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EAN : 9782361834678
Éditeur : Les Moutons Electriques (24/05/2018)
4.12/5   68 notes
Résumé :
Pour avoir mis à mort la Croque-Carcasse, l'ourse sacrée du Lempio, la jeune Nisu s'est vue bannie de son île natale, il y a près de dix ans. Pourchassée par une ombre, hantée par l'Outre-songe, elle s'embarquait vers l'Héritage, en compagnie de son amant Meijo.Par quels caprices du destin l'apprentie chamane est-elle devenue la Courtisane Shakti ? Pour le savoir, le Barde Fintan et ses compagnons devront patienter un peu. Car le répit offert par les Teules, propice... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
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boudicca
  26 octobre 2018
Il s'en est passé des événements depuis le départ du capitaine Rana et de ses compagnons, envoyés en ambassade auprès du Roi-Diseur. Mal en point après avoir subi plusieurs attaques et perdus certains des leurs, les membres restant de l'expédition cherchent à tout prix le moyen d'atteindre les sources du Framar, dernier refuge de l'Oracle. Mais l'ennemi est partout et leur bloque le chemin vers leurs objectif. Pour les contourner, Fintan et les autres vont devoir s'aventurer dans des régions dangereuses, à la frontière de l'Outre-songe, où nombreux sont ceux qui cherchent à leur barrer la route. C'est avec grand plaisir que l'on renoue avec le dit de Fintan Calathynn, le barde de l'expédition qui officie une fois encore en tant que narrateur. le rythme de ce troisième opus est toutefois légèrement différent de celui des précédents tomes. L'auteur opte à nouveau ici pour une double narration, le récit du barde étant toujours entrecoupé de celui de la Courtisane évoquant son passé, mais l'alternance entre les deux se fait bien plus fréquente que dans les précédents volumes. L'urgence de la menace que font peser les enfants de l'Hermine sur nos aventuriers les oblige en effet à se mettre en mouvement plus fréquemment afin d'échapper à leurs adversaires, ce qui laisse moins de temps disponible pour les veillées au coin du feu, propices à évoquer les souvenirs des uns et des autres. le récit de la Courtisane se fait ainsi plus morcelé, ce qui a ses avantages et ses inconvénients. D'un côté, cela permet d'entretenir le suspens, l'auteur s'arrangeant évidemment pour couper la courtisane à des moments marquants de son parcours. Mais de l'autre, on ne peut s'empêcher de s'impatienter de voir la jeune femme perdre ce temps si précieux à rallonger ses confessions par des digressions qui, pour passionnantes qu'elles soient, ne font que retarder la révélation d'éléments déterminants pour l'intrigue. En dépit de ce léger bémol, le récit de Shakti reste malgré tout captivant, et nous permet de mieux appréhender le monde dont les membres de l'expédition sont issus. Monde à propos duquel on ne savait jusqu'à présent que ce que le barde voulait bien laisser échapper concernant la guerre civile opposant Solaires et Lunaires.
Étrangère à ces terres très éloignées de son île natale, Shakti se montre plus volubile concernant les spécificités des villes et des habitants de l'Héritage. Les endroits les plus misérables de la cité d'Hekarling, la beauté de la cité sainte de Mystan, la ville d'Andristar : autant d'étapes qui jalonnent le parcours malheureux de celle qui n'est encore pour le moment que la jeune Nisu et non la Courtisane Shakti. Les paysages et les coutumes dépeintes provoquent un véritable dépaysement, l'auteur allant puiser dans de nombreuses influences (indienne, notamment) et révèlent un monde d'une richesse jusqu'à présent seulement entre-aperçue. Il est d'ailleurs intéressant de constater que cet univers que l'on associait jusqu'à présent plus volontiers à la période médiévale possède en fait un degré de technologie plus avancée que ce qu'on pouvait croire : on entend parler d'appareils photo, des prémices de l'imprimerie, ou encore d'artillerie. le contraste est énorme entre ce royaume de l'Héritage, plein de monde, de vie et de merveilles, tel qu'il nous apparaît dans le récit de la Courtisane, et l'épaisse forêt des rives du Vyanhtryr dans laquelle évoluent les membres de l'expédition, complètement isolés du reste du monde. le récit du barde est tout aussi immersif que celui de Shakti et permet de bien s'imprégner de l'étrangeté et du caractère sacré des lieux visités par la petite troupe. le sentiment d'angoisse et d'insécurité qui étreint le lecteur ne naît pas seulement de l'étrangeté du paysage mais aussi de sa faune et de sa flore. Nos héros font en effet tout au long de leur périple la rencontre de créatures étonnantes et plus ou moins bien disposées à leur égard. Les immenses brochets espions du fleuve ; le poix-poisson ; les Titiwai ; les chauves-souris chamanes des Teules... : autant de rencontres qui marqueront durablement l'esprit du lecteur qui a l'impression d'être embarqué dans une formidable geste aux dimensions mythiques. A ces deux ambiances très différentes s'ajoute une troisième, celle de l'Outre-songe, cet espèce de monde parallèle dans lequel seuls les chamanes ou les sorciers les plus habiles parviennent à se repérer, et où réside des créatures encore plus anciennes et plus puissantes que celles qui arpentent les rives du Vyanhtryr.
Si l'atmosphère dans laquelle baigne le roman est aussi immersive, c'est aussi et surtout grâce à la plume de l'auteur qui demeure toujours aussi élégante et propre à enflammer l'imagination du lecteur. L'auteur a le souci du mot juste et s'applique à tourner ses phrases de belle manière, ce qui, loin de gêner la fluidité du récit, rehaussent au contraire bien souvent la portée dramatique de telle ou telle scène. Certaines ne sont ainsi pas prêtes de s'effacer de ma mémoire, qu'il s'agisse de la rencontre de Shakti avec la Confrérie des Oiseliers, du magnifique combat du Brun de Dhuan avec l'effrayante Kourlepteth, ou encore de l'exploration des ruines lunaires. A tous ces atouts s'ajoute également la qualité des personnages qui demeurent toujours aussi complexes et attachants. On se prend sans mal d'affection pour l'ensemble des membres de l'expédition, chacun d'ôté d'une histoire et d'une personnalité qui lui est propre, ce qui n'est pas toujours le cas lorsqu'on a affaire à une troupe aussi nombreuse (même si leur nombre s'est considérablement réduit). L'auteur s'attache également à dépeindre les tensions et les changements d'alliances qui traverse le petit groupe, évoquant ici et là la relation conflictuelle entre Manesh et le Brun de Dhuan, l'amitié unissant le barde à Perdouan ou au batelier, ou bien l'attachement profond de tous les membres de l'expédition pour la petite Kunti. Seule figure féminine adulte du lot, la Courtisane apporte un contrepoint bienvenu au récit de Fintan et la triste histoire de sa vie permet d'aborder la question de la condition des femmes dans le royaume de l'Héritage. Difficile de ne pas s'émouvoir du récit de la jeune femme qui entend ne rien épargner de ses tourments aux hommes qui l'écoutent et se montrent si prompts à la juger. Les affres de la misère et les extrémités auxquels elle nous pousse, le caractère sordide des étreintes avec ses premiers clients, l'étiolement de son amour pour l'homme pour qui elle a tout sacrifié... : la Courtisane se livre toute entière, sans pudeur et sans honte. le personnage le plus ambigu de ce troisième tome reste cela dit celui qui donne son nom au roman, Meijo, dont l'auteur dépeint la lente transformation vers un être de plus en plus abjecte. La Courtisane est toutefois loin d'avoir terminé son récit, si bien qu'on peut s'attendre dans le tome suivant à d'encore plus terribles révélations.
Stefan Platteau signe avec ce troisième tome des « Sentiers des Astres » un roman solide, qui séduit aussi bien par la qualité de la plume de l'auteur que l'originalité de son univers ou la profondeur de ses personnages. Certes, on s'impatiente un peu de voir la rencontre avec le Roi-Diseur sans cesse repoussée et le récit de la Shakti sans cesse s'allonger, mais le récit du barde et de la Courtisane se révèlent tellement passionnants qu'on pardonne bien vite à l'auteur ces quelques longueurs. Après tout la destination compte moins que le voyage.
Lien : https://lebibliocosme.fr/201..
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basileusa
  28 septembre 2019
Je lis ce troisième tome bien après la lecture du précèdent mais heureusement il y a un petit résumé . Car l'histoire est riche, de noms, de lieux et de retournements de situation. Je reprends donc alors que notre Barbe, devenu le capitaine et sa petite troupe sont réfugiés chez les Teules, le peuple de la forêt . L'ennemi , les hermines et les horribles dieux ventous bloquent l'accès vers le Diseur-roi . Mais ils doivent avancer et avec l'aide des Teules , ils reprennent la route . Une avancée dangereuse, difficile , qui sera ponctuée du récit de Shakti la courtisane, qui n'a pas terminé le récit de sa vie avant sa rencontre le capitaine Rana. Sa nouvelle vie avec Meijo , loin de sa contrée familiale…
J'ai adoré, une fois de plus, je suis complétement emportée par les deux histoires ,celle de Shakti et celle de l'équipage . Les deux sont captivantes mais j'avoue avoir beaucoup frissonné pour Fintan, Manesh et leurs compagnons. L'univers est tellement bien décrit que l'on s'imagine parfaitement leurs terreurs et leurs difficultés dans les marais ou les sombres forêts à traverser. Toute la mythologie est fascinante et ajoute à l'ambiance sombre et un peu angoissante du roman.
J'ai hâte de lire le tome suivant !
Challenge séries 2019
Challenge Mauvais genres
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elgg
  03 juin 2021
Je mets 3 étoiles et demi (sur 5) pour l'ensemble des ouvrages "les sentiers des astres".
J'avoue avoir découvert Stefan Platteau par le plus grand des hasards, en commençant par un recueil de nouvelles (le roi cornu + le dévoreur) qui m'a bien emballé (surtout le dévoreur). du coup je me suis lancé dans la trilogie des sentiers des astres... Après un premier tome englouti extrêmement vite, un second tome également, j'ai peut-être mis un poil plus de temps pour le troisième, car j'ai l'impression que l'intrigue s'essouffle sans pour autant avancer des masses.
Je m'explique : avec le tome 1 (Manesh), on découvre à la fois l'expédition (qui n'avance pas beaucoup durant les 3 tomes...) et surtout on en apprend un peu plus sur l'univers dans lequel se passe notre histoire. Un univers original, une espèce d'hybride entre de la fantasy classique, et des légendes médiévales et peut-être un peu de chamanisme/animisme assez sympa, avec un soupçon de Lovecraft pour relever l'ensemble.
L'histoire de Manesh est prenante, d'autant plus que le personnage est original (pas tellement son histoire, mais lui oui).
Avec le second tome, des considérations politiques viennent se rajouter à l'ensemble, et je trouve que c'est moins bien raccordé que le reste à l'histoire. Mais bon, ça reste sympa. L'histoire de Shatki (tome 2 donc) est par contre plutôt longue. Et surtout, comme j'ai pu le lire dans d'autres critiques, c'est vrai qu'on se perd dans des considérations vraiment pas utiles au récit. La nana raconte sa vie depuis le commencement (ou presque). Alors certes s'il y a des passages intéressants, ils sont globalement tous enchâssés dans une gangue d'anecdotes pas toutes passionnantes, dont on se demande parfois si elles ne sont pas juste là pour rallonger le récit.
Le troisième tome (Meijo) nous parle donc de ce "nouveau" personnage, qu'on avait déjà appris à détester dès le 2ème tome, et dont on se demande à la fois ce que Shatki a bien pu lui trouver, et pourquoi elle a accepté de renier sa culture, sa famille, sa patrie pour qu'il assouvisse ses lubies. On se demandera également pourquoi elle continue à lui coller aux basques en exil, et on se demande toujours pourquoi elle est amoureuse de lui après tout ce qu'il lui fait subir. Plus leur histoire avance (dès la moitié du tome 2 disons), plus on se demande pourquoi elle s'entête. Certes on comprend qu'il y a un côté jeune châtelaine romantique dans son personnage, mais là c'est à la limite de l'idiotie crasse. Surtout avec son héritage familial, Shakti/Nissû aurait dû pouvoir voir quel genre de personnage méprisable son Meijo est. D'autant plus que n'importe quel lecteur doué de bon sens s'en rend compte dès les premières pages où il est question de lui.
Mais bref passons. Donc de leur histoire (Shatki, Meijo), on nous donnera des pages et des pages à manger, sans que tout soit vraiment intéressant, ni pertinent pour l'histoire. Certes il y a de bons moments, des anecdotes qui enrichissent l'univers en développant le côté mystique, où en nous en apprenant un peu plus sur la géographie, l'histoire ou la culture des contrées qu'ils traversent... Mais il y a globalement plus de remplissage (ah, les "fillers"...), et surtout, ça commence à se voir qu'en se concentrant sur le récit de ces personnages, on apprend rien (ou très peu de choses) sur l'expédition elle-même, qui est censée être l'intrigue principale...
D'ailleurs, on sent une accélération du rythme des événements dans l'expédition vers la moitié (ou les 3/4) du 3ème tome... Juste quand on commence à se dire qu'il reste fort peu de pages pour conclure correctement le récit avec tout ce qu'il nous reste à apprendre, tout ce qu'on commence à deviner, et tout ce qui doit encore arriver pour que l'expédition soit un succès (ou un fiasco... Mais qu'elle ait une fin au moins...).
Et c'est exactement ce qu'il se passe : on arrive à la dernière page en espérant voir le récit conclu... Mais pas du tout. On ne peut donc que supposer (/espérer) qu'il y ait au moins un autre tome pour conclure le récit, parce que sinon c'est une fin en eau de boudin qu'on nous propose.
Dans une interview de Stefan Platteau sur laquelle je suis tombé par hasard, il décrivait son oeuvre comme "une histoire sans héros... Ou plutôt avec de multiples héros, où tout le monde avait son importance, du barde à la courtisane, en passant par le simple soldat" (je cite de mémoire).
Mais force est de constater que s'il y a des protagonistes multiples, tous ne sont pas égaux non.
On sent dans ces propos et dans ses livres que Stefan Platteau aspirerait à être une sorte de George Martin, mais il n'est pas au niveau là-dessus.
Son univers est vraiment original et intéressant par contre, c'est ce qui m'a emballé dans son oeuvre.
Son récit de l'expédition en gabarre s'embourbe dans des circonvolutions non essentielles, et c'est dommage.
Reste des idées excellentissimes (les sentiers des astres, les Teule et leur façon de vivre, les nendous, le monde des esprits, les pouvoir des astres, les géants solaires, les lunaires, le Vintou, et j'en passe...), et des personnages vraiment cool (Manesh, Ogh, Fintan notamment).
On déplorera certains aspects à peine abordés ou qui auraient gagné à être plus creusés : notamment tout ce qui concerne le monde des esprits, avec ses personnages bizarres autant qu'étranges, surtout le Berger, les 3 tourmenteuses de Meijo, le protecteur de Meijo dont j'ai oublié le nom.
Finalement on ne sait toujours pas grand chose sur le géant solaire non plus, sur l'oracle. la partie sur l'opposition Souranès/Luari n'est pas la plus claire...
Bref, il y a des points qui auraient gagné à être mis en avant un peu plus. Des anecdotes qui auraient gagné à être écourtées. le tout au milieu d'idées génialissimes qui soutiennent ce monde original et emballant.
Je rajouterai aussi qu'il y a de nombreuses fautes d'orthographe dans les livres (je les ai lus en version pocket), et c'est dommage. Ils auraient pu se payer un relecteur, parce qu'il y en a des éneaurmes qui sont dérangeantes pour les yeux.
Enfin, je terminerai en disant que du coup j'attends avec impatience un prochain tome (sans savoir s'il est même prévu ou envisagé) qui permettrait de donner à l'histoire une fin digne de ce nom...
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oursinculte
  21 juin 2018
Encore une fois il m'aura fallu du temps pour arriver au bout d'un roman de Stefan Platteau, ce qui était déjà le cas pour Shakti, sans que ce soit un problème de qualité pour autant. C'est que Meijo, troisième tome des sentiers des astres nous demande encore de prendre notre temps, on flâne sur ses chemins, on prends des détours et on admire les paysages.
Après les évènements du second tome, nous suivons toujours l'équipage du capitaine Rana alors qu'ils se sont réfugiés chez les Teules mais y'a pas trop une bonne ambiance. Les tensions, les soupçons, les regards de travers, les méchants chelous qui les traquent… Tout ça pèse sur la cohésion du groupe mais il faut continuer la route, à la poursuite du Roi-Diseur pour sauver leur nation. L'auteur reprend son principe de double narration en alternant les récits du présent et les personnages qui se racontent au coin du feu, sauf qu'ici nous allons en fait continuer le dit de Shakti parce qu'elle nous avait un peu arnaqué la dernière fois : on avait pas fini son aventure !
Dans ce contexte, ce qui m'accroche toujours c'est la dynamique des personnages. Depuis le début on est allés de mystères en révélations, de trahisons en actes de bravoure, le groupe entier prend corps et vit vraiment. Suite aux révélations des tomes précédents, on a un équilibre fragile, il y a de la tension et de la méfiance, mais chacun a ses motivations, on ne tombe jamais dans le manichéisme. le barde est maintenant le vrai pivot du groupe, tout le monde se repose sur lui et il arrive tant bien que mal à maintenir un semblant de cohésion malgré les animosités. J'adore l'équilibre qu'il arrive à mettre en place avec Manesh notamment, un mélange de méfiance, de respect et de fascination que partagera certainement le lecteur. Stefan Platteau s'amuse à nous dévoiler son histoire par petites couches successives de mystères qui planent, se dévoilent, puis on se rend compte que finalement non c'était pas ça, puis hop coup de théâtre ! Il y a des aller-retours entre secrets, révélations, mensonges et vérités donc le lecteur finit par scruter les réactions de chacun, comme les protagonistes.
La partie qui m'a bien moins convaincu est la suite du récit de notre courtisane. Ce troisième roman nous raconte son exil en compagnie de Meijo et de l'enfant qu'elle porte en elle. On va nous raconter leur plongée dans la misère, le désespoir, les bas-fonds des cités où prostitution et vol seront leurs derniers recours. La courtisane vit avec son homme une relation vraiment malsaine, le gars est un pervers manipulateur de haut vol, il la traite comme de la merde et la récompense d'un minimum syndical d'attention. C'est certainement l'intention mais c'est laborieux, j'ai fini par m'ennuyer. Cette histoire traine sur tout le roman mais n'apporte pas beaucoup d'avancées phénoménales. Ils vivent dans la misère, s'abritent, voyagent, se débrouillent, ont parfois de la chance, parfois moins, mais grosso modo c'est les chroniques d'un couple de sans-abris dysfonctionnel. On oublie un peu le merveilleux, la magie de cet univers, les découvertes étourdissantes, on se contente d'assister à leur misère affective et matérielle. Ça m'a un peu soulé même si les cent dernières pages y apportent du neuf.
Heureusement, le retour au présent est toujours un enchantement, j'attendais les passages de Fintan avec impatience pour retrouver la magie et le suspense qui m'ont porté jusqu'ici et qui me pousseront à me jeter sur la suite. Meijo nous emmène encore plus loin dans l'Outre-Songe en compagnie des Teules, à braver les dangers et le temps pour poursuivre leur épopée, chasseurs et proies à la fois. Les sentiers des astres a toujours cette aura particulière, cette ambiance enchanteresse à travers les forêts magiques pleines de merveilles et de dangers. L'écriture est poétique, toute en sensation, en envolées et en détails qui fourmillent pour happer le lecteur. Mais le prix à payer est cette lenteur, on se rend compte que pour ses 460 pages bien tassées il ne se passe finalement pas tant de choses que ça. Il faut en être conscient avant de se lancer, mais encore une fois ce n'est pas un défaut. On suit un voyage, avec ses fulgurances et ses temps contemplatifs, ses repos, ses dangers, ses merveilles.
Moins convaincant dans sa partie « flashback », Meijo reste une lecture prenante qui prend le temps de nous amener encore plus loin dans ce monde d'inspiration indienne en compagnie d'une troupe de personnages toujours passionnants à suivre.
Lien : http://ours-inculte.fr/meijo/
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JessieL
  18 août 2021
Avant la sortie du très attendu quatrième tome du cycle de Stefan Platteau, Les Sentiers des Astres chez Les Moutons électriques, je me mets à jour en enchaînant avec Meijo.
Ayant un réel attachement pour cette saga de fantasy, je ne me suis clairement pas faite priée pour poursuivre ma lecture.
Réfugiés auprès des Teules, notre poignée de rescapés poursuit péniblement sa quête du Roi-Diseur tout en tentant d'échapper coûte que coûte aux terrifiants Nendous. Parallèlement, Shakti continue, lorsque la situation le permet, de conter sa tragique et émouvante histoire. Un destin qui s'est écrit dans les larmes et le sang que tous se languissent de connaître.
Meijo marque un tournant dans ce cycle des Sentiers des Astres. En effet, des éléments importants sont révélés et l'intrigue prend pleinement corps. Stefan Platteau continue d'y explorer la vie tourmentée de son héroïne Shakti. A travers ses souvenirs, l'auteur nous brosse le portrait d'un personnage absent de la communauté mais pourtant si essentiel à l'histoire. Pour preuve, il en a même fait le héros de ce tome 3, ce qui lui donne l'occasion de s'intéresser de près à cette figure masculine en opposant les attentes d'une jeune femme vivant son premier amour et la désillusion d'une relation tronquée. Meijo est un homme capricieux et colérique qui passe bien souvent ses humeurs sur la douce Shakti. Il use et abuse de son influence sur cette dernière pour lui faire faire ce qu'il veut. Elle est clairement sa chose et se retrouve complètement sous sa coupe.
En mettant en lumière les liens nocifs qui les unissent, Stefan Platteau dévoile une nouvelle facette de son héroïne. Petit à petit, on prend la mesure de la force de cette femme qui est sortie grandie de sa relation toxique qui l'a emmenée sur les chemins tortueux et glauques de la vie. Entre instants cruels et moments de grâce qui nous nouent bien souvent les tripes, on tombe totalement sous le charme de la charismatique Shakti.
De même que ses souvenirs nous font quitter la luxuriante Vyanthryn pour rejoindre les contrées les plus citadines de L'héritage. Pour Shakti, ce changement de décors s'accompagne d'un sentiment diffus d'oppression. Bien loin de la nature vaste et sauvage qui lui est familière, elle se retrouve claquemurée dans des lieux insalubres, à côtoyer la misère et la violence. Aussi, dans Meijo, Stefan Platteau impute à son texte une toute autre ambiance foncièrement plus inquiétante. Cela vient d'ailleurs faire écho à l'urgence de la mission menée par l'expédition du capitaine Rana. Ici, les enjeux ne sont pas des moindres puisqu'il s'agit, ni plus ni moins, de mettre un terme à la guerre civile qui oppose les Luari et les Souarès. Alors que les premiers dont l'équipage de la gabare en sont les dignes représentants, cherchent à comprendre l'usage de l'Astra que Maroué a trouvé, les seconds, de leurs côtés, espèrent également mettre la main sur l'une de ses armes célestes pour remporter la victoire.
Dans ce troisième opus, les deux récits entrent donc parfaitement en résonance en exhalant cette même atmosphère lourde et accablante.
Les Sentiers des Astres est une saga remarquable à plus d'un titre. Déjà, Stefan Platteau s'y fait l'inventeur d'un univers détaillé et fascinant, ensuite il brosse le portrait de personnages complexes et profonds, sans parler de son formidable talent de conteur émérite.
Clairement, Stefan Platteau appartient à cette caste d'auteurs qui vous embarquent et vous font pleinement adhérer à leur univers si tôt les premières pages de leur livre dévorées.
Lire son cycle devient très vite une addiction alors il me tarde déjà de poursuivre avec Jaunes Yeux qui paraîtra le 20 août prochain aux éditions Les Moutons électriques. A très vite !
Fantasy à la Carte
Lien : https://fantasyalacarte.blog..
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critiques presse (1)
Elbakin.net   19 juin 2018
En dépit de quelques longueurs, moins présentes que dans les précédents tomes, et d’une fin un tantinet frustrante, la narration de ce tome 3 conserve tout son intérêt au fil des pages et ne fait qu’accroitre l’envie du lecteur de connaître la suite.

Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (3) Ajouter une citation
boudiccaboudicca   27 août 2018
N'oubliez pas trop vite la nature de l'Oracle. Lui seul décide qui peut rejoindre son trône, et qui erre en vain dans la forêt. Le noble prince n'est pas mieux servi que le pauvre bramynn ; le cuistot et le batelier ont donc leur chance aussi. Si nous sommes encore là, prêts à voyager vers Lui, alors que tant d'autres se sont perdus en chemin, c'est peut-être tout simplement parce qu'Il le veut ainsi. Regardez-vous : amis, ennemis, bâtards et catin, réunis dans le même vagabondage ! Peut-on imaginer compagnie moins probable ? Dites-vous que c'est peut-être sa volonté ; que c'est dans l'adversité qu'Il éprouve ses orants. 
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boudiccaboudicca   28 septembre 2018
Bien sûr, suis-je gourde ! J'aurais dû le quitter sur-le-champ ! Poursuivre ma route seule, avec mon enfant – en admettant qu'il me la laisse, ce qui n'aurait rien eu d'évident. Et savez-vous ce que devient une femme seule, dans les villes de l'Héritage, sans famille, sans amis ni appuis, avec un bébé à nourrir ? Une putain, tout simplement. On n'échappe pas si facilement à sa condition quand on est née fendue, pas vrai ? Allez, maître Fintan, contez donc cela dans vos lais !
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   14 juin 2018
De tous nos combats dans le Vyanthryr, celui de Varagwynn contre le brochet est l'un de ceux qui marquera le plus nettement ma mémoire. Sans doute à cause de ses résonances mythiques, ou de ma position de spectateur impuissant. A cause de la perfection du geste, aussi : il en faut, pour forcer au corps un prédateur aussi vif.

p. 386
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