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ISBN : 2343024480
Éditeur : Editions L'Harmattan (01/01/2014)

Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes)
Résumé :
Ce livre est une excellente introduction aux méthodes de l'anthropologie urbaine. Nous y découvrons de l'intérieur comment des personnes en difficulté, à Nice, ont su établir une dynamique relationnelle par l'intermédiaire de la récupération alimentaire et de la cuisine. Nous y lisons la revendication de chacun à être autonome et reconnu comme sujet à part entière.
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
cecilestmartin
  06 novembre 2016
Ce livre n'est pas un opus de plus sur l'exclusion. Il se présente comme un récit issu d'une recherche de terrain menée auprès d'habitants d'une cabane, construite dans un renfoncement de façade, dans un endroit bien connu des niçois, les Ponchettes, à l'entrée du Vieux-Nice. Là, vivent Daniel et quelques autres, qui tentent de faire société, de faire front contre la désaffiliation.
Le sous-titre est évocateur - Cuisine et récupération alimentaire – et précise l'angle de travail choisi par Amandine Plancade. Pendant plusieurs mois, l'anthropologue va côtoyer ces hommes et femmes qui s'organisent un quotidien ritualisé, entretiennent des relations sociales avec leur environnement – les salariés des nombreux restaurants qui bordent le Cours Saleya notamment – prenant garde de ne pas gêner et de normaliser leur présence dans l'habitat précaire. Amandine Plancade pratique l'observation participante et s'attache à comprendre comment la récupération de nourriture (don et/ou glanage), sa préparation, et surtout son accommodement, son partage tissent des liens entre les habitants de la rue et les gens du quartier.
Pour survivre, des stratégies sont mises en oeuvre en fonction de la période (début du mois, « la Sainte touche » et le versement des prestations sociales ou la fin du mois plus difficile), des codes de communication non verbale qui permettent par exemple à la patronne du fast-food asiatique de comprendre qu'il faut rajouter un peu de viande à la portion de riz blanc acheté, des hiérarchies et des échelles de valeur propres au petit groupe qui permettent de maintenir une forme d'ordre dans le chaos.
L'entretien de l'espace – intérieur et extérieur – participe également de cette volonté de s'inscrire le plus discrètement possible dans l'environnement, de suivre des règles qui témoignent d'un désir de respecter et d'être respecté, de rester autonome (aucun des habitants ne fréquentent les restaurants sociaux) notamment en investissant des tâches du quotidien au sein d'un abri dans lequel chacun a un rôle et un statut.
C'est finement observé, joliment narré avec pudeur et suffisamment étayé pour que l'on puisse passer du singulier de ce petit groupe à une réflexion plus large sur la vie dans la rue et les différentes fonctions de la nourriture – de sa récupération à sa consommation. Très intéressant à la fois du fait de la méthodologie utilisée, de l'angle choisi mais aussi par la posture d'Amandine Plancade, dont on devine la présence discrète et le regard soutenant.
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Citations et extraits (2) Ajouter une citation
cecilestmartincecilestmartin   06 novembre 2016
Derrière le terme de don se cache le déchet – déchet inutile qui aurait été jeté si, non loin de là, des occupants bien singuliers de la rue n’assuraient cette ultime utilisation avant le gaspillage ou le rejet. Alors, évidemment, tant que les dons parviennent, la violence sociale est contenue, déjouée aussi par divers procédés ; […].
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cecilestmartincecilestmartin   06 novembre 2016
Cuire et mélanger des plats permet de se réapproprier les aliments, mais pas seulement. La transformation matérielle des dons alimentaires agit symboliquement sur la valeur des denrées. En cuisinant, les habitants travaillent à rehausser la faible valeur des aliments qui leur est imposée à travers le processus d’un don qui n’en reste pas moins celui de restes de cuisine.
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