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Blaise tome 2 sur 3
EAN : 9782723472531
62 pages
Glénat (01/09/2010)
4.17/5   30 notes
Résumé :

L’adolescence, contrairement à ce que promeuvent certains clichés romanesques, n’est pas l’âge de la rébellion et de la liberté. Il est surtout celui de l’adhésion à la masse. Et quelle masse ! Blaise revient, et Blaise est toujours victime de la mauvaise foi et de la bêtise. La société et ses parents font de Blaise un type pas très recommandable, mais en attendant, il nous... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Blaise a grandi. A 14 ans, il lutte intérieurement contre un déficit important de confiance en soi et son instinct grégaire lui fait rechercher l'approbation, ou au moins l'acceptation, d'un groupe d'amis auprès desquels sa timidité le place en marge. L'adolescence, pour lui, n'est pas synonyme de révolte contre l'autorité parentale. Il est resté le petit garçon auquel on ne demande pas son avis, et qui, par ailleurs, ne cherche pas à le donner. Ses parents forment toujours ce couple cruellement identique à des milliers d'autres, vifs sur la critique, prudents sur l'action, convaincus d'être du côté du bon goût, menant une vie culturelle et intellectuelle moyenne, pas tout à fait inexistante mais pas trop engagée non plus, et tâchant de se placer dans le sens du vent. Au vidéoclub, les voilà qui disent apprécier le rap et qui se proclament antiracistes jusqu'à l'absurde. Sur les sujets graves, la plaisanterie n'est pas tolérée ; sur les autres, les voilà qui y vont gaiement, et sans finesse aucune. Quant aux moyens de se montrer intéressants, ils ne manquent pas, à commencer par ces attentats ou ces bombardements qui fauchent la vie de dizaines de personnes de façon très régulière, lesquelles deviennent, post-mortem, les regrettés amis du père éploré de Blaise.

Dans ce deuxième tome de Blaise, Dimitri Planchon se montre toujours autant acide dans sa façon d'aborder, à travers cette satire dystopique, les compromissions de notre époque. La loupe est grossissante, mais cette ambiance de crise politique et de contexte de guerre permet de saisir plus facilement les lâchetés quotidiennes, l'absurdité constante (ah, le bonheur d'avoir raison contre son épouse tandis que, dans le même temps, des dizaines de personnes sont mortes dans un bombardement !), la cruauté ordinaire (Blaise qui méprise l'élève qui reste seul dans la cour de récréation ...). Il n'y a cependant pas que les personnages ordinaires qui en prennent pour leur grade. Les vedettes, les figures médiatiques, mes célébrités locales ne sont pas en reste. Dans le tome 1, c'était le footballeur Dabi Doubane, dont on voyait s'afficher largement les contradictions évidentes entre sa belle image et sa remarquable capacité à vendre celle-ci aux publicitaires de tout poil. Dans le tome 2, Dimitri Planchon choisit la figure de l'intellectuel supposément engagé, Pierre-André de Sainte-Odile, qui proclame à qui veut bien l'entendre - et les oreilles complaisantes, à la télévision d'État, ne manquent pas - combien il est critique envers un Président auquel il excuse tout, et surtout de mettre en place un régime aux allures totalitaires. La compromission morale touche bien tout le monde, la lâcheté est vertu nationale. Tout va bien, l'honneur est sauf, caché là où les silences gênés de toutes et tous n'osent pas pénétrer.
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On avait quitté Blaise en vilain bambin mal dans sa peau et dans ses fringues. On le retrouve en adolescent vilain mal dans sa peau et dans ses fringues.
Cinq ans plus tard, peu de choses ont changé. Il est toujours ce fils inexistant, ce petit-fils inexistant, cet élève inexistant ; on le découvre de surcroit neveu inexistant. Autour de lui, des parents bobos beaux parleurs, fiers de n'être pas racistes sans savoir distinguer deux noirs, un tonton en guerre contre la télé qui nous embarque pour un riche aperçu du PAF, un intello rive gauche, retors et pleutre, parfaite retranscription de trois initiales célèbres (indice : ça commence par un B).

Et puis surtout, il y a la guerre.

Mais bon, la vie continue. Elle continue même comme si de rien n'était. Ce ne sont pas trois bombardements qui empêcheront de suivre les recommandations ciné de Télérama, non mais quand même.
Alors tandis que le conflit fait rage, que les morts s'accumulent, que le pouvoir se gave et que la liberté s'éclipse, nos compagnons se regardent le nombril et jacassent pour donner une contenance à leur vide.

En passant la deuxième, Planchon se devait surement d'innover. Difficile de maintenir le niveau du premier opus sans en modifier quelque peu les codes. Pour ne rien perdre de sa méchanceté, de son cynisme ni de son acuité, la série s'évade dans un futur proche et tristement réaliste, avec pour spécificité que chaque trait est poussé à son maximum. Médiatisation forcenée, peuple moutonnier, pouvoir autoritaire et bien-pensance assumée, ce sont bien nos faiblesses qui sont montrées en creux, un creux marqué au feutre, à la gouache, au burin.
Ce jeune auteur tire fort sur la corde, et il manque rarement sa cible. le trois me tend les bras.

4,5/5
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Le comique cht'i Dany Boon prônait récemment lors d'une conférence de presse un humour proche de l'amour. Ah, l'amour : des alcôves présidentielles jusqu'au Restau du coeur, en passant par les conférences internationales de paix, il est partout ! Qu'est-ce qu'on ne ferait pas sans l'amour…

Et si l'humour n'était pas plutôt diabolique ? La démonstration de Baudelaire en ce sens est non seulement plus convaincante, mais plus intéressante. Surtout quand on la rapproche de l'adage selon lequel « le rire est le propre de l'homme ». On peut ainsi en déduire une création de l'homme par Satan, déduction somme toute assez logique pour qui étudie attentivement le comportement humain.

« Diabolique » peut se traduire par « irréligieux », voire « athée ». Et c'est là où je voulais en venir : l'humour de Dimitri Planchon est irréligieux à souhait, il ne ménage pas la morale dominante. Vous avez des valeurs ? Pas seulement des valeurs en banque, mais des valeurs éthiques ? le sens du travail administratif bien fait, du devoir scolaire, de la fraternité ; vous admirez les dernières créations du génie humain, ou encore le progrès de la politesse vis-à-vis des noirs, des femmes, des handicapés, et de tous les opprimés de la terre, sans oublier les juifs ? Oui ? Eh bien il y a des chances pour que vous soyez délicieusement choqués par l'humour de Planchon, qui n'a même pas pitié des adolescents, dont la complicité avec toute cette religion d'amour à toutes les sauces (c'est le cas de le dire) remonte pourtant à moins loin.

«Délicieusement», car souvent lorsque le diable paraît, le dévot ou la dévote se pâme. Il y a en nous, dans ce petit tas de culpabilité servile que chacun de nous trimballe et que les philosophes baptisent pompeusement « éthique », en même temps le désir que ce petit tas soit violé ou bousculé, dérangé par l'humour ; ça se traduit en général par le fait que, du point de vue social, le plus religieux, les assassins, les dictateurs, les artistes, les aventuriers, bref tous ceux qui n'hésitent pas à transgresser la loi, sont beaucoup plus fascinants que les gens normaux. A force d'être normal, François Hollande finissait par être suspect dans son palais de l'Elysée ; en changeant de femme chaque année, il devient une sorte de super-héros.

C'est grâce à des humoristes comme Planchon que les peuples germaniques, qui ne connaissent que les dures lois de la rhétorique ou de l'algèbre, nous envient. Voilà pourquoi la France est la mieux ou la moins mal parée pour affronter la crise : parce qu'elle a des humoristes, tandis que les pays étrangers n'ont que des solutions allemandes à la crise.

C'est du moins toujours ce que je dis à des étrangers ou des provinciaux qui veulent comprendre la France : lisez « Fluide Glacial » (où Planchon publie).
Lien : http://fanzine.hautetfort.co..
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Blaise, toujours aussi mal dans sa peau, fait tout pour s'intégrer avec les copains, et se rêve en héros, tandis que les parents sont toujours aussi ringards. BD à gags pour rire ou sourire de nous-mêmes, mais surtout de nos contemporains (ah la mauvaise foi !)
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Les années ont passé, Blaise a grandi. C'est maintenant un adolescent boutonneux de 14 ans : c'est beau la vie ! Mais, il a toujours autant de mal à trouver sa place dans cette dure réalité, pas si différente que ça de la notre.
(Cliquez sur le lien pour lire la suite)
Lien : http://aufildeslivres.over-b..
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
- Ça fait 20 ans que je suis dans cette boîte, et en 20 ans je n'ai jamais manqué un seul jour de bureau !
- Eh ben ... C'est le patron qui doit être fier quand il pense à toi depuis sa villa de Saint-Tropez...
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- Eh, Jacques, tu m’entends ? C’est Blaise qui sort des toilettes du couloir. Ça fait au moins 20 mn qu’il y était enfermé. Il se masturbait, c’est sûr ! Une fois, il y est resté 40 mn ! Quand j’ai fini par frapper à la porte, il est sorti tout gêné. Il m’a dit qu’il était en train de lire et qu’il n’avait pas vu le temps passer. Ha ! Ha ! l’adolescence… Eh ! Jacques ! Tu m’écoutes ?!
- Excuse-moi, tu me parlais ?... Je… J’étais en train de lire aux toilettes….
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Une planche (Tonton Hector) :
http://1.bp.blogspot.com/_mr0YJY7cItU/TQ5zglKCKkI/AAAAAAAAAD4/Xz9udzdquB0/s640/big-564_1_.jpg
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Une planche (La voix de mon maître) :
http://www.actuabd.com/IMG/jpg/blaise_2_planche_1.jpg
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Videos de Dimitri Planchon (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Dimitri Planchon

Angoulême 2011 - Interview de Dimitri Planchon - Blaise Opus 2
Retrouvez toutes les vidéos du festival sur Fnac.com : www.fnac.com Fnaclive a rencontré Dimitri Planchon pour parler de sa BD Blaise Opus 2 (Ed. Glénat), sélectionnée pour l'édition 2011 du Festival International de la BD d'Angoulême. Interview de Christian Marmonier. Enregistré à Angoulême, le 30 janvier 2011. "Bombardé de divertissements télé débiles, entouré d'adultes plutôt navrants dont il observe atterré les occupations déplorables, les aventures (très intérieures) de Blaise, adolescent introverti de 14 ans, tiennent la chronique cruelle d'une société dont il n'y vraiment pas lieu d'être fier. Décapant, et pas qu'un peu."
+ Lire la suite
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