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ISBN : 2330030657
Éditeur : Actes Sud (05/03/2014)

Note moyenne : 3.45/5 (sur 47 notes)
Résumé :
Au-delà des grillages et des barrières de sécurité se cache un écrin de verdure à la périphérie de Buenos Aires ; un havre de paix pour “gentlemen, à l’abri du tumulte d’une capitale grouillante et tentaculaire. Ici, on est entre gens de bonne compagnie. Une poignée d’amis se réunissent chaque se maine, loin des regards, pour discuter entre hommes. Les épouses, exclues de ces soirées, s’appellent avec humour “les veuves du jeudi”. Un veuvage somme toute agréable, ju... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
viou1108
  23 mai 2016
Les « veuves du jeudi », c'est le surnom que s'est donné un petit groupe de femmes dont les maris, une soirée par semaine, se réunissent entre messieurs de bonne compagnie. « Veuves » au sens figuré et humoristique, certaines d'entre elles vont le devenir, au sens propre et sans le moindre humour, après que l'une de ces soirées « gentlemen only » se soit terminée en drame.
Un accident (voire pire) qui vient perturber la tranquillité chèrement payée de Los Altos de la Cascada, voilà qui était pourtant inimaginable. Résidence ultra-sécurisée à l'américaine sur les hauteurs de Buenos Aires, destinée exclusivement aux familles fortunées et « bien sous tous rapports », La Cascada est censée être un paradis à l'écart du bruit et de la fureur de la ville, protégée de l'insécurité et de la pauvreté des gens ordinaires – sauf les domestiques – par des portiques de sécurité et des autorisations d'entrée signées en quatre exemplaires.
Au coeur de ce rêve doré, réalisé à coups de billets de banque par quelques privilégiés, la vie n'est cependant pas idyllique. Dans ce monde du paraître, fondé sur les apparences, la superficialité est, de fait, portée au rang de valeur, la perfection est une nécessité, et faire toujours mieux que les voisins une obligation qui ne dit pas son nom. Cette pression sociale, obsessionnelle pour certains, se transforme en tension difficilement soutenable quand l'Argentine plonge dans la crise économique au tournant des années 2000. Celle-ci n'épargne pas les riches, qui ont de plus en plus de mal à faire correspondre porte-monnaie et sacro-sainte illusion d'aisance. Pour eux qui croyaient que l'argent faisait le bonheur, imaginez la tragédie quand la source se tarit...
Débutant par l' « accident » qui se produit peu après le 11 septembre 2001, ce roman repart ensuite quelques années en arrière pour poser le décor et amener peu à peu les prémices du drame. le fait que le petit monde de Los Altos s'effondre après les tours du WTC n'est pas anodin : le mode de vie des classes aisées argentines était calqué sur le « modèle » états-unien, en témoignent les « countries » tels que Los Altos et les nombreux anglicismes, ainsi que, sur un autre plan, la politique ultra-libérale des années 1990 et la parité dollar/peso argentin, aberration économique qui, entre autres, mènera le pays à la catastrophe.
Dans cette chronique féroce des malheurs de ces « pauvres petites gens riches », l'auteur livre une étude sociologique implacable de ce milieu huppé, de ses codes et rituels, dans lequel le bling-bling cache mal l'hypocrisie ambiante. Caustique, elle n'y va pas avec le dos de la petite cuiller en argent pour décrire les comportements des résidents de Los Altos, soumis de plein fouet aux affres de la crise qui, terrible comme la Grande Dépression de 1929, en conduira plus d'un au désespoir.
Lien : http://www.voyagesaufildespa..
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mariecesttout
  28 mars 2014
Assez réjouissant dans sa noirceur réaliste, ce roman ! Au début, on pense bien sûr au film de Rodrigo Pla, La Zona, propriété privée, ces résidences fermées de toute part dans lesquelles il faut à tout prix éviter de faire tache! Par la couleur de son gazon,la race de son chien l'attitude de ses enfants ou ses origines.. Pas de coréens, pas de juifs! Cette description est d'autant plus réussie qu'elle, on n'en doute pas une minute,est la description d'univers tout à fait réels . J'en connais..
Mais si c'est un livre que l'on lit rapidement , pressé de savoir quand même pourquoi les maris ( sauf un..) se sont électrocutés dans cette piscine, même si ces femmes DHW argentines sont assez attachantes, surtout celle qui est agent immobilier et au courant de tout, c'est surtout un roman intéressant par ce qu'il nous raconte de l'histoire argentine récente, notamment sur le plan économique . Maintenant, on peut transposer un peu partout, bien sûr..
"C'est que beaucoup de nos voisins avaient cru, à tort, que l'on pouvait vivre éternellement en dépensant tout ce que l'on gagnait. Et les sommes que l'on gagnait n'étaient pas rien, et cette manne semblait éternelle. Mais un jour, alors que personne n'avait rien vu venir, le robinet ne coulait plus et ils se retrouvaient dans la baignoire, couverts de savon, à regarder la pomme de la douche d'où plus la moindre goutte ne sortait .
Le vertige de la décennie qui s'achevait me donnait le tournis. Quand j'étais petite, l'argent mettait plus de temps à passer de main en main. Parmi nos connaissances, il y avait des familles très fortunées, dont les noms apparaissaient sous de multiples combinaisons; des propriétaires terriens, le plus souvent. Ils transmettaient ces terres à leurs enfants, qui ne les travaillaient plus, mais qui y installaient des paysans ,ce qui leur permettait d'en tirer encore une bonne rente, même si la somme était partagée entre tous les frères et soeurs. Mais ces frères et soeurs mouraient un jour aussi; alors les terres revenaient aux petits-enfants, et il y avait plus de disputes, plus d'ayants droit, et moins de rentes. Au bout du compte, ce que chaque personne recevait ne lui permettait plus de ne pas travailler, et les terres finissaient par être vendues par lots ou être perdues. Mais, malgré tout, même s'il ne faut jurer de rien, généralement, ce n'est qu'au bout de deux ou trois générations que cet argent qu'ils croyaient acquis ne l'était plus. En revanche, ces dernières années, l'argent changeait de main deux ou trois fois au cours de la même génération, et celle-ci finissait par ne rien y comprendre."
J'aime bien Claudia Piñeiro !
Assez féroce, mais lucide, je vais lire Bétibou, le dernier sorti en France.
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MediaAlbigeois
  21 novembre 2014
Le roman commence avec un drame, pour revenir ensuite sur ce qui l'a précédé, pariant sur la capacité de l'auteure à retenir notre attention tout au long des 300 pages.
C'est un roman argentin, donc très critique à l'égard de la société argentine qu'il donne à voir : un monde bling-bling de petits arrangements, où il y a toujours un décalage entre réalité et apparence, dans lequel même la transparence s'avère fausse. Nous sommes dans une micro-société de nouveaux-riches venus chercher l'innocence dans le faux paradis d'un quartier sécurisé, situé à 50 km de Buenos Aires. Ici les vigiles ne laissent passer d'une lointaine misère que la main-d'oeuvre nécessaire au confort des résidents. Mais la zone d'exclusion est-elle dehors ou dedans ?
Petit à petit des fissures apparaissent, la bulle ne résiste pas - pas plus que l'illusion économique argentine : tout s'écroule en cette fin 2001, en écho aux twin towers de Manhattan.
Un conte pour notre temps aussi ?
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pasiondelalectura
  11 mai 2014
C'est le livre qui m'a fait découvrir Claudia Piñeiro.
Ici, dans un style très "journalistique", c'est à dire assez documenté, elle nous entraîne dans un lieu clos, celui d'une bourgeoisie affairiste qui vit dans un condominium huppé, ultra protégé, qui se "fréquente" et qui pratique des rites bien établis.
Sur ce fond sociologique, Piñeiro va nous démontrer que des vies en apparence assez limpides, peuvent cacher des imperfections, voire, des vices fort inquiétants...
Et là, l'auteure nous sert une galerie de personnages bien stéréotypés et hauts en couleur que nous n'oublierons pas de sitôt. Une réussite ce livre.
Parmi ces rites, celui pratiqué par les maris, de se réunir "entre hommes" les jeudis, laissant aux épouses la possibilité de se réunir entre elles. Que font elles ? En général, elles papotent à bâtons rompus et s'espionnent beaucoup.
Dans ce milieu, où il faut surtout paraître, plus qu'être, des drames couvent sous les vernis; le bonheur ici est denrée rare. Comme quoi, le vieux poncif "l'argent ne fait pas le bonheur" est richement illustré dans ce roman..
Le film de 2009, dirigé par Marcelo Pyñeiro ( quelle coïncidence!), en co-production argentino-espagnole, est excellent.
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LZ
  10 octobre 2015
Ou un témoignage assez glaçant sur les Gatted Communities à la sauce argentine.
Tout commence à Buenos Aires dans Altos de la Cascada, ghetto de riches d'un peu plus de deux cents hectares protégés auxquels personne ne peut accéder sans autorisation. le 27 septembre 2001, trois hommes y sont retrouvés morts dans une piscine. Noyade ? Accident ? Suicide ? Meurtre ?
Une intro digne d'un roman policier engagée par Claudia Pineiro. Qui remonte ensuite dans le temps pour planter le décor. La narration est lente, inexorable ; on sent tous les fils se tendre pour parvenir à cette fameuse soirée où ils vont se distendre. Ces fils, ce sont les vies de Virginia, agent immobilier et son mari Ronie ; Teresa la paysagiste et Tano l'entrepreneur ; Gustavo l'homme d'affaires et sa femme Carla, Ernesto et Mariana et leur fille adoptive Ramona rebaptisée par sa mère Romina pour sonner plus juste. Ces vies qui se lézardent sous l'effet de la bulle financière qui explose, du fils fumeur de joints…
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
LybertaireLybertaire   24 février 2014
Teresa sortit de sa poche une bobine de fil de couleur ocre et, avec le concours de Lala, elle attacha la plante. “C’est du fil de sisal recyclé ; ne laisse jamais personne utiliser dans ton jardin autre chose que du matériel biodégradable.” Lala l’aida à nouer l’attache du papyrus. “Tu t’imagines, les siècles passent, nous aussi, et le plastique, lui, il reste là. En parlant de plastique, tu ne devais pas te refaire les nichons cette année ?” “Oui, mais je vais attendre un peu que Martin soit moins obsédé par le fric, sinon il va me faire une crise de nerfs.” “Attends pour la silicone, mais pas pour la pelouse. D’ici quelques mois, il aura retrouvé du boulot et, dans ton parc, ce sera la misère.
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LybertaireLybertaire   24 février 2014
Beaucoup de nos voisins avaient cru, à tort, que l’on pouvait vivre éternellement en dépensant tout ce que l’on gagnait. Et les sommes que l’on gagnait n’étaient pas rien, et cette manne semblait éternelle. Mais un jour, alors que personne n’avait rien vu venir, le robinet ne coulait plus et ils se retrouvaient dans la baignoire, couverts de savon, à regarder la pomme de douche d’où plus la moindre goutte ne sortait.
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michelekastnermichelekastner   04 janvier 2014
Tano insista, comme celui qui tient son adversaire à la pointe de l'épée, alors que ce dernier, tombé au sol, s'apprête à jeter le gant. "Je veux ce terrain". J'hésitai encore un instant, rien qu'un instant, car ensuite, comme par une révélation, je m'entendis moi-même lui dire : "compte sur moi, ce terrain t'appartiendra bientôt." Et ce n'était pas une phrase convenue, ni l'expression d'un désir ou de mes chances réelles d'y parvenir. Bien au contraire. C'était plutôt l'expression de l'intime conviction que cet homme campé devant moi et que je venais de connaître, Tano Scaglia, obtenait tout ce qu'il voulait de la vie. Et de la mort aussi.
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art-bsurdeart-bsurde   07 juillet 2014
Je me sentis mal à l'aise, comme si j'avais une part de responsabilité dans ce que je voyais, parce que j'étais là, et parce que j'y assistais. On a beau se convaincre que l'on n'est responsable que de ses propres actes, regarder, c'est aussi un acte personnel, écrivis-je un soir dans mon petit carnet rouge.
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AxelinouAxelinou   16 avril 2016
Nous connaissions tous ces chiens. Et nous savions comment les soigner. Toujours une alimentation équilibrée et de la meilleur qualité. Cela nous assurait des crottes dures comme des pierres, petites, rondes ; ce qu'il y a de plus facile à ramasser avec une petite pelle.
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