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ISBN : 2849905704
Éditeur : Editions des Equateurs (04/10/2018)

Note moyenne : 4.21/5 (sur 51 notes)
Résumé :
« Elle aimait les voyages, la vitesse, le tennis, les fêtes de famille et les soirées parisiennes. Elle rêvait d’être comédienne et de voir New York. Elle a traversé le siècle, la Seconde Guerre, les épreuves de la vie. Elle a enduré la solitude et les deuils, avec une conviction chevillée au cœur : en toutes circonstances, il faut faire bonne figure et garder le sourire. A quatre-vingt-quinze ans, après une énième chute, Suzanne s’est résignée à s’installer dans un... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
nadiouchka
  22 décembre 2018
EHPAD : Établissement d'Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes. Voilà un mot pas bien réjouissant et que l'on espère ne pas connaître.
Malheureusement, Frédéric Pommier (journaliste sur France Inter) s'est retrouvé dans ce contexte avec sa grand-mère « Suzanne » qui n'a pas eu d'autre choix que d'entrer dans un de ces lieux souvent lugubres et dont on entend parfois parler mais « en mal ». En effet, ce nom est trop souvent synonyme de mal-vivre, de maltraitances, de non respect de ces personnes âgées que l'on infantilise ou que l'on malmène parce qu'on n'a pas le temps.
Pas le temps de quoi ? de leur accorder un minimum d'attention ? de leur faire un brin de toilette décente et pas « à la va-vite » parce que d'autres attendent ? Pas la moindre attention à ceux qui n'arrivent pas à manger tout seuls et qui laissent un repas insipide au demeurant ? « Suzanne ne mange presque plus. Elle a beaucoup maigri.  » « Il est très efficace, leur programme minceur, souffle-t-elle avec ironie. Depuis qu'elle quitté son domicile, elle a perdu près de vingt kilos. »
Dans cet ouvrage composé de courts chapitres alternant du passé heureux de Suzanne au triste présent, Frédéric Pommier rend un hommage vibrant à sa grand-mère qui adorait les voyages, le tennis, les réceptions, la vie tout simplement.
Sa naissance, rue de la Solitude était-elle prémonitoire de ce qui allait advenir ?
C'est un récit poignant que nous livre l'auteur et il arrive à le faire avec humour ainsi qu'avec une très grande tendresse.
Suzanne n'a jamais oublié son expression favorite (quand elle était toute jeune) : « SQM » : « Sourire Quand Même ».
C'est ce que nous faisons au travers de cette lecture malgré la désolation de la situation et le constat alarmant. Mais Suzanne a toujours su être et rester une battante. Nombreux sont les passages comiques mais je les publierai en citations et je prends garde à ne pas « raconter » ce livre. Il faut le laisser découvrir par d'autres lecteurs qui seraient tentés.
Dans cette biographie bien touchante, l'auteur a tenu à révéler (si besoin était) cette indifférence dans laquelle vivent trop de personnes âgées et je lui laisse le mot de la fin (ou presque) : « Dans trop d'établissements, ça se passe mal. le personnel se sent maltraité, des résidents se sentent maltraités et des familles sont en détresse. Elles parlent parfois quand leur parent n'est plus là. Suzanne est toujours là, elle veut que je continue à parler. Ce livre, c'est sa colère. »
Un grand coup de coeur 💕 pour ce récit qui remue les tripes – pendant lequel on a envie de pleurer et aussi de rire. Il m'a refaite penser à ma grand-mère paternelle (qui a eu la chance de ne pas connaître cela car elle est restée chez elle jusqu'au bout. J'allais la voir plusieurs fois par semaine ma « mémé » qui était pour moi autant qu'une mère. Et puis un jour….
Elle n'a jamais quitté mes pensées ni mon coeur où elle restera à tout jamais. Elle était forte elle aussi et si cette chronique concerne le livre « Suzanne », j'y mets également mes paroles pour elle.
Merci Frédéric pour votre « livre – constat  - roman hommage» qui m'a remuée au plus profond de moi-même.
💕💕💕💕💕
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isabelleisapure
  06 janvier 2019
Je ne connaissais pas Frédéric Pommier comme homme de radio mais j'ai eu beaucoup de plaisir à découvrir sa plume dans ce récit plein de tendresse qu'il consacre à sa grand-mère.
Nous découvrons Suzanne dans la partie la plus sombre de sa vie, isolée dans un EHPAD.
Le volet roulant de sa chambre ne fonctionne pas depuis plusieurs semaines. On lui dit que la pièce nécessaire à la réparation est en commande.
Alors, Suzanne essaie d'appliquer une fois de plus la devise qui a guidé sa vie « sourire quand-même - SQM ».
J'ai ressenti beaucoup d'émotion à la lecture de ces lignes. La vie de Suzanne dans cette maison de retraite est triste, le personnel est débordé, les soins sont bâclés faute de temps, la nourriture est immangeable.
« Insipide, indigne ! Tout ressemble à de la bouillie. Même à des animaux, on n'oserait pas servir des plats aussi mauvais ! Et puis, pour le fromage, on n'a même pas d'assiette : ils nous le mettent dans la main... »
Avec un sens de l'humour qui ne la quitte pas, la vieille dame considère ce traitement plus efficace que le meilleur des régimes amaigrissants.
Frédéric Pommier revient également sur la vie de cette femme moderne, drôle, passionnément amoureuse de la vie.
Le récit est tellement sincère et remarquablement écrit, qu'il touche au coeur, donnant couleurs et vie à cet amour inconditionnel qui unit parfois enfants et grands-parents.
Comment ne pas être ému par ce texte ? La vieillesse et la tristesse des fins de vie dans ces structures déshumanisées concernent chacun de nous.
Comment rester insensible face à la détresse des résidents, mais aussi du personnel soignant qui manque de moyens pour accomplir un métier ô combien difficile ?
Sans tomber dans le pathos, Frédéric Pommier nous donne à lire un récit bouleversant et criant de vérité.


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Juin
  05 janvier 2019
Chronique d'une vie, une longue vie avec ses bonheurs et ses malheurs.
Frédéric nous raconte sa famille et surtout Suzanne, sa grand-mère femme au caractère bien trempé et l'histoire se lit avec plaisir et intérêt et puis dans ce livre qui remonte le temps, s'intercale de courts chapitres qui nous racontent Suzanne âgée, Suzanne en Ehpad et là l'histoire on la connait déjà, tant on sait comment cela se passe là-bas.....
J'y retrouve ce que vivent mes beaux-parents, même âge mais plutôt résignés et abattus.... le linge perdu ou abimé ( 160 € par mois pour ce service), les repas infects, les animations infantiles et surtout le staff administratif... La directrice, la secrétaire à l'accueil , elles sont tout sourire mais totalement inefficaces et fausses. le personnel accompagnant, qui semble agréable et plutôt gentil mais débordé... C'est idiot de mettre ses parents dans une maison de retraite à but lucratif qui est là pour faire du bénéfice mais plus cher et avec un personnel moindre ( ah oui lucratif on a dit...)
Alors ce livre il m'a remuée mais je le savais avant de le lire. Frédéric Pommier a rendu un bel hommage à cette grand-mère qui impressionne par sa force et sa vie. Elle a changé d'établissement à la fin du récit. Espérons pour elle que là c'est mieux...
Récit utile qui se lit d'une traite.
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Cigale17
  20 décembre 2018
J'avais entendu Frédéric Pommier parler de sa grand-mère l'an passé sur France Inter, et j'avais trouvé sa chronique à la fois efficace et émouvante. On retrouve les mêmes caractéristiques dans l'ouvrage qu'il lui consacre.
Le livre commence en 2017. Vivant depuis quelque mois dans une résidence pour seniors, Suzanne a été admise à l'hôpital après une aggravation de son état de santé, des chutes, des oublis fréquents. Elle souffre d'arthrose, d'ulcères variqueux qui ne cicatrisent pas. Était-ce une raison pour sangler à son lit une dame de quatre-vingt-quinze ans ? Un médecin particulièrement condescendant fait un véritable chantage à la famille : je m'occupe d'elle si elle est placée dans un EHPAD dès que ses jambes seront guéries !
Une part de ce document se présente comme une biographie classique avec des chapitres datés selon les années, parfois plus précisément selon les mois. On suit Suzanne, la grand-mère de l'auteur, depuis sa naissance en 1922 jusqu'à son placement dans un EHPAD en 2017. En fait, l'histoire commence même un peu avant, à la rencontre de ses parents, juste après la Première Guerre mondiale. On regarde vivre les grands-parents de Suzanne et ses parents, puis Suzanne elle-même avec son mari et ses enfants. Les années défilent, remplies de joies et de peines, de bonheurs et de drames. La famille commence par s'élever socialement, mais connaît aussi de très mauvaises passes que Frédéric Pommier raconte pudiquement, en faisant toujours ressortir l'appétit de vivre de Suzanne, très active pour une femme de sa génération. Pour mieux situer son récit et l'ancrer dans la réalité, l'auteur évoque brièvement des personnages ou des événements contemporains à son histoire : Coste et Bellonte, Alain Gerbault, la création des magasins Bata, le premier discours d'Hitler diffusé à la radio, etc.
Présentée en alternance avec les chapitres datés, l'autre part de ce document concerne la vie de Suzanne en EHPAD ; les chapitres sont titrés selon les événements rapportés : « le garçon », « La poubelle », « Les constantes », etc. Suzanne s'y retrouve infantilisée, parfois ignorée, parfois maltraitée, mais toujours pleine de vie, bien décidée à ne pas baisser les bras, pleine de compréhension pour les résidents comme pour les soignants, mais aussi prête à s'indigner : une femme attachante.
On ne peut bien sûr que s'insurger devant le manque de considération dont souffrent les pensionnaires de ces établissements. D'anecdotes en anecdotes, on s'indigne, on a du mal à y croire. Pourtant, à de rares exceptions près, Frédéric Pommier n'accable pas les soignants : ils sont évidemment trop peu nombreux, ils manquent de moyens, de temps pour laisser cours à la plus élémentaire bienveillance envers les résidents… La famille de Suzanne a eu les moyens de la changer d'établissement, mais nombre de personnes âgées se retrouvent coincées dans ces endroits où on les traite sans la moindre humanité, où l'indifférence ou le manque de temps se transforment en cruauté… C'est probablement ce qui attend ceux d'entre nous dont les moyens financiers ne permettront pas une fin de vie moins humiliante…
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Bazart
  02 novembre 2018

Frédéric Pommier, connu pour ses belles chroniques culturelles sur France Inter, nous parle dans son nouveau livre de sa grand mère de 97 ans, Suzanne.
Une femme qui a quasiment traversé un siècle, elle est née en 1922. Elle a connu la mode à la garçonne après la guerre, les allumeurs de réverbères, les voyages en train à charbon, la France occupée pendant la seconde guerre mondiale, l'indépendance de l'Algérie. Elle a été veuve à 40 ans et a élevé alors seule ses 4 enfants. Malgré les coups bas de la vie, elle a toujours gardé un appétit de vivre, une curiosité et cette devise SQM, "sourire quand même" quoiqu'il arrive.
Suzanne, c'est aussi le récit de son quotidien dans un Ehpad depuis 9 mois. Infantilisation de la part des aide-soignants (tout comme le racontait Grand Corps Malade dans son film sous prétexte qu'il était dans un fauteuil roulant) soins effectués de manière mécanique et sans aucune douceur même si Suzanne souffre, repas sans saveur ni odeur...
Et la maltraitance qui ne dit pas son nom mais dont il est bien question. 3 personnes en salle de réfectoire pour 90 personnes âgées comment travailler dans de telles conditions ? Alors on ne peut qu'avoir vraiment le coeur serré en pensant à toutes ces personnes âgées qui sont traitées aussi mal que Suzanne aujourd'hui.
Une société civilisée peut elle accepter sans broncher et qu'est ce qu'on attend pour réfléchir à d'autres lieux où vieillir dans la dignité ? Suzanne a changé d'établissement après avoir alerté sa famille. On espère fortement qu'elle a retrouvé depuis la qualité de vie et les liens humains que chacun mérite quelque que soit son âge et sa condition sociale.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
Cigale17Cigale17   20 décembre 2018
La douche est terminée. Ça n’a pris que cinq minutes. Cinq minutes une fois par semaine. Elle veut bien se lever, maintenant ? La petite rousse a oublié de lui laver les pieds. Suzanne le signale, mais non, ce n’est pas un oubli. Il y a quinze résidents à doucher avant midi. Le shampoing aussi, ce sera pour une autre fois, pas le temps aujourd’hui. De toute façon, vu ce qui lui reste sur le crâne, tous les quinze jours, c’est suffisant. (p. 169)
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JuinJuin   05 janvier 2019
Une autre, un jour, lui a même rapporté le montant de son salaire." C'est tout ? " s'est étouffée Suzanne après avoir converti les euros en francs. Des choses lui échappent. Pourquoi le personnel est-il si mal payé? Pourquoi la chambre est-elle si chère? Où va l'argent? Qui prend l'argent?
p 110)
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BazartBazart   01 novembre 2018
Dans la grande demeure en brique rouge et jaune, on est aux petits soins pour Suzanne. La petite grandit bien. Elle n'est jamais malade et ressemble au bébé cadum des affiches de réclame pour le savon
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nadiouchkanadiouchka   22 décembre 2018
Le soir du défilé, la TSF diffuse l’extrait d’un discours prononcé par Adolf Hitler, le nouveau chancelier allemand. Ses propos sont traduits, les mots sont menaçants. Suzanne a vu son visage dans les journaux. Elle trouve ridicule sa moustache en brosse à dents.
P.45
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nadiouchkanadiouchka   25 décembre 2018
Le parfum
On l’a volée. Suzanne en est certaine. On lui a dérobé le cadeau de sa petite-fille. Un flacon de Paris, le parfum d’Yves Saint Laurent qu’elle porte depuis des années. (…) Elle en parle à la maîtresse de maison qui trouve cela curieux et promet de tirer la situation au clair. Puis elle en parle à la petite rousse, qui la rabroue d’un : Vous avez dû le mettre ailleurs ! Après quoi, elle assène que pour ne pas susciter les convoitises, Suzanne n’a qu’à faire comme les autres et se parfumer à l’eau de Cologne.
P.215
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Videos de Frédéric Pommier (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Frédéric Pommier
Frédéric Pommier, journaliste à France Inter interviewé par Patricia Martin lors de la 22ème Fête du Livre à AUTUN en 2019. Il raconte dans son livre la vie de sa grand mère "Suzanne" dans une EHPAD.
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