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Critique de BVernaz


BVernaz
  26 mars 2019
Les dessins d'Albertine sautent aux yeux, et ils sont splendides : revisitant les codes de la danse macabre, hérités du Moyen Âge, ils font défiler squelettes déhanchés, petits ou grands monstres, personnages humanoïdes vêtus de noir et porteurs d'objets baroques qui détournent l'imagerie religieuse traditionnelle, ostensoirs, cercueils, drapeaux aux fleurs sombres.
Ce qui demande un abord plus lent et plus patient, dans ce livre qui entrelace textes et illustrations, ce sont les chapitres de Guy Poitry. La Camarde, personnification de la mort, y est représentée assez vieillissante, un peu déphasée, tâchant de jouer son rôle malgré tout dans un monde moderne où le rapport à la mortalité s'est modifié ; elle y parle aussi, y interpelle ou y dialogue, dans trente-six morceaux brefs, parfois très brefs, qui font défiler, eux aussi, tous les assauts portés contre la vitalité et contre la chair. Leur virtuosité tient à la diversité des tons qu'ils expriment, du cynisme le plus impassible et le plus cruel à la commisération humaine la plus tendre : comme dans les chroniques que l'auteur tient dans le Courrier, quotidien suisse romand, c'est le « mauvais genre » dans toute son amplitude. La concision, exempte de longueur ou d'explication, et la variété d'accent autorisent une impeccable densité stylistique : avec leur choix tendu d'un lexique volontiers archaïsant, leur usage de la reprise et de la répétition à différents niveaux, leurs sonorités et rythmes harmonieux ou au contraire brusqués, voici des textes qu'on lit et qu'on relit, pour découvrir qu'ils atteignent à ce genre du poème en prose auquel ils font quelquefois allusion.
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