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ISBN : 2366260199
Éditeur : LC Christophe Lucquin éditeur (06/11/2014)

Note moyenne : 4.5/5 (sur 2 notes)
Résumé :
Felipe Polleri impose son style unique qui lui vaut d’être classé dans le groupe des « bizarres » en Uruguay.
Toujours très néo-expressioniste, son écriture est cinglante, folle, caractérisée par un humour sauvage et macabre.

Avec ce roman, son tout dernier paru en Uruguay en 2013, Allemagne, Allemagne !, l’auteur revisite la Seconde Guerre mondiale et nous en donne une version hallucinée. Le roman se divise en trois parties de l’Angleterre bo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
yv1
  08 novembre 2014
Felipe Polleri est fou -je crois que son traducteur et éditeur l'est tout autant, d'abord pour s'être lancé dans l'aventure de l'édition (à ce propos, pour survivre, il lance un appel à contribution sur la plate-forme Kisskissbankbank, il serait fort dommage qu'il disparaisse), ensuite pour choisir des textes originaux et décalés et enfin pour traduire Felipe Polleri de l'espagnol (Uruguay). Pas fou dangereux, enfin, je ne crois pas, non, il écrit des livres : L'ange gardien de Montevideo, Baudelaire. Ces deux derniers dont j'ai parlé ici même ne sont pas exempts de cette folie, tant celle de l'auteur que celle de ses héros. Allemagne, Allemagne ! est encore pire, si je puis m'exprimer ainsi. Je ne suis pas sûr d'avoir tout compris. Ou plutôt, je suis sûr de n'avoir pas tout compris. Mais ce n'est pas grave, le plaisir de lecture n'est finalement pas dans le sens de ce qu'on lit mais dans les sons, les mots, la poésie, la violence, la folie, ...
Felipe Polleri procède par images, par allusions, des noms glanés ici ou là nous aiguillent sur notre lecture -à condition de posséder un dictionnaire ou d'aller visiter Wikipédia ou tout autre site d'informations. Beaucoup de références au docteur Prinzhorn, psychiatre allemand et historien d'art, qui a notamment observé les dessins et oeuvres de fous ; il en a tiré un ouvrage qui a enthousiasmé Paul Klee et les surréalistes. Fort heureusement pour lui, il est mort en 1933 avant que les nazis lui fassent des misères puisque son travail faisait parte de ce qu'ils appelaient l'art dégénéré. Abondamment cité, il soigne les différents narrateurs de ce livre, il peut être aussi considéré comme l'inspirateur -ou le psychiatre ?- de l'auteur, tellement son écriture pourrait se retrouver qualifier de surréaliste ou d'automatique. F Polleri fait appel aux Fantômes, aux Martiens aux Krak : "Les humains s'étaient croisés, des millénaires plus tôt, avec les insectes, pour créer les Krak qui, comme tous les maîtres, avaient violé durant des générations les adolescentes martiennes. le Fantôme, débarqué par erreur sur la terre quand il avait cinq ou six ans, nous avait confondus avec les Krak, et en nous tuant, ne faisait rien de plus que de venger sa mère." (p.47)
En tant qu'Uruguayen, il ne fait pas l'impasse sur les nazis venus se réfugier dans son pays et plus largement en Amérique du Sud (cf. SS in Uruguay, de Serge Gainsbourg, dans son excellent album Rock around the bunker, que j'ai eu en tête après cette simple phrase, page 166 : "Il y a des nazis en Uruguay")
Les trois narrateurs, Christopher, Parsifal et Antoine sont fous, pour diverses raisons : "En parlant d'autre chose, ce sont peut-être les coups que papa m'a donnés au cerveau dans le plus tendre des âges qui m'ont rendu fou. Des connexions se sont sûrement brouillées, et j'ai dû en créer d'autres pour continuer à fonctionner..." (p.56/57), un autre a subi une opération, très jeune dans laquelle les chirurgiens ont "extirpé l'euphorie de vivre" et "installé la timidité dans un bloc opératoire clandestin et oxydé", une sorte de résultat des expérimentations de J. Mengele.

Difficile pour moi d'en dire plus sur ce livre totalement décalé, que malgré ma relative -ou totale- incompréhension, je n'ai pas pu abandonner avant la fin (même si pour être totalement honnête, la troisième partie m'a moins plu), captivé et fasciné que j'étais par le pouvoir de Felipe Polleri à faire naître des sensations, à toucher son lecteur. Un bouquin unique. Un très beau travail de traduction, de correction (Edith Noublanche) et de mise en page (maquette : Marylin Cayrac). Que les éditions Christophe Lucquin vivent, elles le méritent parce qu'elles nous font découvrir des textes que l'on ne lirait pas autrement.

Lien : http://lyvres.over-blog.com
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Charybde2
  28 mars 2015
Traquer en un délirant flot d'humour noir l'identité psychiatrique et veule du nazisme.
Sur mon blog : http://charybde2.wordpress.com/2015/03/28/note-de-lecture-allemagne-allemagne-felipe-polleri/
Lien : http://charybde2.wordpress.c..
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
Charybde2Charybde2   28 mars 2015
Un voisin de mon âge s’était noyé dans son propre vomi d’ivrogne ; à l’heure de m’offrir le corps de son unique fils, la mère n’hésita pas et le médecin du quartier certifia le décès de Christopher Marlowe ; ils veillèrent le cadavre dans un cercueil fermé et l’enterrèrent au pays du Jamais-jamais-jamais. Je suis né à nouveau quelques mois plus tard ; ils sont venus me chercher à Manchester avec une demi-douzaine de documents (dont la carte d’identité et l’acte de naissance), et c’est ainsi que je suis devenu Shakespeare. Mais vous croyez peut-être que rien de tout cela n’est arrivé, qu’il ne s’agit de rien de plus que d’hallucinations d’un malade mental qui a trop souvent été interné au Watson Hospital. Je me fiche de ce qu’ils pensent, car ils sont en train de lire les mots d’un mort publiés par son exécutrice testamentaire. Je suis certain que ce fut une longue (et sanglante) hallucination dans laquelle il y avait forcément théorie conspiratrice, un délire typique. Des cercueils disparus. Des scientifiques fous qui signent de faux certificats de décès. Des ouvriers du bâtiment qui chuchotent autour d’un cadavre masqué jusqu’à ce que Batman ou bien Churchill arrive. Enfin : ce qui est sûr c’est que tous les jours des gens meurent et renaissent sous un autre nom. C’est une industrie qui, si en temps de guerre elle est entre les mains de Sa Majesté, en temps de paix est l’affaire de particuliers. Nous vivons dans un monde qui nous persécute. Il est naturel que beaucoup y voient l’opportunité d’un magnifique commerce aux ramifications internationales. C’est vrai qu’en général, on l’utilise au profit des mauvais, mais, de temps à autre, un innocent en sort favorisé. Mais je suis en pleine hallucination, je l’ai déjà dit. Tous mes amis affirment que j’ai changé de nom pour enterrer, définitivement, la Grande Limace Noire. D’autres disent que je l’ai fait pour ridiculiser la critique en l’embrouillant avec Marlowe et Shakespeare. Qu’est-ce que j’en sais. Nous les écrivains, et les déments plus encore, nous avons tendance à faire une fable du plus insignifiant des épisodes de notre vie, aussi monotone et ennuyeuse soit-elle.
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julienraynaudjulienraynaud   20 avril 2015
Je suis mort. Je suis mort il y a quatorze ans. Maintenant que j’y pense, toute ma famille est morte. Je n’ai ni frères ni sœurs. Je n’ai jamais voulu en avoir, ni de parents, bien sûr. J’aime à penser que je suis le fils d’un renard et d’une poule. Ou d’une plume et d’un couteau.
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Charybde2Charybde2   28 mars 2015
Je dois maintenant reconnaître que Lord X et ses subordonnés, dont je faisais partie, n’ont pas fait la relation entre les assassinats des enfants et les assassinats (perpétrés par le groupe commando) de sept d’entre nous. C’est un détective privé, Mister Sherlock Holmes, qui a dit à Lord X qu’en plus d’un assassin en série, nous devions chercher un commando allemand qui se cachait derrière le masque du Fantôme. À son inégalable perspicacité notre profonde gratitude. Cinq minutes après, je ne sais ni comment ni pourquoi, j’ai été interné au Watson Hospital. Aurais-je égorgé Marina et mes enfants ? Ou Lord X ? Ou Sir Winston Churchill ? Je me suis dit que j’avais moi-même décidé de m’enfermer. Ou cette fois, il y a toujours une première fois, étais-je vraiment devenu fou ? Ce qui est sûr, c’est que j’étais là, parmi les infirmiers et les fous. Aucun infirmier ne voulait s’approcher de moi de trop près ; je suis de ceux qui peuvent te tuer avec une épingle tordue. En outre, moi j’ai toujours été interné de ma propre volonté. C’est que je sympathise avec les fous, en plus de me convertir en l’un d’eux de temps en temps. Il s’avère que je suis extrêmement violent et, quand je pense que j’ai été sur le point de poignarder le vendeur parce qu’il ne m’a pas parlé avec suffisamment d’amabilité, je me fais enfermer pour le bien de tous (et du vendeur). Cette fureur, qui me fait trembler de joie quand ma main saisit le couteau, oui, avant d’attaquer, c’est ce que j’appelle ma maladie.
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yv1yv1   08 novembre 2014
Les humains s'étaient croisés, des millénaires plus tôt, avec les insectes, pour créer les Krak qui, comme tous les maîtres, avaient violé durant des générations les adolescentes martiennes. Le Fantôme, débarqué par erreur sur la terre quand il avait cinq ou six ans, nous avait confondus avec les Krak, et en nous tuant, ne faisait rien de plus que de venger sa mère. (p.47)
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yv1yv1   08 novembre 2014
En parlant d'autre chose, ce sont peut-être les coups que papa m'a donnés au cerveau dans le plus tendre des âges qui m'ont rendu fou. Des connexions se sont sûrement brouillées, et j'ai dû en créer d'autres pour continuer à fonctionner...(p.56/57)
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