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EAN : 9782070358618
176 pages
Éditeur : Gallimard (18/09/2008)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 54 notes)
Résumé :
Un artiste inaccompli, menant une vie solitaire sur les sables du Nord, va se révéler, par un enchaînement de circonstances presque fortuites, un faussaire prodigieux... Confession jubilatoire d'un génie de la copie, récit mené de main de maître.
"Excusez les fautes du copiste" nous convie à une réflexion pleine d'une ironie mélancolique sur l'art, la vérité et le mensonge.
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
latina
  01 août 2014
Agent secret, espion, traitre, sorte de Masque de fer, Triste Sire, négligé, homme du secret...voilà tous les sobriquets dont le narrateur s'affuble en toute connaissance de cause, en toute honnêteté.
Eh oui...c'est qu'il a fait profession de l'imitation, ce « raté de la réussite ». En effet, il sort des Beaux-Arts avec des résultats médiocres, ce qui lui cause encore plus de dommages que s'il avait raté. Car personne ne veut de lui. Il se marie, cependant, mais comble de malchance, sa femme meurt en couches, lui laissant une toute petite fille, Isabelle. Il leur faut vivre, donc il enseigne bon gré mal gré le dessin dans une école de jeunes filles. Puis il jette cette profession qu'il exècre aux orties, dans une crise qu'il qualifie lui-même de folie furieuse. Et c'est à partir de ce moment que tout s'enchaine, qu'il va devenir un copieur hors pair ! Mais l'engrenage se grippe... Quand le faux prime sur le vrai, même si l'apparence est sauve, l'Art perd de sa crédibilité, et là, c'est la dégringolade...
J'ai éprouvé beaucoup de plaisir à lire les espoirs et les déboires du personnage principal, narrés avec une douce ironie et une clairvoyance douce-amère. le monde de l'Art et de ses déviances, mais aussi une réflexion un peu désenchantée sur le lien paternel et une vision de l'amitié vierge de toute illusion...tout ceci fait partie du déballage loin d'être assommant d'un virtuose de la contrefaçon.
Bravo à Grégoire Polet, cet auteur belge, authentique, lui !
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Mimimelie
  01 août 2018
Pour rompre un peu l'immersion où je suis depuis quelques jours dans l'univers De Toulouse-Lautrec, je choisis de faire une petite pause récréative avec ce roman que je me promettais de lire depuis longtemps.
Le démarrage fut quelque peu déroutant et assez peu séduisant… c'est quoi ces pleurnicheries de looser ?
Et puis, petit à petit les choses ont pris de l'épaisseur, et surtout dans nombre de directions. Pour résumer, ce roman qui n'a l'air de rien aborde de très nombreux sujets tous plus pertinents et sensibles les uns que les autres.
Par exemples :
Pour qui ne se serait pas posé la question, la différence entre copiste et faussaire, sachant que l'un et l'autre peuvent être confondus ;
La question du processus créatif et de son authenticité, (valeur pourtant revendiquée haut et fort aujourd'hui), de sa valeur aussi, face aux techniques de reproductivité moderne…
L'art et l'artiste se réduiront-ils à un simple savoir-faire mécanique de techniques picturale et reproductible au service des marchés ?
Au-delà des questions d'art et d'esthétiques, il y a aussi un sujet très peu souvent abordé, celui de la relation père-fille qui sont abordées ici tout en finesse ; quelques pages à cet égard sont sublimes.
Les questions de vérités et de mensonges mais aussi de personnalité aussi sont abordées, indépendamment de son auto-dévaluation du début, mais lorsqu'il s'identifie ou fait référence, en plusieurs endroits, au héros de Bruges-la-Morte par exemple n'est pas simple note littéraire…
Jusqu'à la fin même, s'il devient aphone après avoir ingéré toute cette peinture …. Que veut nous dire l'auteur ? Est-ce l'impossibilité de trouver une autre voie d'expression ? Qu'il n'est plus en mesure de communiquer désormais de quelque chose de lui-même ?
Et encore quantités d'autres sujets de réflexion se cachent dans ce petit bouquin …. car s'il n'a l'air de rien comme ça, de prime abord, « ne tirez pas trop vite sur le copiste ».
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vllc
  28 avril 2011
L'histoire de ce roman est loin d'être prévisible. le personnage principal incarne un peintre sans créativité : un thème que, personnellement, je n'avais pas rencontré jusqu'alors dans mes lectures. Veuf et père d'une fille qui excellera dans la musique, ce peintre extrêmement attachant, écrit sa confession après avoir franchi l'irréparable : il analyse sa vie et se met à nu. Il s'agit du portrait d'un artiste dépressif qui devient copiste (faute de créer lui-même) et puis…faussaire. La frustration de devoir sa célébrité « aux faux » le conduit à un acte irréparable : la destruction de tableaux originaux et leur remplacement par des copies qu'il exécute lui-même. L'intrigue sort des sentiers battus. J'ai lu ce roman quasiment d'une traite.

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Elianor
  15 novembre 2013
Sylvain est un peintre sans grand imagination, mais il a épousé la femme de sa vie, a une adorable petite fille et habite une grande maison. Tout bascule à la mort de sa femme : il reste seul avec sa fille dans la grande maison. Il est obligé d'accepter un travail qui ne le passionne pas et le rend morose et déprimé. Puis un jour, on lui propose de faire des copies de tableaux de grands maîtres pour de riches clients qui préfèrent conserver les originaux au fond d'un coffre. Sylvain accepte, car il a un talent particulier pour faire des copies. Les clients, les commandes se succèdent, de moins en moins légales. Sylvain gagne de plus en plus d'argent et se laisse entraîner dans un tourbillon infernal. Il va aller de plus en plus loin dans la copie, jusqu'au point de non retour.
Un roman sympathique à lire, sur un thème peu habituel. le style est vif et agréable. On suit sans peine les aventures du copiste, qui, attiré par l'attrait du succès anonyme et de l'argent, glisse peu à peu dans l'illégalité. Cet ouvrage pose en même temps des questions essentielles sur l'Art et la copie.
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Bunee
  20 décembre 2009

Jeune auteur belge très prometteur ayant déjà quelques ouvrages à son actif, Grégoire Polet nous offre ici un récit original, rafraîchissant, et au final très séduisant malgré quelques maladresses
Un artiste en quête d'accomplissement...
Un homme vit seul avec sa jeune fille, pianiste qui atteindra plus tard un très haut niveau. Embourbé dans un état dépressif, son horizon se résume aux quatre murs qui les entoure et au marché au livre où il achète par sacs entiers de vieux ouvrages.
Il donne des cours de dessin et vivote, améliorant occasionnellement son quotidien en dessinant pour des livres pour enfants. Son grand malheur est là: doté d'une technique géniale, il n'a malheureusement aucune créativité et ses oeuvres personnelles sont dénuées de toute originalité, d'un quelconque presqu'affligeant.
Cet homme est un peintre dont la destinée semble vouée à marcher dans les pas de ses prédécesseurs... Ce don pour la copie des maître est à la fois un talent pouvant devenir très lucratif et une malédiction étouffant sa propre personnalité.
ourage vont vite comprendre comment tirer profit de cette aptitude et voici notre peintre, poule aux oeufs d'or, faussaire sur commande...
Un véritable trafic va naître, tandis que ne le lâchera pas cette étrange frustration - malgré l'enrichissement et un succès factice , celle de n'être reconnu que par des imitations, d'être enfermé dans un monde de faux (tout est faux, des oeuvres aux amis) et de copies. Et un jour lui prendra une idée folle et très dangereuse: et s'il détruisait à jamais l'original, qu'adviendrait-il? Les gens s'en rendraient-ils compte?
Ouvrage très agréable à lire, avec une intrigue originale
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
MorgouilleMorgouille   14 juin 2009
Le vrai, le faux, ce sont des inventions commerciales, des plus-values de marchants, des mensonges de maquignons, des arguments d’hypocrites. C’est une manière de créer des supériorités, de justifier des exclusions, d’exagérer des amours, d’exacerber des haines. Une manière de fonder le bonheur des uns sur le malheur des autres. Une raison de nier l’égalité, d’empêcher la fraternité, de miner la paix et de justifier les guerres.
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vllcvllc   28 avril 2011
Je m'étais toujours étonné de ce qu'un tableau attribué à Jérome Bosch cesse du jour au lendemain d'éveiller tout l'intérêt qu'il avait suscité jusqu'alors quand on découvrait, au milieu d'une déception finalement imbécile, qu'il était de la main d'un suiveur plus tardif. Si le tableau avait plu jusque-là, pourquoi s'en détourner soudain?
Et en sens inverse: pourquoi tel tableau anonyme, dans tel musée, le jour où quelques érudits découvrent qu'il s'agit d'un Van Dyck sans signature, devient tout à coup la vedette, est déplacé dans une autre salle et mis en évidence pour l'admiration des visiteurs?
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vllcvllc   28 avril 2011
Relire, c'est une activité curieuse. D'abord, on reconnaît le livre comme un vieux copain, on se souvient, on le prévoit, on s'étonne de ce qu'on avait oublié, on y trouve de nouvelles choses. Puis, quand c'est la troisième, la quatrième fois, on le connaît si bien qu'on y entre comme dans un lieu familier, comme chez soi. C'est reposant. On a l'impression qu'on l'a écrit, qu'on est exactement son auteur. Les pages et les chapitres deviennent les pièces, les chambres, les couloirs, l'escalier, les fenêtres et le jardin d'une maison qu'on habite.
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paulotletpaulotlet   27 janvier 2015
Puisque certains diamants synthétiques sont indifférentiables d'avec les naturels, pourquoi cette dame s'offusque-t-elle le jour où le bijoutier lui apprend que sa pierre est fausse et pourquoi cesse-t-elle de la mettre à son doigt? La beauté de sa bague n'est-elle plus pareille? A-t-elle perdu, objectivement, de sa splendeur?

Le vrai le faux sont des inventions commerciales, des plus-values de marchands, des mensonges de maquignons, des arguments d'hypocrites. C'est une manière de créer des supériorités, de justifier des exclusions, d'exagérer des amours, d'exacerber des haines. Une manière de fonder le bonheur des uns sur le malheur des autres. Une raison de nier l'égalité, d'empêcher la fraternité, de miner la paix et de justifier les guerres.
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MimimelieMimimelie   01 août 2018
Mais au moment de juger vraiment, de juger l'homme, de juger ma vie, j'espère que vous aurez des doutes, et l'humilité de vous découvrir incompétent.
Je veux dire : empêché.

A partir de quel bien, en effet, et de quel mal, jugerez-vous l'homme, le peintre, l'artiste, le faussaire, l’illustrateur, le fils, l'ami, le père, l'époux, le veuf ?
Toutes ces facettes ne sont-elles pas un étrange mélange ? Comment pourrez-vous unifier votre sentence, et ne pas vous perdre, comme je me suis perdu, dans ce -permettez-moi- ce "Ballet de masques" ?
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Videos de Grégoire Polet (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Grégoire Polet
Grégoire Polet est le lauréat du prix Amerigo Vespucci Adultes 2015, pour son livre "Barcelona !" publié aux éditions , Gallimard. "Une théorie prétend qu'il suffit de six poignées de main pour relier une personne à une autre, où qu'elles soient dans le monde. Appliquant cette théorie au roman, Grégoire Polet représente Barcelone à travers une vingtaine de personnages, dont les destins se croisent, se tressent, se perdent et se retrouvent." Ce prix est présidé par l'auteur Adbelkader Djemaï. Il a annoncé le résultat des délibérations du jury, vendredi 28 août, en présence du Coordinateur du FIG, Patrick Schmitt, de l'adjointe à la Culture de Saint-Dié-des-Vosges, madame Claude Kiener et du libraire déodatien et coordinateur du salon du livre, Olivier Huguenot. Ce prix Amerigo Vespucci adultes bénéficie du soutien financier (2.500 ?) du Crédit Mutuel Enseignant : CME La remise du prix aux lauréates aura lieu durant le festival international de Géographie dimanche 4 octobre, à 11h15 à la Tour de la Liberté
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