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EAN : 9782070321674
224 pages
Éditeur : Gallimard (14/10/1976)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 52 notes)
Résumé :
Il s'agit de savoir si l'on veut faire un poème ou rendre compte d'une chose (dans l'espoir que l'esprit y gagne, fasse à son propos quelque pas nouveau). C'est le second terme de l'alternative que mon goût (un goût violent des choses, et des progrès de l'esprit) sans hésitation me fait choisir. Ma détermination est donc prise... Peu m'importe après cela que l'on veuille nommer poème ce qui va en résulter. Quant à moi, le moindre soupçon de ronron poétique m'avertit... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
ay_guadalquivir
  04 novembre 2011
Ce recueil "poétique" de Francis Ponge est tout à fait étonnant. Dans des thèmes de la nature (Berges de Loire, guêpes, oeillet, bois de pins, paysage de Provence), Ponge se livre à un travail très approfondi, scientifique presque, de retournement, de déconstruction de la langue du poète. Dans les notes et lettres en fin de volume, il explique tantôt, à propos du Carnet du Bois des Pins, que cela n'est pas vraiment sérieux, pour evenir plus tard à l'idée qu'il agit ici contre la poésie. Quelle part de fantaisie, de naturalisme admiratif, de provocation, d'intention critique? C'est bien difficile à dire au terme de cette lecture, qui sous des aspects répétitifs (variantes nombreuses sur chaque thème), montre comme l'aboutissement partiel d'un work-in-progress tout à fait passionnant. Et puis, il y a simplement cette magie de savoir transformer un objet, un insecte, une fleur, en sujet poétique absolu.
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Apoapo
  05 février 2016
J'aime Ponge. Je voulais sentir le jaillissement de ses mots pour exprimer l'empire imprescriptible de la chose sur l'écrivain. J'ai compris finalement pourquoi j'aimais Ponge tout en ayant horreur de la poésie, où l'on a coutume de ranger très erronément ses oeuvres; c'est lui-même qui l'explique:
"Tu saisis maintenant que, dans mon esprit, il ne s'y agit pas du tout de la naissance d'un poème mais plutôt d'un effort contre la "poésie". "(p. 170-171)
Dans cet ouvrage au titre si attrayant, il est question des berges de la Loire, de la guêpe, d'un oiseau, de l'oeillet, du mimosa, du bois de pins, de la Mounine près d'Aix-en-Provence...
de comment l'on peut arriver à apprendre quelque chose sur la nature la plus intime de toutes ces "choses", par un processus expressif en cours (in progress, dirait-on en anglais), fait de recherche de mots dans le Littré, de réécritures sans fin, de variantes, de commutations et permutations de vers "ad libitum" selon des numérotations et des représentations arithmétiques, de (trop) petits moments d'explication de cette poétique, de grands moments de doute sur la recherche en cours...
de quelques années cruciales (1938-1941) pour un homme et pour son pays, où il "faudrait [s'intéresser exclusivement] à la situation politique de la France et du monde [... à] notre propre situation, notre incertitude du lendemain..." "[...] Et c'est au "bois de pins" que je reviens d'instinct [...]" (p. 159).
Les 2 * qui manquent à ma fiche reflètent ma propre insuffisance à comprendre, non celle du texte à montrer (sinon à expliquer) comment et pourquoi il est né. Les 3 correspondent à ce que j'en ai saisi quand même...
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chartel
  23 mars 2017
La rage de l'expression de Francis Ponge est cette manière de penser le monde et les choses, non pas à la manière d'un dictionnaire, mais comme un expérimentateur en constante recherche. Ce qui importe n'est pas la création d'un poème immuable et éternel, mais le parcours de création pour tenter de saisir l'homme et l'écrivain Francis Ponge. "La Rage de l'expression" est un journal et non un recueil poétique. Et cette tentative, cette recherche par l'écriture et l'expression, devient poésie.
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lehibook
  23 décembre 2019
J'aime ce poète par l'attention qu'il porte aux objets quotidiens dont il magnifie l'humble existence et ce faisant change notre regard sur eux . J'aime aussi cet artisan du langage qui nous invite sans façon dans son atelier et qui nous ferait presque croire que ce qu'il fait est facile …Et dans ce recueil , le plaisir de trouver au détours d'une page un lieu (Les Frères Gris) qui me fut familier.
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VACHARDTUAPIED
  02 avril 2013
Je lis avec toujours autant de plaisir Ponge..........
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Citations et extraits (26) Voir plus Ajouter une citation
coco4649coco4649   29 mars 2019
LA GUÊPE


Extrait 2

Et si ça touche, ça pique. Autre
chose qu'un choc mécanique: un con-
tact électrique, une vibration venimeuse.
Mais son corps est plus mou — c'est-
à-dire en somme plus finement arti-
culé — son vol plus capricieux, imprévu,
dangereux que la marche rectiligne des
tramways déterminée par les rails.

p.17
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GuillaumeSireGuillaumeSire   07 octobre 2016
Mimosa (extrait)
— La floraison est un paroxysme. La fructification est déjà sur le chemin du retour.
— L’enthousiasme (qui est beau lui-même) porte ses fruits (qui sont bons ou mauvais).
— La floraison est une valeur esthétique, la fructification une valeur morale : l’une précède l’autre.
— Le bon est la conséquence du beau. L’utile (graine) est la conséquence du bon.
— Le bon peut-être aussi beau que le beau (oranges, citrons). L’utile est le plus souvent esthétiquement modeste.
— La fleur est le paroxysme de la jouissance de l’individu.
— Le fruit n’est que l’enveloppe, le protecteur, le frigidaire, l’humidaire de la graine.
— La graine est le joyau spécifique, c’est la chose, le rien.
— La graine qui n’a l’air de rien est — en effet — la chose.
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brigetounbrigetoun   13 novembre 2009
Quelque chose d'éclatant voilé, de splendide voilé, d'étincelant voilé, de radieux voilé.
Ce qui est curieux, c'est que la chose éclatante en question soit voilée par l'excès même de son éclat
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brigetounbrigetoun   07 février 2009
« Sur la campagne de Provence
rêgne un pétale de pervenche
Ce jour bleu de cendres vaut nuit
Qui pèse sur la Provence….
.. Le jour qui luit sur la Provence
est un azur à mine de plomb
ce jour bleu de cendres-là vaut nuit
… l'immensité intersidérale est vue ici par transparence et c’est grandiose (aprçu sur l’infini).
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VACHARDTUAPIEDVACHARDTUAPIED   02 avril 2013
En ce qui concerne le bois de pins, je viens de relire mes notes. Peu de choses méritent d’être retenues. – Ce qui importe chez moi, c’est le sérieux avec lequel j’approche de l’objet, et d’autre part la très grande justesse de l’expression. Mais il faut que je me débarrasse d’une tendance à dire des choses plates et conventionnelles. Ce n’est vraiment pas la peine d’écrire si c’est pour cela… Bois de pins, sortez de la mort, de la non-remarque, de la non-conscience !.
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Videos de Francis Ponge (33) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Francis Ponge
Francis PONGE – Un siècle d'écrivains : 1899-1988 (DOCUMENTAIRE, 1999) Émission « Un siècle d'écrivains », numéro 203, diffusée sur France 3, le 25 septembre 1999, et réalisée par Jean Thibaudeau et Pierre Beuchot.
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