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EAN : 9782372580342
Taurnada Éditions (12/10/2017)
4.25/5   48 notes
Résumé :
Au fond d'un PMU de la rue du Faubourg-Saint-Martin, je tends le texte d'une de mes nouvelles à l'aventurier de la mine d'or.
Il lit les premières lignes et déclare : « C'est toi » comme il cracherait deux écorces de graines de tournesol.
Il aurait pu dire :
« Je viens de décider de t'emmener avec moi, aussi ton destin va-t-il basculer dans les minutes qui suivent, tu vas connaître le monde entier, les grandes ivresses, le sexe, l'amour et le da... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
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le_Bison
  12 janvier 2018
Quand les éditions Taurnada me proposent de partir à l'aventure, je n'hésite pas bien longtemps, le temps de finir mon verre, d'imaginer le clair de lune sous d'autres cieux et d'écrire de la plume tout mon courage de revivre. Quelques bouteilles de binouzes et de bourbon dans mon baluchon, le dernier bouquin de Thierry Poncet et j'embarque immédiatement. Dépaysement garanti. Surtout qu'il est question de parcourir les latitudes de ce monde, toutes les terres sales et parsemées de bars, de putes et de bars à putes. de l'Afrique à l'Indonésie, escales en Australie ou en Andalousie. Avec Zykë, comme chef de file, maître d'armes, pourvoyeur de putes, fournisseur d'alcool et de drogue. Grand charmeur, le colosse chaîne en or autour du cou possède un pouvoir de séduction indéniable.
Mais derrière cette grande aventure, il y a surtout une histoire d'amitié fidèle, d'un secrétaire devenu écrivain et d'un baroudeur devenu auteur. Je ne connaissais pas Cizia Zykë avant de lire ces formidables écrits et mémoires. Maintenant, je n'ai qu'une envie, me plonger dans les romans « Oro » et « Sahara ». Sieur Poncet m'a si bien vendu ces aventures qui s'étalent comme de la confiture fait maison sur des tartines de pain encore tièdes et moelleuses. Je découvre à l'occasion la littérature confiture, un genre que je n'ai pas exploré souvent avant, mon dieu que je ne suis pas aventurier, désespérant, et pourtant quel bonheur j'ai vécu là. le pied !
Les pages respirent le shit et la merde de nos vies. Crapahuter toute la planète, des putes en Andalousie, des putes au Maroc, des putes en Indonésie, mais pas en Australie. Elles s'alignent une page sur deux, grosses et rondes, belles et bandantes, présence systématique de cette chaire à chaque coin de rue dépravée. Boire jusqu'à plus soif, et encore j'ai toujours soif, une page sur deux également. J'ai un doute pour l'Australie, c'est que j'ai beaucoup bu et beaucoup gerbé dans cette escapade en plein poussière du bush.
Et puis entre deux aventures, il y a l'amour. La chaleur. L'ivresse. La sodomie. L'ivresse. L'essence du bonheur. Indra. La déliquescence de ma vie. L'amour inoubliable. Paloma. La sueur qui coule, dégouline le long de ses seins. le sperme qui coule et dégouline entre ses cuisses. Sueur. Sperme. Plaisir. Jouissance de la vie. Vie jouissive. L'amour et l'ivresse se conjuguent en un bonheur d'aventures, de mots et de verres. Poésie littéraire pour peu qu'on aime ce genre, qu'on aime la confiture et la littérature qui s'étalent sur ces putains de vie et ces putains de la vie sous d'autres latitudes.
Le voyage s'est achevé, la raison l'a emporté, une musique à composer, un roman à imprimer. Cizia n'égrène personne. Il sème sa prose, Thierry la compose, les éditeurs la disposent. A la clé, une mallette remplie de billets. Payé en liquide. Comme pour les putes ou les bakchichs. Mais si la dernière page est tournée, que la couverture noire affichant la trogne de Zykë me dit adieu, mon voyage n'en est pas pour autant bouclé. Mon esprit est encore en vadrouille, à l'aventure, il furète entre les rues sombres d'Indonésie, il sue dans les hammams marocains, les mots d'étalent et détalent sous sa plume emportée par le vent des dunes, il chante louanges sur pirogue, il danse remue, danse du ventre des femmes ventrues, il boit il gerbe ses tripes, il plonge, il prie, il se bat, il baise, il gerbe, il JOUIT. J'aime cette idée que mon esprit baise quand il lit. Dans un lit, dans la rue, sable dans le cul, mon esprit s'allonge, ferme les yeux : « l'aventure continue », Zykë.
Lien : https://memoiresdebison.blog..
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Deslivresalire
  31 octobre 2017
Lorsque les routes de Cizia Zykë et de Thierry Poncet se croisent en 1984, ce dernier a à peine 24 ans.
"Mon nouveau patron est un aventurier. Un vrai, un comme-dans-les-films mais en vrai, qui passe sa vie à sillonner le globe en quête d'actions grandioses, d'emmerdes invraisemblables et d'émotions fortes"
L'un recherche un secrétaire pour finir la rédaction de ses livres en cours (Oro, Sahara...), l'autre un mentor et une vie d'aventure.
Un simple "c'est toi" prononcé par Zykë scellera une amitié de plus de 25 ans.
Pendant cette période, ils parcourront le monde en quête de nouvelles aventures, au Maroc, au Mali, en Côte d'Ivoire, en Libye, en Thaïlande, en Birmanie, en Australie, en Suède, en Inde, à Bali, aux Baléares, en France, en Italie, en Espagne, en Albanie, à Londres, Amsterdam... le monde quoi !
Durant leurs voyages, ils écriront à deux, de nombreux romans publiés et vivront une vie d'opulence ou de misère au gré des succès ou des infortunes de Zykë.
Du sexe, de la drogue, des putes, des embrouilles, des emmerdes, des succès et pas mal d'échecs seront le quotidien de ces deux compagnons, au rythme effréné d'un des derniers vrais aventuriers.
Cizia Zykë c'est cet aventurier et écrivain décédé en 2011.
Thierry Poncet, son ami, nous raconte ici l'envers du décor des 3 livres autobiographiques (Oro, Sahara et Parodie) et des nombreux romans écrits avec le boss.
Et l'envers du décor n'est pas très reluisant : beaucoup d'échecs, de coups ratés, de petits larcins, mais surtout beaucoup d'alcool, de drogue et de prostituées... voire, que ça...
On a parfois du mal à tout croire, notamment du fait de l'exagération de certaines situations (au jeu, au lit...) et par certaines imprécisions (Sidney n'est pas une ville d'Australie mais des Etats Unis... c'est Sydney ; et le quartier du Kings Cross ne se trouve pas derrière l'Opéra, mais à l'opposé de la ville, etc.).
En évoquant tout ça, je me demande si finalement, Poncet ne casse pas un peu le mythe Zykë. Alors qu'on s'attend à une aventure flamboyante à chaque page, le soufflé retombe bien souvent sur la réalité du quotidien de ces nomades du monde qui sont fréquemment au bord du précipice.
Mais après tout, c'est sans doute la révélation de la réalité de cette vie d'aventurier.
On retrouve dans cet ouvrage le style des livres du patron, même si plus personne n'est là pour empêcher Poncet de lister ses adjectifs. Et on retrouve cette ambiance poisseuse des aventuriers que rien n'effraie.
Avec ce livre, Thierry Poncet reste dans le sillage du maître, à tous points de vue.
On y ressent également l'amitié de l'auteur pour son mentor, cette admiration sans borne pour l'être exceptionnel qu'il était, et en rentrant dans cette intimité, on est touché par leur fidélité.
Après avoir vibré à la lecture des romans de Zykë, celui-ci vient nous en rappeler le goût, un peu comme si, arrivé au bout du joint, il restait une dernière taffe à tirer avant le filtre...
Merci aux éditions Taurnada de m'avoir fait découvrir ce livre.
D'autres avis sur d'autres lectures sur : https://blogdeslivresalire.blogspot.com/
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MELANYA
  31 janvier 2022
"L'aventure, c'est l'aventure !"
Ecrivain français, Thierry Poncet s'est destiné très tôt à l'écriture : vocation qui s'est révélée justifiée par la suite. C'est ce que l'on va voir avec « ZYKË l'aventure » (éditions Taurnada).
Son destin a basculé quand il a rencontré Cizia Zykë (en 1984 ), une des figures de la littérature populaire (décès en 2011), dont l'oeuvre est une grande source d'inspiration pour les écrivains.
Je connaissais déjà Thierry Poncet avec les histoires de » Haig », et je vous le recommande.
Cet ouvrage de Thierry Poncet (d'après une histoire réelle), revient sur le parcours d'un homme jugé comme « extraordinaire » et notre voyage, notre aventure, se passent dans des eaux troubles.
C'est parti pour l'aventure !
L'ouvrage débute ainsi : « Paris, septembre. Je rencontre l'aventurier de la mine d'or au fond d'un PMU de la rue du Faubourg-Saint-Martin.
Blouson de cuir.
Gueule bronzée.
Cheveux ras noirs.
Moustaches.
Cou de buffle.
Une énorme pépite d'or brut en pendentif sur la poitrine. D'autres pépites en bracelet à son poignet gauche. En-dessous, tatouée, une feuille de ganja.
Sauvage. Auréolé de menace.
Puissant capitaine pirate en son cul de taverne.
Il est en train de parier sur les courses.
La table est couverte de journaux de pronostic froissés et de tasses de café vides aux soucoupes emplies de mégots. »
Avec tout cet or, pourrait-on dire que c'est un homme en or ? On verra car j'ai un doute. Il arrivait du Costa Rica où il avait été orpailleur – homme authentique et libre, cette espèce de colosse a imposé son histoire et a remporté un grand succès, ne serait-ce qu'avec « Oro » puis d'autres ouvrages.
Mais derrière l'aventurier, il y en avait un autre : celui qui écrivait : Thierry Poncet qui revoyait les premiers jets et qui a, finalement, participé aux aventures un peu folles de Cizia Zykë, en se rendant aux quatre coins de la planète.
L'auteur, dans cette autobiographie, nous raconte les souvenirs de ses voyages avec Zykë ainsi qu'avec d'autres compagnons de route. Ils vont partout, que ce soit en Asie, en Afrique, en Alaska. Ils ne sont pas dans le besoin car Zykë possède ses droits d'auteur. Ils peuvent ainsi vivre dans l'opulence, en flambant.
Drôle d'aventure où rien ne nous est épargné : drogue – alcool - des filles (en fait des prostituées puisqu'il faut appeler un chat, un chat) – trafics - c'est une aventure à mille à l'heure (et peut-être plus) avec certaines situations parfois cocasses mais aussi, dangereuses. C'est plus d'une fois qu'ils ont risqué leur vie.
On rit aussi avec un exemple : quand ils sont à bord de leur mythique Rolls-Royce (au fait ai-je bien garé la mienne ?) – on tremble quand ils se trouvent dans une ferme en Birmanie encerclée… et bien d'autres événements que je me garde bien de révéler. Vous verrez dans ces 360 pages, aucune minute d'ennui et un grand dépaysement.
Un livre témoignage, certes, mais un grand hommage pour Cizia Zykë.

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ibon
  04 février 2018
Une histoire, facile à lire, un héros rugueux, hors-la-loi, des aventures: c'est de la littérature confiture. Mais cela va bien au-delà. M'sieu Poncet a un style percutant, des répliques qui claquent et tout ce qu'il raconte est vrai. C'est un récit autobiographique qui nous en apprend bizarrement moins sur son auteur que sur son maître: le charismatique chercheur d'or flambeur: Cizia Zykë.
J'ai enfin retrouvé tout ce que j'aimais dans les trois premiers romans autobiographiques de Zykë: de l'aventure vraie, du maschisme qui détonne avec l'époque ambiante et un souffle de liberté. Thierry Poncet raconte le quotidien hors norme dans l'ombre de cet aventurier sur près de vingt ans.
Selon la norme sociétale, ces types sont immatures. Ils reculent un retour à la maison, du côté de Bordeaux pour l'un et à Paris pour l'autre, le plus tard possible en faisant un maximum de bêtises dans leur quête de liberté. Non conformité que Zykë (et Poncet) assument. Mais ils dérangent.
J'ai appris que Thierry Poncet n'était pas seulement le secrétaire de son maître, il était aussi le metteur en phrases. Sans lui, Zykë n'aurait pas peut-être pas été connu et, sans son patron, Poncet serait resté un écrivaillon de sous pente. L'un raconte, l'autre écrit. Un travail littéraire en symbiose!
Depuis la mort de son mentor, le livre résonne comme un hommage à une vie de tous les excès.
Merci à Babelio et aux éditions Taurnada qui portent bien leur nom. Ce livre emmène vraiment les lecteurs dans une tornade qui traversent tous les continents.
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manU17
  03 septembre 2018
"Le langage de Zykë ne souffre aucun relâchement. Jamais de pause. Pas de faiblesse ni de temps morts. Sont bannies toutes les suavités du "bien écrire", toutes les formules coulantes qui embellissent le propos, toutes les miséricordes que me seraient les subordonnées, les comparaisons imagées et les formules poétiques.
Non.
C'est brut.
Violent.
Chaque phrase s'assène, coup à la tête du lecteur, sec, net et impitoyable entre ses deux points."
Zykë L'Aventure, c'est l'histoire d'un gars, Thierry Poncet, qui se rêve écrivain. Un jour, il rencontre Cizia Zykë.
Zykë, c'est un gars avec un regard pas fin, une vraie tête de tueur à gages. le genre de gars que tu fais pas chier quoi, un gars sévèrement burné comme dirait l'autre.
Profession ? Baroudeur, trafiquant, aventurier et bientôt écrivain. En effet, il cherche quelqu'un capable de mettre en forme le récit ou plutôt les récits de son incroyable existence.
Commence alors un enchainement de voyages plus mouvementés les uns que les autres et de rencontres pour le moins pittoresques. Périples, rencontres, castagne et péripéties qui vont nourrir les idées de romans de Zykë et enrichir la plume de Poncet durant une collaboration de plusieurs années. Complicité et respect uniront les deux hommes à jamais.
Entre les parties de fumettes et les parties de jambes en l'air, tarifées ou non, on s'étonnera de la volonté de réussir de Zykë, de sa totale indépendance ; on s'amusera de la façon dont il parvient à se faire respecter ou plutôt craindre, de la façon dont il emmerde le microcosme parisien, milieu de l'édition compris, et dont il tentera, en vain, de révéler les dessous du Paris-Dakar.
On est dépaysé, on rit, on tremble, on n'en revient pas mais en tout cas, avec Zykë, l'Aventure, c'est vraiment l'Aventure !
Chapeau "M'sieur Poncet"... Poil au nez !

Lien : https://bouquins-de-poches-e..
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Citations et extraits (58) Voir plus Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   27 novembre 2017
Au fond s’élèvent trois lits-cages de facture grossière, ceints de cotonnades dépareillées qui les isolent les uns des autres.
Et, poireautant devant, trois monuments d’ébène, doucement luisants dans la semi-pénombre.
Trois femmes délicieusement obèses qui attendent le chaland, vautrées chacune sur une natte.
Un trio de déesses cuissées de baobabs, arrière-traînées d’hippopotames, nichonnées d’outres.
Larges.
Rondes.
Hautes.
Ventrues.
Mafflues.
Joufflues.
Fessues.
Rigolantes.
Provocantes.
Allumardes.
Vicelardes.
Trois fois un quintal et un saupoudré de décigrammes de lucre, le tout triplement enveloppé dans des kilomètres carrés de peau teintée moka qui – nous ne tarderons pas à nous en rendre compte – offrent le toucher de la soie et exsudent à l’usage d’enivrants parfums de tamarin poivré.[…]
L’instant d’après, je suis à l’ouvrage, pâlichon vermisseau chu sur une buflesse, les deux bras légèrement écartés, me retenant des deux poings à des tétons qui me semblent des poignées de guidon de bicyclette.
Tandis que courageusement j’ahane, colibri tentant d’un vit maigrelet d’insuffler quelque passion dans un gouffre d’éléphante, je m’aperçois que je suis en l’air.
Complètement.
Pas un pouce de ma peau ne touche la paillasse qu’écrase le poids de ma titanesque amoureuse.
Je repose entièrement sur elle, naufragé échoué, nabot dessus géante !
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le_Bisonle_Bison   19 octobre 2017
Zykë s'arroge naturellement les faveurs de la princesse.
J'hérite bien sûr de la servante.
M'en fous, j'adore les rondes.
Je guide ma dulcinée jusqu'à l'intimité glaciale de ma chambre.
Elle s'y déshabille sans un mot, ne gardant qu'un vaste caleçon de toile bleue qui la couvre du nombril aux genoux.
S'assoit, seins ballants.
Me dévisage d'un doux regard bovin.
Je me sens soudain très mal devant ces yeux emplis d'une triste résignation.
Un doute moral m'assaille, aussi cruel qu'existentiel.
Suis-je donc un salopard ?
Vais-je donc laisser libre cours à mes mauvais instincts d'avide queutard ?
Suis-je sur le point de me découvrir prêt à toutes les bassesses pour satisfaire mes appétits bas-ventriers ?
Accepterai-je donc de me comporter comme un colonialiste attardé et vicieux, nostalgique du droit de cuissage, violeur d'indigène ?...
L'instant d'après, j'ai arraché le calbar et, vautré de tout mon long sur cette chaire lisse et rebondie, accroché des deux mains à ces gros seins de laitière, je besogne ma proie en soulignant chacun de mes coups de reins d'un grognement de caporal-chef.
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le_Bisonle_Bison   23 octobre 2017
Elle s'appelle Indra.
Est née au-dessus d'un étang d'ordures dans les faubourgs de Bandung, une des mégapoles de l'île voisine de Java, il y a, pense-t-elle, vingt-cinq ans, peut-être vingt huit.
Était une gaminette aux nichons naissants à l'heure de son premier micheton.
A fait la pute, depuis, aux quatre coins de l'archipel.
Sa peau, c'est du miel, chaud comme une flaque de soleil, doux comme un cuir fin.
Ses yeux, deux lacs d'huile noire.
Son odeur, un souffle de vanille et de poivre.
Sa voix, un chant rauque. Son rire, un caquètement métallique, affolé, tragique, d'oiseau pris au piège.
Son cul, c'est une croupe de biche, aux muscles durs d'animal galopant.
Ses seins, des cônes effilés, sombres, souples, doux et dansants, paire de défis jetés à l'homme.
Son con, c'est un coup de couteau, une cicatrice mauve, brève, encore enfantine, à peine coiffée, de chaque côté, de deux fois trois cheveux de soie.
On baise sans s'arrêter, nuit et jour.
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majeromajero   10 novembre 2017
Dans le bungalow, j'ai trouvé un dictionnaire anglais-indonésien, oublié par le précédent occupant Y découvrant des wagons de mots que j'ignorais, j'ai entrepris de composer mille et une façons de dire à Indra qu'elle est belle.
Belle comme un soleil qui a déployé ses feux au premier jour de la terre.
Comme l'éclat d'or qui se prélasse sur les flots à l'approche de certains crépuscules.
Comme un rire d'enfants qui, au détour d'une ruelle, se font offrir par une grande soeur des cornets de glace à la mangue.
Belle comme le chant de ce prince fameux qui renonça à son royaume pour rejoindre la couturière entraperçue dans l'obscurité d'une échoppe.
Comme la coulée de miel qu'une reine des abeilles a offert au gamin qui avait franchi trois précipices et cinq rivières pour trouver son essaim.
Comme la robe tissée de fils d'or et de fumée qu'un misérable et habile artisan offrit à la fille d'un roi pour s'en faire aimer.
Belle comme les tourbillons de sable qui dansent au-dessus des roches brunes, si loin dans le désert que nul homme ne les a jamais vus.
Comme la soie blanche des neiges qui recouvrent les villages en des contrées si loin au nord que celui qui les atteint n'en revient jamais...
Je rédige mes fadaises dans ma tête toute la journée. Le soir, je les lui murmure à l'oreille. Elle m'écoute avec passion, sourire qui tremble aux lèvres, paupières closes, les ailes de ses cils apaisées.
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le_Bisonle_Bison   18 octobre 2017
C’est peu après le grand reg qu’on passe Bidon V, un ancien dépôt de carburant pour les aviateurs de la mythique aéropostale, celle des Mermoz et autre Saint-Exupéry.
Il ne reste des temps héroïques que la charpente d’un vieux pylône, plus un abri de tôles en demi-cylindre qui pue à cinquante mètres.
Je jette un œil à l’intérieur : le sol est recouvert de merdes à divers états de fraîcheur.
L’humanité est décidément surprenante.
Il y a l’un des plus grands déserts du monde tout autour et les gens qui passent viennent déféquer là, dans l’horreur olfactive et la chaleur de four de cette hutte de métal.
Je me demande ce qu’en aurait pensé le vieux Saint-Ex’.
« Dessine-moi un étron », peut-être…
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