réseaux pour défendre ses acquits et ses privilèges au détriment des autres classes sociales.
Que ce soit dans les domaines de l'environnement, du cadre de vie, des carrières professionnelles, de la politique, ce milieu use de ses influences, de ses connaissances.
Les auteurs appuyent leurs observations par des faits avérés, nous décrivent les fonctionnements des cercles, des réseaux et les différentes strates de ce milieu.
Je suis sortie de cette lecture plus instruite. Mais quel triste constat que ce fossé, voire ce gouffre, qui sépare ce milieu du reste d'une population qu'il manipule à sa guise et au gré de ses besoins.
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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
EFournEFourn   25 juillet 2013
Le discours réservé au champ politique se doit de tendre au consensuel, de défendre des objectifs irréfutables: la mixité sociale et l'amélioration de la circulation. Mais, dans la pratique, les dominants œuvrent toujours à la perpétuation de leurs avantages. Ils vont limiter de fait l'arrivée de catégories populaires dans leur lieu de résidence. On retrouve sur ce cas particulier de l'urbanisme l'aptitude des puissants à pratiquer un cynisme qui leur permet de traiter séparément la pensée et l'action. Ainsi de leur capacité à vanter les mérites de la concurrence et de l'organisation libérale de l'économie et par ailleurs de recourir à un collectivisme qui est leur plus grande force. Le maintien des privilèges doit toujours user de cette dualité structurelle qui oppose le discours à la pratique, qui prêche le blanc pour avoir le noir, la liberté pour asservir au travail, l'égalité pour maintenir l'inégalité.
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CalamityJahCalamityJah   29 décembre 2015
La réception de nos travaux par les enquêtés
Dans notre journal d'enquête, Voyage en grande bourgeoisie, nous avons noté le sentiment de malaise que nous éprouvions envers nos interviewés. Notre travail consiste à dévoiler une partie de leur vie, alors même que leur milieu cultive la discrétion. Le malaise qui en résulte aurait pu trouver une issue positive dans une écriture hagiographique qui serait venue atténuer notre sentiment de trahison. Mais si la restitution que nous faisons de la parole des aristocrates et des grands bourgeois se veut rigoureuse et respectueuse, elle est sans concession sur le fond. En effet, notre souci constant a été de mettre au jour des inégalités et des privilèges mal connus et d'en souligner les effets sociaux. Or, en général, nos textes sont bien acceptés par le milieu fortuné de la noblesse et de la grande bourgeoisie ancienne. Ce qui nous étonne d'autant plus que nous utilisons le système théorique élaboré par Pierre Bourdieu. Nos travaux ayant pour objet la reproduction des positions dominantes et les déterminismes sociaux qui en sont au principe, nous soumettons ces rapports sociaux à l'analyse à partir des concepts d'habitus, de champ, de capital économique, social, culturel et symbolique. Nous les faisons vivre et fonctionner dans notre restitution des discours et des observations. La référence à Bourdieu, en raison de ses engagements à l'extrême gauche, aurait pu effrayer et provoquer la fermeture de la grande bourgeoisie à nos enquêtes. Il n'en a rien été.
Les intéressés se montrent en accord avec nos textes et ils nous disent parfois les préférer à des approches laudatives qui ne leur apprennent pas grand-chose sur eux-mêmes. Nos livres, agrémentés du label scientifique que nous procure l'appartenance au CNRS, leur ouvrent de nouveaux espaces de compréhension de leurs propres pratiques. Bien plus, ils peuvent instrumentaliser nos analyses des processus de la reproduction sociale pour affiner leurs stratégies. Une sociologie critique peut devenir une arme pour la défense de positions dominantes dont elle dévoile le fonctionnement. Dans les années 1970, une certaine sociologie urbaine marxiste, dont nous faisions partie, a pu être financée, et utilisée, par des gouvernements de droite, sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing. Cette recherche contractuelle sur fonds publics venait nourrir la réflexion des cabinets ministériels. Un regard sans complaisance pouvait leur apprendre plus sur les stratégies à mettre en œuvre que les louanges des cours (au sens de celle de Versailles) et des clientèles, toujours portées à flatter le bienfaiteur au pouvoir.
De là sans doute vient une certaine réticence de nos collègues, en particulier de ceux qui furent proches de Pierre Bourdieu, pour nos travaux, jugés à la limite de la complaisance envers notre objet. C'est oublier que la lucidité sur le monde social est doublement nécessaire : aux dominants, qu'elle aide dans leur domination, et aux dominés, qui, sans cette connaissance, sont portés à l'estimer inéluctable et légitime, en raison des qualités supposées des dominants.
Que l'instrumentalisation de la sociologie critique aide la grande bourgeoisie à mieux se connaître et à mieux lutter pour maintenir ses prérogatives n'enlève rien à la valeur subversive du savoir qui, en mettant en évidence que la terre tourne autour du soleil et non l'inverse, remet en cause l'ordre infondé du monde.
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CalamityJahCalamityJah   29 décembre 2015
Il est étrange que les sociologues mènent leurs recherches sans presque jamais dire d'où ils viennent. Il doit y avoir à cela nombre de raisons. Il en est au moins une qui nous paraît décisive : le sociologue fait de la science. Il est donc pur esprit, intelligence tombée du ciel. Que son père soit éboueur ou marquis, cela n'est jamais mentionné sur les cartes professionnelles. Tous égaux, c'est la loi de la République qui oublie la puissance des expériences premières. Tout le monde fait comme si être docteur en sociologie suffisait à escamoter les joies, les peines, les espoirs et les désespoirs, les apprentissages et les ignorances, tout ce temps d'avant qui est encore là. Mais qui a intérêt à ce silence ? Pourquoi masquer les inégalités de départ est-il si facilement admis ? Dans les sciences sociales la connaissance des éléments de la trajectoire des sociologues permet pourtant de mieux comprendre leur rapport à leur objet.
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AelaAela   15 septembre 2013
Le Comité Vendôme réunit les grands noms de la banque et de la haute joaillerie. Ces entreprises prestigieuses occupent, comme sur les Grands Boulevards, sur les Champs-Elysées ou avenue Montaigne, des immeubles qui furent longtemps à vocation résidentielle et occupés par des familles de la haute société.
La place Vendôme est le résultat de l'une des premières opérations immobilières de grande ampleur de la capitale à la fin du règne de Louis XIV.
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CalamityJahCalamityJah   11 novembre 2015
Propriétaire du château de Beaurepaire dans la commune homonyme de l'Oise (75 habitants), le marquis Christian de Luppé en est aussi le maire. Inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1976, le château est entouré, au sud, par un vaste parc, des étangs et un bois qui sont inclus dans le Parc naturel régional Oise-Pays de France. Il est protégé au nord par l'Oise et à l'ouest et à l'est par des terres agricoles qui font partie du domaine. De tous côtés une barrière verte, qui permet au marquis de Luppé de conclure : “ Je suis sécurisé. “ Toutefois le château reçoit des visites : l'église et la mairie sont installés dans le parc. L'église, du XVIè siècle, était celle du château. Dégradée pendant la Révolution, transformée en mairie, elle fut rendue au culte en 1813. Les châtelains accueillirent la mairie dans les communs et firent don de l'église à la commune. Les habitants de Beaurepaire, pour aller au mariage de l'un des leurs ou pour accomplir leur devoir électoral, doivent emprunter l'allée ombragée de plusieurs centaines de mètres qui conduit de la route départementale au château. A pied, cette longue marche d'approche a quelque chose d'impressionnant, comme s'il s'agissait de franchir un sas pour passer de l'ordinaire à l'extraordinaire. Pour accéder à l'église, les fidèles empruntent une passerelle de bois qui enjambe les douves du château où nagent paisiblement “ mes cygnes de richesse “, comme dit avec humour le châtelain lui-même. Devenu église communale, le bâtiment, d'un beau style Renaissance, est entretenu aux frais du village. Il a toutefois bénéficié, en 1988, pour la réfection de la toiture, des subventions de l'Etat et du département, le monument étant inscrit. Il s'y est ajouté un chèque de Marcel Dassault, député d'une autre circonscription de l'Oise, envoyé sous enveloppe à l'adresse “ Commune de Beaurepaire. Toit de l'église. “ Les membres de la famille Luppé apprécient cet endroit au point d'y célébrer les mariages des neveux et nièces, des cousins et cousines et bien sûr de leurs propres enfants. Christian de Luppé conduira lui-même la cérémonie civile pour sa fille qu'il mariera en septembre 2007. Comme il dit, c'est la joie “ de tout père et maire “. La famille a fourni sans discontinuer le premier magistrat du village depuis 1890 : cent dix-sept ans de bons et loyaux services. Les locaux de la mairie sont à deux pas du château, au premier étage des communs : le bureau du maire, avec la photocopieuse à disposition des habitants le samedi matin, la petite bibliothèque, la salle du conseil. Sous le regard d'un portrait de Jacques Chirac, alors président de la République, une grande table et neuf sièges attendent les conseillers municipaux. Une armoire contient les archives communales. Dans un coin est relégué l'isoloir pour l'accomplissement du devoir électoral. Le cadastre, un service important dans une commune rurale, a droit à une petite pièce pour lui seul. La commune paie l'électricité. L'occupation des locaux se fait par accord tacite : pas de contrat de location. Pour le maire, cela va de soi, il est chez lui ; mais les conseillers sont hébergés à titre gracieux. Depuis le temps, cette mairie dans les communs, cela va de soi pour les Luppé. “ C'est normal, je n'ai jamais fait de chantage, déclare Christian de Luppé. Je n'ai jamais dit : " Je me tiens à la disposition de mon successeur pour le déménagement des archives ! " ” De toute façon, cela risque fort de durer : le fils de l'actuel marquis est conseiller municipal.
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Videos de Michel Pinçon (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michel Pinçon
« Macron, c?est moi en mieux », confiait Nicolas Sarkozy en juin 2017. En pire, rectifient Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot. Huit ans après « le Président des riches », les sociologues de la grande bourgeoisie poursuivent leur travail d?enquête sur la dérive oligarchique du pouvoir en France. Au-delà du mépris social évident dont témoignent les petites phrases du président sur « ceux qui ne sont rien », les auteurs documentent la réalité d?un projet politique profondément inégalitaire. Loin d?avoir été un candidat hors système, Emmanuel Macron est un enfant du sérail, adoubé par les puissants, financé par de généreux donateurs, conseillé par des économistes libéraux. Depuis son arrivée au palais, ce président mal élu a multiplié les cadeaux aux plus riches : suppression de l?ISF, flat tax sur les revenus du capital, suppression de l?exit tax, pérennisation du crédit d?impôt pour les entreprises? Autant de mesures en faveur des privilégiés qui coûtent un « pognon de dingue » alors même que les classes populaires paient la facture sur fond de privatisation plus ou moins rampante des services publics et de faux-semblant en matière de politique écologique. Mettant en série les faits, arpentant les lieux du pouvoir, brossant le portrait de l?entourage, ce livre fait la chronique édifiante d?une guerre de classe menée depuis le c?ur de ce qui s?apparente de plus en plus à une monarchie présidentielle.
À découvrir ? « le Président des ultra-riches. Chronique du mépris de classe dans la politique d?Emmanuel Macron », la nouvelle enquête du couple de sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot : https://bit.ly/2Hsdvro
Février 2019 - Zones éditions
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