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EAN : 9782290143544
Éditeur : J'ai Lu (11/10/2017)
4.36/5   98 notes
Résumé :
Sept hommes, une femme et une enfant. Ce sont les derniers compagnons qu'il reste au barde Fintan Calathynn pour mener à bien la quête du Roi-diseur, à travers une forêt boréale plus menaçante que jamais. Neuf survivants aux abois, retranchés dans la grotte des Teules, encerclés par l'ennemi. À l'heure où la gabarre livre ses derniers secrets, et où les arbres tremblent de la colère des géants, les fugitifs devront jouer cartes sur table et révéler les ombres issue... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (24) Voir plus Ajouter une critique
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sur 98 notes
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boudicca
  13 mai 2016
Après le succès amplement mérité de son premier roman, Stefan Platteau renoue avec l'univers des « Sentiers des astres » à l'occasion d'un second volume qui met enfin un terme à l'insoutenable attente dans laquelle nous avait plongé le final de « Manesh ». L'auteur opte à nouveau pour une double narration, donnant ainsi la parole à deux des neuf membres restants de l'expédition du capitaine Rana parti vers le Nord en quête de l'oracle connu sous le nom de Roi-diseur. le premier reste Fintan Calathynn, second du capitaine et surtout barde, gardien du « vrai dire » habile à manier les mots aussi bien que les notes. le second, par contre, n'est plus le Bâtard de Marmach qui nous avait fait don de son histoire dans le premier tome mais la Courtisane, personnage au moins aussi énigmatique que l'être solaire. Si on pouvait reprocher au premier tome une certaine lenteur, ce deuxième opus démarre sur un rythme beaucoup plus nerveux.qui ne faiblira que rarement tout au long des quelques trois cent pages que compte le roman. Dans la première partie, on suit avec un mélange d'inquiétude et d'émerveillement la fuite éperdue de nos neuf compagnons, pourchassés par des créatures d'un autre temps dans une forêt tellement chargée d'histoire et d'étrangeté qu'elle en devient presque un personnage à part entière. Et quel personnage ! L'auteur puise cette fois encore son inspiration dans différentes mythologies (notamment asiatiques) qui donnent davantage de profondeur et de complexité à son univers qu'il nous dévoile par petites touches.
Arrivé au premier tiers du roman, le récit du Barde se fait d'ailleurs tellement prenant qu'on éprouve quelques réticences à s'en écarter pour se plonger dans l'histoire de la Courtisane, personnage qui a pourtant le don d'éveiller la curiosité du lecteur depuis le début. Et puis, en à peine quelques pages, la conteuse nous prend à son tour dans sa toile et ne nous lâchera plus avant la toute dernière ligne : « Vous attendez donc que je vide mon sac. le récit des fautes et des plaintes de la putain. Très bien. Vous allez être servis ! Je ne promets pas d'avoir honte. Je vais faire ce que je fais le mieux : me livrer sans pudeur. Conter pour le bon plaisir des hommes... » La voilà donc qui réveille pour son auditoire les souvenirs de son enfance sur l'île de Fintami : les heures passées dans le Lempio, la grande forêt jouxtant le domaine de sa mère ; sa connexion profonde avec les esprits peuplant ces bois ; sa rencontre décisive avec le beau mais orgueilleux Meijo ; leur épique lutte contre la Croque-carcasse... le récit de la Courtisane se fait aussi captivant que celui du Bâtard de Marmach et c'est avec frustration que l'on comprend qu'il faudra patienter davantage avant de la voir révéler tous ses secrets ainsi que les raisons qui l'ont conduites à se joindre à l'expédition sur le Vyanthryr. Outre l'intérêt porté à l'intrigue et aux différents personnages, le charme du roman repose en grande partie sur le soin que l'auteur apporte à son écriture qui se distingue très nettement par son raffinement et sa puissance évocatrice (le rapprochement avec un autre auteur comme Jaworski est à ce titre assez tentant).
Avec « Shakti » Stefan Platteau signe un deuxième tome encore plus abouti que le premier qui ne fait que confirmer son talent. C'est avec regret que l'on s'arrache à cet univers foisonnant porté par une plume d'une grande finesse et incroyablement immersive. Les visions du barde entonnant son Chant afin de gagner la forêt à sa cause, du combat contre les guerriers de l'Hermine ou de la cité aérienne des Teules sont de celles qui vous restent en tête pendant longtemps…
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Tatooa
  23 novembre 2017
Sévère ? non...
Il n'y a plus l'effet "découverte" ni "surprise" du premier tome... Alors j'ai le droit d'être exigeante.
Pourquoi même pas 4 étoiles ? Parce que par moments je me suis em**** ! Tout simplement... Voire énervée, aussi, d'ailleurs...
L'histoire de Shakti me déçoit, du moins la partie qu'on a en seconde moitié de ce tome 2, puisque je suppose qu'on aura la suite dans le tome 3. Non mais franchement quelle purge ! Si toute la partie "mythologique" est fort intéressante et tire l'ensemble vers le haut (L'Ourse, les "songes", le chamanisme poussé), l'histoire avec Meijo et la stupidité de Shakti "jeune" (Nisu donc) sont tellement clichés que j'ai eu parfois envie de balancer le bouquin contre le mur. Ouille. Pas bon. D'autant moins qu'il n'y avait pas besoin d'en faire une telle gourdasse pour avoir une bonne histoire. Elle est tellement éloignée du superbe personnage mystérieux du premier tome que j'en étais à me demander si c'était bien la même... Snif !
Alors que l'auteur brille sur ses personnages masculins, tous autant qu'ils sont (Le dit de Fintan est excellent du début à la fin), franchement, son perso féminin, pour l'instant, c'est pas une réussite de mon point de vue. Ouf, il y a sa mère, qui relève un peu le niveau.
Le style est toujours agréablement troussé, quoi qu'un brin répétitif sur certaines tournures de phrases, ce qui finit par me lasser, forcément. Heureusement, il y a les personnages masculins, et les Teules ! Aaaaah les Teules, comment ils ont sauvé les derniers chapitres à mes yeux, trop fort !
Ils sont attachants, passionnants à découvrir, intrigants ! Et ô combien ils ont maintenu mon intérêt dans une fin de bouquin qui était de plus en plus mauvaise de mon point de vue.
J'espère que le tome 3 redressera la barre parce que là, j'avoue, mon intérêt est bien moindre qu'à la fin du premier tome.
Et même le cliffhanger de fin n'a pas réussi à me faire changer d'avis... Bref, je pense pas que je vais attendre le tome 3 comme j'avais attendu le tome 2.
Déçue je suis...
Peut-être parce que j'en attendais trop...
Edit de juin 2018 : j'ai appris que le tome 3 s'appelait "Meijo". Autant dire que pour moi, l'aventure s'arrêtera là. Donner à son bouquin le nom d'un personnage qui n’apparaît qu'au cours du second et qui n'est même pas dans l'aventure principale, ça va bien, là. On part pour un cycle style "roue du temps", où les digressions font 80% du poids de la série. Je donne une chance aux cycles de fantasy, oui, ça oui, pour la mise en place. Mais quand la mise en place devient de la dilution, moi, ça me gave. Exit les sentiers des astres...
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MonsieurLoup
  23 janvier 2017
Après avoir découvert Manesh il y a quelques mois, premier tome des Sentiers des Astres, et être tombé sous son charme, il me tardait de revenir à cet univers, ces personnages, cette ambiance et cette plume.
Ceux qui se plaignaient de longueurs dues à trop de descriptions dans le premier tome peuvent se rassurer, Shakti démarre sur un rythme plus rapide et soutenu, chargé d'une tension presque palpable au son des cors des Nendous et d'éclats d'actions sur près d'une centaine de pages.
Sans renier pour autant sa plume riche faisant encore une fois appel à tous nos sens, bien que peut-être un peu plus sobre. Ce tome se fait plus fluide, plus digeste que le précédent. A peine les premières phrases esquissées, le charme opère déjà à nouveau pour nous immerger corps et âme dans cette histoire.
Puis le rythme se calme, s'apaise, et la seconde partie du roman s'enclenche. Après le récit de vie de Manesh dans le tome précédent, c'est ici la Courtisane qui retire ses voiles et se raconte ; on explore alors avec fascination son passé dans une ambiance nordique hivernale et mystico-shamanique des plus réussies. La mythologie qui imprègne ces contrées est encore une fois bien pensée et efficace, et la plume si efficace de l'auteur nous fait arpenter nous aussi la forêt du Lempio, respecter les esprits qui la peuplent, et craindre la terrible Croque-Carcasse.
On y découvre également des personnages travaillés et marquants, en bien ou en mal, notamment la mère de Shakti, personnage fort réussi (et fort tout court) ; ainsi que Meijo qui, lui, s'avère beaucoup moins sympathique, si fermé qu'il est à la magie et aux traditions de l'île, enchaîné à ses peurs intimes, à ses reproches et sa fierté mal placée. Et pourtant chaque personnage est plus complexe que cela, avec ses bons et mauvais côtés.
On prend également le temps de s'attacher à certains personnages secondaires qu'on avait un peu moins vu dans le tome précédent, et ce parfois en quelques lignes seulement. Cependant, s'il y en a bien un qui ne se dévoile toujours pas, c'est notre ami le Barde.
Les seuls reproches que j'aurais à faire concerneraient la présence d'encore quelques coquilles typographiques (l'absence de tirets lors de certains dialogues) ; puis concernant le fond, le fait de passer un peu trop de temps dans l'Outre-songe dans la seconde partie du roman, pas forcément passionnant, surtout pour une telle conclusion.
Et frustration à la fin de ne toujours pas savoir pourquoi Shakti est embarquée dans cette aventure et ses liens avec Rana : on a réellement que la moitié de son récit de vie, et l'impression d'une promesse faite par ce roman qu'à moitié honorée.
Mais qu'il est difficile de poser ce livre une fois fini, et de se dire que l'attente pour le suivant ne fait que douloureusement commencer, alors que l'univers, ses personnages et ses sensations nous imprègnent encore, sans qu'on veuille les voir s'estomper.
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oursinculte
  26 septembre 2016
Pour replonger dans le monde envoutant des Sentiers des astres, il fallait le bon moment, le bon contexte. Non, on ne lit pas Shakti (le second tome de la saga de Stefan Platteau) n'importe comment. Il fallait être au calme, de préférence avec des petits oiseaux qui chantent et des arbres partout. Voilà, maintenant on est bien, on peut y aller.
Dans Manesh, nous avions laissé nos amis bateliers en fort mauvaise posture. Acculés dans une caverne, traqués par les cruels Nendous, l'affaire semble pliée. Cette suite démarre directement là où le livre précédent nous avait laissé, et nous fait découvrir la suite des péripéties de l'enfant solaire et ses compagnons. Nous restons plongés dans cette atmosphère si particulière de fantasy exotique où les récits se croisent. L'art du conteur est toujours aussi important chez l'auteur, et si Manesh mélangeait l'aventure des gabarres au récit raconté par le mystérieux rescapé, ici c'est un autre personnage qui s'y colle. Et bon, c'est dans le titre donc on va pas en faire un mystère, c'est bien Shakti qui va nous conter son histoire au coin du feu.
Pourtant, l'alternance présent/passé n'est pas aussi diluée que précédemment, il faudra attendre la moitié du bouquin pour se poser et écouter la courtisane nous conter son dit. Avant ça, c'est bien l'aventure de l'expédition de capitaine Rana qui continue, et de fort belle manière. Les péripéties de la troupe sont mouvementées, désespérées et éblouissantes à la fois. Il leur faudra tenter le tout pour le tout pour s'en sortir, et avoir un peu de temps pour se raconter les uns les autres. Pendant ce temps, les tensions montent dans l'équipage, méfiance et trahisons sont au menu, la dynamique de groupe est admirablement bien gérée et permet une immersion totale du lecteur. Fintan le barde nous réserve un des moments les plus mémorables de la saga (jusqu'ici) avec son chant qui s'élève dans une scène magnifique.
Au passage nous découvrons le mystérieux peuple des Teules aux fascinantes coutumes de sauvages bizarroïdes, dont la découverte constitue une respiration après tant de tension accumulée. Et c'est là que la dame du groupe va pouvoir se poser pour commencer le récit de sa jeunesse, pour nous transporter dans un tout autre univers. Elle va nous embarquer dans son enfance dans les forêts du grand nord, dont sa mère est le seigneur chamane, régnant sur les bois, ses habitants et ses animaux fantastiques. Shakti évoquera les erreurs de son enfance qui l'ont poussé à l'exil à travers une tragédie digne des grands mythes antiques, avec ses erreurs, châtiments et rédemptions.
La jeune Nisù évolue dans un monde très proche de la forêt dont les croyances sont liées aux arbres et aux animaux. Parmi eux vivent des bêtes centenaires mystiques qu'il faut respecter et craindre, dont l'ourse carnassière qui sera le centre de cette tragédie. Ces animaux sont l'équilibre de leur monde mais on nous présente une suite d'évènements qui reflète l'éternel problème de l'arrogance humaine face à la nature, un sentiment de supériorité et le droit de vie et de mort que nous nous octroyons sur les autres espèces. Jusqu'à ce qu'on tombe sur un os… Un os de quelques tonnes… Ce thème est développé de manière très subtile et intéressante, c'est pas non plus méchant-étranger-veut-couper-arbres-et-chasser-animal, la problématique est complexe, finalement très humaine et abordée avec tact.
Derrière cette construction en deux parties on retrouve toute la beauté de l'univers des Sentiers des Astres, que ce soit le début avec l'aventure de Fintan et sa troupe ou dans la seconde moitié avec la jeunesse de Shakti, Stefan Platteau réussit encore à nous transporter dans son monde plein de poésie, de magie et de créatures fantastiques. Ce second tome est au moins aussi prenant que le premier, avec cette fois-ci un rythme plus soutenu et mieux maitrisé. Et puis y'a une ourse bad-ass. Qu'est-ce qu'on pouvait avoir de plus cool que ça ? Seule (toute petite) ombre au tableau, on est un peu frustré par la fin qui termine au milieu de l'histoire de Shakti, laissant une grande partie de son mystère non résolu, et on s'attend à avoir un « Shakti 2, le retour » pour comprendre vraiment le personnage. Ça n'enlève rien aux grandes qualités de l'ensemble, mais on reste un peu sur notre faim par rapport à ce personnage.
Shakti confirme (si certains en doutaient encore) que Stefan Platteau est un grand monsieur de la littérature francophone. Après Manesh et Dévoreur, ce roman est une nouvelle petite merveille qui invite au voyage. Et j'ai envie de lire la suite… Elle est où la suite ?
Lien : http://ours-inculte.fr/shakti/
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TelKines
  11 février 2018
Les deux narrateurs de ce tome sont l'habituel barde Fintan suivi par la courtisane Shakti (au cas où vous n'auriez pas compris vu le titre du roman). Après Manesh et son incroyable vie, c'est la seule femme du groupe (si on excepte sa fille) qui va enfin révéler une partie des nombreux mystères de son passé mais avant d'en arriver là, nos gaillards vont devoir mettre de la distance entre la horde noire et eux-mêmes.
A la fin du premier tome, Fintan et son groupe se retrouvent terrés dans une bonne cachette mais sans être à l'abri, au risque de se faire débusquer. Alors, la survie doit passer par la fuite. Une fuite d'abord en catimini avant de se faire malheureusement repérer. de courses effrénées à des escarmouches plus ou moins sanglantes, notre groupe doit composer comme il peut entre la fuite, la peur, la fatigue, les blessures plus ou moins sérieuses et la lutte envers les éléments, la magie noire, des forêts oppressantes, des êtres humains et aussi contre des animaux, des hyènes, ayant une ressemblance avec les terribles Wargs (« le Seigneur des Anneaux »). de plus, plusieurs membres du groupe ne font plus confiance en Manesh. Qui ne doit son salut que grâce à ses pouvoirs de communication avec les êtres solaires dont un est venu en aide à Fintan et compagnie. Il doit aussi sa survie grâce à ses quelques talents d'épéiste et qu'il est le fils d'un Solaire, donc sa guérison est plus rapide.
Mais, tout n'est pas sombre. On découvre enfin le peuple de la forêt. Leur mode de vie, quelques coutumes. C'est magique ! Tout simplement. Et dans ce havre de paix, Shakti se met à narrer sa vie. Sa vie loin de leur lieu de repos, sur une île polaire, froide, aux forêts majestueuses et emplies d'êtres respectés et très anciens. Suite à un terrible évènement, alors encore une toute jeune femme et rendue idiote par l'amour, elle va devoir fuir sa patrie en compagnie de son amant. Son récit s'arrête alors qu'ils traversent la mer à bord d'un bateau qui les fera arriver dans le royaume de Manesh et Fintan.
Alors oui, j'ai écrit « idiote » pour Shakti car franchement sa bêtise se flaire à trente lieues ! C'est le cliché classique mais malgré tout, cette idiotie m'a donné envie de savoir quelle serait sa punition et ses conséquences. Et je n'ai pas été déçu.
Ce deuxième épisode est encore meilleur que le premier. Plus haletant et tout autant poétique. Les quelques longueurs présentes dans le premier sont toujours là. Pourtant, elles passent mieux, plus rapidement. Je me suis retrouvé bien plus transporté dans ce périple. Les péripéties des uns et des autres, leurs impressions, leurs passés tout est envoûtant !
Il ne me reste plus qu'à attendre la sortie du tome 3.
Tome lu en écoutant la bande originale de la série « The Letfovers » par Max Richter. J'ai trouvé que cela collait bien à la lecture. Enfin, pour ma part, je la trouve inquiétante, mélancolique, sombre et un poil lyrique. Trop court mais tout cool pour cette lecture.
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critiques presse (1)
Elbakin.net   30 mai 2016
Au bout du compte, Stefan Platteau confirme qu’il incarne une voie à suivre, capable qui plus est d’évoluer dans le bon sens, en instillant un peu de sobriété à sa plume.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
boudiccaboudicca   19 mai 2016
Les Chants primordiaux, c'est l'or mystique des bardes : nous passons la moitié de nos vies à les rechercher, et l'autre moitié à les maîtriser. Ils sont les poèmes originels, les tout premiers qui furent faits par le verbe et la note, quand l'homme n'était encore qu'une bête balbutiante. Ils narrent les primes aurores du monde, l'émergence des forces élémentaires, et ces temps mythiques où les planètes emplissaient le ciel de leurs orbes gigantesques. Le Chant de l'océan. Le Chant du feu. Les Séries de la lune. La Geste des bêtes et celle de la Naissance du fer. Ils n'ont pas changé d'un seul soupir depuis des siècles, sans doute des millénaires.
+ Lire la suite
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boudiccaboudicca   12 mai 2016
Croque, craque, mords et ronge !
Griffes d'ébène et crocs de fer,
Parfum de tombe et patte en pierre,
A l'heure où les ombres s'allongent.

Souffle, racle, grogne et gronde !
Gueule saisit, mâchoire enserre,
S'offre la chair au croque-cerf
La mort qui rôde dessous l'onde.

Je plie bliaux sur mes genoux
J'incline front, et ploie le cou
Pour saluer comme il se doit
L'ourse seigneur de ce bois.
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boudiccaboudicca   09 mai 2016
Il me reste à chanter les Rois. Les géants de la troisième génération, qui s'élevèrent si haut que les vents se déroutèrent, que des empires d'oiseaux se bâtirent, et que l'on crut toucher les Astres. A ces mots, la forêt se rengorge ; elle s'enivre de sa propre majesté. Je sais alors que j'ai gagné son cœur. Mon conte a flatté l'auditoire ; le barde peut exiger sa récompense. Point de banquet ni de vins fins ; ni de riches présents ni de soie douce. Ce que désire le conteur, en ce moment, c'est la force des branches et la vigueur des racines, c'est le piquant des épines et le bouclier de l'écorce.
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MoglugMoglug   01 avril 2017
[incipit]
Le dit de Fintan Calathyn – 1

Seizième nuit

Lichen, humus et bois mort.
J’en ai plein le ventre, les chausses et les genoux. Collés à ma peau, incrustés dans mes pores. Écrasés dans mes fibres.
La pluie d’hiver a lessivé la terre. Le tapis forestier sous mes coudes exhale sa pourriture d’écorce et d’aiguilles ; la mousse regorge d’une humidité froide qui se faufile sous ma chemise lorsque je me presse contre elle, en amant appliqué.
Nous rampons.
Moi et mes deux compagnons de raid, nous tortillons des reins pour nous fondre dans les racines du Vyanthryr. Nous nous faisons plus plats que couleuvres ; à force nous finirons par devenir limon.
+ Lire la suite
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TelKinesTelKines   24 janvier 2018
« Bah, tais-toi un peu, maudit rabat-joie ! […] Laisse-là conter comme il lui plaît ! Une vraie femme qu’a pas peur des mots, ça t’a toujours manqué, mon salaud ! Allez donc, Ma dame, ne vous souciez pas des nicets ! Narrez-nous les bonnes choses de la vie : les jeux de la fendace et de la pendeloche, les offrandes d’amants, les jointures joyeuses ; et puis les plaisirs de banquet, les chevauchées prodigieuses, et tout ce qui manque aux guerriers que nous sommes ! Vous n’imaginez pas à quel point tout cela nous réconforte… »
Elle nous dédie un sourire férocement canaille et reprend son récit, grisée par l’eau-de-vie.
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