AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2203088958
Éditeur : Casterman (02/04/2014)

Note moyenne : 3.65/5 (sur 43 notes)
Résumé :
Avec son nouveau roman, François Place nous fait voyager dans les terres australes au XVIIIe siècle. Un récit magistral teinté de fantastique, dans l?esprit des plus grands récits d?aventure.
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (23) Voir plus Ajouter une critique
Renatan
18 avril 2016
Quelque part dans l'estuaire du rio de la Plata, au XVIIIe siècle...

Angel, l'Indien blanc, est né là où les paysages sauvages de la pampa s'étendent à des kilomètres à la ronde. Avant sa naissance, sa mère, Française, avait été engagée pour enseigner la musique aux enfants de Don Alonzo, un riche propriétaire. Jusqu'au jour où elle se fit enlever par des Indiens. Esclave battue et méprisée par eux, elle mit au monde Angel neuf mois plus tard, faisant de lui un Indien de sang-mêlé. Après un combat mené par une troupe de soldats armés jusqu'aux dents, il ne la revit plus jamais. Mais de son enfance indienne dans le désert du Sud, il garda d'elle ce qu'il y a de plus précieux : le courage et la volonté de rester en vie, la confiance, la force de se battre et le pouvoir de la réflexion.

« Je me remettais en marche, en me raccrochant à la seule pensée de ma mère. Tout ce qu'il y a de bon et de beau, c'est elle qui m'en avait donné le goût. Je me réfugiais dans son souvenir. Je la revoyais, entre mes paupières mi-closes, ramper jusqu'à moi comme elle le faisait, chaque nuit pour me serrer dans ses bras. Personne ne pourrait jamais me voler ces moments-là, personne ne pourrait me voler la tendresse de sa voix, ni les contes qu'elle nous inventait soir après soir. »

Un jour il est vendu comme esclave à un marchand de Buenos Aires quand il saisit l'occasion de fuir clandestinement à bord d'un trois-mâts, le Neptune.

« Et là-haut, c'était beau, tout simplement : la mer à perte de vue, sous un ciel sans limites. Parfois l'horizon pris de vertige se mettait à danser, les vagues se hérissaient de crêtes d'écume, toute la mâture penchait, plongeait, s'envolait, l'estomac se prenait de spasmes, il fallait se cramponner davantage. »

Il jetait l'ancre vers le grand Sud de la Terre australe. C'est dans ce paysage d'aurores polaires qu'Angel vivra auprès des Woanoas, des monstres à deux bouches. Et que nous, lecteurs, nous serons transportés par la magie de son aventure auprès des Indiens Plumes-Grises. Il apprendra à se battre en duel, ce qui lui vaudra quelques côtes cassées mais le respect des siens. Il se mesurera aux baleines-léopards, aux loutres des neiges et aux « gens-de-l'eau », naviguera à travers les icebergs, apprendra à chasser au harpon – une occasion pour l'auteur de nous rappeler le rôle de l'Homme chassant pour sa survie.

« La chasse est la grande affaire des hommes, mais tout ce qui relève de son utilisation voit le premier rôle leur échapper. »

Jusqu'au jour où il s'élancera dans le vide… saura-t-il voler de ses propres ailes, digne du « saut de l'ange » dont il héritera le prénom?

Quel bonheur d'avoir partagé cette lecture jeunesse avec mon ti Tom Tom ! Depuis qu'il est tout petit les histoires d'Indiens l'ont toujours fasciné. Je me demande parfois si plus tard il gardera encore l'envie de se souvenir de nos ancêtres. Je l'espère vraiment, nos racines font de nous ce que nous sommes aujourd'hui, d'aussi loin qu'elles viennent. Angel pourrait vous dire à quel point celles de sa mère l'auront suivi à chaque souffle de sa vie depuis sa mort. Parce que l'héritage d'amour est le plus fort…

D'esclave, matelot malmené à otage étranger, Angel a suivi la plus belle des quêtes, celle de la liberté. Une fois que nous l'atteignons, fort d'avoir su apprivoiser le quotidien, voulons-nous seulement en revenir?

« Alors, Angel, qu'en dites-vous? C'est un bon point de départ, non?
-Je ne vois pas de quoi vous parlez.
-Mais ces îles. Si on parvient à s'emparer d'une pirogue…
-Mais qui vous dit que je veux repartir?
-Vous délirez, mon pauvre Angel! le succès vous est monté à la tête! Réfléchissez! Vous n'êtes pas fait pour ce monde!
-Qu'est-ce qui vous fait croire que je lui préfère le vôtre? »

**********************

Heureuse coïncidence, aujourd'hui les Indiens Métis du Canada viennent de se faire offrir par la Cour suprême du Canada une pleine reconnaissance de leur statut d'« Indien » - englobant tous les peuples autochtones canadiens y compris les Indiens non inscrits et les Métis. Ils attendaient ce moment depuis des décennies.
Lien : http://www.lamarreedesmots.c..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
LoupAlunettes
24 avril 2014
«  Corvadoro s'effaça brusquement devant moi en plongeant le buste. Je ne l'avais jamais vu faire ce geste.
« Cela s'appelle une révérence..Ne vous méprenez pas, Angel, ce n'est pas devant vous que je m'incline, c'est devant votre destin ! » »
Le riche boiteux savait bien de quoi il parle.
Détenu contre son gré avec l'adolescent depuis des jours par un peuple d'indigènes dans l'Antarctique, l'explorateur eut le temps de constater que ce jeune métis devait manifestement sa survie à quelques protections, d'autres anges gardiens plus célestes.
Anges de sa culture blanche, anges de sa culture indienne, qui peut dire ceux qui choisirent de le reconnaître ?
Angel est un oiseau singulier, d'exception.
Élevé seul par sa mère chez les indiens du continent américain, ceux qui la ravirent à son peuple, Angel finit par saisir sa liberté à l'arraché, sauver sa peau de plumes bigarrées .
Engagé par la force des événements sur un bateau vers les terres d'Antarctique, Angel fait la connaissance de ses « frères » des sols de glaces, les « Woatoa », des indiens à deux bouches.
Si les hommes des terres civilisées le jetèrent d'un bateau,
ces guerriers à plumes grises le firent basculer d'un glacier, le jeune métis apprit à agiter les bras pour nager en eaux troubles, pour un peu le jeune héros pourrait voler comme un vrai phénix.
Oui, le monde s'incline devant l'incroyable destin d'Angel l'indien blanc.

: C'est le retour de notre maître des terres imaginaires, de la poésie du voyage, du souffle de l'aventure au bout du monde, j'ai nommé François Place !
Le cap est donné cette fois vers le pôle Sud de notre belle planète et l'auteur y place- dans les deux sens du terme- sa magie, son intrigue.
Il brosse le destin d'un jeune garçon qui est à la croisée des civilisations, des cultures, qui ne trouve sa place- pas de jeu de mot!- nulle part et va se battre pour la gagner.
Avec courage et ténacité, investi de l'éducation et l'amour de sa mère comme d'une boussole, il va survire à l'enfer des hommes et leur brutalité, il est jeté dans la vie et se relèvera à chaque fois comme un jeune phénix. Au fil du récit, il change, se durcit, prend de l'aplomb et affiche, non pas sa différence mais le droit d'être, face à ceux qui le bouscule.
Il réside néanmoins des hommes de bonne volonté, de coeur, Angel prouve sa valeur sur le bateau « Neptune » en tant que marin, met à profit sa formation d'indien et se rend indispensable.
Accompagnant un riche explorateur, un savant, un artiste naturaliste et quelques hommes d'équipage, Angel débarque en terres inconnues et s'aventure dans un brouillard peuplé d'une faune aquatique cornée redoutable. Les habitants de ces contrées gelées ne le se seront pas moins, pourtant, Angel adoptera les rites et coutumes, et se montrera leur égal, luttant sur leur terrain.
Il gagnera d'ailleurs leur respect, il sera celui qui survit au saut de l'ange, celui qui rivalise avec le peuple de l'eau.
François Place prouve de nouveau un vrai talent pour raconter les histoires et donner le goût de l'aventure. Nous pourrions fermer les yeux, nous laisser porter par les images décrites, par le récit porté par une voix. Nous sommes dans la peau d'explorateurs qui entrons dans la découverte d'autres civilisations, avec les suppositions à partir de ce que nous connaissons, l'excitation à l 'appréhension de nouvelles richesses du monde, des similitudes et disparités des us et coutumes.
C'est fascinant.
Une belle histoire d'horizon qui donne envie de lever la voile au fil des pages, prendre le harpon.
Un récit également sur la différence et sur le courage.
L'histoire s'écrit au fur et à mesure que l'on écrit son destin.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
orbe
06 avril 2014
Né d'une mère blanche et d'un indien, Angel s'enfuit au bord d'un bateau afin de fuire sa condition d'esclave. le trois-mâts a pour projet d'explorer la côte antarctique. Séparé de l'équipage, Angel et un savant vont partager pendant de longs mois la vie quotidienne d'une peuplade primitive tout en cherchant un moyen de rejoindre l'équipage. Une épopée fondatrice et dangereuse...
Un récit qui nous amène vers les limites du monde, là où la place de l'homme est plus que jamais mis en balance avec les forces de la nature. Plusieurs visions s'offrent au lecteur : celle du savant qui cherche des explications, celle du jeune garçon qui a un rapport plus immédiat avec son milieu et celle de la poésie qu'apporte le langage avec "les gens-de-l'eau", les "Jours blancs" ou encore la "fleur des mers" et les baleines tueueses.... Laissons nous porter...

Lien : http://cdilumiere.over-blog...
Commenter  J’apprécie          210
Nadael
30 avril 2014
Dès les premières lignes du roman, Angel l'indien blanc lève le voile sur l'origine de son nom. Nous sommes au XVIII ème siècle. Avant qu'il vienne au monde, sa mère, une française, traverse les Pyrénées pour entrer au service d'une famille aisée espagnole qui migre rapidement en Amérique. Là, la jeune femme se fait enlever par une tribu indienne, et devient une esclave. Violée, elle donnera naissance à un garçon. Un jour, les soldats américains découvre la tribu et l'abat sur le champ. le teint clair d'Angel le sauvera de la barbarie... mais sa vie ne sera pas plus douce. Vendu à un marchand de Buenos Aires, l'enfant est brutalisé et humilié. Un des jeux favoris du méchant homme est de jeter Angel dans l'eau pour montrer au gens de passage que les indiens ne savent pas nager...
Les années passent et voilà qu'Angel voit entrer dans la baie de Buenos Aires le Neptune, majestueux vaisseau aux gigantesques voiles blanches, le jeune homme y voit son salut, sa liberté. Il monte clandestinement à bord et part ainsi pour Le Grand Sud, en Terres Australes.
Découvert par le capitaine qui le gardera comme matelot, Angel entame un voyage époustouflant, qui le changera à jamais. Avec ses compagnons de voyage, matelots et érudits scientifiques, il lui faudra lutter contre le froid et combattre les tempêtes, naviguer dans des eaux troubles et dangereuses, chasser et sauver sa peau. Il sera fait prisonnier par les Woanoas, le peuple des hommes à deux bouches... La vie à leur côté ouvrira des portes insoupçonnées à Angel, le bien nommé.
François Place est un conteur merveilleux. Dans ce roman, nous embarquons littéralement avec Angel sur le Neptune pour un voyage étonnant aux confins des Terres australes. Nous suivons ses aventures trépidantes et extraordinaires dans des paysages étonnants, au contact d'habitants presqu'irréels. Car la frontière entre la réalité et le fantastique est mince et l'imaginaire si grand.
Lien : http://lesmotsdelafin.wordpr..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          122
Apikrus
12 avril 2014
La mère d'Angel est d'origine espagnole, tandis que son père appartient aux populations du Nouveau Monde. Ces origines et des événements malheureux placent Angel dans la catégorie des parias de la société, ceux qui doivent obéir aux ordres, aussi stupides fussent-ils. Saura-t-il profiter des talents que la nature lui a donnés ou que le hasard lui a permis d'acquérir ?
Ce roman est à la fois un récit de voyage et un roman initiatique. L'intrigue est riche en événements et surprises, sans temps mort, dans un style agréable. Si j'ai apprécié l'effort d'imagination de l'auteur, avec des lieux et des êtres imaginaires, je regrette en revanche qu'il ait aussi intégré dans son récit une dimension surnaturelle qui nuit à sa crédibilité. Il faut dire que cet ouvrage est d'abord destiné à un public adolescent, lequel ne partagera probablement pas ma réserve et saura l'apprécier.
Un bon roman mêlant fantastique et aventure au temps des grandes explorations européennes sur le reste du globe.
Commenter  J’apprécie          60

Les critiques presse (1)
HistoiresSansFin16 septembre 2014
Un récit épique et poétique dans la veine de Jack London, qui ravira tout les aventuriers et aventurières. Allez embarquez sur le Neptune et rêvez !
Lire la critique sur le site : HistoiresSansFin
Citations & extraits (5) Ajouter une citation
NadaelNadael30 avril 2014
« En Amérique vous étiez un esclave ; sur Le Neptune, simple matelot, un va-nu-pieds ; ici il y a deux mois, un étranger sur le point de mourir de froid ; il y a six jours, un meurtrier, frappé de tabou ; il y a trois jours, un condamné au sacrifice. Or, mon cher Angel, il faut bien vous rendre à cette évidence que, depuis votre retour du pays des gens-de-l'eau, tout a changé : vous n'êtes plus rien de tout cela. On peut dire que vous vous êtes débarrassé de ces dépouilles, de ces fripes qui nous cachaient votre vérité profonde. Les Woanas vous appellent « L'Homme-oiseau ». Mais savez-vous comment nous appelons, chez moi, à Venise, les êtres de forme humaine descendant du ciel ? (…) Un ange ! Comme quoi le nom qu'on vous a donné ne vous va pas si mal. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
NadaelNadael30 avril 2014
« Un vaisseau est un garde-temps. Toutes les demi-heures, dans la timonerie, on retourne le sablier : l'ampoule pleine bascule au-dessus de l'ampoule vide qui passe au-dessous dans le même mouvement de rotation. Le sable tombe aussitôt, et recompte, grain à grain le temps qui s'écoule. Au bout d'une demi-heure le plein et le vide sont inversés, il faut recommencer, car ce temps-là ne doit jamais s'arrêter. Peu importe si le vaisseau s'envole sous les alizés ou s'éreinte à traverser les tempêtes, il emporte avec lui ce temps du sable impavide, un temps détaché de la course des étoiles et du soleil. »
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
orbeorbe06 avril 2014
les mœurs et les coutumes, qui sont les vêtements de nos vies, sont bien différents d'un endroit à l'autre. Ici, on porte des masques, là, des plumes dans les cheveux, ailleurs on se perce le nez ou les oreilles... L'homme est en lui-même assez divers pour nous réserver bien des surprises (...)
Commenter  J’apprécie          80
MissbouquinMissbouquin13 mai 2014
"C’est un pays compliqué, vous ne trouvez pas ? Il vaut mieux avoir le sang chaud si on ne veut pas y crever de froid, mais il vaut mieux garder la tête froide si on veut éviter l’échauffement du cerveau : car c’est tout ce qu’on gagnerait à trop écouter ses mystères."
Commenter  J’apprécie          40
RhlRhl14 janvier 2015
Elle refusait de se croire vaincue. Elle gardait le chant de sa langue, elle me le faisait aimer. Même ici, loin de tout, j'étais entourée de sa confiance.
Commenter  J’apprécie          10
Videos de François Place (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François Place
Pour clore ce mois anniversaire, nous vous proposons de découvrir la vidéo captivante de François Place à l'?uvre dans la réalisation d'une aquarelle. Un immense merci à François Place de nous avoir ouvert avec tant de générosité les portes de son atelier pour fêter les 20 ans de "L? Atlas des géographes d'Orbæ" !
autres livres classés : antarctiqueVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle