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Frances McCullough (Éditeur scientifique)Ted Hughes (Éditeur scientifique)Christine Savinel (Traducteur)
EAN : 9782070749201
481 pages
Gallimard (12/10/1999)
4.29/5   26 notes
Résumé :
Pour beaucoup de lecteurs à travers le monde, le poète Sylvia Plath est devenu une figure culte. Sa destinée exemplaire, son mariage au poète britannique Ted Hugues (figure contestée, gourou pour les uns, démon pour les autres), son suicide en 1963, à l'âge de 31 ans, les deux enfants qu'elle laissait... tous ces éléments contribuèrent à sa renommée.
Les journaux commencés à 18 ans et tenus jusqu'à la veille de sa mort, plongent le lecteur au cœur de la vie i... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Chouchane
  26 mars 2012
Le talent est-il mortel ? On peut le penser en lisant les journaux de Sylvia Plath, son écriture y est très tôt d'une grande clarté et sa lucidité étonnante pour son âge. A 18 ans, elle écrit « Moi je suis le présent mais je sais que je passerai aussi. Les grands moments, les éclairs brûlants passent comme ils viennent, dans d'incessants sables mouvants. Je ne veux pas mourir» . Ces journaux malgré leur organisation chronologique sont troués dans tous les sens du terme. Des morceaux entiers ont été perdus et même volés par des gens de passage dans l'appartement de Plath après sa mort, troués aussi parce que l'image psychique qu'ils nous transmettent est celle d'une jeune femme pleine de vie mais qui va puiser dans ses souvenirs et ses fantasmes les plus sombres pour sublimer le présent. Son besoin d'écrire est toujours très puissant "je veux écrire parce que je ressens le besoin d'exceller dans un moyen d'expression et de traduction de la vie", tout comme sa peur de la mort « je sens déjà le poids des siècles qui m'étouffent ». Mais sa passion pour la vie « je brûle d'envie de pénétrer la matière du monde ." donne à son travail et à son existence une détermination peu commune. La lecture de ces journaux apporte aussi un éclairage sur sa vision du monde qu'elle sait percevoir différemment « Ce que je redoute le plus, je crois, c'est la mort de l'imagination. Quand dehors le ciel est tout simplement rose et les toits simplement noirs : cette disposition photographique de l'esprit, qui paradoxalement dit la vérité sur le monde, mais une vérité sans valeur. » On comprend mieux l'exigence poétique qui pour éviter toute mièvrerie doit aller très loin dans l'univers sensible, à tel point que cela doit sans doute nécessité de frôler une sorte de folie. Ted Hugues qui était encore son mari, malgré leur séparation, lors de son suicide a supervisé cette édition, il en a coupé les passages qu'il trouvait trop intimes ou trop critiques ; ceci en affadit un peu la deuxième partie qui comprend la rencontre avec Ted « je vis pour lui en attendant d'avoir une vie à moi » et leur séparation. Hugues a d'ailleurs détruit un des derniers carnets de Plath très violent à son égard pour que leurs enfants n'aient jamais à les lire. Dans la dernière année de la vie de Sylvia Plath, on sent l'importance du travail poétique, elle joue beaucoup à décrire les gens qui l'entourent et fait des descriptions savoureuses de ce qu'elle mange ou cuisine. Cette plongée dans la vie intérieure d'une poétesse surdouée, ne nous donne aucune explication sur le talent, le suicide ou la joie de vivre, on y découvre simplement l'alchimie de la vie qui nous traverse tous.
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moertzombreur
  15 septembre 2014
"Cette matière de vie remémorée dont est faite la littérature"
Après avoir lu La cloche de détresse, ses nouvelles et certains de ses poèmes, je n'avais lu que quelques extraits de ses Journaux. Et ces pages donnent un éclairage vraiment intéressant sur son oeuvre littéraire, son travail acharné sur son écriture, ses doutes immenses. On voit comment sa vie entre en résonance avec son travail d'écrivain, sa sensibilité, l'acuité qu'elle met à observer son quotidien et comment tout cela passe à travers elle pour se retrouver sur le papier, comme transfiguré. Elle a aussi une intelligence, et une analyse très profonde de son travail, un "métier" qui pourrait devenir une source d'inspiration pour tout ceux qui souhaiteraient se lancer dans l'écriture. Bien plus qu'un manifeste théorique, c'est l'exploration de soi qui est passionnante, sa relation aux autres ; on pense évidemment aux journaux d'autres grands écrivains, Virginia Woolf en tout premier lieu, dont l'influence est primordiale. Elle parle aussi de Lawrence, Joyce, James et bien d'autres, même de Philip Roth à ses débuts ! Elle parle aussi beaucoup de l'attente des réponses des éditeurs, de la difficulté à concilier son travail d'écrivain et son rôle
d'épouse et de mère. On y trouvera pas de révélation fracassante sur le pourquoi de son suicide, et c'est tant mieux, car toute son oeuvre s'"encre" résolument du côté de la vie.
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Lucioledanslalune
  30 avril 2012
Ces journaux sont intéressants, car on y suit la vie de Sylvia Plath de ses 18 ans, jusqu'à sa mort prématurée à 31 ans : ses doutes, ses peines, ses passions, ses obsessions, ses profondes dépressions, son évolution littéraire et son histoire d'amour avec le poète Ted Hugues. Bref, sa vie intérieure, son âme.
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Citations et extraits (21) Voir plus Ajouter une citation
GeraldineBGeraldineB   01 août 2020
Ecrire est un acte religieux, une manière d'ordonner, corriger, réapprendre et réaimer les gens et le monde, tels qu'ils sont et pourraient être. Créer une forme qui ne se perd pas, contrairement à un jour de dactylographie ou d'enseignement. Le texte écrit reste, voyageant de son côté dans le monde. Des gens le lisent et réagissent comme face à une personne, une philosophie ou une religion, ou encore une fleur: ils aiment ou non. Cela les aide ou ne les aide pas. On a le sentiment de rendre la vie plus intense - on donne plus, on scrute, interroge, regarde et apprend, on crée cette forme, et on reçoit plus en retour: monstres, réponses, couleur et ligne, connaissance. On le fait d'abord pour la chose en soi. Si cela rapporte de l'argent, très bien. On ne le fait pas d'abord pour l'argent, on ne s'assied pas à sa machine à écrire pour l'argent. Non qu'on le refuse. C'est vraiment le rêve quand une profession vous assure la subsistance. Avec l'écriture, c'est très aléatoire. Comment vivre dans une telle insécurité? Et, bien pire, avec de temps en temps des passages à vide, ou des pertes de foi en l'écriture elle-même? Comment vivre avec çà? Bien pire encore que tout cela, le pire absolu serait de vivre sans écrire. La question est donc comment vivre avec le moindre mal et le minimiser.
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Alice_Alice_   02 juin 2014
Chez moi le présent c'est pour l'éternité, et l'éternité ça bouge tout le temps, ça fond et ça coule. Cette seconde, c'est la vie. Et quand elle est passée, elle est morte. Mais on ne peut pas recommencer à chaque nouvelles seconde, il faut partir de ce qui est mort. C'est comme les sables mouvants... sans espoir dès le départ. Une histoire ou un tableau peuvent raviver un peu la sensation, mais c'est insuffisant, vraiment insuffisant. Seul le présent est réel, et je sens déjà le poids des siècles qui m'étouffent. Il y a cent ans vivait une jeune fille comme moi je vis aujourd'hui. Et elle est morte. Moi je suis le présent mais je sais que je passerai aussi. Les grands moments, les éclairs brûlants passent comme ils viennent, dans d'incessants sables mouvants. Et moi je ne veux pas mourir.
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Alice_Alice_   10 avril 2015
Écrire est un acte religieux, une manière d'ordonner, corriger, réapprendre et réaimer les gens et le monde, tels qu'ils sont et pourraient être. Créer une forme qui ne se perd pas, contrairement à un jour de dactylographie ou d'enseignement. Le texte écrit reste, voyageant de son côté dans le monde. Des gens le lisent et réagissent comme face à une personne, une philosophie ou une religion, ou encore une fleur: ils aiment ou non. Cela les aide ou ne les aide pas. On a la sentiment de rendre la vie plus intense - on donne plus, on scrute, interroge, regarde et apprend, on crée cette forme, et on reçoit plus en retour: monstres, réponses, couleur et ligne, connaissance. On le fait d'abord pour la chose en soi. Si cela rapporte de l'argent, très bien. On ne le fait pas d'abord pour l'argent, on ne s'assied pas à sa machine à écrire pour l'argent. Non qu'on le refuse. C'est vraiment le rêve quand une profession vous assure la subsistance. Avec l'écriture c'est très aléatoire. Comment vivre dans une telle insécurité? Et, bien pire, avec de temps en temps des passages vides, ou des pertes de fois en l'écriture elle-même? Comme vivre avec ça?
Bien pire encore que tout cela, le pire absolu serait de vivre sans écrire. La question est donc comment vivre avec le moindre mal et le minimiser.
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Alice_Alice_   03 juin 2014
Attitude philosophique : vivre et boire la vie jusqu'à la lie: pourvu, pourvu que je n'arrête pas de penser, et ne me mette pas à subir, par aveuglement, par appréhension! Je veux goûter et célébrer chaque jour, et ne jamais avoir peur d'une expérience douloureuse ; ne jamais m'enfermer dans un noyau de torpeur insensible, garder une attitude critique face à la vie, me poser des questions, et ne jamais choisir la solution de facilité. Apprendre à penser, penser à vivre, vivre pour apprendre - avec une perspicacité, une compréhension et un amour toujours neufs.
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Alice_Alice_   03 juin 2014
Je veux écrire parce que je ressens le besoin d’exceller dans un moyen d’expression et de traduction de la vie. Je ne peux me contenter de ce travail colossal que représente le fait de simplement vivre. Oh non, il faut que j’organise la vie en sonnets et sextines, et procure un réflecteur verbal à l’ampoule de soixante watts que j’ai dans la tête. L’amour est une illusion, mais j’y succomberais volontiers si je pouvais y croire.
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Videos de Sylvia Plath (20) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Sylvia Plath
Sylvia Plath (1932-1963), la vie comme un mauvais rêve (Toute une vie / France Culture). Diffusion sur France Culture le 26 février 2022. Un documentaire de Pauline Chanu, réalisé par Annabelle Brouard. Prise de son : Marc Garvenes et Tahar Boukhlifa. Mixage : Philip Merscher. Archives Ina : Sophie Henocq. Avec la collaboration d'Annelise Signoret de la Bibliothèque de Radio France. Photographie : Sylvia Plath en 1954. Granger-Bridgeman Images. Sylvia Plath, née le 27 octobre 1932 à Jamaica Plain, dans la banlieue de Boston, et morte le 11 février 1963 à Primrose Hill (Londres), est une écrivaine et poétesse américaine, autrice de poèmes, d'un roman, de nouvelles, de livres pour enfants et d'essais. Si elle est surtout connue de façon internationale pour sa poésie, elle tire également sa notoriété de "The Bell Jar" (en français, "La Cloche de détresse"), roman d'inspiration autobiographique qui décrit en détail les circonstances de sa première dépression, au début de sa vie d'adulte. Sa vie, son œuvre et son esthétique poétique et littéraire sont le sujet de milliers d'études dans le monde entier. Elle publie son premier recueil de poèmes, "The Colossus", en Angleterre en 1960. Depuis son suicide en 1963, Sylvia Plath est devenue une figure emblématique dans les pays anglophones, les féministes voyant dans son œuvre l'archétype du « génie féminin écrasé par une société dominée par les hommes », les autres voyant en elle une icône dont la poésie, en grande partie publiée après sa mort, fascine comme la bouleversante chronique d'un suicide annoncé.
Invitées :
Valérie Rouzeau, traductrice et poétesse, autrice de "Sylvia Plath, un galop infatigable" (Jean-Marc Place, 2003). Traductrice pour les ouvrages de Sylvia Plath "La Traversée" dans "Arbres d'hiver" (Poésie/Gallimard, 1999), "Ariel" (Gallimard, 2009). Traductrice de Ted Hughes, "Poèmes (1957-1994)" avec Jacques Darras (Gallimard, 2009) Sylvie Doizelet, romancière, autrice notamment de "La Terre des morts est lointaine" (collection "L’un et l’autre", Gallimard, 1996). Elle a traduit le recueil de Ted Hugues, "Birthday Letters" (Gallimard, coll. Poésie, 2015) adressé à Sylvia Plath. Elle a également préfacé "Sylvia Plath, Arbres d'hiver précédé de La traversée", traduction de Françoise Morvan et Valérie Rouzeau (Gallimard, coll. Poésie, 1999) Claire Fercak, romancière, autrice notamment de "Rideau de verre" (Verticales, 2007) et plus récemment "Ce qui est nommé reste en vie" (Verticales, 2020) et "Après la foudre" (Arthaud, 2021) Gwenaëlle Aubry, romancière, philosophe, autrice notamment de "Lazare mon amour" (L’iconoclaste, 2016), "Perséphone 2014" (Mercure de France, 2016) et plus récemment "Saint-Phalle : monter en enfance" (Stock, 2021) Sonia Wieder-Atherton, violoncelliste. Elle a notamment conçu le spectacle "Danses nocturnes", avec Charlotte Rampling, où se rencontrent les œuvres de Benjamin Britten et de Sylvia Plath
Un très grand merci au Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir (28 place St Georges, Paris 9ème) pour nous avoir permis d’utiliser des extraits de Letters home, film réalisé par Chantal Akerman en 1984, à Sonia Wieder-Atherton et Charlotte Rampling pour l’extrait de "Danses nocturnes", spectacle conçu en 2013.
Lecture des textes et poèmes (extraits) par Odja Llorca.
Archives :
Extraits de "Sylvia Plath – The Spoken Word" (Label British Library, 2010) Interview de Sylvia Plath par Peter Orr pour la BBC (1962) Interview de Sylvia Plath et Ted Hughes pour la BBC dans l’émission "Poets in partnership" (18.01.1961) Lecture des poèmes du recueil "Ariel" par Sylvia Plath "Danses nocturnes", Sonia Wieder-Atherton et Chalotte Rampling, poèmes de Sylvia Plath et musique de Benjamin Britten
Musique : "Overturn" d'Alexandra Stréliski (album "Inscape")
Sources : France Culture et Wikipédia
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