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EAN : 9782355220838
256 pages
Éditeur : Zones (09/09/2015)
4.22/5   18 notes
Résumé :
Comment planquer son magot ? Inspirés par les récents exemples de Jérôme Cahuzac et de Liliane Bettencourt, deux sociologies décident à leur tour d'extrader leur maigre fortune. Un jeu de rôle commence, qui va les mener au cœur du système de l'évasion fiscale. Cette tentative d'évasion les conduit d'abord en Suisse, où ils se livrent à une observation in vivo du petit monde doré des exilés fiscaux. De banques en trusts, ils expliquent au passage comment les milliard... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
nameless
  25 février 2016
Je me demande souvent, comme ça, appartenant à la France d'en-bas ET, circonstance aggravante, qui se lève tôt pour aller docilement au taf, à la caste des sans-dents, au troupeau d'électeurs que l'on a habitués à voter “pour le moins pire des candidats quand la démocratie est menacée”, et à la meute de plus en plus clairsemée qui paye quelques impôts, pourquoi le couple Pinçon/Pinçon-Charlot, respectivement Michel et Monique, n'est pas plus souvent invité dans des émissions de grande audience. Faut-il y voir une entreprise de lobotomisation généralisée ? Evidemment, je ne peux le croire.
Parce que voyez-vous, ces deux là, sociologues, chercheurs au CNRS, pédagogues, divulgueurs de vérités d'une simplicité adamique, ont des choses intéressantes à nous dire, que chacun d'entre nous peut comprendre, grâce à leur prose limpide, aussi facilement qu'un épisode de Joséphine-ange-gardien, alors même que le discours consensuel ressassé diffuse que l'on peut “moraliser” le capitalisme, voire l'améliorer, que ce sont les charges salariales qui tuent l'embauche alors que l'on n'évoque jamais l'incompétence des dirigeants ni surtout leur appétit financier et leur haine idéologique notoires. Ces dirigeants, politiques qui saupoudrent avec cruauté quelques miettes de leur gâteau sur les plus pôvres d'entre nous, juste assez pour maintenir la paix sociale.
Bienvenue dans le monde magique de l'oligarchie, du népotisme, de la voyoucratie ! Non, les Pinçon-Charlot n'ont pas inventé une opérette digne de Francis Lopez, dont l'intrigue se chante dans une république bananière, le doute étant permis si l'on se contente de regarder la télé. Cet essai documenté, aux sources citées, statistiques, indiscutables, se lit comme un roman policier, sauf que les coupables échappent toujours à leur condamnation. Il énumère les casseroles que de nombreux hommes-femmes politiques traînent derrière eux au point qu'il s'agit de batteries de cuisine complètes, décortique les ingénieux stratagèmes inventés, les lois votées sur mesure, les complicités dégoûtantes.
Découvrez comment des millions, milliards, trilliards en euros ou en dollars (mon modeste salaire ne me permet pas de me représenter ces sommes colossales), échappent au fisc français, et donc au bien-être de chacun d'entre nous puisque les impôts financent les enseignants de nos enfants et petits-enfants, à qui l'on reproche tant, les hôpitaux actuellement en état de cessation de fonctionnement, la culture bien représentée grâce à des clowns médiatiques sévissant sur les chaînes muselées par les actionnaires, les routes sur lesquelles la seule pédagogie choisie est celle des bandits-manchots-radars, ni plus ni moins que dans un casino, and so on. Excellente découverte, indispensable, essentielle surtout si vous voulez savoir comment planquer votre magot.
Waouh ! Ca soulage !
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Hardiviller
  26 février 2016
Aprés " La violence des riches " voici une facette de leurs crapuleries . Les caisses de l'état sont vides , on vous le martèle sans arrêt , les auteurs de ce livres vous expliquent en partie pourquoi . On vous explique aussi que vous êtes en démocratie et qu'en Irak , Syrie ou ailleurs on aide ces bon peuples à en découvrir les bienfaits . Vous doutez .... à juste titre . le Nobel de littérature José Saramago dans son livre " La lucidité " vous en dirait long sur la belle façade qu'est cette démocratie . Pouvons-nous arranger les choses ? la désobéissance civile qui est une des voies de son livre s'attire une violente répression , ceux qui incitent au vote blanc ou à ne pas voter étant à coup sur des ennemis du pouvoir . le danger vient de là , ceux qui ne croient plus aux discours , peuvent s'avérer dangereux ..... par désespoir . Peut-on moraliser le capitalisme ? Y croyez-vous un Instant ? Cette soif d'argent donc de pouvoir ne connaît nulle limite , nulle morale . le capitalisme s'accommoderait très bien d'un régime dictatorial , plus de lois sociales , plus aucuns freins .... le pouvoir absolu!
Oubliez cette critique , fort mauvaise certainement , mais lisez " Tentative....." et Saramago et continuez à vivre bien tranquilles si vous y arrivez .
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Marti94
  17 août 2016
Avec cette « Tentative d'évasion (fiscale) » le couple de sociologues Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon font une nouvelle fois leur job et c'est très bien pour nous.
Ils nous proposent une enquête sociologique au coeur des paradis fiscaux de la haute finance et des grandes fortunes. Pour cela, ils nous emmènent en Suisse, au Luxembourg ou encore à Bercy.
Non seulement ils dénoncent les faits mais, ce qui est plus grave, leur banalisation et surtout l'impunité et le sentiment de puissance que donne l'argent.
Les faits, ce sont, chaque année, entre 60 et 80 milliards d'euros qui ne rentrent pas dans les caisses de l'État, selon le syndicat Solidaires Finances publiques. de quoi payer les intérêts annuels de la dette et résorber le « trou » de la Sécurité sociale.
Cette fraude si importante est pourtant organisée par et pour les nantis. Car le pouvoir économique et social permet l'accumulation éhontée de richesses par la dispense, pour la classe dominante, de payer des impôts proportionnels à l'immensité de leurs richesses.
L'incursion des deux sociologues au ministère des finances à Bercy leurs permet de décrire son fonctionnement et les limites de l'intervention des fonctionnaires face à la fraude fiscale des nantis, en raison d'un pouvoir politique qui peut être complice de petits arrangements entre amis. Alors quand les décideurs sont juges et parties ça donne des situations scandaleuses. C'est ce que l'on appelle la délinquance en col blanc et certains mériteraient vraiment la prison.
En tout cas, il n'y a pas autant d'indulgence pour les pauvres qui fraude. Alors pour un pays qui se réclame d'une « République irréprochable » ça fait froid dans le dos.
Lu en août 2016
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CineKino
  30 octobre 2020
Je retrouve une nouvelle fois ce couple de sociologues, dont on a du mal à suivre tous leurs ouvrages tant ils sont prolifiques telle une Amélie Nothomb de la sociologie. Les Pinçon-Charlot, toujours passionnés par les riches, s'intéressent à l'habitude que ces derniers ont prise de dissimuler de l'argent et de chercher à payer moins d'impôt. Ce que certains qualifieront d'optimisation fiscale, mais qui au final relève de la fraude fiscale, même si les banquiers et autres spécialistes impliqués dans ces trafics savent jouer avec les limites du droit fiscal.
Toujours dans leur style de reporters de terrain, d'analystes et de commentateurs militants, les Pinçon-Charlot nous emmènent à leurs côtés dans un voyage très vivant en Suisse et au Luxembourg, mais aussi à Bercy (parfois encore plus verrouillé que ces pays), et nous font croiser pas mal de personnalités (dévoilées notamment par les fuites de documents grâce à des lanceurs d'alerte comme pour les affaires HSBC et Panama) qui en prennent pour leur grade.
Avec ce gros travail de recherche et de suivi de l'actualité, ils nous permettent de ne pas oublier tous ces cas et de comprendre un peu comment tout ça fonctionne. J'ai notamment découvert les dessous des ports francs (juste après avoir appris leur existence la veille en voyant "Tenet" au cinéma !). Ces entrepôts hors des lois, construits spécialement pour que les riches viennent en jet privé stocker des oeuvres d'art ou autres produits luxueux de façon discrète, sont aussi un moyen de blanchir l'argent sale grâce aux dates de prescription : une oeuvre volée placée 15 ans peut ensuite ressortir en toute impunité. Impunité, c'est finalement le mot phare de ce livre tant il est difficile de sanctionner toutes ces pratiques, les politiques de ces dernières années leur permettant une amnistie en payant juste une petite pénalité, et encore.
Je devrais arrêter de lire ce genre de livres, tellement c'est écoeurant de découvrir ces pratiques de clan, considérées comme normales pour les riches et qui perdurent malgré quelques – timides – tentatives de contrôle politique. Mais ce ''toujours plus'' des riches a en même temps quelque chose de fascinant, et je comprends la passion de nos sociologues pour ce sujet décidément sans fin, que je remercie de m'enrichir… culturellement à défaut de m'enrichir financièrement !
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poirro
  14 mai 2017
Ce livre est un mauvais essai sur un sujet qui mérite mieux, tant je pense qu'il est important pour l'avenir de nos sociétés et de nos démocraties. Appâtée par une approche "sociologique" sur un sujet peu traité sous cet angle, j'ai commencé cet essai avec curiosité. Mais l'analyse présentée tient peu de la sociologie et beaucoup du brûlot journalistique de bas étages.
Le livre présente un certain nombres de faits qui ne peuvent que faire réagir, mais l'analyse qui est en faite est d'une faiblesse déroutante. Il est certes plus simple de cibler une 'classe dirigeante' (homogène et qui concoure d'une seule voix au maintien du système!), que de faire une analyse plus complexe de la situation et des leviers d'actions (réalistes) qui existent contre ce mal qu'est l'évasion fiscale.
Ironie de l'histoire: l'un de mes livres préférés (It's our turn to eat, de Michela Wrong), traite d'un sujet apparenté et réussit, selon moi, beaucoup mieux à décortiquer les rouages de ces dynamiques d'accaparement des richesses et l'impact sur une communauté/société; et cet ouvrage a été écrit... par une journaliste!
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
HardivillerHardiviller   25 février 2016
les politiques de droite ou de la gauche libérale offre aux plus nantis la possibilité de se repentir quand ils ont fraudé le fisc , mais aussi de profiter de niches fiscales qui viennent encore alléger leurs impôts . Selon le rapport de la cour des comptes de 2013 , 464 niches fiscales font perdre à l'état 70 milliards d'euros par an . En 2010 l'inspection générale des finances avait estimé que , entre les niches fiscales et les niches sociales , le manque à gagner s'élevait à 110 milliards d'euros pour les recettes annuelles de l'état . Par ailleurs , l'ISF n'a rapporté en 2013 que 4,3 milliards , soit 730 millions de moins q'en 2012 . Cette différence s'explique par le plafonnement qui limite le taux d'imposition maximum à 75 pour cent des revenus .Ce plafonnement coûte aussi cher que le bouclier fiscal de Sarkozy . Il favorise également les plus fortunés : 7360 assujettis ont vu leur impôt diminuer en moyenne de 2012 à 2013 de 100000 euros ! Mais pour les riches , ce n'est jamais assez . Michel Sapin décide de renoncer , fin 2014 à la taxation des dividendes .
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namelessnameless   09 février 2016
La défense des fraudeurs, qu'il s'agisse de particuliers ou de dirigeants de multinationales, est toujours la même : ce n'est pas de la fraude, mais de l'optimisation fiscale. Pourquoi se priver des possibilités offertes par les paradis fiscaux ?

Page 108
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namelessnameless   07 février 2016
Le capital financier s'auréole d'un capital symbolique dont le clinquant est censé nous faire oublier la brutalité de telles sommes dans un monde où des millions d'humains vivent avec moins d'un dollar par jour.

Page 19
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HardivillerHardiviller   29 février 2016
Pour illustrer ce livre , une citation D'Anselme Bellegarigue :
Le pouvoir ne possède que ce qu'il prend au peuple , et pour que les citoyens en soient venus à croire qu'ils devaient commencer par donner ce qu'ils possèdent pour arriver au bien-être , il faut que leur bon sens ait subi une profonde perturbation .
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Marti94Marti94   17 août 2016
Les générations à venir ne nous pardonneraient pas notre consentement implicite et notre manque de courage devant un monde où quatre-vingt-cinq Crésus concentrent en richesses autant que la moitié la plus pauvre de l’humanité. Aucun talent, aucun courage, aucun génie, ne mérite de telles inégalités en sa faveur. Que faire ? Commencer par informer. Diffuser les informations durement obtenues. Défendre les lanceurs d’alerte contre les élites qui disposent de tous les moyens pour contourner les lois et organiser le droit, l’économie, la finance dans le sens de leurs intérêts.
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Videos de Michel Pinçon (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Michel Pinçon
Monique Pinçon-Charlot vous présente son ouvrage "Notre vie chez les riches : mémoires d'un couple de sociologues" qu'elle a écrit avec Michel Pinçon-Charlot aux éditions Zones. Entretien avec Jean Petaux.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2544389/michel-pincon-notre-vie-chez-les-riches-memoires-d-un-couple-de-sociologues
Note de musique : © mollat Sous-titres générés automatiquement en français par YouTube.
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