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ISBN : 9782226208606
Éditeur : Albin Michel (09/06/2010)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 4 notes)
Résumé :

LE CONTEUR PHILOSOPHE reprend en format poche et dans une nouvelle maquette plus aérée et lisible, les histoires précédemment publiées sous le titre Petites et grandes fables de Sophios.Michel Piquemal propose un voyage philosophique à travers soixante fables inédites.

Des histoires amusantes ou graves, pleines d'espoir, de générosité et de malice dites sur un ton vif et enjoué.

Les lecteurs à partir de 9/10 ans pourront r... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
Fecamp
  26 avril 2013
De courtes histoires à lire dans le but de provoquer un débat philosophique. Très agréable.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
DanieljeanDanieljean   14 novembre 2018
Alors que nous nous promenions sur les hauteurs de l'île, nous aperçûmes dans le lointain un homme en armure. Inquiets, nous nous apprêtions à rebrousser prudemment chemin, mais Sophios nous contraignit à aller au devant de cet être effrayant... qui se révéla être un apiculteur, emmitouflé dans ses vêtements de protection. Alors Sophios composa à notre intention cette petite fable:

Le lapin, la belette et l’aigle



Un lapin, qui n'avait pas vu grand-chose dans son existence, rencontra un jour un troupeau de vaches. Lorsqu'il vit ces énormes bêtes pourvues de terribles cornes luisantes comme des poignards, il détala à toutes pattes. À n'en pas douter, c'étaient là des monstres dangereux dont il devait bien se garder. Plus loin, à bout de souffle, il rencontra une belette. Elle semblait sommeiller sur une pierre au soleil. Elle était si gracieuse avec son fin museau, et si attirante avec sa fourrure soyeuse, qu'il s'approcha en toute confiance pour jouer avec elle. La belette, elle, le guettait du coin de l'œil, prête à lui sauter à la gorge. Mais un aigle qui volait dans le ciel avait vu la belette. Cela faisait déjà quelques minutes qu'il décrivait autour d'elle de larges cercles. Et au moment même où la belette tournait vers le lapin ses dents meurtrières, l'aigle lui fondit dessus et l'emporta. Puis il s'envola majestueusement vers le ciel dans le soleil couchant. Le jeune lapin admira le vol puissant, l'allure noble de celui qui lui avait sauvé la vie. «Je sais désormais qui sont mes amis, se dit-il. Ce sont ces grands oiseaux qui gouvernent le ciel.» Hélas, s'il avait su combien il ne faut pas juger les gens sur les apparences ! Cela lui aurait évité de servir plus tard de déjeuner à quelque jeune aiglon..
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DanieljeanDanieljean   14 novembre 2018
Un jour, un élève qui avait bu un verre de trop s'était montré bruyant et fantasque. Aussitôt, les autres élèves Pavaient banni, de crainte que son exemple ne fasse d'eux des débauchés. Lorsque Sophios l'apprit, il nous raconta la fable des deux amis

Les deux amis

II y eut, dans les temps anciens, un homme qui était un véritable ermite. Il ne buvait que de l'eau, ne se nourrissait que de pain agrémenté de quelques fruits, et fuyait la compagnie des femmes. Un jour, son meilleur ami lui dit:

- Comment peux-tu rejeter ce que tu ne connais pas ? Pour ma part, si je ne vis pas dans la débauche, je ne refuse pas de temps en temps un bon repas ni un verre de vin.

Cette réflexion plongea notre jeune ermite dans la perplexité. Il savait que cette remarque était fondée. Pour rejeter le mal, il fallait au moins le connaître, sinon le combat était trop facile. À compter de ce jour, il décida de goûter à tous les plaisirs de ce monde, participant aux banquets, finissant ivre et entouré de jolies femmes. Il connut les plus sombres vices, jusqu'au jour où il reçut la visite de son ami.

- Alors, lui demanda celui-ci, te plais-tu à cette nouvelle vie ? Le jeune noceur s'interrogea sincèrement et dut reconnaître que non, il n'avait pas trouvé le bonheur. Parfois même, au lendemain des pires excès, son apparence le dégoûtait! Il décida donc de revenir à une vie plus sobre et plus chaste. Tout joyeux, il retourna au bout de quelques mois auprès de son ami.

- Regarde, lui dit-il, j'ai retrouvé le chemin de la sagesse

- Tu ne bois donc plus, tu ne participes plus aux banquets, tu ne goûtes plus aux plaisirs de la chair...

- Si, parfois...

- Eh bien, lui dit son ami, tu auras mis la moitié de ta vie pour trouver le chemin que la plupart des gens de ce monde empruntent naturellement...

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DanieljeanDanieljean   14 novembre 2018
Plus les journées passaient, plus j'avais l'impression que les histoires de Sophios étaient comme autant de trésors, je regrettais celles que j'avais manquées et me mis à questionner mes camarades, afin de rattraper quelques leçons du temps passé. Chacun eut alors à cœur de me raconter une anecdote :

Le Molosse

Un molosse vivait dans un enclos au bout d'une lourde chaîne de fer. Son maître, le disant méchant et vicieux, déconseillait à quiconque de l'approcher. Il est vrai que ceux qui tendaient la pointe d'un bâton se le faisaient promptement déchiqueter. Ils partaient alors en se réjouissant de n'avoir pas approché leur propre main.

Le maître ne gardait donc ce chien que pour protéger sa maison et organiser de temps en temps des combats avec d'autres molosses, où la bête montrait toujours sa supériorité en haine et en méchanceté. Les enfants, pour leur part, ne passaient jamais à côté de l'enclos sans y jeter quelques pierres. Or un jour, Sophios vint à traverser le village. En voyant ce molosse qui ruait de rage au bout de sa chaîne, il en éprouva de la compassion. Et il passa la journée près de lui sans se soucier de ses aboiements furieux. Au crépuscule, le molosse finit par se calmer et il écouta la voix douce de Sophios. Celui-ci put l'approcher, plus près et plus près encore, jusqu'à finalement le caresser. Il termina sa nuit dans l'enclos, et au petit matin, les villageois eurent la surprise de trouver leur bête fauve en train de lécher le vieil homme. Tous mirent cela sur le compte d'un miracle, et le propriétaire n'hésita pas à offrir le chien à Sophios. Mais ce dernier refusa l'idée d'une guérison miraculeuse. Il savait simplement ce que tous auraient dû savoir: le regard que l'on porte sur son prochain suffit à le changer.

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DanieljeanDanieljean   14 novembre 2018
Et Sophios enchaîna aussitôt à son intention :



L’inutile



Pour le seconder dans ses tâches de tous les jours, le consul s'était attaché les services d'un esclave un peu rustre qu'il avait acheté par pitié sur un marché. Cet homme n'avait pour ainsi dire pas de culture, au point que les autres secrétaires l'avaient surnommé l'Inutile.

Alors que le consul s'apprêtait à faire un voyage vers la lointaine Gaule pour de complexes transactions commerciales, il hésita à embarquer ce secrétaire, car sa présence ne lui serait vraiment pas indispensable. Il s'agissait de commerce, de chiffres, d'impôts, choses auxquelles l'Inutile n'entendait goutte. Mais lorsque celui-ci entendit parler de bateau, il insista pour que son maître le prenne avec lui ! Sans doute venait-il d'un lointain peuple de marins... Or il advint que le navire fit naufrage. Seuls le consul et ses esclaves réussirent à s'en sortir, échoués sur une île déserte. Désemparé, le petit groupe passa la première nuit à grelotter sur le sable, mais quand le consul se réveilla, il eut la surprise de voir que l'Inutile n'avait pas perdu son temps. Durant la nuit, il avait posé des collets, qu'il avait déjà relevés. Deux magnifiques lièvres rôtissaient à présent sur une broche de bois. Les quatre hommes passèrent sur l’île près d’une quinzaine de jours avant qu’un bateau ne vienne les secourir. Quinze jours durant lesquels l’Inutile dut enseigner à se compagnons, tout ce qu’il fallait savoir faire pour survivre lorsqu’on a rien.
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DanieljeanDanieljean   14 novembre 2018
- Maître, demanda un jour un de mes compagnons, vous ne nous racontez jamais les grandes histoires glorieuses du passé. N'est-il pas bon de se souvenir?

- Se souvenir, oui ! répondit Sophios. Mais ne pas se laisser envahir ou ensevelir ! Écoutez l'histoire des Monates

Lorsque les morts gouvernent les vivants

II y eut autrefois un peuple appelé Monates, qui fut massacré par ses voisins, les Crébins. Ce fut une affreuse tuerie que rien ne pouvait justifier... et les survivants vécurent désormais avec cette blessure ouverte en eux. À force de courage, ils réussirent à refonder des familles et éduquèrent leurs enfants dans le souvenir de ces horribles souffrances. Les enfants firent de même, ainsi que les enfants de leurs enfants; et les Monates vécurent alors dans une véritable obsession de ce qu'on avait fait à leurs ancêtres. Les souvenirs prirent la dimension d'un mythe qui étouffait les enfants dès leur naissance. Par crainte de voir leur massacre recommencer un jour, les Monates s'armèrent, au point d'avoir bientôt l'armée la plus puissante de la région. Partout ils en vinrent à soupçonner des ennemis qui les menaçaient, des ennemis qu'il fallait contrôler, surveiller, voire anéantir avant qu'ils ne se montrent dangereux. Et bientôt, ce fut à leur tour de tuer et de retourner vers les autres cette violence qui les emprisonnait depuis des siècles. Car s'il est bon de se souvenir, il n'est pas bon de laisser les morts gouverner les vivants.
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Le jeune Numa, 10 ans, a profité du Salon du livre de jeunesse de Montreuil pour faire une interview de Michel Piquemal, l'auteur du Jobard (Milan poche junior), qu'il étudie en classe.
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