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ISBN : 2203088958
Éditeur : Casterman (02/04/2014)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 44 notes)
Résumé :
Avec son nouveau roman, François Place nous fait voyager dans les terres australes au XVIIIe siècle. Un récit magistral teinté de fantastique, dans l?esprit des plus grands récits d?aventure.
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
Renatan
  18 avril 2016
Quelque part dans l'estuaire du rio de la Plata, au XVIIIe siècle...

Angel, l'Indien blanc, est né là où les paysages sauvages de la pampa s'étendent à des kilomètres à la ronde. Avant sa naissance, sa mère, Française, avait été engagée pour enseigner la musique aux enfants de Don Alonzo, un riche propriétaire. Jusqu'au jour où elle se fit enlever par des Indiens. Esclave battue et méprisée par eux, elle mit au monde Angel neuf mois plus tard, faisant de lui un Indien de sang-mêlé. Après un combat mené par une troupe de soldats armés jusqu'aux dents, il ne la revit plus jamais. Mais de son enfance indienne dans le désert du Sud, il garda d'elle ce qu'il y a de plus précieux : le courage et la volonté de rester en vie, la confiance, la force de se battre et le pouvoir de la réflexion.

« Je me remettais en marche, en me raccrochant à la seule pensée de ma mère. Tout ce qu'il y a de bon et de beau, c'est elle qui m'en avait donné le goût. Je me réfugiais dans son souvenir. Je la revoyais, entre mes paupières mi-closes, ramper jusqu'à moi comme elle le faisait, chaque nuit pour me serrer dans ses bras. Personne ne pourrait jamais me voler ces moments-là, personne ne pourrait me voler la tendresse de sa voix, ni les contes qu'elle nous inventait soir après soir. »

Un jour il est vendu comme esclave à un marchand de Buenos Aires quand il saisit l'occasion de fuir clandestinement à bord d'un trois-mâts, le Neptune.

« Et là-haut, c'était beau, tout simplement : la mer à perte de vue, sous un ciel sans limites. Parfois l'horizon pris de vertige se mettait à danser, les vagues se hérissaient de crêtes d'écume, toute la mâture penchait, plongeait, s'envolait, l'estomac se prenait de spasmes, il fallait se cramponner davantage. »

Il jetait l'ancre vers le grand Sud de la Terre australe. C'est dans ce paysage d'aurores polaires qu'Angel vivra auprès des Woanoas, des monstres à deux bouches. Et que nous, lecteurs, nous serons transportés par la magie de son aventure auprès des Indiens Plumes-Grises. Il apprendra à se battre en duel, ce qui lui vaudra quelques côtes cassées mais le respect des siens. Il se mesurera aux baleines-léopards, aux loutres des neiges et aux « gens-de-l'eau », naviguera à travers les icebergs, apprendra à chasser au harpon – une occasion pour l'auteur de nous rappeler le rôle de l'Homme chassant pour sa survie.

« La chasse est la grande affaire des hommes, mais tout ce qui relève de son utilisation voit le premier rôle leur échapper. »

Jusqu'au jour où il s'élancera dans le vide… saura-t-il voler de ses propres ailes, digne du « saut de l'ange » dont il héritera le prénom?

Quel bonheur d'avoir partagé cette lecture jeunesse avec mon ti Tom Tom ! Depuis qu'il est tout petit les histoires d'Indiens l'ont toujours fasciné. Je me demande parfois si plus tard il gardera encore l'envie de se souvenir de nos ancêtres. Je l'espère vraiment, nos racines font de nous ce que nous sommes aujourd'hui, d'aussi loin qu'elles viennent. Angel pourrait vous dire à quel point celles de sa mère l'auront suivi à chaque souffle de sa vie depuis sa mort. Parce que l'héritage d'amour est le plus fort…

D'esclave, matelot malmené à otage étranger, Angel a suivi la plus belle des quêtes, celle de la liberté. Une fois que nous l'atteignons, fort d'avoir su apprivoiser le quotidien, voulons-nous seulement en revenir?

« Alors, Angel, qu'en dites-vous? C'est un bon point de départ, non?
-Je ne vois pas de quoi vous parlez.
-Mais ces îles. Si on parvient à s'emparer d'une pirogue…
-Mais qui vous dit que je veux repartir?
-Vous délirez, mon pauvre Angel! le succès vous est monté à la tête! Réfléchissez! Vous n'êtes pas fait pour ce monde!
-Qu'est-ce qui vous fait croire que je lui préfère le vôtre? »

**********************

Heureuse coïncidence, aujourd'hui les Indiens Métis du Canada viennent de se faire offrir par la Cour suprême du Canada une pleine reconnaissance de leur statut d'« Indien » - englobant tous les peuples autochtones canadiens y compris les Indiens non inscrits et les Métis. Ils attendaient ce moment depuis des décennies.
Lien : http://www.lamarreedesmots.c..
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orbe
  06 avril 2014
Né d'une mère blanche et d'un indien, Angel s'enfuit au bord d'un bateau afin de fuire sa condition d'esclave. le trois-mâts a pour projet d'explorer la côte antarctique. Séparé de l'équipage, Angel et un savant vont partager pendant de longs mois la vie quotidienne d'une peuplade primitive tout en cherchant un moyen de rejoindre l'équipage. Une épopée fondatrice et dangereuse...
Un récit qui nous amène vers les limites du monde, là où la place de l'homme est plus que jamais mis en balance avec les forces de la nature. Plusieurs visions s'offrent au lecteur : celle du savant qui cherche des explications, celle du jeune garçon qui a un rapport plus immédiat avec son milieu et celle de la poésie qu'apporte le langage avec "les gens-de-l'eau", les "Jours blancs" ou encore la "fleur des mers" et les baleines tueueses.... Laissons nous porter...

Lien : http://cdilumiere.over-blog...
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Nadael
  30 avril 2014
Dès les premières lignes du roman, Angel l'indien blanc lève le voile sur l'origine de son nom. Nous sommes au XVIII ème siècle. Avant qu'il vienne au monde, sa mère, une française, traverse les Pyrénées pour entrer au service d'une famille aisée espagnole qui migre rapidement en Amérique. Là, la jeune femme se fait enlever par une tribu indienne, et devient une esclave. Violée, elle donnera naissance à un garçon. Un jour, les soldats américains découvre la tribu et l'abat sur le champ. le teint clair d'Angel le sauvera de la barbarie... mais sa vie ne sera pas plus douce. Vendu à un marchand de Buenos Aires, l'enfant est brutalisé et humilié. Un des jeux favoris du méchant homme est de jeter Angel dans l'eau pour montrer au gens de passage que les indiens ne savent pas nager...
Les années passent et voilà qu'Angel voit entrer dans la baie de Buenos Aires le Neptune, majestueux vaisseau aux gigantesques voiles blanches, le jeune homme y voit son salut, sa liberté. Il monte clandestinement à bord et part ainsi pour Le Grand Sud, en Terres Australes.
Découvert par le capitaine qui le gardera comme matelot, Angel entame un voyage époustouflant, qui le changera à jamais. Avec ses compagnons de voyage, matelots et érudits scientifiques, il lui faudra lutter contre le froid et combattre les tempêtes, naviguer dans des eaux troubles et dangereuses, chasser et sauver sa peau. Il sera fait prisonnier par les Woanoas, le peuple des hommes à deux bouches... La vie à leur côté ouvrira des portes insoupçonnées à Angel, le bien nommé.
François Place est un conteur merveilleux. Dans ce roman, nous embarquons littéralement avec Angel sur le Neptune pour un voyage étonnant aux confins des Terres australes. Nous suivons ses aventures trépidantes et extraordinaires dans des paysages étonnants, au contact d'habitants presqu'irréels. Car la frontière entre la réalité et le fantastique est mince et l'imaginaire si grand.
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Apikrus
  12 avril 2014
La mère d'Angel est d'origine espagnole, tandis que son père appartient aux populations du Nouveau Monde. Ces origines et des événements malheureux placent Angel dans la catégorie des parias de la société, ceux qui doivent obéir aux ordres, aussi stupides fussent-ils. Saura-t-il profiter des talents que la nature lui a donnés ou que le hasard lui a permis d'acquérir ?
Ce roman est à la fois un récit de voyage et un roman initiatique. L'intrigue est riche en événements et surprises, sans temps mort, dans un style agréable. Si j'ai apprécié l'effort d'imagination de l'auteur, avec des lieux et des êtres imaginaires, je regrette en revanche qu'il ait aussi intégré dans son récit une dimension surnaturelle qui nuit à sa crédibilité. Il faut dire que cet ouvrage est d'abord destiné à un public adolescent, lequel ne partagera probablement pas ma réserve et saura l'apprécier.
Un bon roman mêlant fantastique et aventure au temps des grandes explorations européennes sur le reste du globe.
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Missbouquin
  13 mai 2014
Angel est un métis, mi-Indien mi-Blanc, fruit de l'enlèvement de sa mère par des Indiens, au XVIIIe siècle, dans l'Amérique des colons. Après bien des péripéties au cours desquelles il lutte pour sa survie, il finit par devenir marin sur un bateau partant à la découverte des terres australes du Sud. Il fait le voyage aux côtés de prestigieux savants européens avec lesquels il arrive à communiquer grâce au français inculqué par sa mère. Alors que le bateau touche à des terres inconnues, Angel se retrouve prisonnier d'une étrange tribu à deux bouches, qui le garde, lui et un autre savant, en otage en attendant que leur bateau ramène une rançon. Les deux otages font devoir apprendre à survivre et à se faire accepter …
Beau roman dépaysant pour la jeunesse, le nouveau texte de François Place m'a fait voyager, le temps d'un instant, au fin fonds de ces terres mystérieuses, prises dans les glaces. "C'est un pays compliqué, vous ne trouvez pas ? Il vaut mieux avoir le sang chaud si on ne veut pas y crever de froid, mais il vaut mieux garder la tête froide si on veut éviter l'échauffement du cerveau : car c'est tout ce qu'on gagnerait à trop écouter ses mystères."
On s'attache rapidement à ce jeune garçon qui tente de se débrouiller dans le monde et fait preuve d'une capacité d'adaptation remarquable, à l'aise aussi bien dans ses terres indiennes qu'auprès des autochtones de l'Antarctique. A la croisée des civilisations et des cultures, la diversité qui est la sienne va lui permettre de relever toutes sortes de défis, et de changer son destin.
Un belle histoire qui donne le goût de l'aventure, tout en nous faisant goûter aux beautés de ce monde, avec lesquelles les tribus sauvages sont plus en phase que nous. Un monde dans lequel la frontière entre réalité et magie peut être mince …
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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critiques presse (1)
HistoiresSansFin   16 septembre 2014
Un récit épique et poétique dans la veine de Jack London, qui ravira tout les aventuriers et aventurières. Allez embarquez sur le Neptune et rêvez !
Lire la critique sur le site : HistoiresSansFin
Citations et extraits (5) Ajouter une citation
NadaelNadael   30 avril 2014
« En Amérique vous étiez un esclave ; sur Le Neptune, simple matelot, un va-nu-pieds ; ici il y a deux mois, un étranger sur le point de mourir de froid ; il y a six jours, un meurtrier, frappé de tabou ; il y a trois jours, un condamné au sacrifice. Or, mon cher Angel, il faut bien vous rendre à cette évidence que, depuis votre retour du pays des gens-de-l'eau, tout a changé : vous n'êtes plus rien de tout cela. On peut dire que vous vous êtes débarrassé de ces dépouilles, de ces fripes qui nous cachaient votre vérité profonde. Les Woanas vous appellent « L'Homme-oiseau ». Mais savez-vous comment nous appelons, chez moi, à Venise, les êtres de forme humaine descendant du ciel ? (…) Un ange ! Comme quoi le nom qu'on vous a donné ne vous va pas si mal. »
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NadaelNadael   30 avril 2014
« Un vaisseau est un garde-temps. Toutes les demi-heures, dans la timonerie, on retourne le sablier : l'ampoule pleine bascule au-dessus de l'ampoule vide qui passe au-dessous dans le même mouvement de rotation. Le sable tombe aussitôt, et recompte, grain à grain le temps qui s'écoule. Au bout d'une demi-heure le plein et le vide sont inversés, il faut recommencer, car ce temps-là ne doit jamais s'arrêter. Peu importe si le vaisseau s'envole sous les alizés ou s'éreinte à traverser les tempêtes, il emporte avec lui ce temps du sable impavide, un temps détaché de la course des étoiles et du soleil. »
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orbeorbe   06 avril 2014
les mœurs et les coutumes, qui sont les vêtements de nos vies, sont bien différents d'un endroit à l'autre. Ici, on porte des masques, là, des plumes dans les cheveux, ailleurs on se perce le nez ou les oreilles... L'homme est en lui-même assez divers pour nous réserver bien des surprises (...)
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MissbouquinMissbouquin   13 mai 2014
"C’est un pays compliqué, vous ne trouvez pas ? Il vaut mieux avoir le sang chaud si on ne veut pas y crever de froid, mais il vaut mieux garder la tête froide si on veut éviter l’échauffement du cerveau : car c’est tout ce qu’on gagnerait à trop écouter ses mystères."
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RhlRhl   14 janvier 2015
Elle refusait de se croire vaincue. Elle gardait le chant de sa langue, elle me le faisait aimer. Même ici, loin de tout, j'étais entourée de sa confiance.
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Videos de François Place (10) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de François Place
Pour clore ce mois anniversaire, nous vous proposons de découvrir la vidéo captivante de François Place à l'?uvre dans la réalisation d'une aquarelle. Un immense merci à François Place de nous avoir ouvert avec tant de générosité les portes de son atelier pour fêter les 20 ans de "L? Atlas des géographes d'Orbæ" !
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