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EAN : 9782707146823
128 pages
La Découverte (01/09/2005)
4.04/5   36 notes
Résumé :
Depuis dix ans, la bourgeoisie a connu des bouleversements liés notamment au pouvoir grandissant de la finance sur l’industrie, la politique et les médias. Quelles en sont les conséquences sur les différentes formes de richesse, l’argent, la culture, les relations sociales et le prestige qui caractérisent cette classe sociale ?
Les modes de vie des grands bourgeois ont-ils changé ? Dans quelles conditions leurs positions dominantes se reproduisent-elles de g... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Colchik
  30 avril 2021
Le couple Pinçon-Charlot, anciens chercheurs au CNRS, s'est fait une spécialité de l'étude de la classe dominante en publiant des ouvrages tels que Grandes Fortunes. Dynasties familiales et formes de richesse en France, Les Ghettos du Gotha, Comment la bourgeoisie défend ses espaces, le Président des riches. Enquête sur l'oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy, etc.
Dans ce précis de sociologie, largement nourri des apports de leurs collègues, ils synthétisent la réflexion sur les évolutions récentes qu'a connu la grande bourgeoisie tant sur la place qu'elle occupe dans le milieu économique, que sur ses relais de pouvoir traditionnels (réseau social, sociabilité, formation, médias) ou ses accointances avec les institutions politiques.
Les lecteurs familiers de certains concepts sociologiques (les notions de capital culturel, symbolique, social, d'endogamie…) retrouvent des analyses largement diffusées dans les études sociales. Des encadrés viennent illustrer les propos des auteurs, souvent rédigés avec verve et acidité, dans le style des Pinçon-Charlot, qui ne font pas mystère de leur proximité avec la gauche anti-capitaliste.
Un ouvrage de vulgarisation accessible tout en étant très solide dans ses références.
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Lybertaire
  18 avril 2012
Si la lutte des classes n'existe plus au sens marxiste, la bourgeoisie est la seule classe sociale à avoir conscience de soi, de ses intérêts et de ses limites.
La bourgeoisie et la noblesse accumulent et entretiennent les capitaux économique, social et symbolique. En tant que dernière classe au sens marxiste, la bourgeoisie se mobilise par un travail collectif pour préserver et transmettre ses richesses à l'intérieur du groupe : les mariages endogamiques et la cooptation définissent les frontières de la classe.
Ayant conscience de leur appartenance, les bourgeois et les nobles n'ont de cesse de se retrouver entre eux, d'abord parce qu'il est agréable de se trouver parmi les personnes qui nous ressemblent, et d'autre part parce qu'il s'agit d'entretenir le capital social et affirmer chaque jour cette appartenance. À ce titre, les cercles (le Cercle du Bois de Boulogne, le Cercle de Deauville, le Jockey club, le Polo de Paris…), les rallyes qui réunissent les jeunes en vue de créer des alliances amoureuses, les activités culturelles (l'opéra, les ventes aux enchères pour les philistins), les activités sportives (le ski, le golf, la chasse à courre en Afrique) et les lieux de villégiature (les résidences privées ultra surveillées dans le monde, ou l'île Moustique…) sont autant d'occasions de multiplier les liens qui tissent le réseau bourgeois.
Toutefois, les bourgeois manifestent aussi leur mobilisation cohabitant dans les mêmes quartiers (les 6e, 8e et 16e arrondissements de Paris) et les mêmes lieux de villégiatures. L'internationalisation (par les nurses étrangères, les écoles d'élite et les études) est aussi source de mobilisation, puisque, à travers le monde entier, on se retrouve entre soi et on cultive des intérêts communs ; cette internationalisation explique par ailleurs la facilité avec laquelle la bourgeoisie s'adapte à la mondialisation.
Les nouveaux riches, les hommes d'affaire, les « parvenus », singent les étiquettes et les protocoles de la classe sociale ; mais la noblesse et la bourgeoisie se définissent par leur ancienneté davantage que par la richesse. Elles veillent à occulter, en toute discrétion, les possessions matérielles au profit des qualités personnelles des individus qui composent le groupe, et à gommer leur dépendance au système économique : « Si nous sommes riches, c'est parce que nous avons des qualités nobles, et ce n'est pas par l'exploitation des autres classes qui travaillent pour nous assurer des rentes. » Dans le même sens, les chefs d'entreprise tentent d'acquérir de ce capital symbolique en installant leurs sièges sociaux dans les quartiers bourgeois de Paris, ce qui n'est pas sans incommoder les bourgeois qui sont dépossédés de leur lieu de vie.
L'intégralité de la critique sur mon blog :
http://www.bibliolingus.fr/sociologie-de-la-bourgeoisie-michel-pincon-et-monique-pincon-charlot-a80136718
Lien : http://www.bibliolingus.fr/s..
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LCR314
  23 novembre 2021
Je croyais m'ennuyer en ouvrant ce livre, je m'attendais à une description des vies de luxe appuyée de nombres pleins de zéro. C'était peut-être le souvenir que je gardais du "président des riches".
J'aurais dû avoir bien plus confiance en notre couple de sociologues des espaces bourgeois. Ils m'ont entrouvert les portes d'un monde dans lequel ils nous guident et un guide est nécessaire tant ce monde échappe au commun. Nous voyons donc cette société dans la société fonctionner car il s'agit véritablement d'un système et ses rouages sont parfaitement huilés. Un monde hermétique , isolé du reste de la société, fait de cercles privés, de lieux exclusifs où l'on se rencontre et fait tout pour consolider ses positions et par là celles de la caste bourgeoise. Nul concurrence ici mais un entregent parfaitement maitrîsé qui assure la pérennité des intérêts communs.
Ce coin de voile qui est levé confirme souvent ce que nous soupçonnons. Ce que je prenais pour un folklore désuet (rallye, bal des débutantes, visite de la galerie de portraits des ancêtres) est un ensemble d'étapes incontournables à la fabrication de la société des possédants.
Merci aux Pinçons-Pinçons-Charlots pour ce voyage dans ce monde souvent proche mais totalement innacessible.
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Jubibu
  14 février 2020
Synthétique et bien construit, le livre permet d'appréhender simplement l'univers de la bourgeoisie de façon large. On y apprend que cette classe sociale possède une forte consciente d'elle-même et de ses intérêts et dont le maître mot est : la solidarité.
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Gromovar
  25 octobre 2010
François Hollande considère qu'à partir de 4000 € mensuel (par personne, par ménage, il ne sait pas trop) on est riche. Pour l'aider à relativiser la notion, ce petit livre nous invite à visiter en détail la grande bourgeoisie, là où 4000 € est le budget tabac.
Etude sociologique très classique, mais très bien faite, d'un groupe social particulier (les auteurs parlent ici de classe sociale, je dirai pourquoi après), elle met l'accent (dans une approche très bourdieusienne) sur les méthodes qu'utilise la grande bourgeoisie pour convertir ses diverses formes de capital (économique, culturel, social, symbolique) et, surtout, pour les entretenir.
Lien : http://quoideneufsurmapile.b..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
LybertaireLybertaire   10 avril 2012
Ainsi l’idéologie libérale a annexé la logique méritocratique. Le travail reste bien la valeur fondamentale, et la fortune finit par être perçue comme résultant de l’effort. Ces sondages montrent, au moins, que, dans les médias, règne une hégémonie de la pensée dite unique : une conception de la société qui a trouvé sa fin dans le triomphe du marché. Ce qui au fond est marxiste : si les classes sociales ont disparu, si la bourgeoisie et le prolétariat ne sont plus antinomiques, l’histoire est bien terminée, au moins celle qui aurait eu la lutte des classes pour ressort. Il reste que la bourgeoisie existe bien encore comme classe, étant la seule aujourd’hui à exister objectivement et subjectivement, les inégalités demeurant au sein des pays développés, et s’étant même accrues entre pays riches et pays pauvres.
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LybertaireLybertaire   14 avril 2012
Cette idéologie de la concurrence et de la loi du marché permet de mettre en avant, sous les apparences formelles d’une égalité des chances dans la compétition, l’idée d’une société méritocratique sachant récompenser l’effort et donc sélectionner les meilleurs. Comme si tous les concurrents étaient placés sur la même ligne de départ, comme si l’héritage, sous toutes ses formes, ne faussait pas radicalement la course, les derniers partis s’épuisant, au mieux, à simplement tenter de contenir les écarts de départ.
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LybertaireLybertaire   14 avril 2012
Il s’agit de passer de la domination économique à la domination symbolique, c’est-à-dire d’une domination matériellement fondée à une domination ancrée aussi dans les représentations et les mentalités et pour cela beaucoup plus solidement assise. Cette métamorphose des rapports de domination est essentielle à leur reproduction puisqu’il s’agit d’aboutir à l’intériorisation par les dominés des excellentes raisons qui font des dominants ce qu’ils sont. Les dominés participent alors eux-mêmes à leur domination en reconnaissant celle-ci comme bien fondée.
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ColchikColchik   30 avril 2021
Des revues comme Gala ou Point de vue ont un lectorat majoritairement populaire, or elles consacrent une surface rédactionnelle très importante à célébrer les princes et les personnes titrées.
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claudiaclaudia   22 juin 2017
« aucun groupe social ne présente à ce degré, unité, conscience de soi et mobilisation »
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Videos de Michel Pinçon (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michel Pinçon
Monique Pinçon-Charlot vous présente son ouvrage "Notre vie chez les riches : mémoires d'un couple de sociologues" qu'elle a écrit avec Michel Pinçon-Charlot aux éditions Zones. Entretien avec Jean Petaux.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2544389/michel-pincon-notre-vie-chez-les-riches-memoires-d-un-couple-de-sociologues
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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