AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Claude Bleton (Traducteur)
ISBN : 9782742794485
Éditeur : Actes Sud (01/01/2011)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 16 notes)
Résumé :
Malgré les faits, Elena ne peut croire au suicide de sa fille. En cherchant de l’aide auprès de la femme qui lui doit le bonheur d’être mère, elle vaPour Elena, atteinte de la maladie de Parkinson, le temps se mesure en cachets de dopamine. Son cerveau n'est plus qu'un roi détrôné, incapable de se faire obéir sans ce capricieux émissaire. Quand on lui annonce l'invraisemblable suicide de sa fille, Rita, elle sait qu'il lui faut mener sa propre enquête, et qu'elle a ... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
mariecesttout
  02 février 2014
En exergue:
"Maintenant, il la reconnaissait, elle qu'il avait certes aimée de son vivant mais sans jamais l'avoir reconnue. On n'était finalement uni à l'être aimé que lorsque ce dernier était mort, alors seulement on le portait en soi."
Thomas Bernhard ( Perturbation)
"Une construction en béton, ce n'est rien d'autre qu'un château de cartes. Il suffit qu'arrive le coup de vent qu'il faut."
Thomas Bernhard ( Ténèbres)
Pourquoi cette traduction du titre? Elena sait, point.
Et Elena sait tout sur sa maladie, une forme rapide de Parkinson, qui ne lui permet de continuer à "vivre" avec un cerveau qui réfléchit et le reste du corps qui ne réagit -encore pour un petit moment, combien de temps- qu'après la prise de son médicament.
Rita ,sa fille, savait aussi.
Mais Elena ne sait pas tout. Elle ne sait pas pourquoi Rita a été retrouvée pendue dans le clocher de l'église. Pourtant, Elena sait que Rita n'allait jamais à l'église quand l'orage menaçait, Rita avait peur de la foudre. Les choses qu'Elena sait sont des certitudes. Et revenir sur des certitudes, c'est très difficile.
Et Elena ne sait pas non plus qu'on ne fait pas le " bien" des autres malgré eux, ou plutôt que l'on ne prend pas certaines décisions à leur place.
Tout cela, elle va l'apprendre au cours de cette journée , en se traînant, pas après pas, pour continuer cette quête de vérité, une minute après l'autre, cette journée de lutte acharnée contre l'impuissance de son corps.
C'est un roman.. déchirant, hyperréaliste,d'une précision clinique redoutable et sans faille ,cruel, terriblement éprouvant à la lecture. Mais excellent.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          80
de
  13 mars 2012
Mais Elle, cette putain de salope de maladie
Une écriture adéquate au rythme d'Elena, avant et après la prise de son second cachet, « Elena transforma ses mouvements en ébauches indignes ». Deux autres cachets durant cette journée de déplacement, de recherche et de quête. Dérisoires mais utiles cachets contre un Parkinson.
Elena n'accepte pas le suicide de sa fille Rita, n'accepte pas que cela soit un suicide, surtout par jour de pluie dans le clocher d'une église.
Incapable d'enquêter, elle ira voir Isabel. Cette Isabel qu'elle et sa fille ont sauvée, qui lui doit comme un service inversé pour cet hier d'il y a vingt ans.
Durant ce terrible voyage, au gré de la maîtrise de ses organes ou de leur non contrôle, « son temps qui n'a rien à voir avec les aiguilles », des bribes de passé, Rita, Elena, Isabel, des réflexions sur soi, sur les relations avec sa fille, sur les chats, sur cette salope de maladie…
Derrière les histoires remémorées, la relation à l'autre, aux autres.
Un autre récit, une autre mémoire. La discordance brutale des situations, la mise à nue d'une violence, celle des bons sentiments qui dépouillent autrement mais tout aussi efficacement que la maladie.
L'écriture nous plonge dans cette obstination à avancer, malgré Elle, malgré la salope. Et sous la lenteur des déplacements, de la pensée errante, une violence multiforme…
Ne pas accepter…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          60
traversay
  29 août 2012
Avant de commencer Elena et le roi détrôné, un conseil : inspirez et expirez fortement, il faut du souffle pour lire ce roman jusqu'au bout, avec son atmosphère raréfiée, à la fois insoutenable et impossible à lâcher, tant il s'agrippe à vous comme une vilaine teigne. Elena souffre de la maladie de Parkinson, elle ne tremble pas, mais son corps lui échappe, fait sécession, ne répond plus aux injonctions du cerveau. C'est un combat à mort entre l'esprit, toujours vif, et le corps, inerte et quasi paralysé. Elena vit au rythme de ses comprimés qui lui permettent, pour un temps précis, de se déplacer avec difficulté et de se faire obéir de ses muscles défaillants. Durant 170 pages, Claudia Pineiro raconte, sans rien cacher de cette déchéance, le combat de cette femme qui s'est donnée pour mission de prouver que sa fille n'est pas morte suicidée mais assassinée. Reviennent alors des souvenirs d'avant, de cette relation orageuse qui unissait ces deux femmes jusqu'aux temps de la maladie. Elena doit marcher, prendre un train puis un taxi, retrouver une autre personne qui, peut-être, pourra l'aider. Ce parcours dans Buenos Aires est un chemin de croix, un effort surhumain, comme un dernier défi à cette maladie, qu'Elena appelle la "Salope". Jamais, pourtant, le roman n'est pathétique, il est épique, tragique, constellé de traits d'humour incongrus et terribles et s'achève dans un duel cruel de mots entre deux êtres aux antipodes. Elena, au bout de sa souffrance, et celle qui peut, qui doit la sauver ... Entre elles, insensible au drame qui se joue, un chat qui quémande des caresses. La dernière scène du livre est à l'image du roman, tout entier, impitoyable, sépulcrale et, surtout, inoubliable.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
marcossor
  12 mars 2014
Elena sait
Nous reprenons en titre de cet article le titre original du livre de Claudia Piñeiro, auteure argentine née en 1960, car il nous paraît bien dire ce qui se joue pour le personnage principal de ce récit dense. Au départ cela se présente comme une intrigue policière : Rita, la fille d'Elena, a été retrouvée pendue dans le clocher de l'église. Rapidement, la police conclut à un suicide. Mais Elena n'y croit pas. Jamais Rita n'aurait pu. D'ailleurs, le jour où elle est censée s'être suicidée, il pleuvait, et jamais Rita ne serait allée à l'église un jour de pluie. Pour la police, ce n'est que par égard pour une mère que l'on fait semblant de poursuivre une vague enquête. Sure de ce qu'elle sait, Elena va donc devoir enquêter seule. Il faut commencer par trouver de l'aide.
Le problème, c'est qu'Elena est une dame âgée. On l'appelle souvent grand-mère alors que Rita n'a jamais eu et n'aura jamais d'enfant. le problème, c'est qu'Elena ne voit le monde qu'à hauteur de poitrine et doit constamment jongler avec le temps, le temps de son médicament. Depuis quelques années, le corps d'Elena ne lui obéit plus: la maladie de Parkinson a en effet pris les commandes et a fait de son cerveau un roi sans pouvoir, nu et détrôné. Cette salope de maladie comme elle dit. Pour lutter contre cela, il n'y a que les comprimés de levodopa : 4 par jour, à des heures précises, qui redonne pendant quelques minutes un semblant de contrôle du cerveau sur le corps.
La seule personne susceptible d'aider Elena habite loin de chez elle. Même si cela est incertain, il faudra donc aller à sa rencontre, sortir de chez soi comme de soi-même pour aller la trouver. le récit s'ouvre avec la longue expédition d'Elena avec ce corps que la maladie lui vole, ce corps qui va devoir la sortir de chez elle, l'amener jusqu'à la gare, l'installer dans le train, lui permettre de prendre un taxi... vite avant que le médicament, la levodopa, cesse son effet.
La rencontre a lieu, faisant ressurgir un passé mal compris, idéalisé. Elena découvrira alors qu'il y a ce qu'on sait, ce qu'on croyait savoir, ce que l'on ne veut pas savoir.
Plus que d'une enquête policière, comme cela semblait s'annonçait, Elena sabe est le récit de plusieurs combats sans merci. Celui d'une vieille femme contre la maladie, contre les compassions hypocrites. Combats de tous aussi contre le mensonge et le conformisme, contre l'oppression morale.
S'il s'agit pour chacun des personnages d'accepter la vie comme la mort, il s'agit surtout de ne pas se soumettre. Même pliée en deux, la tête et le regard définitivement rivés au sol, Elena reste debout, femme et mère, envers en contre tout. Envers et contre tous.
IL Y EN A TOUJOURS UN PEU PLUS SUR LE BLOG...
Lien : http://filsdelectures.over-b..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
ChezLo
  30 juin 2011
Le "roi détrôné", c'est cette fichue maladie de Parkinson qui rend le cerveau d'Elena autrefois souverain à présent non maître de ses gestes et de ses mouvements. A la soixantaine, Elena est condamnée à vivre au rythme de ses cachets, 3 par jour, et à attendre les effets limités de chacun. Elle ne peut plus compter sur l'aide de sa fille Rita, retrouvée morte quelques temps auparavant, pendue par une corde dans la sacristie de l'église du village, à une heure de Buenos Aires. Mais Elena refuse de croire à la thèse du suicide et veut enquêter. Son état physique lui laisse cependant peu de capacité. Ce jour-là, elle prend le train du matin en direction de Buenos Aires à la rencontre d'une personne clé, une femme qui aurait une dette envers elle...
C'est un petit livre d'aspect modeste, moins de 200 pages, une action qui se déroule sur une seule journée. Mais le parcours qu'il fait faire au lecteur est bien plus important que le trajet d'Elena sur Buenos Aires. Abordant d'emblée les difficultés liées à la maladie de Parkinson en nous faisant suivre cette Elena diminuée, marchant lentement, courbée, hantée par la crainte que ses jambes ne se soulèvent plus pour marcher ou enjamber un obstacle, suspendue à ses cachets, sans espoir de rétablissement, on vit chacun de ses mouvements et de ses déplacements dans la ville et les transports comme des exploits personnels vécus de l'intérieur.
Mais il n'y a pas que ça, loin de là. Ce n'est pas un roman sur la maladie. Avant tout, et ceci se dévoile au fil des pages et des souvenirs qu'Elena garde de ses relations avec sa défunte fille, on découvre un récit qui veut parler des relations mère-fille, de la maternité assumée, regrettée, voulue ou non voulue.
[......]

Lien : http://chezlorraine.blogspot..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
mariecesttoutmariecesttout   02 février 2014
Elena boit son thé et dit, je l'ai aimée, et elle m'a aimée, vous savez? Je n'en doute pas, dit Isabel, à notre façon, explique Elena, mais pour l'autre il n'y a pas besoin d'explication, c'est pourquoi elle dit, c'est toujours à notre façon. Le chat miaule entre les deux femmes. Ai-je été une bonne mère? Qui peut le dire?
....Vous aimez les chats? demande Isabel ,je ne sais pas, répond-elle et la femme lui dit, au moins nous savons que le chat vous aime. Elena sourit et pleure en même temps, oui, on dirait qu'il m'aime. Qu'est ce que vous allez faire, maintenant? demande la femme et Elena voudrait répondre, elle voudrait dire, je vais attendre de pouvoir me remettre à marcher, mais il y a tant de mots qui envahissent sa tête en même temps, qui s'emmêlent, se mélangent, se brisent les uns contre les autres, se perdent ou meurent avant qu'Elena ait pu les prononcer, alors elle ne dit pas, ne répond pas, ne sait pas, ou parce qu'elle sait maintenant, elle se garde de dire, de répondre, se contente de caresser le chat. C'est tout pour aujourd'hui, caresser un chat. Demain peut-être, quand elle ouvrira les yeux et prendra son premier comprimé de la journée. Ou quand elle prendra le deuxième. Peut être.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
ChezLoChezLo   30 juin 2011
Personne ne peut connaître sa fille aussi bien, pensa-t-elle, car elle est ou a été la mère. La maternité, Elena le pense, garantit certains attributs, une mère connaît son enfant, une mère sait, une mère aime. C'est ce qu'on dit, qu'il en soit ainsi. Elle a aimé et elle aime, même si elle ne l'a pas dit, même si elle se querelle à distance, même si elle se dispute et balance des vacheries, même si elle ne fait ni caresses ni baisers, une mère aime.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
dede   13 mars 2012
son temps qui n’a rien à voir avec les aiguilles
Commenter  J’apprécie          30
dede   13 mars 2012
Elena transforma ses mouvements en ébauches indignes
Commenter  J’apprécie          10
autres livres classés : littérature argentineVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacCulturaLeslibraires.frMomox





Quiz Voir plus

Freud et les autres...

Combien y a-t-il de leçons sur la psychanalyse selon Freud ?

3
4
5
6

10 questions
281 lecteurs ont répondu
Thèmes : psychologie , psychanalyse , sciences humainesCréer un quiz sur ce livre