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Maurice Pons (Autre)
EAN : 9782267032109
253 pages
Éditeur : Christian Bourgois Editeur (11/06/2020)

Note moyenne : 4.26/5 (sur 250 notes)
Résumé :
1ère édition : 1965

Depuis près de trente ans, les lecteurs des Saisons forment une sorte de confrérie d'initiés. Ils partagent un même univers, "plaqué" sur le nôtre comme l'or - ou la suie ; ils utilisent le même langage, les mêmes images de référence ; ils se connaissent et se reconnaissent entre eux, un peu comme les lecteurs de Malcolm Lowry ou de Julio Cortazar. Nous avons pensé qu'il ne fallait pas abolir ce privilège, mais le partager, en le m... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (62) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  04 mai 2020
Une pochade crayonnée par Jérôme Bosch?
Une fable racontée par un Rabelais qui aurait le vin sombre?
Un conte à la fois drôlatique et inquiétant , cruel comme ceux de Villiers de l'Isle Adam, amer comme ceux de Nodier,  ironique comme ceux de Barbey d'Aurevilly?
 Ou alors une version romanesque des poèmes en prose d'Aloysius Bertrand avec Scarbo qui mène le sabbat?..
Je m'aperçois que face à cet inclassable, cet hallucinant, cet étonnant bouquin, je convoque le 16e ou le 19eme alors que ce livre culte, écrit avec une plume ciselée, limpide, presque classique,  a à peine 55 ans d'existence.
Une fable, certainement, car derrière le réalisme magique de la trame,  se devinent de troublants , et de troubles apologues.
Un étranger arrive dans un petit village de montagne, noyé sous une pluie diluvienne et permanente. On le reçoit mal, on l'estropie même en lui jetant sur l'orteil un crâne  de mouton.
Siméon - c'est son nom- est la patience, la douceur, la résignation personnifiées. La laideur aussi, hélas.  Un bouc émissaire - expression qu'une de mes élèves , qui en ignorait le sens biblique, orthographiait  joliment: "un bouquet de misères", on ne peut mieux dire, en effet, du pauvre Siméon - "un bouc- émissaire -bouquet -de- misères" donc,  destiné à  la vindicte et à la frustration  des habitants  de ce village voué au déluge, à l'ordure et à  la pourriture.
 Toutes les brimades, les cruautés,  Siméon veut les voir comme des rituels d'intégration un peu rudes. Et sur le beau papier de luxe qui est son seul bagage, il consigne religieusement, comme autant de bonheurs,  toutes les vexations dont il est l'objet.
Du "positive thinking" avant la lettre. Le positif, c'est la beauté,  c'est l'art qui comme chacun sait, depuis Baudelaire, maquille l'affreuse nature, l'horrible réalité et les transforme en idéal. Il écrira, c'est son destin, car si Simeon n'a rien écrit jusqu'ici , à part son journal,  il se sait écrivain. Le beau papier de son havresac,  c'est à son grand oeuvre qu'il le réserve.
Ce messie de l'écriture croit que les mots peuvent sauver des maux.
Transformer en beau temps les pluies désespérantes,  combattre le gel bleu puis les tomberaux de neige qui , après la saison des pluies,  apportent la deuxième saison: un hiver rigoureux et assassin où les corps putrescents gèlent , craquent et tombent en poussière de grésil. Obtenir l'amour d'une femme. Trouver sa place parmi les hommes.
Vaste programme! Haute ambition conférée à la plume!
 Autour du futur écrivain qui l'observe grouille un petit monde qui semble tout droit échappé d'un cauchemar : Louana, un petit chaperon rouge vicelard et malicieux, au verbe  ordurier et à la curiosité en éveil, Clara, une jeune épouse fragile mais aux défenses secrètes redoutables,  Ham, la grosse aubergiste,  corsetée et bardée de fourchettes,  et surtout le  Croll,  sorte de mage guérisseur aux méthodes barbares, malicieux inventeur du pendule à desserrer le coïtus canis le plus tenace, amputeur radical de moignons infectés, grand perceur d'ulcères et videur de bubons..
Vous criez grâce ?  Mais c'était juste un petit aperçu!
Il y a ausssi la bêtise jumelle des deux pandores locaux, qui apporte sa petite touche de réalisme rassurant.
Face à cette misère machinale et sans horizon, à tous les sens du mot,  Siméon, qu'on devine échappé d'un monde pire encore , dresse le fragile discours d'une espérance utopique, confortée par l'arrivée sensationnelle de deux anges blonds, bottés et douillettement vêtus qui disent venir d'une terre -et d'un climat-de félicité et d'abondance...
Il faut partir vers ce pays de lait et de miel, ou plutôt de riz et de soleil...
Messie sans pied, sans bras, sans sexe, et bientôt sans voix, Siméon va  les y emmener pour leur perte,   non sans croiser, en sens inverse, d'autres marcheurs , leurs doubles, qui prennent  le village qu'ils fuient  pour une terre promise..
Le déluge, les anges exterminateurs, le messie, l'exode  ...la parodie est évidente.
Comme se lit aussi la parabole amère d'une histoire de l'humanité,  aussi saccageuse que misérable, prisonnière de ses rites et victime de ses rêves, douce à ceux qui commandent et dure à ceux qui n'ont rien.  Dupe des apparences et du cruel espoir.
J'ai plus d'une fois pensé au poème À chacun sa Chimère de Baudelaire...Et pas seulement par image...dans l'âpre saison du gel, chacun, s'il ne veut pas mourir de froid, porte contre lui, sous ses hardes et  contre son ventre, un animal à sang chaud...
Vous dire que c'est une lecture revigorante, qui donne la pêche....vraiment pas.
La stupéfaction, le dégoût parfois, malgré la très haute tenue de la phrase, vous met le coeur au bord des lèvres..
Mais ce mélange d'un univers baroque et d'une langue cristalline et pure, cette cruauté et soudain  cette ironie joyeuse qui claque comme un éclat de rire au milieu d'un enterrement,  cette flexibilité générique qui fait que l'oeuvre relève tour à tour du poème, de la fable, du conte, de la parabole, sans vouloir cantonner cet étrange roman à un genre précis, tout cela fait des Saisons un ovni littéraire - une Chimère, c'est vrai, tête de lion, corps de chèvre, pattes de griffon, - un objet insolite, attachant, unique.
Un livre-culte.
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palamede
  16 juillet 2020
L'ambition est grande : à travers l'horreur de son récit Siméon veut atteindre la beauté, « une beauté qui purifiera le monde ». Et pour ce faire l'apprenti écrivain a échoué dans une vallée perdue, tantôt rincée d'une pluie diluvienne tantôt gelée d'une incommensurable froidure. Choisis par Siméon comme premiers témoins de son livre à venir les habitants pour le moins frustres de ce lieu pourri vont lui réserver un accueil plutôt hostile, dont ils savourent les raffinements tordus. Mais Siméon ne se décourage pas et à la vindicte populaire il oppose un discours intellectuel, beaucoup de hauteur d'âme, et une bien curieuse proposition...
Une fable burlesque et monstrueuse, de celles qui fascinent et dégoûtent, où pourriture et laideur du monde ont raison de toute tentative d'élévation de l'esprit. Mais pas seulement. Les saisons c'est aussi une référence au bouc émissaire biblique, au rejet de l'étranger, à la difficile place des idées et de la beauté dans un monde trop terre à terre. Par son irrésistible ironie et sa sombre poésie, c'est une vision du monde désespérée assez inoubliable.
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wellibus2
  10 juin 2016
Comment aborder un livre estampillé "culte" avec un regard virginal ? Difficle ... On craint que la réputation de chef-d'oeuvre ne soit surfaite et on redoute pareillement de n'avoir pas la sensibilité, la perméabilité requises pour apprécier ce joyau ... Autrement dit, le livre sera-t-il à la hauteur et réciproquement, sera-t-on, soi-même à la hauteur ?
Quand, au mépris de toutes ces appréhensions, on se lance, voilà ce qu'on trouve : soit un homme, Siméon, disgracié, remarquable tant par sa visible pauvreté que par sa repoussante laideur physique, qui arrive un beau jour dans un bourg. Et quel bourg ! C'est en qualité d'étranger que Siméon y fait son entrée, il est immédiatement distingué, épinglé car nul jamais ne s'aventure là où il a résolu d'élire domicile. Ce bourg est un bouge, une bauge, la population consiste en une espèce de cour des miracles car, quand les habitants ne sont pas manifestement estropiés, diversement mutilés, ils présentent tous une tare quelconque, c'est un peuple de damnés, un ramassis de dégénérés. Ils vivent confinés dans ce village soumis aux rigueurs d'un climat inhumain. "Les saisons" du titre qui laisse augurer la riante ronde du temps et de plaisantes descriptions bucoliques consistent en une alternative : quarante mois de pluie auxquels succèdent quarante mois de gel. Mais Siméon est convaincu d'avoir trouvé un hâvre et il n'est pas loin de se réputer locataire d'un nouvel éden car il est un survivant, un rescapé de l'enfer : là d'où il vient, il vivait encagé et persécuté, en butte aux pires sévices et aux brûlures d'un soleil implacable, aussi la pluie lui apparaît-elle comme une bénédiction. Il s'intitule, se proclame écrivain bien qu'il n'ait, à ce jour, pas écrit une seule ligne mais il est fermement déterminé à rédiger, dans son lieu d'élection, un chef-d'oeuvre immortel en puisant dans les souvenirs cuisants de ses souffrances passées.
Mais les villageois ne l'entendent pas ainsi. Ils accablent Siméon d'un mépris et d'une indifférence unanimes. Ils le soumettent à des rites de passage qui consistent d'abord à s'accommoder de conditions de vie pour le moins rudimentaires : il lui faut consentir à se nourrir du seul carburant existant dans ce pays, à savoir la lentille déclinée sous de multiples formes (soupe, beignets, alcool ...) et par ailleurs il lui échoit, en guise de gîte, une espèce de soupente obscure et insalubre. Il subit donc, dès l'abord, une relégation.
Par la suite, les villageois, réunis en conseil, votent l'intégration, l'adoubement de Siméon au motif qu'il est un savant et qu'il pourra, de ce fait, leur être utile. Mais, en contrepartie, l'étranger doit payer de sa personne et, en tant qu'intellectuel, il est affecté au relevé du pluviomètre, tâche qui, le requérant deux fois par jour, l'obligeant à parcoirir de longues et harassantes distances, le prive du temps et du recueillement nécessaires à l'écriture.
En outre le froid, la pluie incessante, les conditions de vie déplorables endommagent chaque jour davantage le corps de l'impétrant. Il est arrivé blessé au pied et sa blessure s'infecte au point qu'il faut avoir recours à l'amputation. Siméon endure toutes sortes de brimades et de persécutions et cependant sa détermination reste entière : il veut mener à bien son projet initial, il veut ne pas faire mentir l'instinct qui lui a fait élire ce lieu comme creuset de sa rédemption.
On trouve toutefois, dans ce choeur dantesque, des personnages qui, bien qu'affectés du même coefficient de férocité que les autres, présentent des caractéristiques attachantes. Il y a d'abord la veuve Ham, tenancière de l'unique bistrot du bourg (lequel consiste en un infâme tripot), affligée d'obésité et d'éléphantiasis. Si elle n'est pas moins fruste et hargneuse que ses congénères, il lui arrive néanmoins d'avoir envers Siméon des accès d'humanité. Il y a aussi Louana, gamine effrontée, futée et affûtée, dotée d'un étrange visage mongol et d'une langue bien pendue. Elle asticote Siméon, l'injurie copieusement mais elle semble lui vouer une secrète tendresse puisqu'il arrive qu'elle le tire d'embarras et elle ira même, en période de grand froid, jusqu'à lui sauver la vie. Et puis il y a le Croll, colosse débonnaire et truculent, plus proche de l'animal mythologique que de l'humain qui fait office de thaumaturge et dont les traitements sommaires n'en sont pas moins radicaux. Lui aussi se prend d'affection pour Siméon qu'il rebaptise d'emblée "Mon petit agneau" (suave appellation qui ne manque pas de faire courir un frison d'épouvante sur l'échine du lecteur auquel s'impose la figue de l'agneau sacrificiel) et qu'il soigne avec des méthodes plus proches de la boucherie que de l'homéopathie. Enfin, il y a Clara la maigre, frêle jeune femme invariablement vêtue d'une impondérable robe rose et dont Siméon tombera éperdument amoureux pour l'avoir surprise nue, se livrant à ses ablutions en plein air. Cette svelte apparition inspirera à l'écrivain auto-proclamé quelques pages exaltés avant qu'il ne soit plus du tout en mesure d'écrire.
En effet, l'action conjuguée des intempéries, des repas aux propriétés nutritives quasi nulles et des avanies que font pleuvoir sur lui les villageois réduiront Siméon à un état infra-humain. Marqué et mutilé autant que les autres, il ne fera pour autant jamais partie d'eux car son étrangeté demeure et elle est insoluble. Siméon gravira tous les degrés de l'horreur jusqu'à l'ultime épisode en forme de sacrifice expiatoire, de catharsis collective girardienne en diable.
C'est noirissime et cependant la langue savoureuse ainsi que l'ironie qui innerve presque chaque phrase font souffler un vent le légèreté qui tempèrent le tragique ce qu'on pourra regretter et considérer comme un manquement à la radicalité ...
C'est à la fois un conte baroque absolument horrifique, une fugue en lisière du fantastique, une fable mythologique, une parabole aux accents bibliques ... Les ressources de ce texte sont à peu près inépuisables, c'est une Babel inversée, il parle à chacun tout en étant d'une singularité irréductible. Et non, le statut de livre-culte n'est pas usurpé.
HYPNOTIQUE !
Lien : http://www.livres-addict.fr
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Merik
  27 octobre 2017
C'est dans un village à la lisière de l'humanité que nous plonge ce roman. Grouillant de créatures crasses, difformes et ricanantes, aux moeurs décapantes. Humaines pourtant. Quand Siméon débarque dans l'auberge, c'est pour y découvrir une tenancière hilare, à califourchon sur un douanier agrippé à ses fesses, hilare également de se faire pressurer le nez pour en faire gicler le pus. Un temps d'avant le Biactol, ou d'après, un temps à ne pas mettre un troll dehors. On est dans le 16ème mois de la saison dite pourrie, la pluie incessante y défie le temps des saisons avant les 40 mois d'hiver à venir, où les animaux seront réquisitionnés pour servir de fourrure vivante. Un monde qui défie notre entendement. Seul Siméon l'écrivain semblerait venir de notre planète, bien qu'il soit heureux de débarquer là-dedans. Mais il faut dire qu'il fuit une cage en plein désert ensoleillé, alors la pluie lancinante elle tombe bien, il en a rêvé...
Ce roman aux allures de conte cruel ou fable moderne, publié en 1965, est présenté comme culte. Mystérieux et insaisissable, il est d'autant plus propice aux interprétations que son univers proche du notre est en décalage permanent. Un roman savonnette, à l'exégèse sous forme de kaléidoscope. Il parait plus sûr de parler des intentions de l'auteur, lesquelles transparaissent à travers les propos de Siméon l'écrivain (l'étranger, sorte de personnage témoin et observateur, avec son journal de bord), quand il se présente au conseil du village : «Ce que je dois écrire n'est pas beau en soi. Je puis bien vous l'avouer, ce sont des horreurs que je dois décrire, des horreurs et des souffrances surhumaines – comme par exemple la mort de ma soeur Enina- et c'est à travers cette horreur que je dois atteindre la beauté, une beauté qui purifiera le monde, qui en fera sortir le pus, mot à mot, goutte à goutte, comme d'une burette à huile. Après quoi le monde sera meilleur, et vous-mêmes serez meilleurs dans un monde plus heureux. Voilà quelle est ma science ». Si telle était aussi l'intention de Maurice Pons, le pari est réussi. Oui son (im-)monde devient beau. Sous une écriture incisive et élégante, qui rend la vision d'autant plus trouble et mystérieuse que le sujet est laid.
Un roman étonnant, à découvrir bien sûr. Et un auteur fascinant de ce que j'en ai lu, « Le passager de la nuit » lui aussi est magnifique de mystère.
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Pujol
  22 octobre 2009
Je ne connaissais rien de cet auteur. Rien. Je suis tombé dans cette histoire comme on tombe sur un rêve glauque, au matin, entre la fin du sommeil et l'appel de l'aube. Une vallée borgne, encaissée de roches et morte de soleil. Des habitants terrés dans des taudis de pierres, à moitié écroulés, la haine aux lèvres. Puis Siméon...l'étranger, l'empêcheur de pourrir en rond qui s'avance au milieu de ce non-lieu, de cette cicatrice purrulente.
Ce livre est une "curiosité", comme celles que l'on exposait aux 17ème et 18ème siècles dans des cabinets, derrière des vitrines, entre deux crânes hydrocéphales. A mi-chemin entre monstruosité du genre humain et farce bouffonne, ce récit écorche, déprime, dégoûte, intrigue ; comme une croûte que l'on ne se lasse pas d'arracher pour la voir à nouveau se reconstituer en une palette de formes et de couleurs inédites.
Derrière ces crachats, ces liquides séreux, ces gangrènes, c'est d'Espoir, de Différence, d'Humanité dont il est question.
Une "question", comme une "torture"...
Ne vous-y méprenez pas, c'est une oeuvre unique.
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Citations et extraits (47) Voir plus Ajouter une citation
palamedepalamede   10 juillet 2020
Siméon ... expliqua avec un lyrisme croissant comment, dans des villes qu’il avait connues, les hommes fabriquaient le papier ; comment on broyait au printemps la fine couche des arbrisseaux pour en faire une pâte onctueuse ; comment on battait cette pâte dans de grandes. cuves avec des baguettes souples ; comment, ensuite, on les mettait à sécher au soleil sur des rivières de toile métallique si fine que les ombres s’y incrustaient parfois en images de lumière.
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wellibus2wellibus2   10 juin 2016
Moi, je ne veux pas croupir avec vous dans cette pourriture....
. Quand un monde est inhabitable, on le change, ou on en change.
Adieu ! Il me reste une main pour écrire, un pied pour marcher.
J'irai enrichir un autre monde puisque je sais désormais qu'un autre monde existe.
(...) Et je garde, excusez-moi, en dépit de tout, une espérance dont vous n'avez pas idée.
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MyrabelleMyrabelle   16 mars 2012
Je vais ici pouvoir écrire, écrire, écrire. Je vais vider mon coeur de tout son pus. Il ne m'arrivera rien, j'en ai la conviction. Et pourtant, hier encore, j'ai été traversé par une image : lorsque ce crâne de mouton m'est tombé dans les pieds, je l'ai vu soudain multiplié par mille fois lui-même, j'ai revu l'amoncellement des charniers que je ne veux plus voir, et le sourire des dents humaines ; j'ai senti à nouveau la brûlure de l'enfer. Oui, j'ai cédé encore à la tentation de l'image... En serai-je jamais délivré ? C'est mon livre qui m'en délivrera.
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Alice_Alice_   23 octobre 2016
Siméon, (...), s'approchant de l'entrée, se trouva en face d'un étrange spécimen humain - si peu humain en vérité que la première image qui lui traversa l'esprit fut celle d'une de ces tortues océanes dont on affirme qu'elles peuvent vivre deux cents ans. Mais peut-on imaginer une tortue coiffée d'un bonnet? Il contemplait avec stupeur ce visage noir et crevassé, on aurait dit l'écorce d'un érable séculaire, dans lequel s'ouvraient faiblement deux petits yeux allongés, comme ceux des reptiles. Les lèvres avaient complètement disparu à l'intérieur d'un pli du visage un peu plus marqué, un peu plus humide aussi, qui avait dû être une bouche.
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Erik35Erik35   05 février 2017
Le passage des cavaliers avait laissé dans les esprits une poussière d'images fulgurantes.
Lorsque les villageois eurent regagné leurs demeures, pour y achever, dans le sommeil, leur long hivernage, ils n'étaient plus tout à fait les mêmes. Plus d'un, au cours de la saison blanche, se surprit à rêver en secret du pays merveilleux de derrière la montagne, où les mères tricotent pour leurs fils des écharpent blondes aux yeux bleus, où l'on chante à deux voix des comptines, en récoltant des graines miraculeuses qui se multiplient toutes seules par soixante-quatre jusqu'à la Chine, et que des filles en culottes courtes pèsent au printemps, avec des chapeaux de paille, sur de grands échiquiers ; un pays où poussent sous le soleil des crabes vivants et des étalons noirs chaussés de hautes bottes où des petites filles dansent le jambalaya, en croquant des diamants à la crème...
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Video de Maurice Pons (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Maurice Pons
Les Mistons (1957) film réalisé par François Truffaut , bande-annonce
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