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ISBN : 2352842204
Éditeur : Editions du Jasmin (01/09/2017)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 30 notes)
Résumé :
La trentaine et tout pour être heureux, Alex et Aliénor s'aiment, envisagent de faire un enfant ou deux, et de partir vivre à la campagne, un jour. Mais la Grande Entreprise en a décidé autrement, à coups de réorganisations et de gestion cruelle de la ressource humaine. Nouvelle idole réclamant le prix du sang, elle a ses prêtres et ses victimes expiatoires qui, ne sachant plus comment lutter, abandonnent.
Entre chagrin et souvenirs, la colère d'Aliénor mont... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
MarjorieD
  02 février 2018
Comme ce livre m'a parlé ! Comme il sonnait juste et comme il a fait écho à ma propre révolte. C'est bon de savoir que l'on n'est pas seul, que d'autres partagent nos opinions et que, malgré toute cette négativité, il y a aussi de quoi se réjouir.
Aliénor et Alex ont tout du petit couple parfait, à l'avenir et au bonheur tout tracés. La trentaine, elle, architecte indépendante qui a fondé sa boîte en association avec des potes anciens étudiants. Lui, jeune cadre en informatique au service d'un de ces monstres d'entreprises… qui finira par avoir sa peau. Après 18 mois de harcèlement, de disqualification et d'un minutieux travail de sape de la part de son nouveau manager, Alex choisit d'en finir.
Le récit s'ouvre sur ses funérailles. En s'adressant à son amour, Aliénor revient sur ce qui a fait leur vie jusqu'à ce drame et particulièrement sur les 18 derniers mois, où elle a vu, sans en prendre pleinement la mesure, Alex se consumer. Elle lui raconte la douleur de son absence, de voir leurs rêves brisés ; la colère envers cette société d'hyperproductivité « qui ne valorise rien tant que d'être un battant et d'aller de l'avant, quoi qu'il arrive », envers cette toute puissance de l'économie et de son symbole, la Grande Entreprise, broyeuse de vies et d'individualités dans le seul but de faire de l'argent, toujours plus d'argent, au mépris du plus élémentaire respect de la Vie.
Elle lui dit, aussi, comment, jour après jour, un pas après l'autre, elle parvient tout doucement à reprendre goût à la vie, à se, à lui, pardonner, à se reconstruire grâce à la « beauté de l'Art » qui l'a toujours « sauvée du désespoir », grâce aussi à de belles rencontres qui sont autant de sources de réconfort et de joie.
J'ai aimé ce ton, ce style « oral », direct, sans fioriture, ironique, par exemple quand Alex et Aliénor commentent les flashs infos qui rythment le récit, tout en l'ancrant bien dans notre époque :
« Malgré la mobilisation locale et internationale, malgré les pétitions et les manifestations, s'ouvre aujourd'hui au Brésil l'immense chantier du barrage hydraulique de Belo Monte. de l'avis des ONG qui connaissent bien le terrain, c'est la survie même d'environ vingt-cinq mille Indiens qui est menacée.
Tu as dit : «Ooh, bah vingt-cinq mille indigènes, qu'est-ce qu'on nous gonfle avec ça. C'est pas comme si c'étaient des humains tout autant que nous, hein, non plus. »
Je ne sais plus qui prétendait que l'humour est la politesse du désespoir. Il faut croire qu'il avait raison. » p. 208
Enfin, j'ai surtout apprécié que Gaëlle Pingault ne prenne pas ses lecteurs pour des cons, en leur évitant un « happy end » qu'ils auraient pu voir venir et en faisant d'Aliénor une héroïne comme vous et moi (quoique je n'aurais pas son aplomb): car oui, sa revanche, elle l'aura…
Pour tout ça, merci à vous, Madame Pingault. Et aussi à Babelio et aux éditions du Jasmin pour m'avoir fait découvrir ce qui s'avère être un coup de coeur.
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isabelleisapure
  31 janvier 2018
“Être la veuve d'un suicidé est un truc indémerdable. Entre la colère et la pitié, quelle place reste-t-il pour la peine, la vraie ? Comment fait-on son deuil quand on plaint son disparu autant qu'on lui en veut ?”
Lorsqu' Alex se suicide, Aliénor fait face à l'incompréhension et au vide laissé par sa soudaine absence. La trentaine, ils incarnaient un couple parfait de jeunes cadres parisiens dynamiques, lui informaticien, elle architecte. Aliénor savait qu'Alex souffrait de harcèlement moral au travail, mais n'en avait pas pris toute la mesure. Tâchant de comprendre son geste, elle revisite les derniers mois de leur vie commune, essaie d'interpréter le signes, de savoir ce qui a poussé cet homme dont elle était si proche à commettre un acte irréversible, d'une telle brutalité, sans qu'elle ne se doute de ce qui s'annonçait.
Gaëlle Pingault s'empare d'un sujet pénible et malheureusement terriblement d'actualité, la souffrance au travail qui, même si elle ne mène pas toujours, heureusement, au suicide reste une épreuve dont on ne sort pas indemne.
Cette lecture me fût douloureuse en me ramenant vers une période que je croyais définitivement enfouie dans le tiroir des mauvais souvenirs.
Aller travailler la peur au ventre, parce qu'un « petit chef » a pour mission de vous pousser vers la sortie, je sais ce que c'est. Même, si heureusement je n'ai jamais perdu pied, cette maltraitance insidieuse est forcément déstabilisante et dévalorisante.
Outre ce ressenti très personnel, je salue ce premier roman élégant et pudique où l'auteure réussit avec brio à éviter le pathos à l'évocation de cette lente mise à mort psychique, prélude à une mort physique.

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candlemas
  16 décembre 2017
Encore une bonne pioche , décidément les masses critiques babelio sont une magnifique occasion de sortir de ses sentiers battus, et, pour moi, d'explorer des styles et des thèmes où je n'irais pas spontanément...
Attention, talent...
Aliénor nous livre, au fil des pages, son combat intérieur.... sidération et abattement, colère, presque folie, et puis la lutte, le courage face à l'injustice, puisé dans le souvenir de l'être aimé, malgré et sans doute à cause de ses petits travers...
Aliénor est veuve à trente ans, d'un mari "suicidé" par la Grande Entreprise... nouvelle victime du harcèlement au travail et des pervers narcissiques de tous bord.. désormais seule face à une société de consommation qu'elle abhorre tout en étant consciente qu'elle y participe, Aliénor sombre. Puis elle décide finalement d'affronter le tortueux M. Boucher et ses semblables, de reconstruire son identité.
Phrases courte qui , sous couvert de détachement, mettent en pièces le convenu ; humour désenchanté et lucide, complicité avec le lecteur dans une langue de tous les jours , mais intelligemment détournée... ce roman, féminin, ne saisit pas en force mais "fert" d'estoc, à coups vifs et insistants, jusqu'à ce qu'on s'avoue conquis.
Gaëlle n'est pas Aliénor. Son mari n'est pas mort, et elle prend soin d'évoquer son triangle parfait en ouverture du roman. Elle a eu une décennie de plus pour peaufiner son humour mordant, et en tant que quadras on se retourne avec d'autant plus de tendresse sur cet âge où tous les mirages du succès social se déploient. Elle a fait le choix d'une profession indépendante aux embruns bretons, plutôt que de se laisser broyer par le grand capital.
Sage précaution car, à la lire, on prendrait presque son téléphone pour lui rappeler qu'on est potes depuis 20 ans et qu"on est là pour la soutenir. Mais en fait c'est à nous qu'Aliénor / Gaëlle adresse un message de courage. Pas un texto, pas message internet, mais une vraie lettre, écrite à la maison avec ses tripes.
Oui, les medias continuent de débiter leur litanie d'infos convenues et vides de sens ; oui chacun se console comme il peut avec les séries télévisées ou les voyages au bout du monde ; et les Boucher et autres Trump continuent de croire diriger le monde à coup de dollars. Mais parfois un ton vrai, des mots simples, mais pleins d'intelligence et de coeur, nous ouvrent, le temps d'un roman sans prétention, une fenêtre ouverte, par le langage, sur nos vrais liens d'humains, et sur le petit bout de paradis qu'un simple sourire ouvre parfois au plus désespéré.
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AMR
  13 novembre 2017
Je découvre ce roman dans le cadre des 68 premières Fois. Avec Il n'y a pas Internet au paradis, Gaëlle Pingault a choisi un sujet grave et terriblement actuel : le burn out et le harcèlement moral au travail et leur conséquence ultime, le suicide sur le lieu même de l'entreprise…
D'emblée, dans ce livre, c'est la légèreté de l'écriture et son ton familier qui frappe et qui dérange, prenant le contrepied de la dure réalité des évènements ; ce style particulier abolit les distances, empêche même le lecteur de prendre du recul : qu'il le veuille ou non, il est en plein dedans et comme le héros défunt, il sent que « ça pue » …
Le dénouement est annoncé dès le premier chapitre : la fin sert de début et à partir de là, la trame narrative remonte le temps. le lecteur est embarqué dans la logique stérile du comment on en est arrivé là… Mais sans obtenir vraiment de réponse à ses interrogations dans « la nébuleuse complexe des statuts au sein de l'entreprise ».
Les chronologies s'entremêlent entre l'après, quand il faut gérer le deuil, le ressentiment, le pourquoi et le pendant, c'est-à-dire la descente aux enfers qui, au final, aura duré dix-huit mois. Des flashes d'actualité, en italique, ponctuent le récit, miroirs d'une société qui va mal face à ce couple qui a « de moins en moins le sentiment d'être en phase » avec elle mais qui allait bien avant que tout bascule...
La narration est à la première personne et c'est la veuve qui parle, qui raconte, qui cherche à comprendre ce qu'elle n'a pas vu arriver. Elle ne s'adresse pas aux lecteurs, mais à l'absent : « c'est fou ce que l'absence est imaginative, multiforme, transformiste. Toujours différente mais toujours présente ». Son JE cherche un TU… dans le vide de la solitude et des questionnements. Mais comme le TU n'est plus là, il n'y a que MOI et NOUS, les lecteurs, prisonniers du livre, victimes comme Alex, complices comme M. Boucher et cherchant des réponses comme Aliénor, la narratrice.
Ce prénom n'a sans doute pas été choisi par hasard : c'est celui d'une grande reine des XIIème et XIIIème siècles, une femme d'exception, au caractère particulièrement bien trempé et à la rancune tenace. L'héroïne du roman de Gaëlle Pingault démontre une certaine force, une grande capacité de résilience ; c'est la beauté de l'art, sous toute ses formes y compris littéraire, qui la sauve du désespoir, au gré de récurrences qu'elle souligne elle-même. Elle livre une belle leçon de vie, au-delà du chagrin impuissant, de la colère légitime et du mépris profond pour certaines façons d'agir.
J'avoue avoir eu un peu de mal avec le ton trop direct, trop rentre-dedans adopté par Gaëlle Pingault dans son roman, mais cela ne m'a dérangée qu'au tout début de la lecture ; ensuite, je suis entrée dans ce monologue, j'en ai apprécié les formules anaphoriques et épiphoriques, les répétitions, les bons mots, l'humour caustique, la terrible lucidité.
On mesure la réussite d'un livre à la manière dont son auteure embarque le lecteur, malgré lui, et c'est ce qui s'est passé pour moi : pour de multiples raisons, je ne voulais pas y aller, mais j'y suis allée quand même et je ne le regrette pas.
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Floyd2408
  05 décembre 2017
« Je l'ai déjà dit, il me semble. Un jour, je ferai la liste de tout ce que je dois à la beauté de l'art. de toute les fois où elle m'a sauvée du désespoir. Il se pourrait que la liste soit longue. »
Voilà une belle pensée, une jolie philosophie gourmande sur l'art caressant notre épiderme, embrassant notre âme, embrasant notre espoir de bonheur naissant.
Ce roman Il n'y a pas Internet au paradis de Gaëlle Pingault reçu pour la masse critique de Babelio, est une parabole sur la société du monde du travail, une critique acerbe mélodieuse de notre monde actuel.
A travers un acte absurde, une femme de quarante ans se retrouve face à la solitude de sa peine, se fissure dans les détales de questions, n'oublie pas sa rencontre et son couple.
Ce roman au style direct, à la première personne, facilite la logorrhée orale de la pensée pour une écriture simple, usuelle. Ce mode implique le lecteur dans cette douleur pour s'y dissoudre, pour s'y perdre et ce miroir du je reflète le lecteur dans sa propre histoire.
Certes l'écriture reste une fragilité, mais celle-ci catalyse celle de la narratrice, la douleur sourde emprisonne Aliénor dans une sorte de tourbillon émotionnel inextricable. Cette femme architecte mariée avec un cadre informaticien, Alex joue avec perfection le couple typique de notre société actuel, bourgeois-bohème, générer de l'argent pour le dépenser. Petit à petit, cette vie s'effrite pour une utopie rurale, une vie de liberté, un éden pour se dire.
« Il n'y a pas Internet au paradis »
Cet adage simple enveloppe tendrement l'âme en peine de ce fantôme, ce mari ancré dans une multinationale cotée en bourse, son service est sous l'emprise d'un nouveau directeur au patronyme glaçant de Boucher, ce dirigent est le point de rupture, il est en quelque sorte la mal actuel de notre société de consommation où l'argent est roi.
Gaëlle Pingault avec beaucoup de maitrise, communie la colère de notre veuve et sa tristesse avec une simplicité pour la libérer en nous, toujours avec une pointe d'humour, une simplicité, un naturel. Il n'est toujours pas si simple d'exprimer la perte d'un être cher, d'investir les chemins silencieux du deuil soudain, celui d'un suicide, l'absurdité Camusienne.
Le harcèlement au travail règne de droit, l'être humain devient de la viande à hacher, seul l'argent prime, rimant avec la politique, Alex prit dans cet étau, s'emprisonne dans son monologue sourd, glisse loin de son monde, laisse son alliée Aliénor, sa femme dans le silence pour soudain s'immoler !
Ce roman est tout de même un cri d'espoir, un appel de l'art comme médicament à la tristesse, un livre peut arracher le rire caché par la tristesse d'un disparu, une musique des Floyd devient un bien être où la sérénité plane.
Le roman est entrecoupé d'informations orales écoutées par notre couple amoureux, Alex à chaque fois s'étonne, s'insurge, pestifère mais Aliénor avec beaucoup d'humour l'écoute l'apaise, l'aime. Gaëlle Pingault invite notre monde dans celui de ce couple à travers ces intermèdes de la radio.
La résilience est le seul moyen pour faire face au malheur selon Gaëlle Pingault, Aliénor y trouvera cette paix, comme cet argent obtenu de l'entreprise de son mari, signe maladroit d'aveu, pour en faire don à la fondation de France.
Et je vais comme Aliénor, écouter Echoes….
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
mireille.lefustecmireille.lefustec   01 octobre 2018
Tu as dit : "Et à par ça, si on ne change pas de Smarphone tous les ans, on est un mauvais citoyen qui ne permet pas de relancer la croissance, c'est ça ? "
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mireille.lefustecmireille.lefustec   01 octobre 2018
Si on en est rendu à nous balancer le foot en une, souligné d'un BIEN ENTENDU, et qu'on embarque le pays entier dans l'affaire, on n'est pas dans la merde, as-tu dit avec un sourire narquois. Vivement Roland Garros, le Tour de France et le Dakar qui n'a pas lieu à Dakar.
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mireille.lefustecmireille.lefustec   01 octobre 2018
Tu es venu t'asseoir, et tu n'as rien dit d'autre. Tu avais l'air de porter un rail de chemin de fer sur chaque épaule, ou quelque chose d'approchant. Je t'avais rarement vu comme ça.
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FabienneCFabienneC   05 septembre 2017
Sait-on seulement à quel point il est facile de détruire des hommes ? Des êtres sans histoire et sans fêlure particulière ? Des hommes solides, bien campés sur leurs jambes, qui en ont déjà vu dans leur vie et à qui on ne la fait pas ? Des hommes au clair avec eux-mêmes et bien dans leurs pompes ?
Je ne suis pas sûre que tout le monde ait bien conscience du degré de vulnérabilité de l'être humain.
Peut-être, sans doute, est-ce aussi bien ainsi. Au moins, ceux qui n'ont pas connaissance de cet état de fait ne tentent pas d'en jouer. Juste pour le fun, tiens, pour faire mumuse, essayons de bousiller untel.
Ce qui est terrifiant, c'est qui si ça nous prenait, on y arriverait. Nous sommes tous des bourreaux en puissance. (page 65)
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candlemascandlemas   20 décembre 2017
-J'adore vos chaussures ! dis-je, sans originalité.
- C'est gentil ! moi aussi ! répond-elle en continuant de sourire largement.
Nous reprenons chacune notre chemin.
Ce matin, j'ai vu des amis, prévenants, gentils, attentifs.
Pourtant, ce qui m'aura fait le plus de bien aujourd'hui, c'est le sourire et les chaussures d'une belle inconnue croisée dans la rue.
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