AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
Éditeur : Editions Les Escales (31/08/2017)

Note moyenne : 4.56/5 (sur 54 notes)
Résumé :
Mona Desforêt a pour elle la grâce et la jeunesse des fées. En Indochine, elle attire tous les regards. Mais entre les camps japonais, les infamies, la montée du Viet Minh, le pays brûle. Avec sa fille Lucie et son haut-fonctionnaire de mari, un maurrassien marqué par son engagement pétainiste, elle fuit en Nouvelle-Calédonie.
À Nouméa, les journées sont rythmées par la monotonie, le racisme ordinaire et les baignades dans le lagon. Lucie grandit ; Mona bovar... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
tynn
  06 octobre 2017
Tout commence par un coup de foudre d'amitié entre Caroline, jeune éditrice et Evelyne Pisier, écrivaine et politologue. Une rencontre professionnelle pour engager un travail éditorial sur un manuscrit en biographie de plusieurs décennies familiales, depuis la fin de l'Indochine jusqu'à nos jours. Un roman devait naitre du témoignage et des souvenirs...
Et brutalement, Evelyne décède, laissant Caroline en charge posthume de finaliser un travail commencé à quatre mains.
Voici un livre qui m'a happée d'emblée. C'est un objet insolite, qui met en miroir les souvenirs d'Evelyne mis en fiction, les instants de partage des deux femmes dépassant le cadre de l'édition, et le parcours personnel de Caroline, en écho de la vie de son aînée.
Et l'alchimie fonctionne parfaitement. Tout est fluide, se mêle et se complète avec de judicieuses digressions, sans qu'on puisse préférer une partie à une autre.
Il faut dire aussi que le matériau romanesque est incroyable: entre l'Indochine, Nouméa, Cuba, une mère et une fille s'émancipent d'un schéma bourgeois en participant aux enjeux majeurs de société: la fin de l'empire colonial, l'indépendance (voire la libération) de la femme, le divorce, la contraception, l'avortement, le sida, l'engagement politique.
Un parcours de rigueur et de volonté, de résistance et liberté, ainsi qu'un bel exemple de transmission de mère à fille, construit sur les douleurs de l'expérience et par une relation fusionnelle, dans ce qu'elle peut apporter de plus riche.
Magnifique. Un vrai coup de coeur!
Rentrée Littéraire 2017
Remerciements à NetGalley
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          324
tamara29
  21 octobre 2017
Je remercie Babelio et les Editions Les escales pour "Et soudain la liberté."
Quelle incroyable vie que celle d'Evelyne Pisier !
Avoir une relation avec Fidel Castro, des enfants avec Bernard Kouchner puis Olivier Duhamel. Mais, elle m'en voudrait de commencer par cela. Comme si je n'avais rien compris.
Je devrais plutôt parler de ses essais, son doctorat de droit et de sciences politiques, du fait qu'elle fut professeur émérite à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Je devrais parler de tous les pays où elle a vécu avec sa famille (via son père haut fonctionnaire), en Indochine, Nouvelle-Calédonie, Cuba, France. Je devrais surtout parler de sa vie de militante, féministe.
Elle a souhaité parler de ses premières années de sa vie par le biais d'une biographie romancée. Elle a ainsi fait la rencontre d'une jeune éditrice Caroline Laurent. Elles vont rapidement s'apprécier et devenir amies, malgré les années qui les séparent. Mais du fait de sa maladie, c'est Caroline qui a fini cette oeuvre qui mêle biographie et roman biographique.
On plonge dans ce texte, ébahis par tant d'évènements marquants, par tant de volonté et de conviction de cette femme (dont sa mère, avec tant de caractère, n'est pas étrangère) et rapidement on s'attache à elle, comme son éditrice.
Cette oeuvre oscille entre des chapitres où l'éditrice Caroline raconte leur rencontre, raconte cette amie, leur travail en amont de ce texte, et des chapitres « romancées ». Evelyne ne souhaitait pas écrire une vraie autobiographie mais avait préféré prendre des prénoms d'emprunt pour se raconter, raconter sa vie et sa famille. Evelyne deviendra Lise, sa mère Mona, sa soeur Marie-France sera un frère fictif Pierre.
Peut-être se perd-on un peu de temps en temps avec ces changements de style sans arrêt. Peut-être aurais-je préféré entendre la voix d'Evelyne, lire ses vrais mots. Mais la vie ne nous a pas offert cette chance-là puisqu'elle est décédée avant la fin de l'écriture. Et pourtant elle aurait bien méritée cela, elle si battante, si volontaire, elle qui nous montre qu'avec la foi, qu'en se battant pour ses convictions, qu'à faire entendre sa voix, même faible, on peut réussir à ouvrir quelques portes et pas des moindres. Bien entendu, c'était une superbe jeune femme blonde et elle a su en profiter. Mais c'était avant tout quelqu'un d'intelligent, positif et volontaire.
J'aurais aimé que l'histoire se déroule sur plus d'années. J'ai eu le sentiment d'un arrêt brutal, passant si rapidement sur sa vie de femme, d'épouse, de mère. Peut-être étais-je déjà conquise par ce personnage que j'aurais aimé en connaître plus encore.
J'ai regretté aussi que le prénom de sa soeur Marie-France (cette actrice avec une telle élégance) ne soit pas plus présent. Même si je sais que c'était la volonté d'Evelyne Pisier, par respect pour sa soeur (décédée en 2011) qui n'aimait pas tout ce qui était people. Pourtant le personnage de « Pierre » me perturbait (et me faisait tiquer parfois) car je savais que, dans la réalité, elle avait une soeur et non un frère.
En lisant ce livre, je ne pouvais m'empêcher de penser au précédent que je venais de refermer « L'idée ridicule de ne jamais te revoir ». Merveilleux essai de Rosa Montaro sur Marie Curie et qui tout en faisant la biographie de Curie, se raconte elle aussi, faisant des parallèles avec sa propre vie, en parlant notamment de la perte, du deuil ou encore du féminisme. Des livres comme des poupées russes mi bio, mi roman, mi autobiographie.
Caroline Laurent a réussi le pari : raconter Evelyne Pisier, nous faire ressentir sa présence, nous faire l'aimer et l'admirer.
C'est un texte qu'il faut lire pour découvrir plus en détails quelques pans d'histoire : la guerre d'Indochine où elle a été enfermée 1 an avec sa mère dans un camp de concentration japonais alors qu'elle était bébé), Cuba et Castro (étonnant de le voir sous le jour de l'amoureux) et bien-sûr, surtout, l'histoire d'une femme exceptionnelle.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          220
motspourmots
  04 septembre 2017
Il ne nous est pas donné à lire tous les jours un roman aussi joliment émouvant. Des pages qui diffusent une émotion douce, sincère, respectueuse et belle. Un livre écrit à quatre mains mais surtout deux têtes, deux âmes soeurs unies par une amitié incomparable. Une amitié fulgurante comme peut l'être l'amour parfois.
Evelyne Pisier et Caroline Laurent n'ont passé que six mois ensemble. Leur relation de travail s'est immédiatement transformée en une amitié pleine et entière, faite d'admiration et de compréhension mutuelle. Une amitié d'une telle force qu'elle a permis à Caroline Laurent de terminer d'écrire ce roman lorsque Evelyne Pisier a été vaincue par la maladie. Comme habitée par l'esprit de son amie et la volonté de la servir au mieux. le résultat est magnifique.
Il y a presque trois histoires en une. Celle d'Evelyne, celle de Mona, sa mère et celle de l'écriture de ce roman. Car Evelyne Pisier et son éditrice, Caroline Laurent ont choisi la forme romanesque plutôt que le récit pour raconter la vie de Mona (qui a tout d'une héroïne de roman) et celle d'Evelyne à travers elle. L'histoire de femmes extraordinaires à travers laquelle défile également toute l'histoire de France et notamment son passé colonial. En poste en Indochine puis en Nouvelle-Calédonie, Pierre et Mona seront les témoins et les acteurs des transformations et des changements de modes de vie d'une certaine caste "dominante" qui voit ses certitudes mises à mal par l'éveil des peuples occupés. Mona, femme amoureuse et soumise sera victime de violences abjectes lors de la guerre d'Indochine. Mais ce n'est que bien plus tard, lors de son installation en Nouvelle Calédonie que la lecture de Simone de Beauvoir fera naître son désir d'émancipation. Amant, divorce, retour en France et début d'une vie militante, notamment pour la cause des femmes, le planning familial et le droit à l'avortement. Un exemple pour Evelyne (baptisée Lucie dans le roman), même si la relation entre mère et fille est bien plus complexe, qui poussera le militantisme encore plus loin, un engagement qui la mènera jusqu'à Cuba dans les bras de Fidel Castro. Des vies de combats, des destins confrontés aux dilemmes qui jalonnent la vie des femmes entre désir et contraintes de la maternité et envie de se réaliser pleinement et librement.
Vous l'aurez compris, il n'est pas étonnant que le récit d'Evelyne ait suffisamment fasciné Caroline pour l'amener à produire ce très joli roman. Et les lecteurs ne bouderont pas leur plaisir au fil des pages qui déroulent ces trajectoires passionnantes dans un contexte historique foisonnant. Mais les plus beaux moments sont ceux au cours desquels Caroline Laurent, en cours d'écriture prend la parole pour s'adresser à Evelyne, évoquer leurs échanges récents ou convoquer son esprit pour le mêler au processus de création. Elle fait alors preuve d'une sensibilité, d'une qualité d'écoute et d'empathie qui donnent le frisson et contribuent à faire de ce livre un très beau moment de lecture.
"C'est fou. Quand on te répète en permanence qu'il y a des races et que ce sont elles qui fondent les rapports humains... Quand la religion est partout, qu'on t'élève dans l'antisémitisme, la haine des protestants, des homos, des métèques... Comment as-tu fait ? Et ta mère ? Ta mère ! Elle a grandi avec ces idées-là, elle les a partagées avec son mari... Et puis la rupture. C'est inouï. Comment avez-vous fait pour vous affranchir de tout ça ?" Evelyne me ressert un verre de vin en souriant : "C'est tout l'objet du livre, non ?"
Oui, c'est tout l'objet du livre, avec un supplément d'âme, cette petite dose de magie qui donne à l'ensemble une force, une grandeur d'âme qui le rendent remarquable. Ce qu'on appelle l'amour en somme. Et qui fait de ce livre un véritable cadeau.
Lien : http://www.motspourmots.fr/2..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          150
Bazart
  19 octobre 2017
Cinquième roman faisant partie de la sélection des Talents Cultura, « Et soudain, la liberté » trouve son originalité par sa conception : roman écrit à deux voix, Evelyne Pisier et Caroline Laurent, deux femmes qui n'auront passé que six mois ensemble.
En effet, la première étant décéde d'une grave maladie et la seconde, son éditrice devenue sa biographe, tentant de porter le message de la première en lui restant le plus fidèle possible et on rendra grâce à Caroline Laurent d'avoir porté ainsi la salutaire voix d'Evelyne Pisier.
On voit à quel point cette relation d'abord professionnelle s'est immédiatement transformée en une amitié réciproque, faite d'admiration et de compréhension mutuelle.
Ce livre qui alterne d'une part le récit d'une vie, celle de Lucie ( le nom du personnage d'Evelyne), l'histoire de ses parents, de sa mère Mona qui fut si importante et d'autre part la voix de Caroline l'éditrice du roman qui nous parle de son lien avec Lucie/'Evelyne,
Un récit doux et sensible, plein de sincérité qui se mue vite en une ne ode à la liberté, aux combats nécessaires pour acquérir les droits que toute femme se doit d'obtenir : un récit entre fiction et roman qui montre combien ces destinées sont peuplés de lutte sans merci entre désir et contraintes et désir de se réaliser pleinement et librement.
Un livre écrit à quatre mains avec une belle fluidité, par ces deux femmes unies par une amitié fulgurante qui laisse irriguer une émotion douce et sincère.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          220
Olivia-A
  07 novembre 2017
Quand j'ai découvert ce roman, j'ai ressenti une certaine urgence à le lire, sans vraiment comprendre pourquoi. Je ne l'ai d'abord pas trouvé chez mon libraire – tant pis, j'ai fait comme d'habitude, j'ai pris deux autres livres, j'ai gardé ce titre dans un coin de ma tête. Mais je n'ai pas oublié, je n'ai pas renoncé – moi qui oublie si vite d'ordinaire, prise par la liste sans fin de ma pile à lire. Je suis retournée à la librairie, je l'ai commandé. Il fallait que je l'ai, que je le lise, je le sentais. Une fois dans mes mains, il y a passé 48 heures – 48 heures à refouler mes larmes dans le métro, à l'exhiber fièrement à chaque fois qu'on demandait ce que je conseillais comme livre en ce moment, 48 heures le coeur serré, l'esprit ailleurs, le cerveau en ébullition. Ça faisait bien longtemps qu'un livre ne m'avait pas émue autant.
Je ne vais pas vous raconter l'histoire de ce roman – parce que mes petits mots à moi ne suffiront pas à rendre la beauté de ce texte, de ces aventures uniques que nous racontent Evelyne Pisier et Caroline Laurent. L'aventure d'une femme en quête de liberté, l'aventure d'une éditrice, d'une amie en quête de vérité. Evelyne a promis à sa mère d'être une femme libre, et elle le sera. Caroline a promis à Evelyne de terminer son livre, et elle le fera. le courage de ces deux femmes est admirable et m'a ému aux larmes, tout au long de ma lecture.
Il y a ce petit texte, dans le rabat de la couverture, parfaite description du livre, de son message et de sa morale : « Evelyne a fêté ses soixante-quinze ans quelques semaines après notre rencontre. Elle avait choisi d'aimer ses rides, ses cheveux blancs, ses nombreux petits-enfants – la vie. Mona, elle, s'était donné la mort à la veille de ses soixante-six ans. « Ce qu'il faudrait, c'est montrer dans le roman comment vous vous êtes construites l'une l'autre, mais aussi déconstruites, peut-être. » On pourrait résumer les choses d'une phrase : Evelyne Pisier n'était pas devenue Evelyne Pisier par hasard. Sa mère était à la fois un modèle et un contre-modèle, une alliée et un contradicteur, une confidente et une femme de secrets – un grand chaos d'ombre et de lumière. » Une révélation, le début pour moi d'une découverte littéraire sans pareille, où, étrangement, j'ai eu l'impression que les auteures me comprenaient, encore plus que je ne les comprenais, elles, à travers leur témoignage romancé, romanesque et romantique. Caroline Laurent parlait à mon rêve avorté de devenir éditrice, Evelyne Pisier à l'enfant portant encore le fardeau familial. Elles ont trouvé, sans le savoir sans doute, les mots justes pour me toucher en plein coeur.
La colonisation – Indochine, Nouvelle-Calédonie, les camps, la guerre, la collaboration française dans l'extermination des Juifs, puis la libération des femmes, l'avortement clandestin, le combat pour la contraception, puis le communisme, l'instruction des femmes, la libération sexuelle, Cuba et Fidel Castro… Une vie mêlée à l'Histoire, la grande histoire, une vie engagée, admirable et tragique parfois. Comment peut-on vivre et survivre à tout ça? Comment a-t-on peu oublier aujourd'hui, qu'il y a 80 ans à peine, les femmes étaient asservies à ce point? Que la politique portait tant d'espoirs? Que notre monde semblait pouvoir basculer d'une minute à l'autre dans une autre guerre atroce?
Il a dû être tellement difficile de marcher dans les pas d'une femme aussi admirable, après son décès. Il faut du courage pour prendre la plume, et continuer à écrire, malgré la perte, la peur de ne pas être à la hauteur de l'hommage qu'on veut donner, malgré l'absence. Caroline Laurent nous parle aussi de son histoire, des parallèles avec celle d'Evelyne Pisier, ces fragments de vies qui les rejoignaient, au-delà des âges, qui les ont rapprochées, irrémédiablement. Elle nous parle du deuil aussi, de la difficulté à continuer, de l'incompréhension des autres mais de sa détermination à honorer sa promesse. Ici, je n'aurais qu'un mot pour Caroline Laurent : « Merci ». Merci d'avoir fini le livre, merci de nous l'avoir offert, merci d'avoir permis qu'il m'arrive entre les mains.
Lien : https://theunamedbookshelf.c..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90

critiques presse (3)
LeFigaro   25 octobre 2017
Cette éditrice parisienne a achevé d'écrire le roman autobiographique d'Évelyne Pisier, décédée brutalement. C'est l'une des révélations de la rentrée littéraire.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Culturebox   08 septembre 2017
Une fois ce livre achevé, on le repose délicatement, comme on le ferait avec un breuvage fort et apaisant.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LePoint   04 septembre 2017
Évelyne Pisier a été l'amante du Líder Máximo dans les années 1960. Un roman vrai écrit avec son éditrice, Caroline Laurent, raconte sa vie flamboyante.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (27) Voir plus Ajouter une citation
nathalie02nathalie02   19 novembre 2017
"Finis les uniformes, et merci pour le droit au pantalon !" 1956. Les filles s'affranchissent doucement.
J'ai été stupéfaite d'apprendre que la loi de 1800 interdissant "le travestissement des femmes" ,n'a été abrogée qu'en 2013. "Toute femme désirant s'habiller en homme, disposait l'article, doit se présenter à la préfecture de police pour en obtenir l'autorisation." Seules exceptions à la règle, la femme qui "tient par la main un guidon de bicyclette ou les rênes d'un cheval".
J'ai toujours porté des pantalons. J'ai toujours connu ma mère en pantalon. Les filles de ma génération peuvent-elle imaginer un monde où le "travestissement des femmes" était considéré comme un délit ?
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
nathalie02nathalie02   19 novembre 2017
Elle se teignait les cheveux depuis son mariage, avait essayé des nuances plus claires, blond cendré, blond doré, mais un coup d'oeil suffisait à percer la supercherie. andré se méfiait des brunes, ces aventurières érotiques ; il s'était d'ailleurs méfié d'elle. "Mademoiselle, lui avait-il déclaré ce soir éternel de novembre, vous êtes plus ravissante qu'une gravure de mode. Mais les hommes peuvent-ils se fier à vous ?" le jour de leurs fiançailles, elle lui avait promis de devenir blonde ; il y avait vu une marque d'obéissance naturelle.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
nathalie02nathalie02   19 novembre 2017
Ma mère s'inquiète pour moi. je ne dors plus, ou mal, pas assez en tout cas. Je mange n'importe quoi. Dès que je quitte le travail, je n'ai qu'une obsession : finir le livre. Cela donne des menus auxquels je n'aurais jamais touché en temps normal : Redbull-camembert ; café serré plus café allongé ; brocolis. J'en viens presque à comprendre les écrivains à bouteille. Tenir ou s'étourdir, c'est un peu la même chose. Atteindre cet état second au-delà de la fatigue quand le manuscrit s'étire devant vous comme un ruban sans fin.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
nathalie02nathalie02   19 novembre 2017
A l'ombre d'un cocotier, face à l'eau bleue de l'Anse Vata, elle commença la lecture. Les phrases étaient denses, théoriques, d'une intellignece inouïe. Inventer la femme. En finir avec la vision dominatrice des hommes. Mona ne comprenait pas tout mais était fascinée. Les phrases appelaient les phrases, vertige des idées. Pendant trois jors, elle revint à l'Anse Vata. Elle ne fit que ça. Lire. Au quatrième jour, tandis qu'elle achevait sa lecture, elle sut. La voix de Simone de Beauvoir avait allumé ces feux en elle.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
nathalie02nathalie02   19 novembre 2017
Lucie tremblait. Elle ne savait vers qui se tourner. A qui donner son soutien, sa fidélité ? Ce fut Tibaï [Nounou] qui brisa le silence. Elle redressa le menton et avança vers André avec un sourire nerveux. Il se produisit l'impensable. Elle cracha sur ses belles chaussures. Ce fut bref, irréel, incontestable : elle avait craché sur les chaussures de son père. Mon Dieu, il va la tuer - Lucie arrêta de respirer. André jura mais fut coupé par la voix claire de la servante : "Mon nom est Yên." Elle tourna les talons.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
Videos de Evelyne Pisier (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Evelyne Pisier
Caroline Laurent (et Évelyne Pisier) - Et soudain, la liberté
autres livres classés : féminismeVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Les écrivains et le suicide

En 1941, cette immense écrivaine, pensant devenir folle, va se jeter dans une rivière les poches pleine de pierres. Avant de mourir, elle écrit à son mari une lettre où elle dit prendre la meilleure décision qui soit.

Virginia Woolf
Marguerite Duras
Sylvia Plath
Victoria Ocampo

8 questions
445 lecteurs ont répondu
Thèmes : suicide , biographie , littératureCréer un quiz sur ce livre
. .