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ISBN : 2070132765
Éditeur : Gallimard (03/03/2011)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 18 notes)
Résumé :

Cet ouvrage reflète le double intérêt de Jean-Bertrand Pontalis, en tant que psychanalyste et en tant que personne, pour le faits-divers criminel. Depuis la violence ordinaire de la rue, cette façon qu’ont certains passants d’ignorer, ou plutôt de néantiser, les autres, qui constitue aux yeux de l’auteur le noyau de toute forme de violence, jusqu’à la violence institutionnelle du crime politique, des exécutions légales et du crime collectif qui culmine ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Lesyeuxdelamomie
  18 février 2020
Dans mon top trois, il y a :
Manchette, Modiano et …Pontalis.
Pourquoi J-B ?
Je sais pas, c'est inconscient.
J-B qui fût psychanalyste avant d'être écrivain.
Mais l'une des raisons est sûrement ce mélange d'érudition et de légèreté qui me plaît tant.
Et que l'on retrouve ici.
Ce livre traite du crime.
Lui qui déteste la violence. (Je parle de J-B au présent car le fait qu'il soit mort en 2013 ne me plaît vraiment pas).
« Oui, je déteste la violence et je dois reconnaître qu'il y a une violence dans cette détestation. »
L'érudition c'est quand il convoque la mythologie, les oeuvres classiques.
Et la légèreté c'est quand il regarde Faites entrer l'accusé.
Les crimes l'intéressent depuis toujours. Etudiant, il allait assister à des audiences.
Il regrette d'ailleurs de ne jamais avoir été juré, contrairement à Gide.
Dans le journal, comme tout le monde, il commence par lire les avis d'obsèques et les faits divers.
Qu'en bon psy, il préfère appeler des faits singuliers.
Les femmes tuent également, mais moins que les hommes.
Violette Nozière qui fût l'égérie des surréalistes.
André Breton lui a dédié un poème.
Elle a voulu empoisonner sa daronne. Libérée, elle n'a eu cesse de s'en occuper.
Par contre, elle n'a pas raté son daron…
Les soeurs Papin .Toujours en 1933. Qui tuèrent de façon atroce leurs patronnes (la mère et la fille) et que la presse surnomma « Les brebis enragées. »
Il est aussi question du passage à l'acte. Une expression qui vient de la psychiatrie.
De Freud, évidemment, qui détestait Dostoïevski, l'homme, autant qu'il adorait l'écrivain.
C'est parfois pas marrant du tout : le suicide, les crimes de masse ou d'enfant…
Mais heureusement, il y a ce chapitre dont l'intitulé m'a tant fait rire : Pourquoi je manque rarement une émission de « Faites entrer l'accusé »
L'ensemble est passionnant.
Les livres de J-B, même quand il parle de crimes, sont de délicieuses friandises.
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mireille.lefustec
  10 mai 2013
"Au commencement était l'acte. Cet acte était la mise à mort du père selon Freud,du frère selon la Bible.
Ce commencement est sans fin.
Nous aurons beau nous écrier: "Plus jamais ça!", les faits ne cesseront de nous démentir,de montrer la vanité de nos cris. Les faits sont têtus, disait cet entêté de Lénine.
La violence est souveraine. Partout,dehors,visible,étalée au grand jour. Partout,dedans,cachée,tapie dans l'ombre d'où elle est prête à surgir.
La passion meurtrière,qu'elle soit collective ou individuelle,la rage de détruire,l'amour de la haine ne connaissent pas de limites. Face à la démesure,nos instruments de mesure sont défaillants."
4è de couverture.
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
DamepluieDamepluie   22 avril 2011
On a quelque peu oublié aujourd'hui, où il convient de célébrer le désir ("ne pas céder sur son désir", disait Lacan qui effectivement ne céda pas), l'importance qu'accorde Freud à l'idée de renoncement.
Renoncer à obtenir tout immédiatement, consentir à cesser d'être His Majesty the Baby, renoncer à conquérir et à posséder la mère, à supprimer père et frères, reconnaître notre finitude, admettre que nous ne sommes pas immortels et que nous ne sommes ni le centre du monde ni le centre de nous-mêmes, découvrir à nos dépens les limites de notre pensée... La liste est longue e il ne nous plaît pas de voir dans notre vie une succession de renoncements. Telle est pourtant la condition pour que cette vie invente et s'invente, soit toujours en mouvement au lieu de rester à jamais fixée à ses premières attentes, à ses premiers objets d'amour et de haine.
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DamepluieDamepluie   20 avril 2011
Nous n'avons plus affaire, dans le cas du meurtre, au retour ponctuel d'un élément refoulé - ce passager clandestin qui parvient à franchir la frontière - , mais à un retour en masse qui va au-delà du refoulement. Il ne s'agit pas, comme on le dit souvent, d'un fantasme qui demanderait à être réalisé. C'est un moment hallucinatoire. L'hallucination est plus forte que la perception. Je crois qu'à l'instant du meurtre la plupart des criminels sonthallucinés et que ce n'est pas seulement pour leur défense qu'une fois redevenus conscients ils affirment: "J'ai été pris d'un coup de folie."
L'impératif "Tu ne tueras point" se transforme en son contraire, tout aussi impératif "Tu dois tuer". Et alors, c'est le déchaînement, un déchaînement qui brise les barrières, les digues, comme un cataclysme naturel, qui transgresse tout interdit, viole, fracasse, mutile le corps et, à l'extrême, le dépèce ou le dévore... Le réel, pour le meurtrier halluciné, c'est le corps.
Dans quelles chaînes étaient-ils donc enserrés, ces déchaînés? Chaînes sociales, chaînes d'un langage qui leur était devenu étranger au point de les persécuter? Et alors survient l'explosion, leur corps explose dans le moment même où ils s'en prennent au corps de leur victime. Leur corps se déchaîne et devient fou: "J'aurais ta peau. Je t'arracherai les yeux." Le crime commis par les soeurs Papin est exemplaire.
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DamepluieDamepluie   22 avril 2011
Une foule n'est pas une somme d'individus, elle est un ensemble anonyme qui se prévaut de cet anonymat pour revendiquer son irresponsabilité. Elle est totalitaire.
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KanelbulleKanelbulle   22 décembre 2011
Donner la mort, sans doute est-ce la manière la plus radicale de conjurer la mort que l'on sait inéluctable tout en ignorant le moment de sa survenue.
La donner : la mort cesse alors d'être perçue comme une menace, ressentie comme une perte, un désastre, un châtiment injuste. Elle est un don que l'on fait à un être cher dont la souffrance est devenue intolérable (l'euthanasie serait un crime altruiste) ou que l'on s'accorde à soi-même (suicide, et bien des accidents, plus ou moins provoqués, qui sont autant de suicides camouflés).
Le suicide relève d'une décision personnelle. J'en choisis le moment et la modalité - revolver, poison, défenestration. La mort n'est plus ce qui me tombe dessus, à son heure à elle. En un sens je deviens, en me donnant la mort, plus fort qu'elle. Je peux me croire son maître.
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mireille.lefustecmireille.lefustec   10 mai 2013
une pensée ne saurait être que libre,ou plutôt n’obéir qu'à sa propre contrainte ,qu'à sa propre nécessité intérieure ,elle est par nature opposée à l'endoctrinement comme l'est,comme devrait l'être,la littérature.
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