AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2266243993
Éditeur : Pocket (05/06/2014)

Note moyenne : 3.21/5 (sur 58 notes)
Résumé :
Être ou ne pas être. Être un secret inavouable, affublé d’un prénom impossible, une vie entre les lignes : une enfant cachée. Être la fille du président Mitterrand ou ne pas être du tout. Être la progéniture adorée à la maison, au sein d’un trio aussi idéal que mythique, mais n’être rien ailleurs – rien, nada, personne. Être la soeur, la belle-fille, la nièce, la cousine, et la tante, d’une ribambelle de frères, belle-mère, oncles, cousins et neveux qui, eux, ne sav... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
YvesParis
  03 septembre 2015
Pas facile d'être la "fille de", condamnée sa vie durant à exister dans l'ombre d'un père envahissant. Demandez à Claude Chirac, à Julie Depardieu, à Marine le Pen !
Pas facile non plus de pleurer sur son sort. Que diable ! Mazarine a, pendant toute son enfance, vécu aux crochets du contribuable, dans les "ors de la République", sous la coupe vigilante des policiers de l'Élysée qui devaient tout à la fois protéger le secret de son existence et éviter qu'à travers elle on porte atteinte au Chef de l'Etat.
Et pourtant l'écrivain Mazarine Pingeot, déjà auteure d'une petite dizaine de romans (elle se plaint non sans raison que ceux où elle évoque son père se vendent mieux que les autres) parvient à nous rendre sympathique le mal-être de la Fille de ...
Car la vie de la fille adultérine d'un chef de l'État n'est pas facile. Lorsqu'elle clame que son papa était président dans la cour de la maternelle, on l'accuse de mentir. Lorsqu'on découvre son auguste filiation, on murmure dans son dos. En société, comment se situer ? Son silence passe pour de du mépris, ses paroles pour de la vantardise.
Mazarine - au prénom si peu discret - ne cherche pas la lumière. Elle s'énerve des sollicitations idiotes que les médias ne cessent de lui adresser et se moque de ses prestations peu glorieuses sur les plateaux télé ou aux meetings du candidat Hollande. Elle suit la campagne du futur président, le second pésident socialiste de la Cinquième République, au même prénom et à la même gestuelle que son père. Elle nous fait revivre la campagne chaotique, l'irrépressible envie de se débarrasser de Sarkozy et de ses tics horripilants, l'absence inquiétante de projet politique à lui opposer.
On peut être la fille du président ; on peut être une femme normale, avec des enfants, un chien, des poubelles à descendre et la peau sèche. (Faussement) ingénue, ne dit-elle pas d'elle-même que ceux qui la rencontrent pour la première fois la trouve "finalement plutôt sympathique" ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          265
brigittelascombe
  08 décembre 2012
"Vous écrivez sur 'vous', et 'vous' est un autre".
Revisitant la célèbre citation d'Arthur Rimbaud "Je est un autre", Mazarine Pingeot, la trop célèbre fille cachée de François Mitterand, s'adresse à "vous", aux autres "je" de son moi éclaté par le lourd secret de famille aliénant qui pesait comme une chape de plomb sur ses frêles épaules d'enfant.
Mais non je ne me moque pas, je ne m'émerveille pas comme un de ces ravis de la crèche égratigné au passage Aixois, je m'apitoie sur cette "Zaza" qui n'était "pas censée exister", j'admire son courage de tout déballer alors qu'elle hait "les fouilleurs de poubelles".
Vous en voulez, ben voilà, té,je vous en donne des vertes et des pas mûres.
Bon petit soldat est un roman autobiographique, écrit sous forme de journal qui débute de façon symbolique le 8 janvier 2012 (anniversaire de la mort de son père) et se finit le mardi 15 mai jour de l'investiture de François Hollande.
Ce journal, serait-il libérateur? Confession,confidences,règlement de comptes,introspection,mises au point, témoignage (comme Bouche cousue)...
Dur dur d'être la "fille de" à l'Oedipe non résolu. Adulation,haine,culpabilité,angoisses existentielles.
Quand "moi" est un sujet tabou "il le demeure". Alors elle questionne son "vous" sur la normalité,l'identité,la peur de déplaire,le désir de bien faire,le repli sur soi.
"Les bons soldats ne convainquent pas toujours" mais tant de franchise convainct le lecteur car toute naissance se vit dans la souffrance, d'autant plus grande que c'est une petite fille niée donc morte qui renait, qui fait l'effort de renaitre pour ses enfants.
Non,je ne tombe pas dans le mélo, le film tiré de l'excellent roman le bon pouvoir de Françoise Giroud était déjà dérangeant et on comprend aisément que les crasses,les moqueries,les humiliations,les silences,les mensonges,les curiosités,les paradoxes soient durs à avaler pour une enfant à l'enfance cachée.
Mazarine Pingeot ne mâche pas ses mots. Et vlan Sarkozy! Et vlan Catherine Nay!
Emaillé de références philosophiques (Spinoza, Hegel..) ce récit est le combat d'un Bon petit soldat, d'une "enfant missionnée" qui passe ses armes à celui qu'elle estime le plus digne de représenter le parti de son père et se délivre des silences imposés durant de trop longues années.
Je souhaite à cette "fille de", jeune normalienne surdouée, professeur d'Université en philosophie,productrice d'émissions radio,écrivaine, mère aimante et femme fort sympathique (j'ai adoré l'ironie mordante et l'auto-dérision qui court au fil des lignes) tout le bonheur de vivre enfin pleinement sa vie de femme.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
Tempuslegendae
  08 septembre 2013
S'il n'est de pays que l'enfance, c'est un étrange décor que Mazarine PINGEOT n'en finit pas d'explorer. Et c'est en le fouillant qu'elle extrait ses meilleures histoires, les merveilleux chemins de sa mémoire. Il y a sept ans déjà, «Bouche cousue» racontait son destin de petite fille puis d'adolescente condamnée à une double vie. Elle l'avait fait sans outrance, presque discrètement, sans apitoiements excessifs, dans une véritable interrogation qui révélait une quête. Comment se construire et se faire valoir, elle, fille d'un homme janusien, père que l'on adore, président que l'on doit taire?
Sept ans plus tard, elle est repartie sur ces mêmes chemins. L'occasion était rêvée. Ce 8 janvier 2012, elle se rend sur la tombe de son père, à Jarnac, «On n'échappe pas au rituel ni à la météo», note-t-elle (ce roman me rappelle parfois le premier écrit par Cécile Harel. Lisez-le; il crée les mêmes tensions, vous enfonce dans les mêmes errements). Ce matin-là, il pleut, comme d'habitude, et Mazarine PINGEOT poursuit le fil de son journal. Ce dernier coïncide avec l'année d'élection de notre président. Un autre François. Un autre socialiste.
D'une élection à l'autre, des souvenirs d'un bout de chou de 7 ans –qui imitait les soldats devant l'Arc de Triomphe, un jour de printemps 1981- aux réflexions et aux pensées d'une jeune femme, mère de trois enfants, se tisse une intense construction, toute de sincérité, de retenue et d'un humour que l'on soutiendrait avoir déjà entendu.
Mazarine PINGEOT détient un véritable talent de diariste mais elle préfère donner à son journal une profondeur de champ qui permet de mieux comprendre ces corps dédoublés d'enfance tranchée en deux. D'authentiques silences que l'on s'impose. Des petits mensonges que l'on s'autorise. Cette souffrance qu'on ne sait exprimer. Mais le plus poignant est de la retrouver parfois, cruellement ravivée par le chagrin d'un enfant. Un jour, son fils revient de l'école. Il révèle à brûle-pourpoint que ses camarades se moquent de lui; il avoue: «On ne me croit pas quand je dis que mon grand-père était président de la République.»
Plus loin dans le livre et plus tard, au lendemain de la mort de François Mitterrand, père devenu corps du président auquel on venait rendre hommage, revient l'image de cette jeune fille qui rencontrerait les membres de sa fratrie tus jusqu'à ce jour. «Où loger la douleur, s'interroge Mazarine PINGEOT, quand les flashs s'attachent à la saisir. Où trouver le silence?»
Est-ce vraiment un simple exercice cathartique? Je ne pense pas. On devine dans ce livre une volonté de rompre avec un malentendu. Et évidemment comme un soulagement inespéré quand on se réconcilie avec une histoire qui est venue sonner au carillon du passé.
Le récit s'achève un autre jour de mai. Mais, je ne vous livrerai pas la fin de l'histoire, à moins que vous ne la connaissiez déjà d'une autre source que ce livre. «Bon petit soldat» est le passage d'un président à l'autre, ce sont des souvenirs d'enfance minutieusement fouillés par une auteure de talent. Donc, c'est bien plus que ça.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          93
frandj
  28 août 2018
Je ne suis pas un lecteur de "Gala" et de "Voici", et je ne m'intéresse pas du tout aux faits et gestes des "people". Pourtant, je n'ai pas hésité à lire ce texte clairement autobiographique de Mazarine Pingeot, la fille longtemps cachée de François Mitterand. Elle a eu un destin vraiment extraordinaire: être descendante directe d'un homme illustre et devoir vivre incognito (strictement !) jusqu'à l'âge de vingt ans. Comment a-t-elle vécu cette dichotomie, c'est le sujet du livre.
Tout est résumé dans un seul passage, que voici: « Vous avez un surpère, une surmère, une histoire, une métahistoire, une surfamille, des enfants surdoués (là c'est votre orgueil maternel qui exagère un peu) et un surmoi gros comme ça (ce qui n'exclut pas l'absence de moi). (…) Vous vous demandez à juste titre pourquoi vous continuez d'écrire. Mais pour arrêter de surestimer tout ça, pardi. Dieu merci, vous n'y parvenez pas du tout » Dans cet extrait, on trouve non seulement le sujet principal, mais aussi le ton du livre et cette étonnante façon de se désigner soi-même en se vouvoyant. Mais également un certain narcissisme, la conscience aigüe de ses contradictions internes et sa tendance à l'autodérision. On en a une illustration avec l'excellente photo de couverture du livre: elle la montre, enfant, paradant devant la tombe du soldat inconnu, avec sur l'épaule un parapluie qui remplace le fusil…
L'auteure fouille dans ses souvenirs et évoque sa vie d'adulte en 2012, pendant la campagne électorale qui s'achèvera par la victoire du second président de la République socialiste. Ce texte m'a semblé parfois très intéressant. (J'ai appris, notamment, que F. Mitterand n'avait plus aucune vie commune avec sa femme légitime: on peut être interpellé par le fait que la presse des années '80 ait accepté de garder le secret jusqu'au bout). Si je la crois, Mazarine devenue adulte a su mener sa vie personnelle et professionnelle sans trop s'appuyer sur sa filiation. C'est un personnage étonnant, sinon attachant. Le livre est original et mérite d'être lu.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Taramacha
  15 juillet 2018
Faisant partie de cette "génération Mitterrand", je ne pouvais qu'être curieuse de lire cet ouvrage mi journal, mi souvenirs de Mazarine Pingeot. le fil conducteur de l'ouvrage est la campagne présidentielle de François Hollande. L'auteur nous fait part de ses réflexions, de ses souvenirs, de ses analyses. J'ai eu du mal à adhérer à la forme (mise à distance avec un usage parcimonieux du "je"). J'ai parfois été aussi "dérangée" par le malaise engendré par l'aigreur ou le mal être de l'auteur. Mais j'ai aussi été touchée par ce parcours hors du commun, et par des passages très émouvants (notamment quand elle évoque ses points communs avec Claude Chirac, et la toute fin de l'ouvrage lors de la victoire du candidat socialiste). Mazarine Pingeot nous montre son "papa" célèbre dans son intimité mais sans voyeurisme. Et plus largement c'est une lecture intéressante et source de réflexion pour qui s'intéresse aux thèmes de la célébrité, des secrets de famille...
Commenter  J’apprécie          50

critiques presse (2)
LaLibreBelgique   03 décembre 2012
[Mazarine Pingeot] tente d’aller à la rencontre de "cette petite fille muselée" qui ne la lâche pas.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Telerama   20 novembre 2012
Avec ce second roman autobiographique, le « vous » remplace le « je », pour dire la ténacité de la douleur originelle, le poids de l'interdiction d'exister, la difficulté à passer de l'obscurité à la ­lumière.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (51) Voir plus Ajouter une citation
zorazurzorazur   14 janvier 2013
Vous vous préserviez comme on soigne un décor, vous ne pouviez pas les décevoir. Mais vous ne vous demandiez pas s'il était normal de croire qu'on peut décevoir ses parents. Après tout on ne déçoit qu'à l'aune d'un idéal, d'une image fixe, d'une idée. A-t-on une idée de ses enfants ?... On attend de ses enfants qu'ils se débrouillent pour être heureux. Dans l'idéal. N'est-ce donc pas ce que vos parents attendaient de vous ? Comment auriez vous pu les décevoir ? Par quel chemin sinueux vous êtes vous un jour convaincue que vous les décevriez en devenant vous-même. C'est-à-dire autre qu'eux....
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
PetiteBalabolkaPetiteBalabolka   15 novembre 2014
Vous faîtes donc partie des perles qu'on enfile, dans les dîners en ville, une anecdote en chasse l'autre, vous logez au panthéon du potin, et on vous le fait savoir comme s'il s'agissait d'un trophée.
Commenter  J’apprécie          70
rkhettaouirkhettaoui   29 octobre 2012
Il demeurait lui-même, cet homme imposant et silencieux, confiant et méfiant à la fois, profondément bienveillant, sauf sur la scène politique, mais cela restait un jeu, une nécessité à l'intérieur des règles de ce jeu, et qui n'entamait pas sa confiance en l'homme – non pas une confiance en l'homme générique, mais en celui qu'il rencontrait. Enfin votre père était quelqu'un de secret. Et il avait incarné son secret en vous. Même avec son secret, il avait des secrets. Et ses secrets étaient le point nodal de toutes ses histoires, le lieu où elles se rencontraient, ce lieu que personne n'a jamais pénétré.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
frandjfrandj   27 août 2018
(p. 119)

L’appel de l’extérieur s’est imposé avec violence. Mais vous n’avez jamais complètement franchi le seuil. Pour cela, il aurait fallu vous défaire des autres, ceux qui gardent la mémoire et vous enferment à l’intérieur. La porte est étroite, vous aviez tant aimé ce livre de Gide que votre père vous avait conseillé. Faut-il laisser vos parents au seuil pour entrer seule dans le canyon sinueux et abrupt de l’âge adulte ? Non, vous les voulez pour vous, grandes figures qui continuent de vous tenir la main – mais c’est pour vous empêcher de sortir.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
rkhettaouirkhettaoui   29 octobre 2012
On pouvait se voir, se toucher, s'appeler « papa maman chéris » sans oreilles indiscrètes, en toute liberté. Au-dehors, il fallait se cacher. Et quand son père la conviait à marcher dans les rues de Paris, elle appelait à la rescousse les mille stratégies pour se cacher en se montrant. Par le regard, elle éloignait les autres. Il suffisait de les regarder pour qu'ils ne la voient pas. Les voir les transformait en pierre. La toute-puissance du regard qui rend le regard lui-même invisible.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Mazarine Pingeot (8) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mazarine Pingeot
Chaque vendredi matin, Valérie Expert vous donne rendez-vous avec Gérard Collard pour leurs coups de cœur... Voici les références des livres présentés dans l'émission du vendredi 13 septembre 2019 :
Rhapsodie des oubliés Sofia Aouine aux éditions de La Martinière https://www.lagriffenoire.com/1012823...
Se taire de Mazarine Pingeot aux éditions Julliard https://www.lagriffenoire.com/1012898...
Les derniers jours de Marlon Brando de Samuel Blumenfeld aux éditions Stock https://www.lagriffenoire.com/1011538...
Nos vies consumées de Janet Hobhouse et Anouk Neuhoff aux éditions Rue Fromentin https://www.lagriffenoire.com/139469-...
La persuasion des femmes de Meg Wolitzer et Jean Esch aux éditions Rue Fromentin https://www.lagriffenoire.com/1006965...
Combien de pas jusqu'à la lune de Carole Trébor aux éditions Albin Michel https://www.lagriffenoire.com/1013506...
Patouf l’écolier de Jeanne Lagarde aux éditions du Toucan https://www.lagriffenoire.com/?fond=p...
Poum de Jeanne Lagarde aux éditions du Toucan https://www.lagriffenoire.com/?fond=p...
Porcelet l'intrépide de Jeanne Lagarde aux éditions du Toucan https://www.lagriffenoire.com/?fond=p...
Patouf va au bal Jeanne Lagarde aux éditions du Toucan https://www.lagriffenoire.com/?fond=p...
Le petit chaperon rouge de Jeanne Lagarde aux éditions du Toucan https://www.lagriffenoire.com/?fond=p...
Un soupçon de sucre - 90 recettes gourmandes pour découvrir les sucres autrement de Trish Deseine et Virginie Garnier aux éditions de La Martinière https://www.lagriffenoire.com/?fond=p...
Le douzième chapitre de Jérôme Loubry aux éditions Livre de Poche 9782253259923
+ Lire la suite
autres livres classés : roman autobiographiqueVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Mazarine Pingeot

Sa discrète mère, conservateur de musée, a travaillé longtemps dans un musée qui fête ses vingt-cinq ans :

Le Musée Grévin
Le musée d'Orsay
La Pinacothèque de Paris

10 questions
27 lecteurs ont répondu
Thème : Mazarine PingeotCréer un quiz sur ce livre
.. ..