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EAN : 9782246341918
235 pages
Grasset (07/01/1992)
3/5   48 notes
Résumé :

Au collège de Nouméa, Théa Forestier n'est pas une élève comme les autres. Elle a quinze ans à peine. Mais sous sa robe à smocks, son visage lisse et sa frange bien nette se cache un petit carnassier cruel. Son frère et elle s'aiment à la vie, à la mort. Avec Isabelle Demur, sa meilleure amie, elles veulent tout partager. Tout, tout de suite. Ivre de sensations nouvelles, elle joue la passion, la haine, la souffrance, la peur, le plaisir.
Elle hu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Milllie
  20 mars 2022
Nouméa, Nouvelle Calédonie 1957. Théa, la fille du vice-gouverneur d' île, vit une adolescence privilégiée en compagnie de sa meilleure amie Isabelle et de son jeune frère. Mais les choses sont en train de changer : alors que l'île doit abandonner son statut de colonie pour devenir un simple territoire d'outre-mer, le monde de Théa semble se fissurer : Isabelle lui cache son prochain retour en métropole, sa mère s'échappe pour de mystérieuses escapades sur la plage et les colères de son père deviennent de plus en plus violentes...
J'ai d'abord eu du mal à entrer dans ce roman qui nous plonge dans une histoire dont on a du mal à comprendre les tenants et la direction. Aucune présentation des personnages, peu d'explications et la 4e de couverture correspond assez peu au contenu du roman. Comme en plus l'écriture est assez datée, surjouant la sensualité des tropiques et insistant beaucoup sur la découverte de la sexualité par les adolescentes, la moindre scène semblant pleine de sous-entendus, je me suis demandée où tout ça allait nous mener. Heureusement il restait la description de la Nouméa des années 50 (qui semble finalement avoir assez peu changé) et une peinture assez fine de ce monde colonial confronté à un changement inéluctable. Et puis, peu à peu, les liens entre les personnages se sont clarifiés, je me suis habituée au style un peu ampoulé et grandiloquent de l'auteure, et j'ai apprécié cette tranche de vie toute simple d'une adolescente confrontée à des changements qui vont mettre en péril son petit monde.
L'habileté du roman est de nous faire découvrir la ville et les situations par les yeux de Théa, adolescente qui au début du livre semble vraiment "bébé", la faute sans doute au milieu ultra-privilégié dans lequel elle baigne et qui la surprotège. Pour le lecteur, cela donne un contraste intéressant car il faut deviner ce qui se passe réellement derrière les événements qu'elle observe sans les comprendre vraiment, que ce soit la révolte naissante des Kanaks, les grèves à l'usine de nickel ou la liaison que sa mère rêve d'entretenir avec le médecin de la colonie et les ragots que cela va provoquer. Ce fond historique associé au plaisir de se balader dans les rues de Nouméa et d'en redécouvrir les paysages à travers les descriptions vivantes de l'auteure m'ont permis de finalement passer un plutôt bon moment. Pour le reste, mon avis est plus mitigé : la relation entre adolescentes est ultra-classique entre rivalité, amour-amitié et jalousie, les comportements loufoques des parents et les colères du père auraient mérité plus d'explications pour qu'on les comprenne vraiment (si ce n'est un mariage qui s'effondre et sans doute l'ennui de la vie coloniale loin de tout... mais ceci n'est pas réellement explicité).
Au final, une fois ma lecture terminée, ce roman dégage finalement un petit charme un peu suranné et doux amer qui colle bien avec son ambiance de fin d'une époque même si les choses n'ont finalement pas tant changé depuis 50 ans ! A découvrir pour ceux qui s'intéressent à la Nouvelle Calédonie, pour les autres je suis plus mitigée.
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nilebeh
  02 mars 2018
Théa vit avec sa mère, la belle Marie Forestier, son père, Charles, vice-gouverneur de Nouvelle-Calédonie et son frère Benoît à Nouméa. Elle partage son temps entre le collège, la famille qui vit la vie des colons et « expats », hauts-fonctionnaires en milieu doré servis par les autochtones. Sa meilleure amie, Isabelle, partage avec elle des moments inoubliables de complicité. Elle, sa soeur, sa confidente, sa pareille. Avec qui elle découvre les premiers émois.
Ce roman, en grande partie autobiographique aborde les thèmes de l'adolescence et des amitiés-amours juvéniles, le passage vers l'âge adulte dans un milieu apparemment très protégé mais dont il n'est pas facile de s'extraire des codes de bienséance ni du caractère étriqué de la vie en vase clos, entre mondanités, enjeux de carrière, réputations à sauvegarder, faux-semblants et ragots.
Sa mère, Marie, manifestement s'ennuie et cherche un peu de piquant dans une relation secrète avec le Dr Royan. Pour le séduire, elle galope tous les matins, très tôt, sur la plage. Paysages de carte postale, végétation tropicale, soleil enchanteur ne font pas oublier les souffrances des mineurs dans la mine de nickel, cette pierre d'un vert profond qui rendra les aciers inoxydables. Charles s'applique à calmer les tentatives de grève, le père d'Isabelle est sur le point de quitter honteusement l'archipel, muté d'office suite à des transactions frauduleuses sur les CFA. le docteur tente d'échapper aux provocations de Marie, Isabelle cache à Théa son départ imminent, sa mère se terre au fond de sa belle propriété : secrets, gêne, honte, malaise, la vie n'est finalement pas si rose chez les diplomates servis par l'indigène aux frais du contribuable ! Pour autant, on n'a pas forcément envie de pleurnicher sur leur sort.
Quant aux indigènes, ils apparaissent sous les traits de danseurs sauvages terrifiques, entre servilité et agressivité. le Ministre de la France d'Outre-mer est attendu, alors tout doit être nickel ! Il faut calmer les Canaques qui commencent à réclamer leur part du gâteau et la revalorisation de leurs droits, voire l'autonomie. Alors, on a trouvé : l'archipel de la Nouvelle-Calédonie ne sera plus une colonie mais un Territoire d'Outre-Mer (TOM), le gouverneur cessera d'être gouverneur pour devenir un Haut-Commissaire. Voilà qui change tout !
Alors, pour jouir jusqu'au dernier jour de ce beau titre, on va organiser « le bal du Gouverneur », cela a tout de même une autre classe que celui du Haut-Commissaire ! Dorures, cristaux, jolies robes froufroutantes sur un air de paso-doble et champagne et buffet venus à grands frais de métropole, place à la danse !
Marie-France Pisier , dans une postface, indique que ce roman n'est pas autobiographique mais qu'elle a tenté de restituer des images et des sensations de son enfance. Elle a passé, entre l'âge de six et douze ans, une partie de sa jeunesse en Nouvelle-Calédonie. On peut supposer que le personnage de Théa, quoique un peu plus âgé, lui ressemble. le roman a été écrit en 1984, alors que le mouvement canaque prenait forme. L'auteure effleure le sujet par la voix de certains indigènes qui réclament le vin supprimé par le gouverneur lors de la visite du ministre : « Le vin, on s'en fout ! Dans dix ans, c'est le sang des Blancs qu'on boira ! » Et au sujet des bagnards : « Ils prennent le travail des autres. Ils volent, ils font peur. »
Entre carte postale et poudrière, la Nouvelle-Calédonie des années 80...
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mfrance
  04 novembre 2021
"Nouvelle Calédonie, petite île du Pacifique
Toi la perle des Tropiques,
Petite île où j'ai connu l'Amourrrrrrrrrrr..."
c'est sur cette ritournelle que les trois jouvencelles pédalent joyeusement sur les chemins de cette île où elles coulent des jours légers, légers et heureux de la vie coloniale, où si certains s'épuisent dans les mines de nickel, d'autres mènent agréable vie sous le soleil des Tropiques.
Dans cette île paradisiaque, les colons vivent dans des villas de rêve, se pavanent sur les plages, tandis que les autochtones survivent dans des bidonvilles.
Ah, que la vie est douce pour les colons, enfin avec quelques petites anicroches. Il en faut tout de même bien, sinon la vie serait trop facile !
Ceci se passe juste avant la décolonisation. La Nouvelle-Calédonie ne sera plus une colonie, mais un simple territoire d'outre-mer, ce qui n'a pas la même gueule !
Et vous vous rendez compte ? Il n'y aura plus de gouverneur en Nouvelle-Calédonie, simplement un haut-commissaire !
Aussi il faut absolument que le dernier bal du gouverneur soit le plus fastueux de tous !
C'est l'époque des premières amours pour les adolescents et de la déconvenue pour les adultes.
Et cette époque, Marie-France Pisier qui l'a vécue, en restitue le suc, avec intelligence, d'une plume acide, pleine d'humour, en démontrant un véritable talent de conteuse qu'elle aurait sans doute pu développer beaucoup plus qu'elle ne l'a fait !
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Marti94
  09 septembre 2021
Début de lecture un peu difficile malgré ma motivation pour lire "Le bal du gouverneur" de Marie-France Pisier, roman trouvé dans une boite à livre. L'ambiance coloniale à Nouméa a commencé par me déplaire et puis je suis entrée dans l'histoire de Théa Forestier, jeune fille qui raconte son adolescence en 1957 en Nouvelle-Calédonie sur fond de décolonisation en perspective.
J'ai aimé son tempérament et surtout l'ambiance Durassienne du bal du gouverneur où se croisent le mari diplomate Charles Forestier et l'amant de Marie, la mère de Théa, le docteur Michel Royan. Il y a aussi une relation forte avec son frère comme chez Duras en Indochine et son amitié pour Isabelle pour qui elle va tenter d'interrompre le départ en bateau. Il y a aussi les dockers en grève et bien-sur la mer.
Il faut dire que j'aimais beaucoup Marie-France Pisier de son vivant, l'actrice égérie du cinéma d'auteurs, la réalisatrice et la femme engagée. Je l'apprécie encore plus depuis que j'ai lu "La familia grande" de Camille Kouchner dont elle était la tante. C'est la seule personne de la famille qui a réagi face au scandale de l'inceste et qui l'a condamné. Je trouve que son suicide est assez bouleversant parce qu'elle avait de grandes qualités artistiques dont celle de romancière.
D'ailleurs, son personnage de théa qui a du caractère lui ressemble puisque elle s'est sans doute inspirée de son enfance en Nouvelle-Calédonie pour écrire ce premier roman.

Challenge XXème siècle 2021
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luis1952
  23 décembre 2012
Beaucoup de fraicheur d'écriture dans ce roman. Nous sommes à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie : un vrai dépaysement; L'océan, les plages, le soleil, les colons et de bien sympathiques adolescentes telles que Théa , Isabelle et Marie. Des moments d'incertitude, de déchainement, d'hystérie parfois impudiques.
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
luis1952luis1952   21 décembre 2012
Mes doigts de pieds engourdis, en se soulevant tracent dans le sable, que le soleil a séché des sillons. Je me lève et sort à tatons de ma cachette et marche droit vers la mer. Mes pieds nus descendent dans le lit déclive, humide qu'elle creuse en reculant vers le soleil. J'entre dans le mer et l'ouvre brutalement jusqu'au genoux. Elle bondit entre mes orteils.Je ne bouge plus et puis je reprends mon souffle et je crie, poing levé vers le paquebot. De trois longs coups de sirène. Il annonce son entrée dans le rade du port .
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luis1952luis1952   23 décembre 2012
Théa écarte les branche d'un buisson et observe dans la clairière Isabelle, sa fidèle amie, renversée près d'un tronc d'arbre. Une jambe croisée, haut sur l'autre remonte sa jupe sur ses cuisses fluettes et dévoile un bout de slip fleuri. Son chemisier sage, palpite sur ses seins tendus. Un bouton s'est défait.
Il y a un long moment et puis Théa bondit dans la clairière vers Isabelle qui alors entoure ses jambes de ses bras, elle mouille ses orteils nus de ses larmes.
"Oh! la! la! "rit Théa en se dégageant. On dirait Marie-Madeleine.
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luis1952luis1952   27 décembre 2012
Dans les vestiaires du lycée Bougainville, l'excitation est à son comble. Penchées sur leurs sandalettes et leurs ballerines, c'est selon, les élèves de la classe de Théa se déchaussent toutes et sont orteils à l'air. Elles ont décider de célébrer l'approche des vacances à leur façon : il s'agit de ridiculiser l'institutrice avec ses épaisses chaussettes blanches qu'elle porte à longueur d'année, roulées haut sur ses chevilles, malgré la chaleur.
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Marti94Marti94   09 septembre 2021
Elle se retourne, brusque, vers les palétuviers, sans me voir, et m’offre, un bref instant, son visage dévoilé. Et puis plus rien. Dans ses yeux clairs, en une seconde, rien qu’un bref agacement.
C’est fini. J’ai perdu. Demain peut être. Demain. Demain ou un autre jour, je comprendrai. Je saurai pourquoi elle s’échappe chaque matin, pourquoi si tôt, pourquoi elle évite d’en parler.
Pourquoi elle a murmuré une fois, il y a si longtemps, chut. Théa, mon enfant chéri, ma petite fille, chut, c’est un secret.
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Marti94Marti94   09 septembre 2021
Marie sent contre sa poitrine le corps alourdi de sommeil de sa longue petite fille.
Il lui faut alors la coucher, reprendre souffle, elle est si lourde, la border et sortir en oubliant de la regarder dormir.
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