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Claude Bleton (Traducteur)
EAN : 9782742794485
192 pages
Actes Sud (01/01/2011)
3.75/5   22 notes
Résumé :
Malgré les faits, Elena ne peut croire au suicide de sa fille. En cherchant de l’aide auprès de la femme qui lui doit le bonheur d’être mère, elle vaPour Elena, atteinte de la maladie de Parkinson, le temps se mesure en cachets de dopamine. Son cerveau n'est plus qu'un roi détrôné, incapable de se faire obéir sans ce capricieux émissaire. Quand on lui annonce l'invraisemblable suicide de sa fille, Rita, elle sait qu'il lui faut mener sa propre enquête, et qu'elle a ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Mimeko
  23 avril 2021
Elena, c'est cette femme sexagénaire, qui vient de perdre Rita, sa fille, qui se serait suicidée et le roi détrôné, c'est ce cerveau qui ne parvient plus à se faire obéir par les membres - bras, jambes - et qui ne peut lutter contre Parkinson...Elena est persuadée que Rita a été assassinée, elle doit se rendre à l'autre bout de Buenos Aires pour y enquêter, interroger Isobel  une femme qu'elle et sa fille ont aidée vingt ans plus tôt, afin de faire la lumière sur cette mort - la police ayant classé l'affaire - et Elena refusant l'idée du suicide de sa fille. le chemin pour retrouver Isobel est un long chemin de croix entre rues à traverser, trottoirs à ne pas rater, marches à descendre, à remonter, métro à emprunter, place à trouver, bousculade à éviter, avec des jambes qui ne répondent que maladroitement et tête penchée car le muscle du cou ne répond plus. Et puis la rencontre avec Isobel qui lui fera affronter une autre réalité, une situation trop douloureuse pour Elena, une vérité cruelle.
Avec Elena et le roi détrôné, Claudia Pinéiro propose un roman dur, lent, un texte qui décrit dans les moindres détails les difficultés et la dégradation du corps de cette femme atteinte de Parkinson. Claudia Pineiro dissèque les moments et les efforts surhumains que déploie Elena...On sent la colère, le ressentiment, la violence et la frustration, à la fois pour ce corps qui se dégrade et qui n'obéit plus et le refus de la mort tragique de sa fille, sa conviction qu'elle a été assassinée, qu'elle n'a pas pu se suicider.
Un texte âpre, répétitif qui peut lasser mais qui, si l'on persévère, dévoile un coup de théâtre à la fois surprenant et cruel.
Encore un moment fort et réussi, proposé par Claudia Pineiro.
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Arwen78
  31 mars 2020
Elena ne croit pas au suicide de sa fille Rita et pense que c'est un assassinat. Afin de mener son enquête, Elena doit prendre contact avec Isabelle qui lui doit un service. Pour celà, elle doit traverser toute la ville, cheminer par des rues pour se rendre à la gare, prendre un train puis un taxi, tout un périple pour elle. En effet, Elena souffre de la maladie de parkinson et pour avancer un pied puis l'autre. Les médicaments l'aide donc un cachet puis un autre.
Tout n'est pas si simple, l'auteure ne se focalise pas sur la maladie et nous plonge dans Buenos Aires avec ses coutumes et ses non-dits.
On est pris dans ce livre car l'auteure nous entraîne dans l'ambiance de Buenos Aires et nous la fait découvrir par son héroïne.
Dans ce livre est abordé également la relation mère-fille.
Commenter  J’apprécie          170
mariecesttout
  02 février 2014
En exergue:
"Maintenant, il la reconnaissait, elle qu'il avait certes aimée de son vivant mais sans jamais l'avoir reconnue. On n'était finalement uni à l'être aimé que lorsque ce dernier était mort, alors seulement on le portait en soi."
Thomas Bernhard ( Perturbation)
"Une construction en béton, ce n'est rien d'autre qu'un château de cartes. Il suffit qu'arrive le coup de vent qu'il faut."
Thomas Bernhard ( Ténèbres)
Pourquoi cette traduction du titre? Elena sait, point.
Et Elena sait tout sur sa maladie, une forme rapide de Parkinson, qui ne lui permet de continuer à "vivre" avec un cerveau qui réfléchit et le reste du corps qui ne réagit -encore pour un petit moment, combien de temps- qu'après la prise de son médicament.
Rita ,sa fille, savait aussi.
Mais Elena ne sait pas tout. Elle ne sait pas pourquoi Rita a été retrouvée pendue dans le clocher de l'église. Pourtant, Elena sait que Rita n'allait jamais à l'église quand l'orage menaçait, Rita avait peur de la foudre. Les choses qu'Elena sait sont des certitudes. Et revenir sur des certitudes, c'est très difficile.
Et Elena ne sait pas non plus qu'on ne fait pas le " bien" des autres malgré eux, ou plutôt que l'on ne prend pas certaines décisions à leur place.
Tout cela, elle va l'apprendre au cours de cette journée , en se traînant, pas après pas, pour continuer cette quête de vérité, une minute après l'autre, cette journée de lutte acharnée contre l'impuissance de son corps.
C'est un roman.. déchirant, hyperréaliste,d'une précision clinique redoutable et sans faille ,cruel, terriblement éprouvant à la lecture. Mais excellent.
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de
  13 mars 2012
Mais Elle, cette putain de salope de maladie
Une écriture adéquate au rythme d'Elena, avant et après la prise de son second cachet, « Elena transforma ses mouvements en ébauches indignes ». Deux autres cachets durant cette journée de déplacement, de recherche et de quête. Dérisoires mais utiles cachets contre un Parkinson.
Elena n'accepte pas le suicide de sa fille Rita, n'accepte pas que cela soit un suicide, surtout par jour de pluie dans le clocher d'une église.
Incapable d'enquêter, elle ira voir Isabel. Cette Isabel qu'elle et sa fille ont sauvée, qui lui doit comme un service inversé pour cet hier d'il y a vingt ans.
Durant ce terrible voyage, au gré de la maîtrise de ses organes ou de leur non contrôle, « son temps qui n'a rien à voir avec les aiguilles », des bribes de passé, Rita, Elena, Isabel, des réflexions sur soi, sur les relations avec sa fille, sur les chats, sur cette salope de maladie…
Derrière les histoires remémorées, la relation à l'autre, aux autres.
Un autre récit, une autre mémoire. La discordance brutale des situations, la mise à nue d'une violence, celle des bons sentiments qui dépouillent autrement mais tout aussi efficacement que la maladie.
L'écriture nous plonge dans cette obstination à avancer, malgré Elle, malgré la salope. Et sous la lenteur des déplacements, de la pensée errante, une violence multiforme…
Ne pas accepter…
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traversay
  29 août 2012
Avant de commencer Elena et le roi détrôné, un conseil : inspirez et expirez fortement, il faut du souffle pour lire ce roman jusqu'au bout, avec son atmosphère raréfiée, à la fois insoutenable et impossible à lâcher, tant il s'agrippe à vous comme une vilaine teigne. Elena souffre de la maladie de Parkinson, elle ne tremble pas, mais son corps lui échappe, fait sécession, ne répond plus aux injonctions du cerveau. C'est un combat à mort entre l'esprit, toujours vif, et le corps, inerte et quasi paralysé. Elena vit au rythme de ses comprimés qui lui permettent, pour un temps précis, de se déplacer avec difficulté et de se faire obéir de ses muscles défaillants. Durant 170 pages, Claudia Pineiro raconte, sans rien cacher de cette déchéance, le combat de cette femme qui s'est donnée pour mission de prouver que sa fille n'est pas morte suicidée mais assassinée. Reviennent alors des souvenirs d'avant, de cette relation orageuse qui unissait ces deux femmes jusqu'aux temps de la maladie. Elena doit marcher, prendre un train puis un taxi, retrouver une autre personne qui, peut-être, pourra l'aider. Ce parcours dans Buenos Aires est un chemin de croix, un effort surhumain, comme un dernier défi à cette maladie, qu'Elena appelle la "Salope". Jamais, pourtant, le roman n'est pathétique, il est épique, tragique, constellé de traits d'humour incongrus et terribles et s'achève dans un duel cruel de mots entre deux êtres aux antipodes. Elena, au bout de sa souffrance, et celle qui peut, qui doit la sauver ... Entre elles, insensible au drame qui se joue, un chat qui quémande des caresses. La dernière scène du livre est à l'image du roman, tout entier, impitoyable, sépulcrale et, surtout, inoubliable.
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
mariecesttoutmariecesttout   02 février 2014
Elena boit son thé et dit, je l'ai aimée, et elle m'a aimée, vous savez? Je n'en doute pas, dit Isabel, à notre façon, explique Elena, mais pour l'autre il n'y a pas besoin d'explication, c'est pourquoi elle dit, c'est toujours à notre façon. Le chat miaule entre les deux femmes. Ai-je été une bonne mère? Qui peut le dire?
....Vous aimez les chats? demande Isabel ,je ne sais pas, répond-elle et la femme lui dit, au moins nous savons que le chat vous aime. Elena sourit et pleure en même temps, oui, on dirait qu'il m'aime. Qu'est ce que vous allez faire, maintenant? demande la femme et Elena voudrait répondre, elle voudrait dire, je vais attendre de pouvoir me remettre à marcher, mais il y a tant de mots qui envahissent sa tête en même temps, qui s'emmêlent, se mélangent, se brisent les uns contre les autres, se perdent ou meurent avant qu'Elena ait pu les prononcer, alors elle ne dit pas, ne répond pas, ne sait pas, ou parce qu'elle sait maintenant, elle se garde de dire, de répondre, se contente de caresser le chat. C'est tout pour aujourd'hui, caresser un chat. Demain peut-être, quand elle ouvrira les yeux et prendra son premier comprimé de la journée. Ou quand elle prendra le deuxième. Peut être.
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MimekoMimeko   23 avril 2021
Elena sait qu'on a tué sa fille. Elle ne sait pas qui ni pourquoi, ne voit pas le mobile de sa mort. Ne peut pas le voir. Alors elle doit accepter qu'un juge dise, suicide. Et que l'inspecteur Avellaneda dise suicide. Et que Roberto Almada le dise. Et que tous ceux qui la regardent et se taisent le disent intérieurement.
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MimekoMimeko   22 avril 2021
Elena pleurait très peu, pour ainsi dire jamais, mais depuis que son corps est à Elle, à cette putain de salope de maladie, Elena n'est plus maîtresse de ses larmes. Même si elle ne le veut pas, rien à faire, les larmes sortent de ses glandes et roulent sur ses joues rigides comme pour arroser un champ aride.
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MimekoMimeko   22 avril 2021
Si tu as la chance de ne pas trembler, lui avait dit Rita, à quoi bon en parler? Pour inspirer la pitié ? Si les gens ne te voient pas trembler, personne ne va dire Parkinson, plus ils tarderont à lui coller un nom, mieux ce sera maman.
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ChezLoChezLo   30 juin 2011
Personne ne peut connaître sa fille aussi bien, pensa-t-elle, car elle est ou a été la mère. La maternité, Elena le pense, garantit certains attributs, une mère connaît son enfant, une mère sait, une mère aime. C'est ce qu'on dit, qu'il en soit ainsi. Elle a aimé et elle aime, même si elle ne l'a pas dit, même si elle se querelle à distance, même si elle se dispute et balance des vacheries, même si elle ne fait ni caresses ni baisers, une mère aime.
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