AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizForum
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2081284723
Éditeur : Flammarion (23/08/2017)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 8 notes)
Résumé :
« Cette histoire est inspirée de l’enfance de ma mère. Une longue histoire, trouble, proche de la fable, qu’elle nous racontait autrefois et dont l’évocation la faisait presque toujours fondre en larmes. » Portrait d’une petite orpheline sous l’Occupation, L’enfant-mouche brosse un tableau sans complaisance de la vie ordinaire dans un village de province, en Champagne. C’est un quotidien de combines, de bassesses et de violences répondant au seul impératif de la sur... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses & Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
AudreyT
19 septembre 2017
****
L'enfant mouche c'est Marie... Une petite fille qui est déjà grande quand on fait sa connaissance dans le roman, et qui n'a pas connu une enfance très heureuse. Pas malheureuse non plus, mais sans joie, sans lumière, et surtout sans amour. Abandonnée dans un orphelinat parisien, elle va être recueillie par Anne-Angèle, tante fictive forcée par le destin d'honorer la dette de sa soeur. Alors que la seconde guerre mondiale fait rage, elles vont devoir toutes deux faire des sacrifices et partir vivre à la campagne... Mais des avantages d'une vie au vert, elles ne verront rien...
Ce roman de Philippe Pollet Villard, largement inspiré de l'histoire de sa mère, est une jolie réussite. D'une histoire triste et sordide, il arrive à tirer de la poésie et de la douceur. On partage le combat de ces deux femmes, leur quotidien solitaire et le courage de cette enfant qui a grandi trop vite...
Les méchants et les gentils se côtoient, pour finalement laisser Marie seule sur le chemin. Mais une lueur d'espoir nait dans les dernières pages... espérons que le destin de l'enfant mouche devienne plus clément !!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          332
MaminouG
13 septembre 2017
Pour la première fois j'ai choisi de lire un roman parce que son auteur était annoncé dans une librairie. C'est, en effet, en apprenant que Philippe POLLET-VILLARD rencontrerait ses lecteurs à Annecy que j'ai acheté "L'Enfant-Mouche". Je l'ai lu dans le train le temps d'un aller/retour entre Annecy et Nancy. Il a ainsi bercé mon voyage. Je l'ai goûté, apprécié, savouré, accompagné des bruits de roulement et du crissement des rails.
Ce roman se déguste qui raconte l'enfance de sa mère, c'est l'auteur qui le dit en note préalable. La petite Marie est recueillie par Anne-Angèle. Nous sommes en 1944 et cette dernière se rend à Paris en provenance du Maroc où elle était infirmière. Elle a, en effet, été informée de l'accident grave dont sa soeur Mathilde vient d'être victime dans la capitale. Elle est d'ailleurs décédée à son arrivée. Il me semble que vous en dévoiler plus, ne serait-ce que par bribes nuirait à l'intérêt de cet ouvrage magnifique. Car le plaisir grandit ligne après ligne, mot après mot, miette après miette, devrais-je dire, doucement.
L'auteur a ce don de transformer un récit pourtant triste en un conte où les méchants ne sont jamais tout à fait méchants et les gentils parfois malveillants. L'histoire est racontée avec beaucoup de tendresse, un amour pudique, une grande bienveillance. Il faut dire que cette petite fille, élevée dans un village à la fin de la guerre avec toutes les ignominies que cela implique est particulièrement attachante. J'ai tout de suite eu envie de l'aimer, de l'entourer, de la protéger. Tous ses actes sont dictés par le besoin, le besoin de manger, le besoin de se faire pardonner, le besoin de sauver sa "tante" Anne-Angèle. Elle ne réfléchit pas. Pour elle, pas de différence entre Allemands et Français, pas de jugement, pas de regrets. Elle avance dans sa vie difficile avec une maturité et un courage confondants. Elle est intelligente, perspicace, courageuse, émouvante.
J'ai aimé l'empathie dont l'auteur fait preuve à l'égard de ses personnages, tous ses personnages. Jamais je n'ai senti de sa part quelconque jugement. J'ai aimé la construction linéaire de ce roman qui suit Marie tout au long de la fin de cette deuxième guerre mondiale dans un village français comme il en existe tant, avec ses travers mesquins. J'ai aimé le phrasé, le ton employé tout en douceur. J'ai aimé le talent de peintre de Philippe Pollet-Villard qui décrit la forêt comme personne. J'ai aimé le rythme qui s'accélère vers la fin en un véritable suspens avant de retrouver dans les ultimes phrases le silence et la sérénité. J'ai aimé les dernières lignes qui laissent espérer un avenir meilleur "Alors Marie renonce, ralentit, recule, prend le chemin inverse et se dirige vers la sortie du village. A l'opposé. Elle se dit que cet endroit est peut-être un avant-goût du paradis, qui fait chambre commune avec l'enfer."
J'ai enfin aimé le titre dont on apprend le sens tardivement. Et je l'aime encore davantage dans la langue de Goëthe.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
virginie-musarde
23 septembre 2017
Marie la mouche qui virevolte au milieu d'une guerre qui s'éternise, qui se retrouve au chevet d'Anne-Angèle, ex-infirmière à Casablanca qui se fait passer pour sa tante et la sort de l'orphelinat pour l'emmener à l'abri dans un patelin paumé de la Marne, en bordure d'un camp militaire allemand.

Marie la mouche qui apprend que les adultes ne sont pas toujours fiables : d'Anne-Angèle qui délire sous l'emprise de la syphillis au garde-forestier qui l'utilise pour voler du carburant aux boches, de Hans au docteur très intéressée par les petites filles...

Marie la mouche qui découvre que le monde ne tourne pas rond, que les gens oscillent dangereusement du côté de la fourberie et des bassesses, lâches et profiteurs, égoïstes et cruels...

Drôle de roman !

Quand a à la manière d'un conte, l'auteur dessine le portrait d'un village écrasé par la veulerie, où on ne donne rien à manger à une enfant "étrangère" qui crève la faim, un village où la misère sociale n'est pas la seule caractéristique, une gamine qui doit survivre, qui finalement trouve presque plus d'humanité à l'ennemi qu'auprès des siens.

Et pourtant, dans ce roman qui aurait pu verser dans le pathos (et c'est ce qui me retenait de le lire, cette crainte de l'étalage plus ou moins pudique des souvenirs de guerre), ce qui frappe, c'est le ton employé par l'auteur.

La narration, rythmée et vive, est teintée d'humour, parfois d'allégresse, d'une tendresse infinie et c'est franchement un très chouette roman !!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Ticafouillou
19 septembre 2017
Partez à la rencontre d'Anne-Angèle et de l'enfant-mouche...
1944. Infirmière à CASABLANCA, Anne-Angèle ne s'attendait pas, en rentrant à PARIS au chevet de sa soeur mourante Mathilde, à se retrouver avec la charge d'une orpheline sur les bras. Mathilde avait passé un mystérieux contrat avec Faustina (!), une artiste de cabaret, pour s'occuper de la gamine contre rémunération, mais Mathilde est morte, l'argent a disparu et Anne-Angèle se sent redevable pour sa soeur. La voilà donc responsable de Marie, étrange enfant silencieuse et ignorante, d'autant que Faustina ne tarde pas à disparaître brutalement, recherchée par la Gestapo pour avoir arnaqué un officier allemand. Contraintes de quitter la capitale pour aller s'installer en zone occupée près de REIMS, l'arrivée de la vieille infirmière et de l'enfant ne passe pas inaperçue et elles suscitent méfiance et réprobation chez les habitants des fermes alentour. Personne n'accepte de se faire soigner par cette infirmière, et quand à l'absence de patient s'ajoute la maladie d'Anne-Angèle, de plus en plus faible, les rôles finissent par s'inverser et c'est Marie qui va devoir déployer des trésors d'ingeniosité, de courage et de malice pour assurer sa survie et celle d'Anne-Angèle.
Je vous mets au défi de ne pas éprouver de tendresse pour les personnages de Philippe POLLET-VILLARD.
Anne-Angèle d'abord, attendrissante, à la fois maligne de par le pragmatisme que sa vie lui a inculqué, et naïve du fait de son manque d'éducation et de culture. Ses réflexions sans concession sur sa soeur prêtent plus d'une fois à sourire au début du récit.
Peu à peu, le personnage d'Anne-Angèle cède la place à celui de Marie, cette enfant qui loin d'être dupe sur le lien de parenté tante-nièce que lui a servi Anne-Angèle, ne se pose pas de questions pour autant et joue le jeu de l'adulte. Et du pragmatisme, il en faudra à Marie lorsqu'elle se retrouve confrontée à la démence de sa tante et comprend que sa survie dépendra d'elle seule en ces temps où trouver de quoi manger relève d'une lutte de chaque instant. Mendier auprès des paysans, les voler puisqu'ils ne font preuve d'aucune pitié, échapper aux bas instincts des hommes, aider les Résistants... Marie ne recule devant rien, ne se pose pas de questions et marche sur un fil... jusqu'à basculer de l'autre côté des barbelés, celui du camp d'aviation allemand. Elle devra louvoyer entre ces gens dont aucun ne veut l'aider mais qui tous cherchent, d'une manière ou d'une autre, à l'exploiter.
Vous tremblerez pour Marie, vous l'admirerez, elle vous fera sourire et pleurer, votre coeur se serrera face à ses rêves d'avenir illusoires.
Philippe POLLET-VILLARD nous livre un récit tout à tour drôle, mordant et douloureusement cruel.
Et lorsque l'on sait que son roman est inspiré de l'enfance de sa propre mère, on comprend parfaitement pourquoi, comme il l'écrit au début du livre, son évocation la faisait presque toujours fondre en larmes, et on pressent d'autant mieux le merveilleux hommage que cela représente.

Lien : http://cousineslectures.cana..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Rennath
26 septembre 2017
Un roman qui m'a énormément plu. L'histoire est assez sordide mais ne tombe pas dans le pathos et le roman est très bien écrit. On se laisse prendre par l'histoire et embarquer par l'héroïne.
Commenter  J’apprécie          10
Citations & extraits (4) Ajouter une citation
AlineeAlinee09 août 2017
Comment font les arbres pour supporter les humains depuis si longtemps ? Comment cet arbre a-t-il réussi à pousser aussi droit en voyant s'agitant sous ses branches tant et tant de générations de petits tordus ?
Commenter  J’apprécie          60
AlineeAlinee09 août 2017
Elle voudrait rassurer son chat, mais elle s'abstient car elle sait mieux que quiconque qu'il ne faut rien promettre à un être abandonné.
Commenter  J’apprécie          30
AlineeAlinee09 août 2017
Réfléchir amplifie le mal, réfléchir est une activité de bourgeois neurasthénique, réfléchir anéantit les forces physiques de l'être humain. Finalement, réfléchir ne sert à rien, voilà exactement ce que pense l'infirmière qui presque aussitôt, donc, s'interdit d'y songer.
Commenter  J’apprécie          10
AlineeAlinee09 août 2017
Il est des moments comme ça où le bonheur des autres passe par le souci du vôtre. Il faut savoir laisser faire, ne pas contrarier ce mouvement naturel de la satisfaction.
Commenter  J’apprécie          20
Videos de Philippe Pollet-Villard (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philippe Pollet-Villard

Horizons romanesques - Philippe Pollet-Villard
Retrouvez le blog littéraire des ados, Horizons Romanesques sur fnaclive : http://www.fnaclive.com/blogs/horizons-romanesques Entretien avec Philippe Pollet-...
autres livres classés : orphelinesVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle






Quiz Voir plus

Retrouvez le bon adjectif dans le titre - (2 - littérature francophone )

Françoise Sagan : "Le miroir ***"

brisé
fendu
égaré
perdu

20 questions
1488 lecteurs ont répondu
Thèmes : littérature , littérature française , littérature francophoneCréer un quiz sur ce livre