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EAN : 9782359492873
192 pages
Éditeur : Don Quichotte éditions (13/03/2014)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 21 notes)
Résumé :
La France ressemble ces temps-ci à un Titanic dont l'équipage irait droit vers l'iceberg, le sachant et le voyant mais ne trouvant rien pour l'empêcher. Économique, sociale, démocratique, européenne, culturelle, écologique: les crises s'accumulent dans une confusion du sens et une perte de repères dont aucune force ne semble capable de dénouer les fils, à l'exception des tenants de la régression la plus obscure vers le plaisir de détester ensemble les Roms, les Arab... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
akahama
  06 août 2015
Dans ce petit opus de 150 pages, Edwy Plenel, co-fondateur de Mediapart, livre une analyse de l'état du système politique français teintée d'érudition mais humble et abordable. le journaliste met au jour plusieurs éléments caractérisant la politique contemporaine, avec en tête de liste une déception non dissimulée à l'endroit du Président Hollande, qui s'était présenté comme candidat à une « présidence normale » et se révèle être le même omniprésident que son prédécesseur. Edwy Plenel, s'il confesse s'être attendu à une déception, regrette l'absence de rupture, la trahison du voeux de changement, leitmotiv de la campagne de 2012. Il évoque les faiblesses historiques de la gauche mais il met surtout le doigt sur une évidence que l'on ne répètera pourtant jamais assez: la France n'a plus ni débat ni projet politique. Les visions court-termistes se substituent à la construction de projets de sociétés, les mesures spectacles supplantent les réformes structurelles, faisant de notre pays un empilement de petites réformes et de mini-compromis dont l'action en profondeur est quasi-nulle. Les gouvernements prennent « dans l'urgence » des « décisions difficiles mais inévitables » pour limiter l'impact de crises dont la responsabilité ne leur est pas imputable.
Responsabilité, c'est peut-être le mot-clé de ce petit ouvrage, qui n'est ni plus ni moins qu'une invitation à réfléchir au moyen de porter un projet républicain fondé sur l'idéal de démocratie sous-tendant, au moins en théorie, la construction de notre nation et de notre régime politique. Les élus sont des « responsables politiques », ils n'ont donc pas le droit de se présenter comme acculés et sans solution, ou alors ils avouent leur incompétence à exercer les fonctions sur lesquels ils se sont portés candidats (ma lecture du texte d'Edwy Plenel, qui ne dit pas explicitement cela mais ne dit rien qui interdise de le penser). L'auteur rappelle également que le journaliste est également responsable de l'information qu'il diffuse, et que s'il se place dans une position plus confortable lorsqu'il se rapproche du pouvoir, il prend le risque de se compromettre dans son devoir et dans son rôle de lanceur d'alerte ou d'analyste auprès du public qui le lit ou l'écoute.
Enfin, l'auteur revient sur le débat lancé par le gouvernement du Président Sarkozy autour de l'identité nationale et sur la nécessité pour la France de reconnaître sa responsabilité, peut-être sa dette, auprès de ces anciennes colonies, afin de mieux accepter et mieux composer avec a diversité des parcours qui la composent. Pour moi, un débat lancé par des responsables politiques appelle une réponse politique: telle qu'elle était posée, la question de l'identité française aurait surtout dû appeler l'élaboration d'un projet politique et idéologique commun permettant de situer notre pays dans l'espace communautaire européen et dans le monde, une mise au point concernant les valeurs que nous souhaitons collectivement incarner et défendre sur les plans géo-politique et socio-économique. L'occasion d'un rappel, peut-être, de notre devise nationale: »liberté, égalité, fraternité », dont il serait bon d'interroger les applications.
Un essai court, clair, qui ne dit cependant rien de neuf à qui s'interroge déjà sur les objectifs et les pratiques de nos décideurs politiques, mais qui a le mérite d'ouvrir un peu plus la porte du débat, qu'il ne faut surtout pas refermer.
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casscrouton
  23 juillet 2015
J'ai trouvé cet essai très intéressant, malgré quelques points négatifs que je vais développer immédiatement.
Bien que très éloquent, Edwy Plénel a un style un peu pompeux, qui perd vite le lecteur au bout de quelques phrases. J'avoue être pendue à sa moustache lorsqu'il s'exprime à la télévision, ici, le magnétisme n'a pas vraiment du tout opéré.
Qui vise ce manifeste ? Moi qui ai 20 ans et représente en quelques sortes « la jeunesse », je me suis sentie lésée par les phrases à rallonge que je n'arrivais souvent pas à saisir au début. Pour exprimer une idée simple et percutante, Edwy Plenel use et abuse de métaphores et de substantifs difficiles, presque « scientifiques » qui ne sont pourtant pas vraiment nécessaire. Au commencement de ma lecture, j'aurais presque eu besoin d'un livre de vulgarisation de la pensée de l'auteur tant je me sentais enlisée dans l'incompréhension. Les phrases de dix lignes pour exprimer une pensée unique n'attirent pas le lecteur, elles l'endorment. Bref, le style bourratif de M. Plenel a dans un premier temps, il faut l'avouer, desservi ses idées qui ne paraissent vraiment pas accessibles à tous dans un tel langage.
Concernant le contenu, j'ai aimé le fait que l'essai soit divisé en 6 parties. C'est ingénieux car chaque titre, assez mystérieux et solennel il faut en convenir, appelle à une explication que l'on trouve dans le chapitre en question.
Les retours historiques sont nombreux et m'ont éclairée sur bien des événements que je n'avais pas vécus en personne. On s'aperçoit assez rapidement, en gros, du pourquoi du comment la France est ainsi faite actuellement. J'ai appris beaucoup de faits d' « avant » dont j'ignorais l'existence.
Le début constitue clairement un appel contre le Front National qui ne cesse de prendre de l'ampleur et les sévices que subissent les musulmans de France, rapprochés dans cet essai des juifs persécutés de France d'une époque pas si lointaine. Il y est beaucoup question de la « Renaissance de la droite extrême » et cela amène de multiples réflexions quant à notre avenir. La banalisation des actes racistes, antisémites, xénophobes, tient une place dans cet essai qui lutte contre tout ceci.
On comprend clairement que Dire NON est « un refus de l'indifférence » comme il l'exprime à la fin du premier chapitre. Il a pour vocation d'ouvrir les esprits, de réveiller les citoyens et les êtres humains que nous sommes. Il nous pousse à sauver la France, en quelques sortes.
Toute la partie sur la tragédie m'a semblée captivante. Edwy Plenel montre bien par là, la peur des Français et du gouvernement à faire face et à aller de l'avant. L'avenir et les avancées naturelles effrayent, elles ne sont pas compatibles avec le confort d'une vie monotone. Il affirme son « NON » face à la stagnation, à l'immobilisme dont souffre la France.
La partie « Horizon » est tout aussi instructive. Un questionnement à propos de ce qu'est l'identité française m'a beaucoup plu. L'idée que l'identité n'est pas fixe mais en perpétuel mouvement développé dans cet essai est très intéressante.
« La trace » quant à elle, est une partie rendant hommage de manière assez touchante (mais toujours politique) à Alain Plenel, le père du journaliste essayiste, qui s'est battu jusqu'à sa mort pour ses convictions.
Les références en fin de livre, ainsi que l'annexe « L'adresse au Président » sont très intéressantes. Cette annexe cherche à bousculer le Président, à le pousser dans ses retranchements.
En bref, Dire NON est un essai passionnant pour peu que l'on s'intéresse à la politique actuelle et qu'on adhère aux idées d'Edwy Plenel. le style du journaliste, bien que pompeux, amène tout de même une part poétique à ses idées pour les rendre moins indigestes dans la forme. Je terminerai par une citation qui termine cet essai et le résume entièrement « Dire non pour inventer notre oui ».
Lien : http://www.casscrouton.fr/di..
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michelekastner
  04 août 2014
Un livre salutaire, dans la lignée de l'appel à l'indignation de Stéphane Hessel, le refus de paupérisation d'une grande partie du peuple français et de l'enrichissement croissant d'une poignée d'autres, refus de se soumettre à des politiques absurdes et suicidaires de la droite comme de la gauche qui entretiennent et attisent le feu du racisme, de la haine et de l'extrémisme. Edwy Plenel expulse son dépit d'avoir cru en un François Hollande qui l'a beaucoup déçu, comme tant d'autres...
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EFourn
  26 février 2015
Comment dénoncer le système tout en faisant partie du système ? Comment dénoncer le système sans se faire rejeter par le système ? Plenel dénonce sans dénoncer clairement, ça part un peu dans tous les sens sans aboutir sur une idée concrète. C'est une opposition très consensuelle, une opposition qui ne se mouille pas ! Une opposition contrôlée, comme beaucoup disent très justement. le but étant de complexifier les données, brouiller les cartes pour au final nous éloigner de l'essentiel.
Ce livre m'a fait l'impression d'une muleta qu'on agitait devant moi ! On nous prend pour des boeufs, bêtes à bouffer du foin !
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ASAI
  11 juin 2020
Dire non, dire non à l'oppression. Lorsque j'étais enseignante d'histoire, c'est ce que j'apprenais à mes élèves-étudiants. Dire non. C'est la première conquête en ce qui concerne les droits de l'homme. Dire non à l'oppression.
C'est ce que l'auteur essaye de nous transmettre. Il nous rappelle l'histoire de son père qui a osé. Qui ose aujourd'hui ?
Un petit livre sympathique, mais sans doute pas le guide vers une révolution et vers une société où le dire non à l'oppression serait totalement incompréhensible, absolument inconvenu... car il n'y aurait plus d'oppression.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
michelekastnermichelekastner   08 juin 2014
De nos jours, la renaissance de cette droite extrême accompagne l'inquiétude des oligarchies régnantes pour la stabilité de leur domination, dans les tempêtes traversées par le capitalisme. Quand, au lieu de se retrouver autour de ce qu'ils ont en commun (l'entreprise et l'habitat, les questions sociales, les conditions de vie, le pouvoir d'achat, etc.), les dominés se font la guerre au nom de leurs identités, croyances et origines, les dominants ont la paix. Aussi la diversion identitaire est-elle le fonds de commerce de ces politiques conservatrices extrémisées par la peur des possédants : la stigmatisation, pour commencer, de tout ce qui se rapporte aux Arabes, aux musulmans, à l'islam, libérant une virulence et une discrimination non plus envers des opposants ou des adversaires politiques, mais envers des hommes, des femmes et des enfants dont la seule faute est de partager, par leur naissance ou leur alliance, une histoire, une culture, une religion.
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michelekastnermichelekastner   08 juin 2014
Qui donc nous redonnera de l'air et de la hauteur ? Une envie d'horizon, d'ailleurs et de lendemains ? Un goût d'élévation qui ne soit pas de domination ? Un souci des autres et du monde où se réinvente un chemin d'espérance ? Qui d'autre sinon nous-mêmes ? Car, sauf à déchanter rapidement, il n'est pas, en cette matière par essence démocratique, de César, de tribun ou de sauveur suprême qui vaille, selon l'ancienne lucidité du premier chant internationnal du monde ouvrier. Nous-mêmes, c'est-à-dire cette radicalité pragmatique, réaliste et concrète, qui s'invente au plus près des expériences, des luttes et des refus.
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MYLENE18MYLENE18   08 mars 2015
"Je hais les indifférents", écrivait le Gramsci, journaliste dans un article non signé de La Città futura, le 11 février 1917. "Un homme, ajoutait-il, ne peut vivre véritablement sans être un citoyen et sans résister. L'indifférence, c'est l'aboulie, le parasitisme, et la lâcheté, non la vie. C'est pourquoi je hais les indifférents. L'indifférence est le poids mort de l'histoire"
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anapalaanapala   23 septembre 2018
De nos jours, la renaissance de cette droite extrême accompagne l'inquiétude des oligarchies régnantes pour la stabilité de leur domination, dans les tempêtes traversées par le capitalisme. Quand au lieu de se retrouver autour de ce qu'ils ont en commun (l'entreprise et l'habitat, les questions sociales, les conditions de vie, le pouvoir d'achat, etc.), les dominés se font la guerre au nom de leurs identités, croyances et origines, les dominants ont la paix. (page 34)
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michelekastnermichelekastner   08 juin 2014
Ieeationneles et délétères, la haine et la peur, ces passions dévorantes de l'inégalité, ne se raisonnent pas. Elles peuvent, au mieux, se dépasser et se conjurer par des dynamiques et des solidarité&s qui élèvent et réveillent, comme l'on s'échapperait d'un marécage ou comme l'on sortirait d'un cauchemar.
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