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EAN : 9782234071810
144 pages
Stock (02/11/2011)
3.56/5   35 notes
Résumé :

« Ma mère est morte cet été. Le sol s’est dérobé sous mes pieds. J’ai perdu mes repères, tout autant que ma mère. Après la disparition de mes deux filles, la mort rôde une nouvelle fois. J’ai du chagrin, mais je ne peux pas le dire, ma mère me l’a toujours interdit. Une femme secrète, retenue, emmurée, droite, digne, qui détestait la maladie et l’h... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
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Ce récit je l'ai récupéré dans une boite à livres. La photo de couverture a attiré mon attention en même temps que le titre... La quatrième de couverture m'a décidé à repartir avec l'ouvrage. Patrick Poivre d'Avor, je l'ai apprécié avec "Lettres à l'absente" et "Elle n'était pas d'ici", récits forts et très dignes. Puis, j'ai découvert des romans, et j'ai été nettement moi emballée... Finalement je n'apprécie cet auteur que lorsqu'il écrit des récits... Avec ce livre rédigé à la mort de sa mère, ce beau récit, sans pathos, je le retrouve. Je revis aussi une époque, celle où les parents étaient distants, parfois durs, et où les marques d'affection étaient plus rares que les reproches. On élevait tout alors, les chats, les chiens, les ovins, les bovins... et les enfants!
Un livre qui a su me parler.
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Ce petit livre intense, écrit au bord des larmes, réussit à éviter le pire travers du genre qui est le pathos. Il révèle un homme fragile. Elevé dans le rejet du chagrin par celle-là même qui, aujourd'hui, lui en cause. "Dans notre famille, on n'a pas de chagrin. En tout cas, on ne le dit pas", répétait la mère au petit garçon lorsqu'il sanglotait. Tout est-il là, dans cette mise à distance des sentiments? Pas besoin de se livrer à une psychanalyse de comptoir pour répondre que oui, sans doute, cette façon de parler d'amour engageait sur une assez curieuse voie celui qui toute sa vie voulut explorer les mille et une façons d'aimer. de cette interdiction de se plaindre naquit la détestation de toute forme d'affaissement, d'abandon, de relâchement. le petit garçon devint un fauve. Un guépard, semblable à ceux que dépeignit autrefois Tomasi di Lampedusa. Un animal solitaire dont le pire ennemi est connu: lui-même. Dans le beau livre de reconnaissance qu'il consacre aujourd'hui à sa mère disparue, Patrick Poivre d'Arvor reconnaît sa propension à se tordre l'âme face aux coups durs. Tout livre sur la mère abrite-t-il un livre sur le déni existentiel ? Il faut croire que la nostalgie est la seconde nature des guépards comme des anciens petits garçons. Aujourd'hui, le guépard est blessé. Il reste un seigneur de la terre. En voie de disparition, hélas. Il faut le protéger.

La disparition d'une maman est toujours très difficile, elle est contée magnifiquement dans ce livre avec des larmes dans la voix je dirais plutôt
" dans la plume " et avec une grande pudeur.


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Par elle, malgré elle, ou en elle. La relation à la mère est toujours forte mais vécue de façon différente d'un individu à l'autre et d'un frère (ou une soeur) à l'autre.
Patrick Poivre d'Arvor vient de perdre ce "tuteur inflexible",ce "rempart", cette femme "dure au mal","belle", "orgueilleuse","indépendante, "emmurée", intrusive aussi parfois à force de tout contrôler et il vient la raconter, se la raconter pour la faire revivre encore une fois.
D'autres écrivains, récemment, de Christine Orban (Le pays de l'absence) à Delphine le Vigan (Rien ne s'oppose à la nuit) ont accompli la même démarche, comme un retour sur les derniers instants,le passé, les souvenirs, le lien crée ou non.
Patrick Poivre d'Arvor exprime ses sentiments avec pudeur.
"J'ai du cha..." pleurait-il, enfant, face à son poisson rouge, les nageoires coupées par sa soeur jouant à la cruelle Sophie.
"Tu n'as rien.Dans notre famille,on n'a pas de chagrin. En tous cas on ne le dit pas c'est commun".
Et là, il ose. "Dire, c'est offrir." Et il dit. Et, même s'il ne dit que pour lui, son monologue nous émeut. Nombreux deuils. Un de plus. Vide. Présence irremplaçable.
Il revient sur ses souvenirs d'enfance d'ainé avec Catherine l'exubérante et Olivier le protégé.Il évoque le journal intime, de cette fervente de Goethe, retrouvé après son décés. Il s'interroge sur le bonheur de l'enfance, l'amour qu'il lui portait qui a sans doute rejailli sur sa vie d'homme.
L'enfant replié sur lui même qui voyageait à travers livres, s'ouvre enfin pour dire :je t'aime encore et toujours.
Et c'est beau un homme qui pleure.
Merci!
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Dans ce livre, le journaliste Patrick Poivre d'Arvor se retourne sur son enfance et principalement sur ses relations avec sa mère.

Ce petit ouvrage m'a profondément touchée, probablement parce que je suis une caisse de résonance idéale pour certains des propos de l'auteur qui a grandi dans une famille de taiseux dans laquelle il est plus courant de dire « passe-moi le pain » que « je t'aime »….

A la fois impudique (il révèle des secrets et anecdotes de famille, revient sur les multiples deuils qui ont jalonné sa vie) et pudique (son récit est tout en délicatesse) : c'est aussi cette alchimie qui m'a séduite.

Il s'agissait de mon « premier PPDA » et j'ai beaucoup aimé son style.
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Patrick Poivre d'Arvor, "l'Expression des sentiments". Stock. 134 pages
Malgré un avis assez négatif de la lectrice qui présentait ce témoignage lors d'un café lectures et qui ne me paraissait pas correspondre à l'extrait entendu, j'ai emprunté et lu "l'expression des sentiments" de Patrick Poivre D'Arvor.
Il y évoque sa mère décédée une semaine avant le début de l'écriture du livre.
Au fil d'anecdotes racontées dans de courts chapitres, il ressuscite sa mère et nous en fait un portrait aimant et touchant. Celui d'une femme digne, forte et aimante, taiseuse sur ses sentiments.
C'est un livre sur le chagrin. C'est d'ailleurs par là qu'il débute. Un chagrin qu on n'exprime pas : "dans notre famille, on n'a pas de chagrin. En tout cas, on ne le dit pas. C'est commun" lui dit sa mère alors qu'enfant, il pleure la mort de son poisson rouge. "Dans sa bouche, commun, c'était vulgaire puissance douze."
Plus loin, il évoque cette phrase qui sera un socle "les grandes douleurs sont muettes."
Un socle pour elle. Mais aussi pour lui.
On découvre à travers ce portrait sans pathos, tout en pudeur délicate, non seulement cette mère tant aimée, mais aussi l'enfant et l'homme, celui qui a accumulé tant de chagrins avec la mort de ses trois filles.
J'ai aimé les références littéraires. Les confidences pudiques. Et ce souvenir commun : d'avoir feint la fièvre pour pouvoir rester au lit, chouchouté par sa mère à pouvoir lire ses romans favoris. J'ai aimé d'autres souvenirs communs. Mais cette fois, c'est moi qui les tairai par pudeur.
Un livre que je recommande.
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critiques presse (2)
Lexpress
22 décembre 2011
L'Expression des sentiments, de Patrick Poivre d'Arvor est un petit livre intense révélant un homme fragile et blessé.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LaLibreBelgique
10 novembre 2011
Des mots qui laissent apparaître au grand jour les blessures, jamais refermées, qui font toujours souffrir l’ancien présentateur du 20 h de TF1...
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
Je me souviens encore. De mes goûters en revenant de classe avec du chocolat chaud et de la brioche. De l'odeur de la pâte à crêpes qu'elle laissait reposer sur un radiateur, après y avoir laissé couler quelques gouttes de rhum Negrita, des vol-au-vent et des gâteaux de pommes de terre que nous faisait ma grand-mère Marie. De nos affrontements à propos de mon autre grand-mère Gabrielle, dite Yella, qu'elle n'aimait pas : la belle-mère avait pris sa bru de haut, elle avait espéré pour son fils un mariage plus prestigieux ou plus mondain.
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Je dois avoir six, sept ans. Nous habitions encore rue Clovis, c'était avant les années bourgeoises. Ma soeur venait de me causer un minuscule chagrin. Aujourd'hui, c'est la bonté même, elle ne fréquente que des saints, son auréole l'attend là-haut, mais, en ce jour, elle m'avait joué un tour de peste : elle avait coupé les nageoires de mon poisson rouge. Il s'appelait Titi d'Or.
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On aime sa mère presque sans le savoir, sans le sentir, car cela est naturel comme de vivre ; et on ne s'aperçoit de toute la profondeur des racines de cet amour qu'au moment de la séparation dernière. Aucune autre affection n'est comparable à celle-là car toutes les autres sont de rencontre, et celle-là est de naissance ; toutes les autres nous sont apportées plus tard par les hasards de l'existence, et celle-là vit depuis notre premier jour dans notre sang même. Et puis, et puis, ce n'est pas seulement une mère qu'on a perdue, c'est toute notre enfance elle même qui disparaît à moitié...
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Bon d'accord, je ne l'ai pas embrassée pour lui dire adieu. Mais, elle, combien de fois nous a-t-elle embrassés?
Il y a encore dix, quinze ans, je ne m'étais jamais posé la question. Olivier, un jour, l'a fait pour moi. Lui, le petit chouchou, le cadet de dix ans, celui qui suivit mes parents de Reims en Normandie et passa avec eux plus de temps que ses aînés, osait aborder le sujet tabou :
- T'a-t-elle jamais dit "Je t'aime"?
- A vrai dire je ne sais pas, peut-être jamais, en effet, elle était pudique et, à l'époque, ça ne se faisait pas entre parents et enfants.
- Mais moi non plus, je n'y ai pas eu droit. Et pourtant j'avais dix ans en mai 68. Ca en a changé des choses dans ce domaine, 68...
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...je ne crois pas m'être fait un seul ami, un seul confident. Je me réfugie dans la lecture. Mes vrais alliés sont là, mes héros, mes amoureuses, mes compagnons d'infortune, de solitude, de tristesse, de délivrance aussi, d'évasion, mes bâtisseurs de mondes meilleurs.
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Videos de Patrick Poivre d'Arvor (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrick Poivre d'Arvor
Dans La Grande Librairie François Busnel reçoit :
Delphine de Vigan, Les Heures souterraines (JC Lattès) Véronique Ovaldé pour Ce que je sais de Vera Candida (L'Olivier) Patrick Poivre d'Arvor pour Fragments d'une femme perdue (Grasset) Justine Lévy pour Mauvaise Fille (Stock)
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