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Citations sur La dictature nous avait jetés là (11)

rosalinda89
rosalinda89   07 janvier 2019
Mon père se plaint de la France. Il déteste son nouveau travail. Je le comprends. Guichetier dans un parking souterrain, il y a mieux pour réaliser ses rêves. Surtout quand on a été un brillant journaliste dans un grand quotidien national. Est- ce l'obscurité dans laquelle qu'il est plongé toute la journée qui le rend si gris? Est- ce l'exil qu'il déteste? Est- ce la nostalgie de son ancienne vie? Est- ce son pays qui lui manque ? Je ne le saurai pas. Il ne parle pas.
Mon paternel serait-il devenu muet avec l'arrivée de la dictature? Je me le demande parfois. J'ai confirmation de son mutisme.
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rosalinda89
rosalinda89   31 décembre 2018
Les adultes ont décidé de ce qui était mieux pour nous, les filles ? Et ils n’ont pas imaginé une minute les adultes, qu’on n’aurait peut- être pas envie de laisser notre maison, nos parents, nos jouets ? Une semaine ou deux, ça signifie quoi au juste ? J’ai presque 9 ans, mais subitement je perds la notion du temps. Une semaine ou deux, ça fait combien de dodos sans maman ?
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rosalinda89
rosalinda89   31 décembre 2018
Le sol brille, les murs sont blancs. Des militaires patrouillent. Leurs visages sont maquillés de noir. Nous sommes en pleine dictature. C’est l’été de ce côté du monde, il fait très chaud. Et moi je commence à me sentir glacée.
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rosalinda89
rosalinda89   31 décembre 2018
Je déteste les adieux. A peine commence-t-on à s’attacher qu’il faut se détacher. C’est comme ça depuis la nuit des temps, depuis mes premiers souvenirs.
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rosalinda89
rosalinda89   31 décembre 2018
Personne ne bouge, personne ne respire. Entre mes mains d’enfant de presque 9 ans, la poupée ne s’anime pas. Elle ne parle pas. Ses petits bras de plastique restent le long de son corps. La petite fille ne coiffe plus ses cheveux blonds et soyeux. Le temps s’est arrêté là. C’est la guerre. C’est la dictature. La poupée immobile et ce visage en sont la preuve.
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rosalinda89
rosalinda89   31 décembre 2018
Personne ne dit un mot. Nous posons sur nos épaules le manteau du silence.
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rosalinda89
rosalinda89   31 décembre 2018
-Vous venez d’où ?
-Du Chili.
-Où ?
-Du Chili, c’est un pays qui se trouve en Amérique du Sud.
-Waouhh, vous venez d’Amérique ?! C’est trop bien !
Je ne veux pas les contredire. Elles pensent que nous débarquons des Etats-Unis d’Amérique, les gringos, les Yankees, les riches quoi. Alors que nous venons d’un pays sous- développé. D’un pays où en plus règne la dictature. La honte. J’ai honte parce que je ne suis pas comme elles.
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rosalinda89
rosalinda89   31 décembre 2018
« Pourquoi suis-je donc revenue
et seule au détour de ces rues ?
J’ai froid, j’ai peur, le soir se penche.
Pourquoi suis-je venue ici,
Où mon passé me crucifie ?
Elle dort à jamais mon enfance. »
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rosalinda89
rosalinda89   31 décembre 2018
Tranquilles, c’est le mot à la mode. Tranquilles pour ne plus être embêtés par les militaires. (….) Tranquilles pour apprendre le français, étudier, travailler, s’intégrer. Entre le verbe ‘s’intégrer’ et toutes ces démarches administratives, je ne vois pas le rapport, le lien, le fil.
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rosalinda89   31 décembre 2018
Je ne sais pas encore que rien n’oblige personne à aider plus pauvre ou plus démuni que soi. Rien à part une certaine idée de l’accueil, de l’hospitalité…
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