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Éditeur : Editions Les Escales (31/08/2017)

Note moyenne : 4.7/5 (sur 5 notes)
Résumé :
Mona Desforêt a pour elle la grâce et la jeunesse des fées. En Indochine, elle attire tous les regards. Mais entre les camps japonais, les infamies, la montée du Viet Minh, le pays brûle. Avec sa fille Lucie et son haut-fonctionnaire de mari, un maurrassien marqué par son engagement pétainiste, elle fuit en Nouvelle-Calédonie.
À Nouméa, les journées sont rythmées par la monotonie, le racisme ordinaire et les baignades dans le lagon. Lucie grandit ; Mona bovar... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (2) Ajouter une critique
sorayabxl
17 juillet 2017
« Et soudain, la liberté » est un livre assez atypique, entre biographie romancée et entretien-mémoires. Il s'agit initialement d'un projet de roman inspiré de la vie d'Evelyne Pisier (1941-2017), politologue française et militante féministe également connue pour avoir été l'épouse de Bernard Kouchner puis d'Olivier Duhamel. Suite à la mort de Pisier en février 2017 alors que la rédaction du livre était encore en cours, son éditrice Caroline Laurent a décidé de terminer elle-même l'ouvrage pour lui rendre hommage. S'il s'agit bien d'un roman, le texte est entrecoupé des réflexions de l'éditrice-narratrice-rédactrice qui évoque sa rencontre avec Pisier, le processus d'écriture, ainsi que la façon dont sa propre expérience fait parfois écho à celle de son « amie ».
Le récit romancé des jeunes années d'Evelyne Pisier, sous le prénom fictif de « Lucie », est très réussi. J'ai beaucoup apprécié la description de son enfance vietnamienne, avec des scènes touchantes comme la dégustation par la petite fille d'une préparation aux larves de guêpes, en cachette de ses parents. D'autres scènes sont beaucoup plus sombres, comme la détention de Lucie et de sa mère, « Mona », dans un camp de concentration japonais à Hanoi en 1945.
La relation tumultueuse entre les parents, vue à travers les yeux de l'enfant, puis de l'adolescente, pose la question de la conciliation entre désir et indépendance. Nous sommes dans les années 1960. La lecture du Deuxième Sexe de Simone de Beauvoir est un déclic pour Mona, mais gagner son indépendance est difficile pour une femme qui a abandonné ses études de médecine et qui a besoin du regard des hommes pour exister. À travers leur combat pour le droit à la contraception et à l'avortement, la mère et la fille cheminent néanmoins vers l'émancipation sexuelle, sentimentale et intellectuelle.
L'admiration de Lucie pour son père, fonctionnaire pétainiste dans les colonies, adepte de la théorie du nationalisme intégral de Charles Maurras (1868-1952), se transforme progressivement en rejet et en mépris. Lucie s'engage pour la décolonisation et les idéaux communistes, s'enthousiasme pour la révolution cubaine. le récit de son idylle avec Fidel Castro (1929-2016), lors de ses trois voyages à Cuba, est la partie la moins convaincante du livre. On aimerait en savoir un peu plus sur les dilemmes non seulement sentimentaux, mais aussi idéologiques, auxquels Lucie a dû faire face.
Concernant le style et la forme hybride du livre, mon sentiment est assez ambivalent. D'un côté, les interventions de Laurent posent des questions intéressantes sur le processus d'écriture, le lien entre auteur et éditeur, entre mémoire et fiction… Elle écrit ainsi : « pour parler d'Évelyne, je dois accepter que des souvenirs personnels s'immiscent dans le récit. Contournements, digressions, bavardages sont à l'image des liens qui unissent un auteur et son éditeur. » Cet effet de miroir n'est pas sans intérêt et l'effort de transparence et d'authenticité est d'autant plus légitime que les circonstances ont contraint l'éditrice à se faire auteure, tout en cherchant à rester au plus proche des intentions initiales de sa protagoniste.
Toutefois certaines interruptions du récit principal sont assez inutiles et cassent un peu le rythme (ex. « J'écris, et la nuit recouvre Paris »). le fait de dévoiler la part de vérité et la part de fiction avant même de raconter certains épisodes créé une distanciation à la fois frustrante et intéressante. Laurent nous explique par exemple que le personnage de Marthe est totalement fictif… juste avant de la faire mourir dans des circonstances tragiques, empêchant ainsi le lecteur de s'émouvoir autant qu'il ne l'aurait fait s'il avait cru le personnage authentique.
Un roman expérimental à certains égards donc, mais qui a surtout le mérite de retracer avec finesse et empathie le destin d'une femme exceptionnelle.
Lien : http://histfict.blog/390
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Lireparelora
19 juillet 2017
L'avantage de recevoir plusieurs romans de la Rentrée Littéraire : découvrir encore et toujours des romans aussi variés que surprenants. Et soudain, la liberté fait partie de ces excellentes découvertes que j'ai dévorées.
Ce roman possède une histoire particulière. En effet, il est à la fois une biographie de la mère et une autobiographie de la fille, toutes deux romancées, afin d'occulter plus facilement certaines personnes ou certains instants de vie. de plus, Evelyne Pisier est décédée avant d'avoir fini la rédaction finale de ce roman. C'est alors la jeune Caroline Laurent, éditrice devenue amie d'Evelyne, qui a fini le travail et a inséré quelques chapitres concernant la relation entre les deux femmes, le travail autour du texte... Impressionnante implication ! Cela donne un ensemble étonnement fluide et passionnant où on comprend l'intérêt de certains choix dans l'écriture d'un texte. Ainsi, le but premier de romancer le récit n'était pas de cacher des événements ou de protéger des personnes. Les deux auteurs désiraient mettre en avant le changement et la libération de Lucie (Evelyne, dans la réalité) et de sa maman appelée Mona.
Et soudain, la liberté met en avant les conditions féminines dans une société très patriarcale, l'évolution de certains droits et surtout les pressions sociales exercées sur les femmes. L'auteur est née en 1941 et la majorité des événements se passent donc au milieu du XXème siècle...
Si vous avez des doutes quant au pouvoir de la lecture, le roman devrait vous convaincre puisque c'est en lisant le deuxième sexe de Simone de Beauvoir que Mona va prendre de l'assurance et prendre sa vie en main, malgré les difficultés.
A LIRE !
Lien : https://lireparelora.wordpre..
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Citations & extraits (3) Ajouter une citation
sorayabxlsorayabxl17 juillet 2017
Pour parler d’Évelyne, je dois accepter que des souvenirs personnels s’immiscent dans le récit. Contournements, digressions, bavardages sont à l’image des liens qui unissent un auteur et son éditeur.
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sorayabxlsorayabxl17 juillet 2017
Évelyne est morte. Tout le roman vient d’elle, comme l’enfant vient de la mère, et pourtant elle ne le verra pas. C’est une injustice inexplicable.
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sorayabxlsorayabxl17 juillet 2017
Sur le bateau, ça sentait le mazout, le sel et la liberté.
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Videos de Evelyne Pisier (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Evelyne Pisier

Rencontres Nationales de la Librairie (1990)
Rencontres Nationales de la Librairie - juin 1990 : (fragments de la) Table Ronde & Synthèse des Rencontres Nationales de la Librairie avec notamment Eric Hardin (Le Pavé dans le Canal- USLF -Union Syndicale des Libraires de France), Françoise Prunair-Trombert (Œil de la lettre), Patrice Cahart (Le livre français at-il un avenir?), Jérôme Lindon (Editions de Minuit), Régine Deforges (Editions Régine Deforges), Claude Durand (Editions Fayard), Christian Thorel (Libraire Ombres Blanches, Toulouse), Jean-Manuel Bourgois (Groupe de la Cîté), Pierre-Antoine Dupuy (FNAC), Bertrand Poirot-Delpech (Le Monde), Evelyne Pisier (Direction du Livre), Laure Adler (Conseillère de François Mitterrand), Alain Gründ (Président du SNE (syndicat national de l'édition), Maurice Malingue (Librairie Malingue, Association des Libraires de France - ALIFRA), Pierre Torreilles (Librairie Sauramps, Montpellier), François Even (Librairie Even, Metz) Jack Lang (Ministre de la Culture), où il est question de librairies, d'office, de remise, de retour, de la "Loi Lang" et du Prix Unique du Livre, au Palais des Congrès, Porte Maillot, Paris, en juin 1990 -"Vous êtes tout si vous êtes ensemble" JL-
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