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Éditeur : Editions Les Escales (31/08/2017)

Note moyenne : 4.72/5 (sur 23 notes)
Résumé :
Mona Desforêt a pour elle la grâce et la jeunesse des fées. En Indochine, elle attire tous les regards. Mais entre les camps japonais, les infamies, la montée du Viet Minh, le pays brûle. Avec sa fille Lucie et son haut-fonctionnaire de mari, un maurrassien marqué par son engagement pétainiste, elle fuit en Nouvelle-Calédonie.
À Nouméa, les journées sont rythmées par la monotonie, le racisme ordinaire et les baignades dans le lagon. Lucie grandit ; Mona bovar... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (14) Voir plus Ajouter une critique
motspourmots
04 septembre 2017
Il ne nous est pas donné à lire tous les jours un roman aussi joliment émouvant. Des pages qui diffusent une émotion douce, sincère, respectueuse et belle. Un livre écrit à quatre mains mais surtout deux têtes, deux âmes soeurs unies par une amitié incomparable. Une amitié fulgurante comme peut l'être l'amour parfois.
Evelyne Pisier et Caroline Laurent n'ont passé que six mois ensemble. Leur relation de travail s'est immédiatement transformée en une amitié pleine et entière, faite d'admiration et de compréhension mutuelle. Une amitié d'une telle force qu'elle a permis à Caroline Laurent de terminer d'écrire ce roman lorsque Evelyne Pisier a été vaincue par la maladie. Comme habitée par l'esprit de son amie et la volonté de la servir au mieux. le résultat est magnifique.
Il y a presque trois histoires en une. Celle d'Evelyne, celle de Mona, sa mère et celle de l'écriture de ce roman. Car Evelyne Pisier et son éditrice, Caroline Laurent ont choisi la forme romanesque plutôt que le récit pour raconter la vie de Mona (qui a tout d'une héroïne de roman) et celle d'Evelyne à travers elle. L'histoire de femmes extraordinaires à travers laquelle défile également toute l'histoire de France et notamment son passé colonial. En poste en Indochine puis en Nouvelle-Calédonie, Pierre et Mona seront les témoins et les acteurs des transformations et des changements de modes de vie d'une certaine caste "dominante" qui voit ses certitudes mises à mal par l'éveil des peuples occupés. Mona, femme amoureuse et soumise sera victime de violences abjectes lors de la guerre d'Indochine. Mais ce n'est que bien plus tard, lors de son installation en Nouvelle Calédonie que la lecture de Simone de Beauvoir fera naître son désir d'émancipation. Amant, divorce, retour en France et début d'une vie militante, notamment pour la cause des femmes, le planning familial et le droit à l'avortement. Un exemple pour Evelyne (baptisée Lucie dans le roman), même si la relation entre mère et fille est bien plus complexe, qui poussera le militantisme encore plus loin, un engagement qui la mènera jusqu'à Cuba dans les bras de Fidel Castro. Des vies de combats, des destins confrontés aux dilemmes qui jalonnent la vie des femmes entre désir et contraintes de la maternité et envie de se réaliser pleinement et librement.
Vous l'aurez compris, il n'est pas étonnant que le récit d'Evelyne ait suffisamment fasciné Caroline pour l'amener à produire ce très joli roman. Et les lecteurs ne bouderont pas leur plaisir au fil des pages qui déroulent ces trajectoires passionnantes dans un contexte historique foisonnant. Mais les plus beaux moments sont ceux au cours desquels Caroline Laurent, en cours d'écriture prend la parole pour s'adresser à Evelyne, évoquer leurs échanges récents ou convoquer son esprit pour le mêler au processus de création. Elle fait alors preuve d'une sensibilité, d'une qualité d'écoute et d'empathie qui donnent le frisson et contribuent à faire de ce livre un très beau moment de lecture.
"C'est fou. Quand on te répète en permanence qu'il y a des races et que ce sont elles qui fondent les rapports humains... Quand la religion est partout, qu'on t'élève dans l'antisémitisme, la haine des protestants, des homos, des métèques... Comment as-tu fait ? Et ta mère ? Ta mère ! Elle a grandi avec ces idées-là, elle les a partagées avec son mari... Et puis la rupture. C'est inouï. Comment avez-vous fait pour vous affranchir de tout ça ?" Evelyne me ressert un verre de vin en souriant : "C'est tout l'objet du livre, non ?"
Oui, c'est tout l'objet du livre, avec un supplément d'âme, cette petite dose de magie qui donne à l'ensemble une force, une grandeur d'âme qui le rendent remarquable. Ce qu'on appelle l'amour en somme. Et qui fait de ce livre un véritable cadeau.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
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Deanerys
18 septembre 2017
Encore une fois je remercie le comité de lecture de Cultura qui m'a permis de découvrir ce roman. le mélange de biographie (parfois romancée) et de combat féministe m'a de suite attiré. Et je suis ravie puisque ce roman a été un véritable coup de coeur ! J'ai de suite accroché à cette histoire, celle d'Évelyne, de sa mère. Une façon de traverser l'Histoire par le biais de deux femmes, leurs ambitions, leurs espoirs, leurs combats. J'ai aimé apprendre à les connaitre, comprendre leurs choix et suivre leur quotidien.
Comme je le disais, cette histoire est une biographie sans en être vraiment une puisque Évelyne raconte son histoire tout en ayant enjolivé certaines choses, passé d'autres sous silence, et ce de manière volontaire (en commençant par des changements dans les prénoms des personnages). Son but n'étant pas de relater simplement sa vie mais de décrire un combat pour la liberté. Au fil de l'histoire, on comprend d'ailleurs où elle veut en venir, quel est son message et c'est ce qui m'a tant plu.
Dans la première partie du roman, j'ai beaucoup apprécié le caractère de la jeune Lucie, ses réflexions par rapport à ce qu'elle vit (la colonisation, la guerre, l'antisémitisme). C'est intéressant de découvrir les questions et raisonnement d'une petite fille qui ne comprend pas pourquoi les personnes de couleurs sont inférieures à elle, pourquoi il ne faut pas se lier d'amitié avec une personne juive, pourquoi on lui apprend que la famille est une valeur importante alors que sa nourrice n'a pas le droit de passer du temps avec la sienne. On retrouve ainsi toute l'innocence de l'enfance confronté aux moeurs de l'époque. C'est alors intéressant de voir les mentalités du milieu du XXe siècle avec notre recul, ainsi que les tentatives de compréhension d'une enfant. La seconde partie du roman nous révèle une Évelyne qui grandit, évolue, apprend à faire ses propre choix et réflexions en rapport avec son vécu, son passé. Et j'ai adoré son évolution avec un tempérament qui n'était pas forcément bien perçu à une époque où les femmes n'avaient pas le même statut qu'aujourd'hui.
Même si le roman est écrit par Lucie (Évelyne), il traite également de sa mère, Mona. J'ai adoré suivre son parcours, d'épouse amoureuse et dévouée à femme indépendante qui s'assume malgré les regards désobligeants. J'étais curieuse de savoir quel serait le déclic de ce changement et quelles en seraient les conséquences. Nous avons ainsi les destins de deux femmes, une mère et sa fille qui n'hésitent pas à se battre pour des valeurs qu'elles estiment justes. Qui n'hésitent pas à aller à l'encontre de l'opinion publique et à clamer haut et fort leur féminisme. J'ai adoré !
Concernant la structure du roman, j'ai beaucoup apprécié les quelques mots de l'éditrice à chaque début de chapitre. Ils nous permettent de comprendre les difficultés liées à la fabrication du roman suite au décès de son auteure, les questions que l'éditrice s'est posée et sa peur de ne pas être à la hauteur. Elle en profite également pour faire le parallèle avec sa propre histoire avec des anecdotes qui m'ont souvent touchée. J'ai trouvé ces passages intéressants, ils apportent un petit plus au roman.
J'ai donc pris beaucoup de plaisir à la lecture de ce roman avec ces destins qui m'ont touché, révolté ou ému. C'est un roman que je conseillerais sans hésiter !!
Lien : https://dreamingwithboooks.w..
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Sourisetdeslivres
07 septembre 2017
* coup de coeur *
Second coup de coeur de la rentrée littéraire avec Et soudain, la liberté.
(Pour rappel le premier coup de coeur est pour le roman de Martin Diwo « Pour te perdre un peu moins » dont mon avis est déjà en ligne : voir ici)
Je ne connaissais pas du tout Evelyne Pisier avant de lire ce roman qui oscille entre biographie romancée et entretien/mémoire.
Quel magnifique roman, hommage à cette grande femme, quelle magnifique écriture de Caroline Laurent.
Caroline Laurent reçoit un jour un manuscrit, c'est celui de Evelyne Pisier, elle désire « raconter l'histoire de sa mère et à travers elle la sienne, une histoire fascinante qui couvrait 60 ans de vie politique, de combats, d'amour et de drames (...) »
Pari réussi, j'ai adoré suivre ces 2 femmes et en miroir l'histoire de la mère de Caroline Laurent. Même si celle-ci n'apparaît que peu dans le roman et que j'aurais aimé en savoir plus c'est un très bel hommage que l'auteure, Caroline Laurent, rend à ces 2 femmes, l'une l'amie rencontrée grâce au manuscrit, Evelyne Pisier, l'autre sa mère.
Ce roman est passionnant à plus d'un titre, pour son côté historique, 60 années si riche en faits et personnages célèbres, et pour son côté féministe.
Quelle femme passionnante Evelyne Pisier devait être. Et tellement intelligente aussi, elle que son père ne prédestinait qu'à être épouse lui a fait à beau pied de nez.
J'ai vu qu'elle avait écrit des romans, je pense les lire.
Revenons à Et Soudain, la liberté.
Le livre commence en Indochine, aujourd'hui Vietnam, la petite Lucie fête ses 7 ans, combien elle est fière d'avoir atteint l'âge de raison, oui, mais la petite est très attachée à Tibai, sa nounou, son père un être profondément raciste, partisan du gouvernement de Vichy, il est en poste là-bas jusqu'à ce que la révolution commence.
Mona la mère de Lucie, au début du roman est conforme à ce qu'on attend d'une femme à cette époque, elle soutient son mari, quoi qu'il dise ou fasse : il a raison.
Au fur et à mesure et surtout grâce à la lecture de « le deuxième sexe » de Simone de Beauvoir elle va s'émanciper, d'abord en portant simplement un pantalon d'équitation puis en passant son permis.
Mona veut que sa fille, Lucie, puisse faire des études, ne pas seulement être une épouse, elle lui interdit d'ailleurs de faire la cuisine et de faire son lit.
Lucie qui au départ voit son père comme un héros, en grandissant comprend tous les enjeux politiques derrière les colonies, elle aussi commence à se révolter.
La petite Lucie devenue adulte sera une fervente militante avec sa mère pour toutes sortes de causes, mais surtout les droits des femmes.
J'ai adoré suivre d'un côté l'évolution des moeurs de Mona, pas simple à cette époque de divorcer surtout qu'elle éprouve encore le besoin du regard des hommes, elle a besoin d'être aimée, et en parallèle suivre Lucie (en réalité Evelyne Pisier) sur 60 ans.
La partie à Hanoï est à la fois tendre, sa relation avec Tibai est belle, et dure, je ne savais pas du tout que les Françaises avaient été internées dans des camps, en fait en lisant ce roman je me suis rendu compte que, la passionnée d'histoire que je suis, a encore beaucoup à apprendre.
Après Hanoï, ce sera le départ pour Nouméa, le nouveau poste de son père.
J'ai vraiment détesté ce personnage, quel être infect, sûr de ses idées et ceux qui n'y croient pas sont pour lui des êtres dénués d'intérêt.
Je ne peux vous raconter tous les différents voyages de Lucie, je vous gâcherai une grande partie du roman.
Sachez que côté historique vous lirez la révolte en Indochine, les bombes à Hiroshima et Nagasaki, la colonisation et l'abus de ses « blancs » tout puissants, la récolte du caoutchouc pour une certaine entreprise Michelin, on vous parlera de Hô Chi Minh, de la correspondance et du lien qui unissait Lucie avec Fidel Castro, du docteur Vallejo, de Che Guevara et de son assassinat, du communisme, de Ferré et Mouloudji, de Regis Debray, de mai 68, du Printemps de Prague, Tito en Yougoslavie, l'URSS, etc.
À côté de ce côté historique dense et passionnant vécut par ces 2 femmes, Mona et Lucie, il y a les combats qu'elles mènent toutes 2 : l'émancipation de la femme, le droit à l'avortement, le droit à la contraception, la décolonisation, le bras de fer qu'elles doivent faire contre cette société patriarcale.
Ce sont 2 femmes passionnées, Mona vit un peu à travers Lucie certains combats qu'elle aurait voulu mener (notamment les études qu'elle a dû abandonner), mais est quand même très active sur le terrain.
Lucie rejette toutes les idées que son père, son héros de l'enfance, lui a inculquées, elle rejette en masse ses pensées, elle soutiendra activement les idéaux communistes, partira à Cuba soutenir la révolution, manifestera contre la guerre du Vietnam tout en continuant l'émancipation de la femme que cela soit du côté culturel, intellectuel ou sexuel.
Mona embrassera la cause homosexuelle, elle aidera les malades du sida, elle militera aussi dans les plannings familiaux.
Ce sont des femmes, des égaux de l'homme.
Il faut se rappeler que ces faits se sont déroulés à partir des années 50 pour comprendre combien ces 2 femmes étaient inspirantes (et le sont toujours à mes yeux) et inspirées, en 60 ans combien la condition féministe à évolué.
Du côté de l'écriture j'ai tout simplement adoré, autant les parties sur Lucie que les parties où l'auteure Caroline Laurent nous parle de sa peur d'échouer à faire de ce livre ce que Évelyne voulait qu'il soit, des nuits blanches qu'elle a passées à écrire, elle nous parle de son enfance et sa mère mauricienne, de la couleur de leurs peaux pas identiques et qu'on ait pu mettre en doute leur filiation.
Je peux la rassurer, pari réussi, j'ai compris et aimé Mona et Lucie, Lucie m'a passionnée et je ne compte pas à en rester là, j'ai besoin de lire encore et de comprendre cette femme tellement intelligente, qui, je pense, m'aurait beaucoup impressionné si je l'avais rencontrée et qui a l'air d'une telle simplicité. Je voudrais aussi dire à Caroline Laurent que je suis certaine qu'Évelyne est totalement d'accord avec les libertés prises pour certains faits ou intervenants.
On ressent la profonde amitié qui a lié les 2 auteures ainsi que le profond respect de Caroline Laurent pour Evelyne Pisier.
Je suis frustrée de ne pas arriver à mettre en mots la beauté et la richesse de ce livre, lisez-le, vraiment, autant pour les passionnés d'histoire que pour le féminisme à ses débuts, l'évolution de notre société, les moeurs de l'époque, les voyages de Saigon, Hanoï, Nouméa, Cuba, et tellement plus le tout porté par la magnifique écriture de Caroline Laurent.

En 2013 j'avais lu Z le roman de Zelda qui fut un coup de coeur, j'ai le même ressenti ici, j'aime les romans où l'on nous parle de femmes fortes qui sont nos contemporaines et, qui, ont très certainement influencé une partie de nos vies actuelles.
Lien : http://luciebook.blogspot.be..
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jg69
03 septembre 2017
"L'intensité d'une amitié, ça vous fait une joie pour mille ans, c'est comme un amour, ça vous rentre par le nombril et vous inonde tout entier"
En septembre 2016, Evelyne Pisier, soeur de l'actrice Marie-France, présente son manuscrit à son éditrice Caroline Laurent. Elles travaillent ensemble sur le texte durant quelques mois avant qu'Evelyne ne décède en février 2017. Caroline Laurent termine alors le livre comme elle l'avait promis à Evelyne.
Dans son manuscrit Evelyne Pisier raconte son histoire et celle de sa mère, elle demande à son éditrice de l'aider à transformer son récit en fiction, pour elle le livre ne doit être ni un témoignage ni une biographie. le prénom fictif de Mona est donné à la mère d'Evelyne, celui de Lucie à Evelyne et la famille Pisier se nomme Desforêt dans le récit.
Nona Desforêt est une femme dont le rêve de devenir médecin a été brisé par sa grossesse qui l'a contrainte à abandonner ses études. Volontiers charmeuse, elle mène une vie assez superficielle en Indochine où est affecté son mari André, un haut fonctionnaire colonial. C'est un colon pétainiste, raciste et antisémite, convaincu de l'inégalité des races et de l'infériorité des femmes. Cet homme odieux, colérique et parfois violent sera le héros de sa fille pendant son enfance jusqu'à ce qu'elle prenne conscience de ce qu'il est en réalité.
La lecture du deuxième sexe de Simone de Beauvoir est une révélation pour Mona, ce livre "allume des feux en elle", elle décide d'agir désormais selon ses désirs, de ne laisser personne lui dicter sa conduite et ses opinions. La naissance d'une conscience et un bel affranchissement par la lecture... Elle devient une femme libre et séductrice, "amoureuse de l'amour". "L'amour était son moteur et sa prison". de retour en France après son divorce, indépendante et libérée, elle mènera de multiples combats féministes dans lesquels elle entrainera sa fille, elle multipliera les engagements, du planning familial à la lutte pour les droits des homosexuels jusqu'au militantisme dans l'Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité.
Mona et sa fille sont très proches et complices. Mona façonne Evelyne lui interdisant par exemple de toucher au ménage et à la cuisine, domaines dans lesquels les femmes ont toujours été cantonnées. Evelyne s'est construite avec et contre sa mère qu'elle présente comme la personne qu'elle aime le plus au monde...
Le récit nous mène de Hanoï à Nouméa puis en France en passant par Cuba où Evelyne vivra une passion amoureuse de quatre ans avec Fidel Castro. Caroline Laurent glisse dans le roman quelques extraits de lettres d'amour de Fidel Castro adressées à Evelyne...
Caroline Laurent a eu la très jolie idée d'insérer dans le roman l'histoire de sa rencontre avec Evelyne, elle parle des échanges qu'elles ont eus, de ses doutes, de ses peurs et angoisses lorsqu'elle se retrouve seule pour finir le travail... On assiste ainsi à la construction du roman et on comprend le rapport auteur-éditeur. Mais l'histoire d'Evelyne renvoie Caroline à sa propre histoire et réveille des souvenirs personnels ce qui apporte encore une autre dimension au roman car le destin de la mère de Caroline Laurent va venir s'immiscer dans le récit. L'éditrice dit qu'Evelyne lui a tendu un miroir. "Son texte, depuis le début, est un miroir qu'elle me tend"
J'ai trouvé ce premier roman de Caroline Laurent absolument MAGNIFIQUE, les deux très belles voix d'Evelyne Pisier et de son éditrice s'entremêlent à merveille pour nous brosser les portraits de deux femmes engagées. La construction choisie par Caroline Laurent qui mêle l'histoire d'Evelyne et de sa mère et l'histoire de la construction du roman est une très belle réussite. Deux livres en un en quelque sorte...
Par-delà l'incroyable destin d'Evelyne et de sa mère, ce livre est aussi l'histoire d'une magnifique amitié entre deux femmes que 47 ans séparent et qui ne se sont côtoyées que quelques mois, une amitié entre une éditrice et son auteure. C'est l'histoire d'une belle promesse, d'une belle confiance d'Evelyne en Caroline qui dit avoir terminé le livre "sans elle mais avec elle".
En résumé, pour moi c'est simple ce roman est une pure merveille !
Lien : http://leslivresdejoelle.blo..
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Cacoethes
16 septembre 2017
J'ai dégusté ce roman, qui allie une écriture superbe, une histoire intéressante et une construction originale du récit (malheureusement la conséquence de circonstances dramatiques…).
La base du livre, c'est l'autobiographie romancée d'Evelyne, née dans les années 40 en Indochine, fille d'un fonctionnaire pétainiste et colonialiste... Mais le roman tel que pensé ne verra jamais le jour : Evelyne décède au cours du travail entamé avec Caroline Laurent, son éditrice, en février 2017. Restant fidèle à sa volonté, l'éditrice poursuit l'oeuvre... Ce qui donne une autre dimension au livre : puisqu'en parallèle de la biographie romancée d'Evelyne et de sa mère, nous avons les réflexions sur la construction de la biographie, les émotions de la seconde auteure... Les deux facettes s'entremêlent et forment un roman très cohérent et émouvant. Je dirais même que c'est le second aspect qui donne son épaisseur et sa beauté à l'histoire, avec une profondeur très intime.
Concernant l'histoire en elle-même, la biographie, on découvre dans une première partie l'enfance d'Evelyne (baptisée Lucie dans l'histoire) avec ses parents, dans les colonies. La seconde partie est centrée sur l'engagement politique de Lucie-Evelyne et de sa mère dans les années 60.
J'ai beaucoup aimé les deux parties, très intéressantes l'une et l'autre à différents points de vue (le bonheur cette petite histoire dans la grande !), mais la seconde m'a sans doute plus touchée, peut-être parce qu'elle se déroule en un lieu et une époque plus proches, fait référence à des personnalités et des événements marquants de notre histoire récente. Et que les combats engagés, notamment sur les droits des femmes, me parlent énormément.
Malgré tout, ce sont sans doute les ajouts de Caroline Laurent qui rendent le livre exceptionnel, car grâce à elle, le lecteur connaît Evelyne Pisier beaucoup plus intimement ce qui rend tout le livre d'autant plus réaliste et bouleversant.
Merci infiniment aux Editions Les Escales de m'avoir permis de lire ce livre !
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Les critiques presse (2)
Culturebox08 septembre 2017
Une fois ce livre achevé, on le repose délicatement, comme on le ferait avec un breuvage fort et apaisant.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LePoint04 septembre 2017
Évelyne Pisier a été l'amante du Líder Máximo dans les années 1960. Un roman vrai écrit avec son éditrice, Caroline Laurent, raconte sa vie flamboyante.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations & extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
LePetitCrayonLePetitCrayon16 août 2017
Evelyne avait choisi la fiction, paradis de l’imaginaire, qui est trahison peut-être, liberté assurément. Le respect des faits est un leurre ; chauve-souris prise dans une pièce fermée. La fiction porte une certaine lumière sur une certaine histoire, elle s’affranchit de l’espace comme le font les notes de musique.
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BabaLoeBabaLoe25 août 2017
Les nuits ne finissaient jamais. Nice, 1956. La belle vie. Quand minuit sonnait, Lucie attrapait son casque, déposait une bise sur la joue maternelle et enfourchait sa mobylette pour rejoindre la bande. Mona avait fixé les règles : pas de sortie avant minuit. La soirée se consacrait d’abord exclusivement à l’étude, baccalauréat oblige. Pour le reste, surprises-parties, boîtes de nuit et hula-hoop, cela regardait sa fille, du moment qu’elle se présentait à l’heure au lycée. Mona savait qu’on la jugeait – ce n’est pas ainsi qu’on éduque les demoiselles ! Quand Lucie débarquait, les bourgeoises paniquaient : “Planquez vos garçons !” Elle n’aurait pu rêver plus beau compliment. Le moteur de la mobylette pétarada et emporta sa fille dans le feu de la nuit.
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BabaLoeBabaLoe25 août 2017
Notre moment était venu, celui d’une transmission dont le souvenir me porterait toujours vers la joie, et d’une amitié aussi brève que puissante, totale, qui se foutait bien que quarante-sept ans nous séparent.
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sorayabxlsorayabxl17 juillet 2017
Pour parler d’Évelyne, je dois accepter que des souvenirs personnels s’immiscent dans le récit. Contournements, digressions, bavardages sont à l’image des liens qui unissent un auteur et son éditeur.
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LePetitCrayonLePetitCrayon16 août 2017
Certaines rencontres nous précèdent, suspendues au fil de nos vies ; elles sont, j’hésite à écrire le mot car ni elle ni moi ne croyions plus en Dieu, inscrites quelque part.
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Videos de Evelyne Pisier (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Evelyne Pisier
Une incroyable traversée du XXe siècle : l?histoire romancée d?Evelyne Pisier et de sa mère, deux femmes puissantes en quête de liberté.
Pour en savoir plus : http://bit.ly/2fRSitm
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