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EAN : 9782070402618
272 pages
Gallimard (30/11/-1)
3.38/5   24 notes
Résumé :
Livre avec CD

J’ai confié à ma voix le soin de me représenter tout entier. Pas même mes propres paroles. Les mots des autres me tiennent lieu de parfaite existence dans ce temps de la voix s’enregistrant, gravant, pour moi presque écrivant, où sans blesser quiconque, sans manquer à rien je n’y suis plus pour personne sinon pour ceux qui m’écoutent. Ils contribuent, par leur attention, leur protection silencieuse, à mieux me séparer des autres, et de m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Sallyrose
  19 août 2016
Ce sont par leur voix que Denis Podalydès nous présente ceux qui ont compté : sa famille, des amis, les comédiens avec qui il a travaillé, les rencontres professionnelles ou amoureuses.
Il a toujours été sensible aux intonations qui, selon qu'elles sont justes ou non, modifient le sens d'une phrase, lui donnent toute sa profondeur ou bien la rendent ridicule. Il écoutera des enregistrements de textes dès la cassette audio et s'enregistrera comme on écrit son journal intime. Ensuite, il s'essaiera aux enregistrements de livres audio et vivra la terrible déception de découvrir que sa voix qu'il entend quand il parle n'est pas celle que les autres perçoivent.
A l'origine de cette passion, une phrase remarquée par un de ses amis : « Que le jour est lent à mourir par ces soirs démesurés de l'été. » (Albertine disparue, Marcel Proust).
Denis Podalydès a eu une révélation après l'avoir lue à voix haute, l'avoir répétée encore et encore.
Et lorsqu'on l'a vu au théâtre ou au cinéma, qu'on l'a entendu, on connait la perfection de sa diction qui donne une âme aux textes. Eh bien, on comprend dans ce récit, que rien n'est dû au hasard. Un passage est exceptionnel : la répétition de la scène du nez dans Cyrano de Bergerac par Michel Vuillermoz.
J'avoue que j'ai sauté beaucoup de pages. Autant écouter Fabrice Luchini nous expliquer la petite musique des phrases de Céline est un pur régal, autant se faire une idée par l'écrit est laborieux. J'en suis restée à la famille, car l'on sent la tendresse dans la description des voix, et aux acteurs dont je connais bien la voix.
Et j'ai été récompensée d'aller au bout du livre. Il se termine par un court roman appelé Voix de l'empoté. Il y décrit le handicap d'un jeune homme victime de nausées irrépressibles à chaque fois qu'il s'apprête à avoir une relation sexuelle, plus précisément, sa première relation sexuelle. le contraste entre le sujet et la qualité du style vaut le détour. J'ai beaucoup ri.
Alors si cet essai passe entre vos mains mais que votre intérêt vous semble d'intensité moyenne, je vous encourage néanmoins à le feuilleter et à prendre quelques minutes pour lire ce très court roman qui le termine.
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Bazart
  31 juillet 2012
En effet, l'autoportrait auquel se livre Denis Podalydès est pris sous un angle bien original, celui de la voix, la sienne et celle des autres, en général, les comédiens qu'il a croisés au cours de sa carrière, et notamment à la comédie fraçaise ( Michel Bouquet, Eric Elsomino...) pù Podalydès suit une carrière absolument incroyable
Ce portrait vif et grave, ressemble bien à l'image que l'on se fait de Podalydès, d'après les différents rôles qu'il a pu jouer, au théâtre et au cinéma.
En effet, Denis Podalydès est aujourd'hui l'un des plus grands acteurs de théâtre mais il est aussi présent au cinéma et notamment dans les films de son frère Bruno Podalydès avec qui il a noué depuis l'enfance une relation privilégiée, et notamment le récent Adieu Berthe dont je vous ai il y a peu parlé sur ce blog.
Mais Podalydès est également un illustre metteur en scène de théâtre ( il a notamment mis en scène le Bourgeois Gentilhomme, qui a fait l'ouverture des Nuits de Fourvière cet été) et s'essaye avec grand succès à toutes les formes de création. Bref, un artiste accompli, qui , personnellement m'épate énormement.
Ce livre est aussi l'occasion pour lui, qui est un si grand imitateur de voix, de revenir sur celles qui ont marqué son enfance, comme celle la voix de Pierre Mendès-France, de présentateurs de la radio ou même celle de spodaa mère.
Pour ma part, si j'ai apprécié le point de vue et l'audace de l'entreprise, je suis resté un peu sur ma faim.
En effet, le procédé est trop déroutant : j'aurais ainsi aimé une narration plus classique qui aurait permis une meilleure empathie et une meilleure compréhension de l'homme et de l'artiste .
Dans Voix off, au bout de 50 pages, le concept vire un peu trop à l'exercice de style qui finit par lasser et qui nous empeche un peu de saisir le fond du discours.
Dommage que l'ensemble reste trop à la surface des choses,car j'aurais aimé tellement mieux appréhender le personnage Podalydès!!!

Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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brusc
  06 octobre 2011
J'ai fait un gros effort pour ouvrir ce livre, mais d'où venaient ces préjugés ? Là n'est pas la question même si elle mériterait ailleurs d'être développée. Au bout du compte, j'ai été bien heureuse de lire, écouter cette préfiguration autobiographique au travers des voix - quoi de plus beau qu'une voix ? - qui ont touché l'acteur. Mais pas seulement celles des comédiens, metteurs en scène comme Jean Villar ou d'autres encore dont j'ai oublié les noms, mais celles aussi de ses grands parents, de sa grand-mère maternelle, la libraire de Versailles, celle de son père et de sa mère prof d'anglais, de ceux qui ont disparu volontairement ou non, son plus jeune frère ? Un livre émouvant (ce n'est pas un gros mot) et intelligent qui résonne.
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YvPol
  26 novembre 2010
Denis Podalydès acteur de théâtre et de cinéma décrit les voix qui l'ont guidé dans sa vie. Les voix de ses parents, les voix de ses frères (très présentes), les voix d'autres acteurs (Jacques Weber, Charles Denner, Michel Bouquet, André Dussolier, et d'autres peut-être moins connus pour certains). Cette description est le fil rouge du livre dans lequel au son des voix -la description est telle, qu'on les entend presque- , nous découvrons une part de l'enfance, de l'adolescence timide et torturée de Denis Podalydès. C'est toujours pudique et profond. Très bien écrit, phrases alternées longues, avec l'usage immodéré du tiret -j'aime beaucoup ce signe ; mieux qu'une parenthèse-, phrases courtes, voire très courtes : un seul mot. Beaucoup de citations de "grands textes" qu'il a lui-même dits -ou qu'il a appris- que l'on connait plus ou moins -bon d'accord, j'avoue, plutôt moins que plus. J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce texte autobiographique, et puis cette idée d'aborder un tel récit en partant des voix est une idée excellente, originale, et pour le coup vraiment bien traitée !
Lien : http://lyvres.over-blog.com/..
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Flocava1
  20 mars 2022
J'aime énormément Dénis Podalydes en tant qu'acteur, comédien, metteur en scène. Et j'aime le travail qu'il réalise avec son frère Bruno. Je le tiens pour quelqu'un d'intelligent, de drôle et de sincère outre des talents. J'avais entendu dire qu'il était très bon auteur. Et en effet, même si la construction de ce livre qui n'est pas un roman est déroutante, que le fil conducteur en est le souvenir des voix, on finit par être passionnée et par se laisser happer. Je l'ai dévoré presque comme si il tendait les ficelles d'une intrigue palpitante alors que pas du tout. Quelle finesse, sensibilité, érudition, pudeur tout en se dévoilant. Belle lecture qui confirme la haute estime que je porte à ce Monsieur
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
genougenou   14 mai 2013
Mais de ma voix Par le bruit de la pluie m'était rendue l'odeur des lilas de Combray, par l'assourdissement des bruits dans la chaleur de la matinée, la fraîcheur des cerises lisant les mots d'un autre, ceux d'un mort lointain, dont la chair est anéantie, mais dont le style, la beauté de ce style, fait surgir un monde d'échos, de correspondances et de voix vivantes par lesquelles je passe, parlant à mon tour, entrant dans ces voix, me laissant aller à la rêverie, à l'opération précise d'une rêverie continue, parallèle et libre, je sais que je parle, je sais que c'est de moi qu'il s'agit, non pas dans le texte, bien sûr, mais dans la diction de ces pages. Lisant à voix haute L'été venait, je me livre à des confessions savamment dissimulées les jours étaient longs, que nul il faisait chaud, pas même les deux témoins, n'entend. C'était le temps où de grand matin élèves et professeurs vont dans les jardins publics préparer les derniers concours sous les arbres, pour recueillir la seule goutte de fraîcheur que laisse tomber un ciel moins enflammé que dans l'ardeur du jour mais déjà aussi stérilement pur.
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genougenou   14 mai 2013
Un jour, j'envoie aux Editions Thélème une cassette de démonstration. On me répond. Quelque temps plus tard, j'enregistre, de Platon, l'Apologie de Socrate. Je reçois un exemplaire, qui m'est dû avec le chèque, je prends ma voiture. J'écoute. Je rentre.
Déception, migraine, aphasie solitaire. Ma voix n'est pas telle que je l'entends, telle que je la veux, telle que je la profère, de l'intérieur de la tête, de la gorge, de la bouche. Trahison. Elle ne parle pas comme les autres, n'édifie ni ne figure aucun monde, aucun paysage.
Me faudra-t-il attendre, vieillir un peu, connaître quelques épreuves ? Que la voix s'aggrave, que le rythme se précise, que la langue se délie ? Attendre que les années passent, que ma propre voix me devienne étrangère, celle d'un autre ?
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genougenou   14 mai 2013
Je lis Proust. "Albertine disparue". Je n'y suis pour personne. Pour que la mort d'Albertine eût pu supprimer mes souffrances, il eût fallu que le choc l'eût tuée non seulement en Touraine, mais en moi. Je lis. Jamais elle n'y avait été plus vivante. La voix haute n'est pas si haute Pour entrer en nous, un être a été obligé de prendre la forme, de se plier au cadre du temps ; dans le médium ne nous apparaissant que par minutes successives, il n'a jamais pu nous livrer de lui qu'un seul aspect à la fois, nous débiter de lui qu'une seule photographie je suis un bavard impénitent sauf que je lis.
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genougenou   15 juin 2013
Est-il, pour moi, retraite plus paisible qu'un studio d'enregistrement ?
Enfermé de toutes parts, je lis les pages d'un livre. Le monde est le livre. Les vivants, les morts, le temps sont le livre. Passé les frontières, rien ne me rappelle à l'autre monde. Je n'y suis pour personne. Attention. Protection silencieuse. Séparé du dehors du dedans de moi. Nacelle ou bathyscaphe. Immersion, ascension. Nous descendons. Nous Montons. La voix représente. Les mots écrits et lus : parfaite existence.
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cheminvert7cheminvert7   16 août 2011
Voix des livres
Dans les trains, les bus, les métros,dans la rue, je redoute le manque de livres. Je ne peux imaginer de ne faire que penser, regarder les autres, regarder par la fenêtre, regarder le monde, marcher, aller. Il me manque toujours de lire, lire.
(...)
Voix-odeur des bibliothèques. Voix des écrivains et des morts, des acteurs et des héros, des caractères et des fantômes.
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Vidéo de Denis Podalydès
À deux semaines de la présidentielle, Diastème imagine une Présidente en fin de mandat confrontée à l'élection plus qu'inéluctable du candidat d'extrême-droite. Que faire ? Laisser faire les urnes ? Ou empêcher son élection à tout prix ? Thriller politique, drame moral... le film oscille entre différents genres et ne convainc pas entièrement nos critiques. Mais "Le monde d'hier" est porté par un duo d'acteurs remarquable : Léa Drucker et Denis Podalydès
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