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ISBN : 2752909756
Éditeur : Phébus (02/01/2014)

Note moyenne : 3.83/5 (sur 53 notes)
Résumé :
Gabriel Rivages mêle ici son destin à celui de Richard Brautigan. Il part à la rencontre de l'écrivain qui a changé sa vie. Sur les traces de celui qu'on a surnommé le dernier des beatniks, Rivages arpente à nouveau la côte Ouest américaine. On passe par l'Oregon où Brautigan a grandi et par San Francisco où il devient écrivain. On croise aussi la grande et la petite histoire. Dans l'Amérique des sixties, Janis Joplin chante Mercedes Benz et offre son écharpe au fut... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Madame_lit
  04 février 2016
Alors que le premier tome de la trilogie 1984 d'Éric Plamondon aborde la vie de Johnny Weissmuller dans Hongrie-Hollywood Express, le second, Mayonnaise, évoque la fascination de Gabriel Rivages, le narrateur, pour Richard Brautigan. Rivages part sur les traces de son écrivain fétiche pour explorer son univers afin de mieux le comprendre.
Qui est Richard Brautigan? Richard Brautigan est né en 1935 et il a grandi en Oregon. Il s'établit à San Francisco où il devient un écrivain célèbre. Son roman le plus populaire La pêche à la truite en Amérique est publié à la fin des années soixante. Brautigan est considéré comme étant le «dernier des beatniks».
Dans ce récit, le lecteur est plongé dans l'Amérique de Kerouac, des Beatles, de Janis Joplin, des hippies. En ce sens, le narrateur décrit le bouillonnement culturel dans lequel vivaient les artistes de l'époque. C'est également une période associée à la drogue et à l'alcool.
Pourquoi le récit porte-t-il ce nom? Grâce à Rivages, nous apprenons que le dernier mot de la pêche à la truite en Amérique est mayonnaise. le narrateur se sert du terme pour créer une métaphore. La vie peut être comparée à une mayonnaise. On la réussit ou pas. le lecteur est entraîné dans un questionnement existentiel, car il importe de mentionner que Brautigan s'est enlevé la vie en 1984, dans sa demeure de Bolinas, à l'âge de 49 ans en se tirant une balle dans la tête. On peut rater sa vie, mais réussir sa mort. Quelle est la recette du bonheur? D'ailleurs, le livre présente en exergue une citation d'Albert Camus tirée du Mythe de Sisyphe :
Il n'y a qu'un problème philosophique vraiment sérieux : c'est le suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d'être vécue, c'est répondre à la question fondamentale de la philosophie.
Par ailleurs, le narrateur rend Brautigan à la fois le sujet de ce récit, mais également l'objet, car il tente de trouver écho à son questionnement sur le suicide de l'écrivain américain à travers ses mots. Il semble agir comme un enquêteur. Dans le chapitre «Mauvais pressentiment», le narrateur fait remarquer :
Deux ans avant de se tirer une balle dans la tête, il entame son dernier roman par ce paragraphe :
Dommage que je n'aie pas pu arrêter la balle dans sa course pour la remettre dans le canon de la .22 long rifle et qu'elle refasse en sens inverse la spirale, réintègre le chargeur et se resolidarise avec la douille, qu'elle se conduise enfin comme si on ne l'avait jamais tirée ni même chargée dans la carabine.
Son livre posthume s'ouvre sur la mort d'une femme et s'interroge sur le suicide d'une autre.
Entre ceux qui disent que le suicide de Richard était inévitable et ceux qui ne comprennent pas, je dis simplement qu'on pouvait s'y attendre. D'un autre côté, ce n'est pas parce qu'il écrit 1984 que George Orwell meurt de la tuberculose. (172-173)
Même le bruit de la machine à écrire s'avère porteuse de sens pour expliquer le suicide des écrivains. La pulsion de mort apparaît alors intimement rattachée au son de la machine à écrire et à la profession d'écrivain.
La première Sholes & Glidden Typewriter sort des usines en 1873. On l'appelle aussi la Remington no1. On est passé du chien de fusil à l'alphabet. L'industrie de la machine à écrire est née. Elle porte en elle le souvenir de la gâchette, sa genèse. Quand on appuie sur une touche, on tire une lettre. Ça fait tchac! Il y a là l'écho des détonations passées. Tous ces écrivains qui se sont suicidés, c'est à force de tirer toutes ces lettres comme des balles. Ils sont les victimes d'une lettre perdue. (p. 90-91)
Mais encore, le roman est structuré autour de 113 chapitres présentant un style où alternent la narration, la poésie, l'introspection, etc.
J'ai beaucoup aimé ce récit qui m'a amenée dans l'univers d'un artiste de l'extrême… Je ne connaissais pas ses romans, ni ses poèmes.
C'est la fin de Brautigan en 1984. Par le biais du suicide, ce dernier s'échappe de cette société américaine qui lui apparaît étrangère, autre…
Comme le suggère le narrateur :
Brautigan ne se suicide pas parce que ses romans marchent mois bien, il se suicide parce que ses contemporains ont trahi leurs idéaux. Ils se sont rangés et ont laissé tomber la liberté pour la sécurité. Les hippies ont troqué les chemises à fleurs pour des vestons-cravates. Ou bien ils se sont mis aux médecines douces, aux cristaux, au yoga. Pour faire court, on va dire que Brautigan se suicide parce que Ronald Regan a été élu président des États-Unis. (p. 195)
J'ai été profondément émue par la réflexion sur le suicide présentée tout au long de ce récit. Plamondon écrit très bien et il sait comment se servir des images pour nous amener ailleurs…
Avez-vous déjà lu un roman ou des poèmes de Brautigan?
Bien à vous,
Madame lit
Lien : https://madamelit.wordpress...
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tilly
  08 avril 2014
Le narrateur de "Mayonnaise" rend hommage à Richard Brautigan, dernier écrivain de la Beat Generation. Il déroule en parallèle l'existence banale de Gabriel Rivages né en 1983 au Canada, un an avant le suicide par balle de Brautigan en Californie. le père biologique de l'écrivain apprenait à cette funeste occasion qu'il avait un fils de près de cinquante ans, écrivain assez célèbre, ce qu'il avait ignoré jusque là. Symétriquement, trente ans plus tard, Rivages apprend à l'occasion du décès tragique et ridicule de celui qu'il croyait être son père, qu'il est le fils biologique de... (chut !)
Eric Plamondon utilise une forme romanesque originale : 113 chapitres sur 174 pages ! Mais à chaque fois c'est comme si il écrivait un roman entier, avec un titre, une première phrase percutante, souvent énigmatique, et une chute éclairante qui fait le lien avec l'un ou l'autre des fragments précédents... ou suivants. L'évocation du bouillonnement culturel des années 60 à 80 aux Etats-Unis est formidablement réussie au travers de cette mosaïque d'anecdotes et d'informations minuscules mises bout à bout pour dessiner le destin infiniment émouvant d'un écrivain à l'humour noir parfois burlesque, toujours poétique. le suicide et la relation père-fils (ou fille) sont en filigrane tout au long du texte. Ce tour de force littéraire donne l'impression de fluidité, de légèreté et de nonchalance. On quitte à regrets Richard et Gabriel. Heureusement il reste à lire, les autres volets de la trilogie 1984 (Hongrie-Holywood-Express, Pomme S), et surtout, à lire (ou relire) toute l'oeuvre Richard Brautigan.
A conseiller aux curieux de littérature un peu décalée ou originale, et de culture nord-américaine.
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VanilleBL
  27 mars 2014
"L'idée générale, (c'est) que l'absurdité de la vie vous donne le droit d'agir, de tout tenter, jusqu'au bout." Nul doute que dans ce roman, Eric Plamondon a scrupuleusement appliqué ce principe... Il brasse des idées, des faits, des recettes, des citations, multiplie apartés et digressions dans un kaléidoscope débridé où se mêle tout et n'importe quoi. On suit par intermittence Richard Brautigan, on croise Charlie Chaplin, Jim Harrison, Marylin... Il est question de suicide, de littérature, d'histoire, de musique, de pêche, d'Histoire, d'animaux, de mayonnaise, de natation, de "poésie" (voir les chapitres 50 ou 76...qui à tout le moins laissent perplexes), de capsule temporelle, de procédures étranges - entre autres... 113 micro-chapitres qui se succèdent sans s'enchaîner avec pour seul "fil directeur" l'écrivain Richard Brautigan, "l'homme qui faisait tenir une tragédie grecque dans un dé à coudre", selon les mots de Philippe Djian.
Le seul mérite du livre de Plamondon réside d'ailleurs dans le fait de donner envie de (re)découvrir l'oeuvre de Brautigan. Pour le reste, les rares ingrédients qui pourraient présenter un quelconque intérêt sont malheureusement dilués dans un mélange absurde et bien insuffisamment liés pour que la "mayonnaise" prenne. Dommage.
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gielair
  14 septembre 2018
À l'occasion d'une visite très appréciée de la toute nouvelle et magnifique Maison de la littérature à Québec, je m'attarde à un présentoir et j'y trouve en montre ce volume II de la trilogie 1984 d'Éric Plamondon, Mayonnaise. Au moment de sa sortie en librairie, il m'avait intrigué, mais, sans savoir pourquoi, son clin d'oeil n'avait pas été suffisamment convaincant pour que je me l'approprie. Dans une disposition, ce jour là, plus qu'adéquate, je feuillette donc l'ouvrage et m'assoie confortablement pour en débuter une lecture intéressée. Je découvre alors une écriture particulière, faite de fragments, de minuscules réflexions, de tranches de vie, d'éléments d'histoire, de poésie en haïku, de miniatures d'essai. Bien appâté, cette fois-ci, j'en conclurai que je dois lire Mayonnaise.
Dans les jours qui suivent, je plonge. Sur quoi portent donc ces morceaux d'écriture qui m'avaient attisé? Sur le personnage de Gabriel Rivages et ses questionnements existentiels, sur son engouement pour l'écriture et la vie mouvementée de Richard Brautigan, le dernier des beatniks, et ... sur la façon de faire lever une mayonnaise.
Il faut que j'avoue, je ne connaissais pas Richard Brautigan, ni son livre le plus populaire La pêche à la truite en Amérique. Plamondon et Rivages m'auront fait découvrir et apprécier cet auteur iconoclaste.
Plus j'en apprenais sur Brautigan et plus je m'avançais dans la lecture de Mayonnaise, plus je comprenais que Plamondon avait adopté le style et la façon de Brautigan pour en parler. Comme le mentionnait un libraire du Port de tête : « Ça ressemble à du Brautigan, ça parle de Brautigan, ça goûte le Brautigan, mais ce n'est pas du Brautigan. C'est le Mayonnaise, et c'est très bon. »
J'ai couru chercher La pêche à la truite en Amérique de Richard Brautigan.
Est-ce que je peux conclure en précisant que j'ai apprécié cette Mayonnaise? Je crois assurément qu'elle a bien pris.
Lien : https://rivesderives.blogspo..
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infosix
  25 octobre 2012
Une écriture saccadée à l'américaine et une langue qui a trop souvent des allures "petit nègre" dans Tintin (genre "toi aimer moi"). Plutôt qu'une mayonnaise ce livre me semble être une salade de fruits où l'on sent en bouche les morceaux. Quelques bons moment ici et là, mais rien à voir avec la pluie de louanges dont on a aspergé la publication de ce livre.
J'ai souverainement détesté... est-il besoin d'ajouter !
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Madame_litMadame_lit   04 février 2016
Brautigan ne se suicide pas parce que ses romans marchent mois bien, il se suicide parce que ses contemporains ont trahi leurs idéaux. Ils se sont rangés et ont laissé tomber la liberté pour la sécurité. Les hippies ont troqué les chemises à fleurs pour des vestons-cravates. Ou bien ils se sont mis aux médecines douces, aux cristaux, au yoga. Pour faire court, on va dire que Brautigan se suicide parce que Ronald Regan a été élu président des États-Unis.
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DeDeWonderDeDeWonder   31 mars 2013
On est passé du chien de fusil à l'alphabet. L'industrie de la machine à écrire est née. Elle porte en elle le souvenir de la gâchette, sa genèse. Quand on appuie sur une touche, on tire une lettre. Ça fait tchac ! Il y a là l'écho des détonations passées. Tous ces écrivains qui se sont suicidés, c'est à force de tirer toutes lettres comme des balles. Ils sont les victimes d'une lettre perdue.
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ShyrelismShyrelism   30 mars 2013
Il me disait l'autre jour qu'il préfère passer du temps avec des gens qui voient un psy plutôt qu'avec des gens qui devraient voir un psy.
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mhvaugeoismhvaugeois   12 janvier 2014
Quand on appuie sur une touche , on tire une lettre. Ça fait tchac! Il y a l'écho des détonations passées. Tous ces écrivains qui se sont suicidés, c'est à force de tirer toutes ces lettres comme des balles. Ils sont victimes d'une lettre perdue.
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ShyrelismShyrelism   30 mars 2013
J'ai tiré sur un nuage. C'était le plus beau jour de ma vie. Mon père m'avait offert une carabine à plomb et je savais qu'on ne peut pas tuer un nuage.
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Videos de Éric Plamondon (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Éric Plamondon
Eric Plamondon vous présente son ouvrage "Oyana" aux éditions Quidam éditeur.
Retrouvez le livre : https://www.mollat.com/livres/2298005/eric-plamondon-oyana
Notes de Musique : Audio Library YouTube.
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