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EAN : 9782709644778
350 pages
J.-C. Lattès (01/09/2014)
3.64/5   11 notes
Résumé :
« Je ne suis jamais retourné à Lille. Mais ce que j’ai construit ici, avec Merve, moi qui ne savais pas faire grand-chose, la maison de Varna, c’est aussi la preuve d’avoir avancé. On ne change jamais vraiment, au fond. C’est seulement les années, seulement les années qui sont passées. Tous ces gens sont loin. Je ne sais pas ce qu’ils font de leurs vies. Moi, j’ai essayé d’être heureux. »

Dans une paisible maison d’hôtes en Bulgarie, un homme revient ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Nadael
  27 septembre 2014
Un soir de septembre sur la côte Bulgare, un homme, la quarantaine passée est sur sa terrasse. Il n'est pas seul ; tout près de lui, sa compagne Merve d'origine turque et des touristes, des mexicaines. Ils savourent ensemble la douceur de cette fin d'été, le calme de Varna qui commence à se vider de ses vacanciers, en dégustant une bière. La Mer Noire les a accueillis tout à l'heure, elle a reposé leur corps, a détendu leur esprit. L'homme paraît serein, paisible. Un air satisfait. Bientôt, il le sait, il faudra plier bagage. Lui et Merve prendront leur quartier d'hiver en Turquie. Et reviendront ici à la belle saison, prêts à recevoir des touristes de passage dans leur maison d'hôtes. En pleine discussion avec les mexicaines, Merve qui s'était absentée revient et dépose sur la table une vieille boîte à cigares...
L'homme reconnaît le coffret. Son visage se rembrunit. Son regard devient grave. À l'intérieur, de vieilles photos, des enveloppes jaunies, des tickets et autres notes... des souvenirs de vingt ans d'âge, des bouts de vie, sa jeunesse enfuie.
La sidération passée, tout remonte à la surface ; les études à l'institut de Lille et la bande des quatre Witold, Auguste, Joachim et lui, leurs discussions à bâtons rompus au Vaisseau leur bar fétiche dans lequel ils refaisaient le monde et convoquaient à leur table les plus grands auteurs, cinéastes et autres chanteurs, la belle Ophélie, la musique, l'alcool, la drogue, les rêves, les envies d'ailleurs, et puis les virées à Amsterdam, le voyage aux Etats-Unis à la recherche de Witold, la rencontre avec l'insaisissable Nina son premier amour qu'il retrouvera plus tard à Moscou, le sentiment de liberté totale, l'insouciance, la soif de découverte, les désillusions et les échecs aussi, et puis la pudeur avec ses parents, cette maudite retenue qui empêche les mots de sortir...
Un vent de nostalgie, une confession intime, le portrait d'une génération, le parcours d'un homme, le présent éclairé par le passé. La voltige, acrobaties périlleuses et risquées, la vie à toute allure.
Un roman d'initiation bien ficelé, une écriture maîtrisée, un auteur plein de promesses. Signalons tout de même quelques longueurs dans la narration et des personnages manquant parfois de consistance. Des maladresses qui seront sans doute corrigées dans le second roman de Marc Pondruel.
Lien : http://lesmotsdelafin.wordpr..
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Sharon
  27 août 2014
Si, pour ne pas perdre mes bonnes habitudes, je vous parlais de mon insensibilité légendaire ? Cela sonne presque comme un avertissement envers ceux qui me diraient que je n'ai pas compris l'essence profonde de ce livre, etc, etc. Effectivement, je n'ai pas été touché par ces deux personnages principaux, le narrateur et sa compagne Merve.
Premier point : contrairement à ce que dit le quatrième de couverture, il ne raconte pas, en retrouvant un souvenir du passé, sa jeunesse à "celle qu'il aime", mais à leurs hôtes et à celle qu'il aime. Il est vrai qu'elle seule restera jusqu'au bout et qu'il se rend compte à quel point elle tient à lui. Ils ne veulent pas d'enfants, la question est évacuée très vite, je me demande même pourquoi elle a été soulevée, comme si les couples sans enfant devaient à tout prix s'en expliquer, ou comme si ne pas vouloir d'enfants signifiait s'aimer plus fort que les autres couples.
Certes, le style est agréable à lire. Certes, la construction, entre passé et présent, est intéressante. Certes, le lecteur voit peu à peu le narrateur et ses amis passer de l'adolescence à l'âge adulte, passant des rêves à une réalité banale et résignée. Mais ce n'est pas suffisant pour trouver ce livre marquant, qui, parfois, accumule les passages obligés (la drogue, les voyages en rupture des études, les amours contrariés). le narrateur ne va pas jusqu'au bout de ses amitiés, il préfère la rupture, y compris avec sa propre famille. Et il a beau dire que Merve est l'amour de sa vie, il a beau en donner des preuves, je me suis parfois demandée quel était la véritable place de la jeune femme, eu égard à tous les souvenirs du narrateur.
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Sepo
  17 juillet 2014
On lit d'abord quelques lignes, puis quelques pages...le frisson inépuisable du premier roman. Ça débute à Lille où se constitue la bande des quatre. On part en escale à San Francisco, passe une nuit au bord du lac Balaton, on traverse la place Rouge. La géographie suit les aléas du coeur. Devenu adulte, on regarde derrière soi avec la mélancolie qui s'installe pour sentir la brûlure du temps qui passe. Génération manquée comme elles le sont toutes.
On est bluffé par cet auteur de 27 ans qui s'installe à l'intérieur du désarroi d'un quadra. Peut-être est-ce à titre préventif ? Autant anticiper les blessures à venir plutôt que de se faire cueillir par surprise. On retrouve une jubilation égale à peindre une génération que dans"Le Club des incorrigibles optimistes". Un premier roman qui s'impose comme un vivant travail de mémorialiste. On ne passera plus à Lille sans prendre un chocolat liégeois.
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Aubanef
  12 février 2019
L'histoire s'ouvre à Varna, en Turquie, où le narrateur et sa compagne Merve vivent paisiblement depuis plus de vingt ans. Alors que le narrateur sirote tranquillement un verre en compagnie de deux touristes mexicaines qu'il héberge, la vue d'une vieille boîte à cigares semble le bouleverser. Se sentant rattrapé par son passé, le narrateur commence à faire le récit de sa jeunesse et de sa grande fuite en avant à sa compagne : l'Age d'or, sa vie d'étudiant à Lille avec ses copains, les filles, les histoires d'amitiés et d'amour complexe, la drogue, l'alcool, la dépression…
La force de ce roman tient à la fois à sa structure, et au point de vue interne employé par le narrateur. En effet, tout le déroulé du roman semble annoncé et encapsulé dans la boîte à cigares décrite dans le prologue : le récit est construit par la succession d'épisodes marquants de sa jeunesse, des épisodes faisant écho aux différents éléments qui composent la mystérieuse boîte : une boucle de ceinture, une recette de fajitas, le lion de Denfert Rochereau, etc. Véritable tour de force, cette structure stricte permet à l'auteur de guider le lecteur de manière très claire dans un récit pourtant construit autour d'incessants changements de lieux. L'usage du point de vue interne employé dans le cadre de ce récit rétrospectif est également remarquable, donnant accès de manière touchante aux pensées intimes d'un homme rattrapé par le jeune homme perturbé qu'il était. Ainsi, à l'histoire singulière d'un jeune homme en colère, qui cherche inlassablement à retrouver l'âge d'or qu'il a vécu à Lille avec sa bande de copains, se mêle une histoire universelle, celle d'une jeunesse en quête d'idéal. Dans ce face à face déroutant d'un narrateur plus âgé avec le jeune homme qu'il était, le récit tient la promesse du titre en faisant discrètement voltiger le lecteur.
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Floyd2408
  08 août 2014
Marc Pondurel avec ce premier roman nous livre un magnifique moment de lecture avec le voltigeur …L'écriture est plaisante avec une histoire toute en douceur sur un passé perdu dans l'abîme d'une vie présente …
Le roman est une confession avec pour narration le Je qui interpelle surement comme une autobiographie de l'auteur sur sa jeunesse Lilloise étudiante …On bascule agréablement dans l'intrigue pour revivre ces années perdues qui
surgissent d'une boite de cigare retrouvée tel les saveurs de la madeleine de Proust….
Vingt après on se remémore des moments important ou nous étions jeunes inconscients ..une jeunesse qui sublime la vie des héros littéraires ,des auteurs ,des films ,,,,,on vit dans l'exaltation et effervescence …
Entre San Francisco ,Amsterdam,Moscou ,Belgrade notre jeune héros suivra sa destinée avec cette innocence de vie merveilleuse …Il connaîtra l'amour l'aventure la drogue la trahison les nouvelles cultures les lieux de son imaginaires des moments qui feront de lui un voltigeur …
C'est un livre qui mêle nos souvenirs à celui du narrateur …J'aime cette façon de livrer ses souvenirs comme dans certaines nouvelles de Stefan Zweig ou dans l'histoire on raconte une autre Ici Avec sa femme Merve Turque dans leur Maison d'hôte en Bulgarie …On aime ce road movie …
J'ai adoré ce livre ce témoignage …
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critiques presse (2)
LePoint   13 octobre 2014
Le premier roman de Marc Pondruel raconte cela : l'instant crucial où un héros contracte la maladie du retour, et puis tous ceux, virevoltants, qui en découlent. Rien de très original c'est vrai, mais le thème est solide, il a du coeur, de l'esprit et de belles références.
Lire la critique sur le site : LePoint
Actualitte   29 septembre 2014
La lecture est plaisante et facile, mais l'émotion reste lointaine comme s'il manquait un élan, une énergie, des vibrations pour s'imprégner de ce récit, le pénétrer avec force et conviction puis enchantement.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
NadaelNadael   27 septembre 2014
« Ce soir-là, ce fut Joachim qui, le premier, parla de la campagne de Russie. Witold embraya sur l'invasion nazie de l'Union soviétique, Auguste plaça adroitement D'un château l'autre de Céline, que je n'avais pas lu. Les yeux de Witold s'ouvrirent comme des lampes à acétylène, et dit qu'il allait me le passer. Tel l'Aurige de Delphes, ivre de joie mais trop timide pour exulter, je m'imaginais tout à la fois Jacques Brel à l'Auberge des trois faisans, Allen Ginsberg au city Lights Bookstore, et Paul Verlaine aux Vilains Bonshommes. Les coudes bien serrés autour de nos bocks et protégés par les nuées de bouquins qu'on se lançait à la figure comme autant de boules de neige. J'ai regardé par la fenêtre, il faisait nuit. Joachim, rouge maintenant, mimait les canonnnades et le mouvement des armées ; Auguste, filiforme dans son pull mauve, tapait en rythme sur la table ; Witold, aux aguets sous ses cheveux bouclés, tournoyait frénétiquement sa touillette dans le fond rose et laiteux de son verre. Je jetai un regard vers la longue glace derrière nous. Quatre cow-boys dans le reflet, on y était, et pour l'éternité. »
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NadaelNadael   27 septembre 2014
« Il y a ma mère, un peu à l'écart. Je m'approche d'elle, qu'elle me semble fragile dans sa robe d'été. Sans un mot, on se prend dans les bras. Pourquoi d'autres familles arrivent-elles si facilement à se parler, pourquoi chez nous tout ça est-il si dur, pourquoi s'étrangle-t-on avant même d'avoir pu dire un mot, pourquoi, avant de parler, se prend-on déjà le coeur dans le tapis, et cette satanée peur de trop en dire, qui nous replie soudain l'âme comme un origami et nous laisse aux lèvres le triomphe affligeant d'avoir su éviter l'important?»
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NadaelNadael   27 septembre 2014
« Mettre pour la première fois les mains sur les hanches d'une fille est toujours émouvant. On la sent tanguer entre ses paumes et, du bout des doigts naître la chaleur de sa peau sous le tissu. On se sent alors aussi apaisé qu'un sous-marinier en bordée, qu'un cow-boy en permission, qu'un soldat en perdition. Sauvé aussi, qui sait. Et cette légère brûlure dans l'estomac, celle de savoir que l'on plaît. »
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vitievitie   11 juin 2015
Parler c'était peut-être avouer sa faiblesse et, par peur de s'effondrer, la certitude stupide qu'il valait mieux garder en soi ce bloc (...), à attendre que, de l'intérieur, tout cela vous bouffe avant que d'essayer de dire les choses.
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vitievitie   11 juin 2015
Qu'il soit ici permis de rendre un hommage à l'alcool. Celui qui libère, qui tasse les choses, les rend moins effrayantes, moins abruptes, moins coupantes. Celui qui donne le sursaut nécessaire.
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