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Jean-Paul Chabrier (Préfacier, etc.)Jean-Paul Chabrier (Préfacier, etc.)Jean-Paul Chabrier (Préfacier, etc.)
ISBN : 2710324725
Éditeur : La Table ronde (14/03/2002)

Note moyenne : 4.23/5 (sur 13 notes)
Résumé :

La Pluie à Rethel, c'est d'abord un titre dont on se souvient. Les amateurs de la "petite musique" de Pirotte vont enfin découvrir, ou redécouvrir, cette histoire d'un éxilé du monde envahi de souvenirs.

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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Davjo
  27 mai 2015
Le plaisir subtil et doux amer de la mélancolie.
J'ai beaucoup aimé ce récit de Pirotte. Un homme est attablé et trace des phrases sur sa feuille. Il revisite son passé, les femmes qu'il a connu et qui se confondent. Ceux qui aiment Un homme qui dort de Perec peuvent prendre ce roman comme une sorte de suite qui se passerait dans le nord ou en Belgique. Des instantanés qui parlent d'une vie sans fait saillant, sans intrigue. le style soutient l'ensemble, pour un livre où il semble ne rien se passer. Des mots simples comme le vent, le pluie, la mer, associés à l'inquiétude frileuse, le bonheur vif et rehaussés par un terme plus spécialisé comme agrès, par une image comme celle de voiliers dans la brumes
Mais le passé souvenu n'est pas le présent et l'écrivain, à sa table, est souvent pris par le dégoût de ces phrases dévidées dans un décor de cuisine, les odeurs autour de lui...
C'est un homme qui s'appelle Vincent et qui pense que la vie est une somme d'absences multipliées par elles-mêmes à l'infini. Une vie nue et vide, une vie de pas perdus. Un homme qui regarde par la fenêtre et dit ce qu'il voit, ce qu'il ressent, il a mal à la jambe gauche. Il se détache de la fenêtre et se rassied. Il continue à écrire les mots étiques d'un quotidien qui se dépenaille de soir en soir.
La galerie de taupe que l'on creuse, à l'aveuglette.
Il remarque des détails comme les chatons de poussière, les appliques murales d'un salon octogonal. Il veut des femmes, mais n'est jamais vulgaire, il appelle ça: chercheur d'aubaines furtives. Plus tard, l'homme réalise que l'amour et la pluie, dans la chambre d'hôtel en face de la gare, ont conjugué des charmes puissants et dérisoires.
Le dimanche, le passé rôde...
En gare de Nimègue, il a rencontré la blonde C...A moins que ce soit Mina ou la belle Virginia.Ils errent de frîche concertée en lande sablonneuse, de basses pinèdes en étendues de bruyères. Il note la forme tourmentée d'un grand arbre, l'ondulation à peine perceptible d'un ressaut de terrain, le sillon noir et blanc d'un vol de pie ou l'appel perdu d'une voix dans un chemin creux...Il va marcher, trébucher, le long du canal où deux péniches immobiles attendent la fin du monde. Un homme qui écrit qu'il ne peut pas se permettre de fantaisies aussi dispendieuse que l'envie de vivre. En 1982, Pirotte, l'avocat défroqué, est encore vivant pour encore plus de trente ans...
En lisant ce texte de presque rien, j'avais envie de me le mettre en bouche, de le réciter...
Lien : http://killing-ego.blogspot...
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jimpi54
  19 juin 2012
Ardennais d'origine, je m'intéresse à ses auteurs + ou - célébres (tels Rimbaud, Julien Gracq, André d'Hotel, JC Pirotte, Franz Bartelt...) qui ont foulé cette Terre, rude, qui a souffert et souffre encore. Tous, ils ont su décrire ce pays méconnu avec une intense profondeur.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
nadejdanadejda   01 septembre 2013
Je parcourais des paysages verts aux ciels immenses, gorgés de vent, les yeux baignés de cette lumière sourde aux larges mouvements qui est celle de la Hollande, et je m’arrêtais pour déjeuner de concombres et d’omelettes aux chanterelles dans des auberges aux longs toits de chaume où des paysans polis et laconiques trempaient leur moustache claire dans de petits verres évasés au fond desquels une pincée de sucre attendrissait l’âpreté jaunâtre du vieux genièvre. Il me semblait que je n’avais pas assez de mon regard pour m’éblouir de toutes les visions que je recueillais au long de ces journées où j’allais seul, superbement disponible, joyeux et neuf, en quête d’un pays dont l’âme était mon âme, et je me découvrais en lui, sachant déjà qu’à jamais je lui resterais fidèle, dussé-je le perdre, comme je devinais que soi-même on se perd dans les méandres de la vie et des phrases, en dépit de toute fidélité. Mon bonheur s’aggravait de se savoir fragile. Je rêvais que plus tard, je reviendrais parcourir ces Gueldres et ces Frises avec celle que j’aimerais, et que, de cette beauté confuse qui m’étouffait, je pourrais alors faire don; ce partage recréerait les jours perdus de l’enfance, et le coeur serait enfin satisfait. La possession du monde ne pouvait être illusoire. p 63-64

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pigofpigof   15 juillet 2015
Il me reste cette chose à accomplir: user la parole.Me confondre avec elle dans l'épuisement des journées.Ecrire.Arracher le dernier été,m'amputer de lui,que je ne vivrai pas.Ecrire pour rien.
Je me mets à écrire,et le premier paragraphe,n'est-ce pas est essentiel.La tête de cuvée,en somme.La suite est affaire de patience,de temps,et sans doute n'aurai-je que juste le temps.L'été n'a pas d'avenir.C'est affirmé dans le premier paragraphe.Ensuite,je voudrais faire entendre le clapotis inharmonieux d'une pluie de juin sur les dalles de béton qui forment un chemin dans mon âme.un chemin comme un autre,avec une grille grinçante et de larges fissures qu'érode et creuse la pluie.Un chemin gris et crayeusement romantique.
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pigofpigof   21 juin 2015
L'homme n'attend personne,il attend cependant.Il voudrait parler de cette attente si longue dans le silence,et dire une absence qu'il éprouve(est-ce la sienne).Il pense que la vie est une somme d'absences multipliées par elles-mêmes à l'infini.Cela n'est pas original.Il en convient.Il sait ou croit savoir.Savoir ce qu'il sait est inutile.Il aligne des mots.IL faudrait écrire la faim et la pluie.Le mot "faim" est illisible.L'homme fume et remplit son verre.Marnissimo.IL boit.Tant que je bois dit-il.Il hausse les épaules
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coco4649coco4649   26 mai 2017
 
 
Avec les insomnies, on peut faire des bouquets noirs
de grandes fleurs friables et crissantes comme sable
sous les dents.
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DavjoDavjo   27 mai 2015
Chercher des images, patience de sourcier. Mais quelles images ? Quelle nappe d’eau fraîche découvrir sous les strates accumulées par l’indifférence universelle ? Je cherche des images, qui seraient mon musée d’Epinal à moi.
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Videos de Jean-Claude Pirotte (12) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Claude Pirotte
Jean-Claude Pirotte lit des extraits de "Blues de la racaille"
Arbois, la nuit du dimanche au lundi 10 au 11 février 2008, le poète Jean-Claude Pirotte lit des extraits de "Blues de la racaille", poème paru en 2005 à la Table Ronde. Contre tous les Sarkozysmes. entretien vidéo réalisé par Aymen Hacen (poète tunisien résidant à Lyon)
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