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Les Sentiers des Astres tome 1 sur 4
EAN : 9782361831424
462 pages
Les Moutons Electriques (03/04/2014)
4.06/5   304 notes
Résumé :
Quelque part dans la nordique forêt du Vyanthryr, les gabarres du capitaine Rana remontent le fleuve vers les sources sacrées où réside le Roi-diseur, l’oracle dont le savoir pourrait inverser le cours de la guerre civile. À bord, une poignée de guerriers prêts à tout pour sauver leur patrie. Mais qui, parmi eux, connaît vraiment le dessein du capitaine ? Même le Barde, son homme de confiance, n’a pas exploré tous les replis de son âme. Et lorsque les bateliers recu... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (93) Voir plus Ajouter une critique
4,06

sur 304 notes

CasusBelli
  27 avril 2022
Quel plaisir d'être subjugué par une lecture à ce point, je découvre Stephan Platteau avec "Manesh", livre qui remontait tout doucement dans ma PAL, si j'avais su !
Oui, si j'avais su à quel conteur j'avais à faire je n'aurais pas tant tardé, mais mieux vaut tard que jamais, après tout, ce qui importe c'est que la rencontre ait enfin eu lieu.
J'affirme sans hésiter que l'auteur nous offre la perfection à tous les niveaux, le contexte, le scénario, l'intrigue et la psychologie des personnages.
Si vous pensez à de la fantasy épique pleine de bruit et de fureur alors ce n'est pas ici que vous la trouverez, non, ici Stephan Platteau va prendre son temps pour tisser une histoire digne des meilleurs conteurs, d'ailleurs ce n'est peut-être pas un hasard de trouver un barde comme narrateur principal de cette histoire.
Pour le contexte, l'auteur s'inspire d'une période qui pourrait ressembler à la Gaule celtique à l'époque des premiers chrétiens, un monde de superstitions où les légendes ont conservé beaucoup plus qu'un fond de vérité, surtout si comme les acteurs de cette histoire vous remontez un fleuve sacré qui traverse l'antique forêt du Vyanthryr pour retrouver le Roi-diseur, un oracle que personne n'a plus revu depuis des siècles.
Les gabarres du capitaine Rana remontent donc le fleuve et vont, en cours de route, sauver d'une mort certaine un homme dont on ne sait rien si ce n'est qu'il n'est pas censé dériver là, si loin de toute civilisation, un sauvetage pas si désintéressé que cela.
Le capitaine Rana entend bien faire parler cet homme dès qu'il sera en état de le faire, les talents du barde Fintan Calathynn seront mis à contribution.
L'intrigue va se révéler subtile et envoûtante, l'interrogatoire commence et il va être le prétexte à l'installation d'un contexte fabuleux, l'histoire de Manesh "le bâtard" peut commencer et croyez moi elle est extraordinaire.
Une intrigue "force 10". Qui sont vraiment ces gens qui remontent le fleuve, quelles sont leurs réelles intentions ? Qui est Manesh ? Pourquoi semble-t-il dissimuler quelque chose ?
Je n'ai pas pu m'empêcher de penser à la trame narrative de "Usual suspect", pour ceux qui ont vu le film il y a vraiment une similitude.
Cette compagnie, en s'enfonçant dans ce pays antique et inconnu, va faire des découvertes inquiétantes et fabuleuses, il n'est pas recommandé de déranger les anciens dieux que l'on croit éteints peut-être à tort...
Je me répète mais l'auteur est un conteur hors norme, je ne suis pas habituellement un grand fan de descriptions, mais je ne me suis jamais lassé tout au long de ma lecture de la justesse de ton évocatrice employée. Sous la plume de Stephan Platteau vous entendez le vent et les feuilles frissonner, vous entendez chanter les ruisseaux, fermez les yeux et vous y êtes, j'ai été impressionné comme rarement.
Il n'y a finalement pas tant d'action que cela (bon, un peu quand même), pas ou peu de combat, le contexte et l'intrigue suffisent largement à conserver l'intérêt tout du long.
Voilà, j'ai adoré ce premier tome au point que j'ai été bien plus bavard qu'à l'accoutumée, j'ai aimé au point de lui faire une place sur mon île, c'est dire.
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Eric76
  02 juillet 2021
Une gabarre qui craque de partout, glisse dans les eaux lourdes du fleuve. Ce fleuve qui serpente paresseusement au milieu d'une interminable et profonde forêt, là-haut, très loin dans le nord…
Dans la gabarre, il y a des vieux soldats fourbus au geste lent, au regard lourd, à la barbe poivre et sel… Ce sont des héros de guerres oubliées à la recherche d'un mythe, d'un dernier rêve, d'une dernière espérance, peut-être d'une ultime victoire…
Et puis ce moribond, fils du vent mauvais, repêché dans l'eau boueuse du fleuve, loin, si loin, de toute civilisation… Entre deux fièvres, il raconte son histoire tourmentée, pleine de fureur, de sang, de tendresse aussi.
Le barde enfin, qui voit tout, raconte tout, en une longue et triste mélopée, car lui a tout compris : il sait que ce voyage est sans retour, et que son récit est celui dont on fait les légendes…
Je n'ai pas réussi à embarquer avec ces conquistadors si déterminés à mener bravement leur dernier périple. À aller le plus loin possible. Jusqu'au bout du long fleuve… Je n'ai pas été bousculé ni transporté par la puissance du mythe, par la folie de ces quelques hommes en train de se faire dévorer tout cru par la sombre et puissante forêt.
Ce fut long, et lent, et poussif.
Déçu…

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boudicca
  30 avril 2014
Dépeint comme un savant mélange entre Robin Hobb et Robert Holdstock, et vanté par Justine Niogret ou encore Jean-Philippe Jaworski comme une véritable révélation, c'est dire comme ce premier tome de la trilogie « Les sentiers des astres » signé Stefan Platteau était attendu ! Et si on aurait habituellement raison de se méfier de ces compliments entre auteurs souvent hasardeux et trompeurs, le terme de pépite ne me paraît pour une fois pas usurpé dans le cas de « Manesh ».
Perdues dans les lointaines et impénétrables forêts du Nord, deux gabarres menées par une petite compagnie dirigée par le chef de guerre Kalendûn Rana entreprennent plus ou moins aisément de remonter le cours du fleuve à la recherche d'un ancien oracle baptisé « le Roi-diseur ». Mais le Vyanthryr est traître, et on trouve parfois de bien étonnantes surprises dans les profondeurs de ses eaux... On pourrait certes reprocher à l'ouvrage quelques longueurs et un léger essoufflement du rythme lors de certains passages, mais au-delà de cela il faut bien avouer que le roman de Stefan Platteau se révèle être une véritable réussite, embarquant le lecteur dans un voyage envoûtant aux côtés de personnages fascinants. Parmi eux : Fintan Calathynn, notre narrateur, second du capitaine de l'expédition mais aussi et surtout barde, et de ce fait fort habile dès qu'il est question de manier les mots ; et surtout le fameux Manesh, le Bâtard de Marmach comme certains aiment à le nommer. Deux hommes d'exception, chacun à leur manière, et dont les récits constituent la trame de ce premier volume. A Manesh le passé : son origine, son enfance et ses aventures jusqu'à sa rencontre avec les membres de l'équipée de Kalendûn Rana ; au Barde le présent : la découverte du Bâtard et le déroulement de leur voyage sur le fleuve. Avec un talent remarquable, Stefan Platteau tisse les fils d'une intrigue dense et complexe dont les nombreux rebondissements ne cessent de surprendre le lecteur qui ne peut qu'attendre avec avidité que les différents protagonistes se décident enfin à livrer leurs secrets.
Bien que l'action s'y fasse finalement plutôt rare, on ne peut s'empêcher de se passionner pour le récit livré au compte-goutte aussi bien par le Barde que par le Bâtard, personnages aussi attachants et énigmatiques l'un que l'autre. Mais le tour de force de l'auteur tient surtout à l'ambiance dont il a su imprégner son histoire. Une ambiance fortement inspirée de la civilisation celtique dont Stefan Platteau est parvenu à retranscrire toute l'étrangeté et la complexité, notamment en choisissant de faire de son univers un lieu où résiderait encore une poignée d'antiques êtres magiques. Esprits primordiaux de la terre, Semeur de feu, Pâtre noir, Lunaires et Solaires..., elles sont nombreuses, les créatures fabuleuses des légendes, à peupler encore le royaume de l'Héritage et c'est avec émerveillement ou effroi que le lecteur fait connaissance, plus ou moins brièvement, avec certains de ces êtres fabuleux. Difficile de ne pas penser lors de la lecture au « Même pas mort » de Jean-Philippe Jaworski qui s'inspirait lui aussi amplement de la civilisation celtique et dont on retrouve ici quelques caractéristiques. Il y aurait beaucoup plus à dire mais « Manesh » est de ces ouvrages dont il est difficile de parler et qu'il convient plutôt de découvrir par soi-même pour en saisir toute la beauté et les subtilités. Un dernier mot malgré tout sur le style de l'auteur qui manie sa plume avec un talent admirable et donne ainsi naissance à des scènes ou des dialogues d'une rare intensité et par lesquels on se laisse complètement happer.
Un premier tome remarquable qui prend le lecteur au piège dès les premières lignes pour ensuite ne plus jamais le lâcher. Des personnages profonds et attachants, une plume évocatrice et non dénuée d'une certaine poésie, un univers envoûtant et qui recèle encore d'innombrables possibilités : autant d'ingrédients qui font de ce « Manesh » un ouvrage d'une grande saveur dont il me tarde de découvrir la suite. Sans aucun doute l'un de mes premiers gros coups de coeur de cette année 2014.
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Yaena
  26 août 2022
La fantasy, ce n'est pas ma zone de confort, pourtant, curieuse de l'enthousiaste suscité par ce livre chez mon babel copain CasusBelli, j'ai embarqué sur une gabarre.
Alors déjà je ne savais pas ce que c'était qu'une gabarre (on ne fait pas le malin là-bas au fond : moi je sais gna gna gna) ensuite je me suis retrouvée perdue en pays complètement inconnu entourée d'un vocabulaire qui m'échappait totalement. Ce n'est pas la première fois que ça m'arrive mais là je sentais cet univers inaccessible qui m'échappait de plus en plus. Puis, petit à petit je me suis habituée à cette plume médiévalo-celtique. En compagnie de Fintan j'ai découvert un monde à part et une nature surprenante. J'ai beaucoup aimé cet aspect du livre et cette nature mystique, accueillante et dangereuse à la fois. Nous sommes à une époque où la chrétienté n'en est qu'à ses balbutiements et les croyances ancestrales qu'on qualifiera ensuite de païennes sont partout comme une évidence. Chacun a plus ou moins les siennes. J'aime cette mythologie riche d'histoires et de vielles légendes qui glorifient la nature avec un mélange de crainte et de respect. J'aime l'indéchiffrable qui s'en dégage, le savoir des vieux Druides, le secret des runes et la magie. J'aime que le lieu sacré soit non pas une bâtisse de l'Homme mais une forêt ou une étendue d'eau. Cet univers envoutant m'a fasciné, toujours sur le fil entre émerveillement et crainte.
Dans ce livre la nature est un personnage à part entière vivant et multiple. Mais Fintan et ses compagnons ne sont pas là pour admirer le paysage, la promenade bien qu'elle progresse lentement (parfois trop à mon goût), n'est rien d'autre qu'une quête mystérieuse aux nombreuses facettes et bien plus dangereuse qu'il n'y paraît. Il règne sur ce drôle d'équipage une aura de mystère et certains personnages m'interpellent telles la courtisane et sa fille que je trouve bien étranges.
Et puis l'arrivée sur cette gabarre de Manesh, un personnage des plus étranges, ajoute du piment et élargi le champ des possibles. le récit alterne entre le présent sur la gabarre et les souvenirs de Manesh. Très vite ce sont 2 quêtes dans lesquelles le lecteur va se retrouvé plongé. Toute une galerie de personnages va naître de ces récits et il faut parfois s'accrocher pour s'y retrouver d'autant que leurs noms sont peu communs pour les pauvres mortels qui vivent au XXIème siècle comme moi. Je me suis aussi un peu perdue entre les différents clans qui s'opposent et les enjeux politico stratégiques. Ce n'est pas trop mon truc j'ai toujours du mal à accrocher.
Une aventure un peu trop contemplative à mon goût. J'avoue que certains passages furent longs et, même si l'écriture est belle, je l'ai trouvé parfois un peu trop recherchée et pas assez rythmée. Question de goût : ce qui a fait le régal des uns créé la frustration chez les autres ! L'accélération arrive tardivement et j'ai parfois peiné à arriver jusque-là et à suivre. Mais dans l'ensemble le voyage fut agréable et je salue l'imagination débordante de l'auteur et son érudition (d'ailleurs j'ai tout un tas de mot à chercher dans le dico c'est malin !).
Une lecture en demi-teinte donc pour moi mais je n'oublie pas qu'il s'agit du tome 1 et qu'il pose le cadre et les bases, ce qui explique peut-être certaines choses. Une lecture du tome 2 n'est donc pas à exclure. En tous cas cela m'a donné envie de découvrir un peu plus ce genre méconnu pour moi : La fantasy ! Merci Eric pour la découverte !
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Arakasi
  02 décembre 2015
Dans une gigantesque forêt aux mille recoins sombres et hostiles, serpente un fleuve et sur ce fleuve voguent, solitaires, deux gabarres. A leurs bords, sont réunis les plus braves et les plus ingénieux guerriers du royaume de l'Héritage, un petit groupe d'hommes triés sur le volet pour réussir la plus dangereuse de toutes les missions : découvrir le trône du Roi Diseur, l'antique oracle dont les yeux clairvoyants sondent aussi bien l'avenir que le passé, et mettre fin grâce à ses réponses à la guerre civile qui ronge leur pays. Les méandres du fleuve sont nombreux et ses rives peuplées de populations étranges et de créatures monstrueuses et féroces, mais la petite troupe du Capitaine Kalendun Rana est prête à affronter tous les périls pour sauver leur patrie.
Mais voici que la monotonie du voyage est brusquement secouée ! A moitié noyé et les deux jambes brisées, un moribond est sauvé par l'équipage alors qu'il était sur le point de s'abîmer dans le fleuve. Qui est-il ? D'où vient-il ? Et quelles mésaventures l'ont entraîné dans cette triste situation ? Il s'appelle Manesh mais préfère être nommé sous l'appellation « le Bâtard » et – sournoiserie, frayeur ou épuisement ? – ne semble pas pressé de raconter comment il s'est retrouvé perdu dans ces bois pourtant désertés des humains. En revanche, il se fait un plaisir de conter son enfance au barde Fintan Calathynn qui l'a pris sous son aile et son récit est fort digne d'intérêt, oh oui ! Car Manesh est un « mi-solaire », un de ces bâtards que les très anciens géants solaires se plaisent à abandonner parfois en la compagnie des hommes. En sa qualité d'enfant des fées et dans sa quête de son véritable père, le Semeur de feu, Manesh a connu bien des aventures et a été pourchassé par de terribles créatures, telles que le Pâtre Noir et sa Harde. Manesh raconte donc et il raconte bien, mais pendant ce temps, les jours filent, les gabarres avancent et d'étranges bruits s'élèvent des bois environnants… le Capitaine Rana a-t-il raison de se méfier du volubile conteur ? Et celui-ci cacherait-il des choses à ses sauveurs ?
Cela faisait un bout de temps que le premier tome du « Sentier des Astres », « Manesh », encensé par d'aussi brillants auteurs que l'excellent Jean-Philippe Jaworski, me faisait de l'oeil mais, radine comme je suis, j'attendais de le trouver miraculeusement d'occas. Ma patience a été récompensée dans tous les sens du terme ! Ce premier roman est une perle ! Mentionnons déjà le très beau style de l'auteur : tout en poésie et en subtilité, il séduit dès les premières pages de la narration et parvient à sublimer des scènes aussi ordinaires que le halage d'une gabarre ou une marche à travers les bois. Mais, ordinaire, le récit ne l'est heureusement pas beaucoup. Assez peu prodigue en scènes d'action, il se déroule au même rythme que les eaux du fleuve, tantôt lent, tantôt rapide, un peu hypnotique. Peu complexe au premier abord, il gagne en profondeur au fur et à mesure que l'auteur tisse son intrigue, révélant ses secrets et ses mystères au compte-goutte mais avec une habilité digne d'un illusionniste. Les coups de théâtre ne sont pas nombreux mais ils sont efficacement amenés et parviennent agréablement à nous prendre par surprise.
L'univers, quant à lui, est riche et fort bien construit. Très inspiré par la mythologie et l'histoire celtiques, il fait inévitablement penser à la récente trilogie « Rois du Monde » de Jaworski, mais s'en distingue par assez d'aspects pour ne pas donner une impression de redondance. Il faut saluer un Bestiaire particulièrement fascinant, notamment quand il s'agit des géants lunaires, solaires ou ténébreux, anciens maîtres de la Terre avant que les hommes ne viennent la coloniser. L'auteur équilibre parfaitement réalisme et magie, politique et fantastique, donnant un parfum de vraisemblance à cette expédition menée aux frontières séparant le monde des humains et celui des dieux.
S'ajoutent à cela des dialogues puissants, des personnages charismatiques dotés de motivations complexes et de caractères bien campés, mes favoris étant le taciturne et lettré Capitaine Rana et le « Barbier » Perdouan, joyeux bougre à la répartie facile et aux manières de chien fou tout à fait sympathiques. Séduite par cette première immersion dans « le Sentier des Astres », j'attends avec curiosité le prochain tome et tromperai surement ma patience en me procurant le court one-shot écrit entretemps par l'auteur, « le Dévoreur » (quel nom prometteur !)
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critiques presse (2)
LeSoir   15 juillet 2014
Le Belge Stefan Platteau nous offre un premier roman de fantasy formidable.
Lire la critique sur le site : LeSoir
Elbakin.net   25 février 2014
Oui, il faudra sans aucun doute compter avec Manesh et Stefan Platteau, d’autant qu’il semble évident que le choix d’une trilogie n’a pas été le fruit du hasard. En attendant, ce premier tome s’avère plus que consistant.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
boudiccaboudicca   14 avril 2014
Nous avons quitté Yvachrir sur le lac, dernière communauté au nord du monde, trois bonnes semaines après la fonte des neiges, à bord des deux gabarres turquoises rachetées aux pêcheurs freyanthi. Dans mon souvenir, ce ne sont que de longs chalands vaguement rectangulaires qui traînent leur coque plate à contre-courant ; mais je sais que Varagwynn, et d'autres compagnons, n'en reparleraient pas ainsi. Ils diraient : « c'était les meilleurs bateaux que l'on puisse trouver pour remonter le Framar vers sa source. Leurs flancs étaient bardés d'esprits protecteurs, des poissons ors accompagnaient leur course, les ondines et les nixes chevauchaient leur sillage. Leurs girouettes étaient d'ivoire finement ajouré, et dans ces girouettes, le vent chantait des mantras. » Qui suis-je pour les contredire ?
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Eric76Eric76   22 juin 2021
Le capitaine chasse tout le monde du dortoir arrière, pour que le blessé y demeure seul avec ses fièvres. Cela porte malheur, de dormir auprès d'une personne qui est la proie de la pourriture : les esprits morbides qui s'en extirpent pendant la nuit risquent de venir languir vers vous. S'ils vous effleurent dans votre sommeil, ils vous portent la guigne pour une septaine ; au mieux ils se contentent de vous happer dans leurs sombres songes tourmentés. Moi seul ai l'autorisation de rester pour veiller sur notre patient. Je ne crains rien des mauvaises âmes : je sais des accords de sitar capables de les tenir à distance.
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GabySenseiGabySensei   18 décembre 2014
Manesh avait déjà cette carnation cuivrée que l'on ne retrouvait chez nul autre membre de la famille, le visage rond et une tignasse d'un noir de jais, semblable à celle de sa mère par la couleur mais non par la forme : la Dame avait le cheveu plat, alors que la crinière de Manesh fleurissait de boucles pleines avec une insolente vitalité. C'était, de l'avis de tous, un garçon agréable, qui ne se plaignait jamais de rien et apportait à toute entreprise la même énergie tranquille. Pourtant, comme il aimait à se mettre en retrait pour observer les choses et les gens d'un œil qui scrute et qui questionne, avec une patience de guetteur, il finissait parfois par mettre son entourage mal à l'aise. On aurait dit qu'il cherchait toujours les visages derrière les visages, les mots derrière les mots. Ses grands yeux verts possédaient une étrange acuité. Ils laissaient parfois à ses proches l'impression de les dépouiller de leur écorce et de les lire en dedans. C'était, disait Fergus, comme s'il voyait en eux des choses qu'ils ignoraient eux-mêmes, l'heure de leur mort peut-être, ou bien ce qu'ils étaient au plus profond de leur être. Souvent, ses frères auraient voulu que cesse cette inquisition permanente qui leur donnait l'impression d'être des bêtes curieuses, ou bien ils rêvaient de percer à jour les secrets de cette âme étrangère, tapie derrière ces pupilles claires comme la tourmaline.

(P70)
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TatooaTatooa   27 novembre 2016
Ainsi débute mon chant : par l'éveil du fleuve à la fissure de l'hiver. Des morceaux de glace se détachent de ses berges, ses flots se gonflent du produit de la fonte, sa panse s'arrondit et devient navigable. Et, tandis qu'il chevauche le Nord, la forêt tout entière reprend vie. Des ombres muettes se préparent à ranimer leurs vieilles chasses, les esprits prisonniers de la terre gelée s'en échappent en sifflant pour sinuer le long des racines.
Puis, un certain jour de printemps, le Vieux fleuve s'avise de nous offrir un présent.
Aux premières brumes matinales, il charrie dans ses doigts glacés un homme aux jambes brisées qui dérive, fiévreux, sur un entrelacs de branches au milieu du courant.
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boudiccaboudicca   23 avril 2014
Cela fait plus de cent vingt ans que mes frères m'ont trouvé devant le portail, mais j'en vivrai volontiers cinquante de plus. En fait, je ne m'arrêterai pas tant que j'aurai au cœur cette envie insensée de boire mes nuits et dévorer mes jours, bénir les étoiles, bâtir des cités de connaissance et de paix, graver dans ma mémoire des visages, des voix, des instants et des songes. Tant de merveilles et de tourmentes à contempler en ce monde, ah, cela ne te rend pas ivre ?
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A l'occasion des Imaginales, Stefan Platteau revient sur l'écriture de la saga des Sentiers des Astres et de Jaunes Yeux qui est paru il y a peu aux éditions Les Moutons Electriques.
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