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Stéphane Mallarmé (Traducteur)
EAN : 9782806240385
66 pages
Éditeur : Candide & Cyrano (01/01/2012)

Note moyenne : 3.99/5 (sur 87 notes)
Résumé :
Une édition de référence du Corbeau d?Edgar Allan Poe, traduit par Stéphane Mallarmé, spécialement conçue pour la lecture sur les supports numériques.« Ardemment je souhaitais le jour ? vainement j?avais cherché d?emprunter à mes livres un sursis au chagrin ? au chagrin de la Lénore perdue ? de la rare et rayonnante jeune fille que les anges nomment Lénore : ? de nom pour elle ici, non, jamais plus !Et de la soie l?incertain et triste bruissement en chaque rideau pu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
Bobby_The_Rasta_Lama
  18 décembre 2020
"Tell me what thy lordly name is on the Night's Plutonian shore!"
Quoth the Raven...
... Nevermore. Jamais plus.
Nous sommes presque tous en mesure de compléter la ligne, même ceux qui n'ont jamais lu "Le Corbeau".
L'un des poèmes les plus célèbres de la littérature américaine, il fait désormais partie de la "mémoire culturelle", de la culture populaire, presque au même titre que Dracula ou Frankenstein. Il serait inutile de compter le nombre de ses reprises et parodies depuis sa première publication dans le New York Evening Mirror en 1845.
On pourrait se demander d'où vient cette notoriété, mais il suffit de le lire pour comprendre. C'est terriblement économe, efficace et troublant. En quelques strophes, Poe arrive à créer une authentique atmosphère d'horreur, et sa métrique ciselée et répétitive est vicieusement hypnotisante. Jetez juste un oeil sur la première strophe, et vous n'arrêterez plus de lire... et de relire... jamais plus !
Malgré l'aura mystérieuse qui l'entoure, il ne reste pas beaucoup de place pour spéculer sur la genèse du poème, car Poe s'en charge lui même et l'explique en détail dans sa "Philosophy of Composition". L'histoire en soi est simplissime, Poe n'utilise presque pas de métaphores poétiques, et c'est à vous de chercher un peu entre les lignes quant à son interprétation. Selon la règle tacite, il ne faut pas confondre l'auteur avec son oeuvre, mais l'année 1845 était rude, pour Poe. Sa femme Virginia était mourante, sa situation financière catastrophique, et son penchant pour l'alcool se faisait sentir de plus en plus. On peut donc au moins imaginer quelques inspirations d'ordre privé.
Peut-on se fier complètement au narrateur du poème ? Accablé par la mort récente de sa bien-aimée Lénore, il se trouve dans un curieux état entre le rêve et la réalité, plongé dans la lecture de livres ésotériques, quand il entend toquer à sa porte.
C'est minuit, et le temps de ce glacial décembre est affreux à souhait... qui cela pourrait-il être, par une nuit pareille ?
Un corbeau noir, qui viendra se percher sur le buste de Pallas Athéna.
La situation est presque comique : le jeune homme est loin de voir son visiteur comme un véritable émissaire des Enfers, et il lui demande par dérision son prénom.
Mais tout va basculer au premier croassement sinistre du volatile : "Nevermore". Tel est son prénom, et le seul mot qu'il sait dire.
La descente est inévitable. le jeune homme se tourmente lui même en posant au corbeau des questions qui le préoccupent et dont il connaît d'avance la réponse définitive, qui tombe comme un couperet avec chaque nouveau "jamais plus".
Et le tempo s'intensifie encore quand le malheureux au bord de la folie ordonne à son visiteur de partir. La réponse ne se laisse pas attendre...
Poe nous parle de "l'effet de gradation", et il ne reste qu'à admettre que c'est parfaitement réussi.
Qui ou qu'est donc ce corbeau nommé Nevermore ?
On peut prendre le poème au premier degré et voir en lui un simple oiseau apprivoisé qui a appris à parler et qui poussera le jeune homme à la folie par son refrain répétitif. Il n'est pas sans intérêt que Poe a d'abord sérieusement pensé à un perroquet, et l'idée que la célèbre réplique pourrait être "Polly wants a cracker" est assez pittoresque...
Certains voient le corbeau comme le Diable en personne, mais cela ne me paraît pas convaincant. En général, le Diable vous propose un marché : votre âme contre quelque chose, mais ici cela ne fonctionne pas.
Reste la troisième possibilité : le corbeau de Poe aurait représenté la dépression. le mois de décembre est hautement symbolique; les journées raccourcissent, c'est la période de la mort de la nature et des forces obscures. L'oiseau de mauvais augure va se poser sur le buste de Pallas, symbole de la raison et de la sagesse, et Lénore (prénom qui signifie "lumière" ou "torche") est éteinte à tout jamais. Tout comme la dépression, le corbeau s'installe sans y être invité, fait ce qu'il veut de sa victime et ne partira pas à la demande.
Les traductions de Mallarmé ou de Baudelaire sont très belles, mais elles restent des traductions en prose, ce qui enlève presque tout l'effet dramatique à la lecture.
Poe a composé son poème comme un horloger minutieux, en optant pour le rythme trochaïque : un rythme en deux temps, dont la première syllabe est accentuée et la deuxième atone (à l'inverse du iambe, bien plus naturel pour la langue anglaise).
Il ne sort jamais de son schéma statique (ce qui lui est parfois reproché), mais il crée exactement ce qu'il avait en tête : une sensation d'urgence, de quelque chose qui monte crescendo vers l'inévitable mauvaise fin. le tempo du "Corbeau" est le même que celui des musiques qui accompagnent les scènes tendues dans les films d'horreur.
Les fans de métal peuvent vérifier cette théorie dans un hommage épique fait au "The Raven" de Poe par un groupe au nom inspirant de Rotting Christ; ces chevelus grecs ont tout compris sur les possibilités du vers trochaïque !
Vous pouvez le lire, l'écouter (l'interprétation de Christopher Lee en vaut le coup), ou même regarder le mémorable épisode qui lui est consacré dans la série Les Simpson... Il y a du choix.
5/5, car je ne trouve aucune raison pour baisser ma note. Mille excuses pour la longueur de la critique, mais il y a beaucoup à dire et l'occasion ne se présentera JAMAIS PLUS.
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Under_the_Moon
  14 février 2021
Alors qu'il lit paisiblement dans sa chambre pour tenter de penser à autre chose qu'au décès de sa bien-aimée, un homme entend qu'on frappe à sa porte... Il est exténué, triste et cette nuit de Décembre arriver et il le voit entrer : le Corbeau !
Ce messager mythique, qui accompagne le Dieu Odin, cet oiseau qui sait passer d'un monde à l'autre... Notre narrateur érudit, d'abord fasciné tente de questionner ce Prophète des Enfers.
Mais la seule réponse que le narrateur obtient est : "Nevermore" (= "jamais plus).
Un très long et magnifique poème du génial romancier américain Edgar Allan Poe. Avec des rythmes entêtants qui deviennent hypnotiques, ce poème est tout simplement fascinant et c'est un chef-d'oeuvre.
Comme beaucoup de textes signés Poe, ce poème est plein de références mythologiques (qui obligent parfois à prendre un dictionnaire!) qui ajoutent du mystère à cette nuit et ce dialogue mystérieux.
Une vraie extase littéraire quand on a les clés !
(j'ajouterai que la version lue par Christopher Lee et les illustrations de Gustave Doré complètent joliment cette lecture. Ou dans un tout autre registre, certains préfèreront peut-être la version parodique des Simpson ! )
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manu_deh
  21 janvier 2015
Courte nouvelle de Poe, et très célèbre, avec une grande puissance évocatrice. Presque de la poésie tellement le style est travaillé.
L'image de ce Corbeau s'installera dans votre imaginaire, et ne vous quittera plus. "JAMAIS PLUS!"
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PATACIDE
  28 avril 2015
Un soir glacial de décembre, un homme aussi dans sa chambre, s'assoupi sur son livre, en pensa à Lenore, sa dulcinée maintenant décédée.
Mais un bruit à sa porte le sort de sa rêverie. Après avoir fait plusieurs hypothèses et s'être enfin fait une raison il ouvre et malgrès sa torpeur... à un corbeau majestueux. Amusé, mais intrigué il demande bêtement son nom. La corbeau répond alors "Jamais plus". le narrateur s'interroge et demande d'autres questions.
Mais le corbeau répond à chaque fois Jamais plus.
Tétanisé, l'homme se rend compte qu'il est comme sous l'emprise du Corbeau jusqu'au lendemain qui ne fait que de répéter "jamais plus".
L'atmosphère un peu féerique se voile dès l'arrivé du corbeau qui fait sombrer le narrateur dans une sorte de folie tétanisante.
Un oiseau rempli la pièce par son ombre et par son refrain jamais plus.
L'écriture poétique rend la narration plus tendue. Comment un simple corbeau peut-il faire aussi peur!
Et aussi, je ne pourrai pas faire cette critique sans évoqué Les Simpson qui l'a mis en scène pour leur premier Simpson Horror Show. C'est comme même grâce à eux que j'ai entendu le Corbeau quand j'était petite.
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ClubEdgarPoe
  25 septembre 2020
Le Corbeau (titre original : The Raven) est un poème narratif de l'écrivain américain Edgar Allan Poe, qui compte parmi les textes les plus forts de ce poète, établissant sa réputation dans son pays et en Angleterre Il paraît pour la première fois le 29 janvier 1845 dans le New York Evening Mirror. D'une grande musicalité et à l'atmosphère irréelle, obéissant à une métrique stricte, le poème raconte l'histoire d'une mystérieuse visite que reçoit le narrateur, qui se lamente sur la mort de son amour, Lenore. Un corbeau perché en haut de sa porte répète inlassablement : « Jamais plus ». La répétition de ces mots plonge le narrateur dans un désarroi si fort qu'il sombre dans la folie. le poème utilise un grand nombre de références classiques et folkloriques. Il s'agit d'un des textes les plus célèbres de Poe.
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Citations et extraits (18) Voir plus Ajouter une citation
Bobby_The_Rasta_LamaBobby_The_Rasta_Lama   16 décembre 2020
Once upon a midnight dreary, while I pondered, weak and weary,
Over many a quaint and curious volume of forgotten lore—
While I nodded, nearly napping, suddenly there came a tapping,
As of some one gently rapping, rapping at my chamber door.
“’Tis some visitor,” I muttered, “tapping at my chamber door—
Only this and nothing more.”

Ah, distinctly I remember it was in the bleak December;
And each separate dying ember wrought its ghost upon the floor.
Eagerly I wished the morrow;—vainly I had sought to borrow
From my books surcease of sorrow—sorrow for the lost Lenore—
For the rare and radiant maiden whom the angels name Lenore—
Nameless here for evermore.

.....................................................................................................................................

Une fois, par un minuit lugubre, tandis que je m’appesantissais, faible et fatigué, sur maint curieux et bizarre volume de savoir oublié — tandis que je dodelinais la tête, somnolant presque : soudain se fit un heurt, comme de quelqu’un frappant doucement, frappant à la porte de ma chambre — cela seul et rien de plus.

Ah ! distinctement je me souviens que c’était en le glacial Décembre : et chaque tison, mourant isolé, ouvrageait son spectre sur le sol. Ardemment je souhaitais le jour — vainement j’avais cherché d’emprunter à mes livres un sursis au chagrin — au chagrin de la Lénore perdue — de la rare et rayonnante jeune fille que les anges nomment Lénore : — de nom pour elle ici, non, jamais plus !

(trad. S. Mallarmé)
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SeshetaSesheta   12 janvier 2013
Startled at the stillness broken by reply so aptly spoken,
"Doubtless," said I, "what it utters is its only stock and store
Caught from some unhappy master whom unmerciful Disaster
Followed fast and followed faster till his songs one burden bore-
Till the dirges of his Hope the melancholy burden bore
Of 'Never-nevermore.' "

(The Raven, p.28)
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Virgule-MagazineVirgule-Magazine   01 mars 2016
«  Prophète  ! - dis-je, - être de malheur  ! oiseau ou démon  ! toujours prophète  ! par ce Ciel tendu sur nos têtes, par ce Dieu que tous deux nous adorons, dis à cette âme chargée de douleur si, dans le Paradis lointain, elle pourra embrasser une fille sainte que les anges nomment Lénore, embrasser une précieuse et rayonnante fille que les anges nomment Lénore.  » Le corbeau dit  : «  Jamais plus  !  »
«  Que cette parole soit le signal de notre séparation, oiseau ou démon  ! - hurlai-je en me redressant. - Rentre dans la tempête, retourne au rivage de la Nuit plutonienne  ; ne laisse pas ici une seule plume noire comme souvenir du mensonge que ton âme a proféré  ; laisse ma solitude inviolée  ; quitte ce buste au-dessus de ma porte  ; arrache ton bec de mon cœur et précipite ton spectre loin de ma porte  !  » Le corbeau dit  : «  Jamais plus  !  »
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PATACIDEPATACIDE   28 avril 2015
Le corbeau dit : Jamais plus !
Et le corbeau, immuable, est toujours installé, toujours installé sur le buste pâle de Pallas, juste au-dessus de la porte de ma chambre ; et ses yeux ont toute la semblance des yeux d’un démon qui rêve ; et la lumière de la lampe, en ruisselant sur lui, projette son ombre sur le plancher ; et mon âme, hors du cercle de cette ombre qui gît flottante sur le plancher, ne pourra plus s’élever, — jamais plus !
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Bully66Bully66   26 juillet 2012
Une fois, sur le minuit lugubre, pendant que je méditais, faible et fatigué, sur maint précieux et curieux volume d’une doctrine oubliée, pendant que je donnais de la tête, presque assoupi, soudain il se fit un tapotement, comme de quelqu’un frappant doucement, frappant à la porte de ma chambre. « C’est quelque visiteur, — murmurai-je, — qui frappe à la porte de ma chambre ; ce n’est que cela, et rien de plus. »
Ah ! distinctement je me souviens que c’était dans le glacial décembre, et chaque tison brodait à son tour le plancher du reflet de son agonie. Ardemment je désirais le matin ; en vain m’étais-je efforcé de tirer de mes livres un sursis à ma tristesse, ma tristesse pour ma Lénore perdue, pour la précieuse et rayonnante fille que les anges nomment Lénore, — et qu’ici on ne nommera jamais plus.
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Videos de Edgar Allan Poe (32) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Edgar Allan Poe
Edgar Allan Poe : La Vérité sur le cas de M. Valdemar (France Culture / Samedi noir). Diffusion sur France Culture le 17 juin 2017. Illustration par Harry Clarke (1889-1931). Publié en 1919. • Crédits : Harry Clarke. Le récit d’une (fausse) expérience scientifique, pratiquée sur un sujet à l’agonie qui, non sans ironie, nous emmène loin dans l’épouvante : comment exprimer un état — la mort — qu’avant, on ignore, et qu’après, on est dans l’incapacité de nommer ? Adaptation : Hélène Frappat, d’après la traduction de Charles Baudelaire. Une réalisation de Michel Sidoroff. Conseillère littéraire : Caroline Ouazana. « “La Vérité sur le cas de M. Valdemar”, publié en 1845 par Edgar Allan Poe, fait partie d’un triptyque traitant des effets du magnétisme, autrement dit de l’hypnose, avec “Morella” et “Révélation magnétique”. Charles Baudelaire l’a traduite en français, comme l’ensemble des “Histoires extraordinaires”. Il s’agit de la nouvelle la plus fascinante du recueil, car elle en livre l’art poétique. À travers ce récit d’une (fausse) expérience scientifique, pratiquée sur un sujet à l’agonie, Poe radicalise, d’une manière unique dans l’histoire de la littérature, les potentialités, et simultanément les limites du langage humain. Comment faire parler un mort ? Comment dire ce qui n’est pas ? Avec quels mots donner vie au néant ? Comment exprimer un état — la mort — qu’avant, on ignore, et qu’après, on est dans l’incapacité de nommer ? “La Vérité sur le cas de M. Valdemar” n’exprime donc d’autre vérité que celle de la condition humaine : définie par le langage, et butant contre lui ; se débattant de toutes ses forces contre l’innommable qui ronge toute expérience, et toute nomination : la mort. Pour un être humain, et un écrivain, cette expérience « entre la vie et la mort », selon le titre de Nathalie Sarraute, nous emmène loin dans l’épouvante, mais aussi dans l’ironie, de la prison où l’homme se débat, et dont, seule, la littérature peut faire reculer les murs. » Hélène Frappat
Avec :
Olivier Cruveiller (Oscar Preston) Igor de Savitch (Ernest Valdemar) Jean-Luc Debattice (Samuel Fisher) Laurent Lederer (Daniel de Moine) Caroline Breton (Theodora Langdon)
Bruitages : Bertrand Amiel Prise de son, montage et mixage : Jehan-Richard Dufour et Lidwine Caron Assistante à la réalisation : Léa Racine
Poème d’Edgar Allan Poe traduit par Stéphane Mallarmé, lu par Olivier Cruveiller
Source : France Culture
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