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EAN : 9782710389668
272 pages
Éditeur : La Table ronde (03/01/2019)

Note moyenne : 4.27/5 (sur 585 notes)
Résumé :
"À la ligne" est le premier roman de Joseph Ponthus. C'est l'histoire d'un ouvrier intérimaire qui embauche dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons. Jour après jour, il inventorie avec une infinie précision les gestes du travail à la ligne, le bruit, la fatigue, les rêves confisqués dans la répétition de rituels épuisants, la souffrance du corps. Ce qui le sauve, c'est qu'il a eu une autre vie. Il connaît les auteurs latins, il a vibré avec Dumas,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (212) Voir plus Ajouter une critique
Sebthocal
  12 juin 2019
Sans point ni virgule, juste des mots les uns après les autres pour consigner ses pensées, les ordonner, rendre compte de sa réalité, et ne pas sombrer. Joseph Ponthus partage son quotidien d'ouvrier dans une conserverie de poissons et un abattoir breton. Jour après jour, à la chaîne. À la ligne.
À travers cette « monotonie lancinante », l'auteur interroge notre part de machine. Jusqu'où peut-on supporter l'aliénation ? Cette sensation instinctive que notre corps n'est plus qu'un objet auquel on demande des actions répétées, littéralement insensées et soumises à leur seule efficacité.
Jouant sur les mots, la répétition et la scansion, À la ligne, sous-titré Feuillets d'usine est plus qu'un poème, c'est un chant dédié « aux prolétaires de tous les pays, aux illettrés et aux sans dents ». Un texte original et vivifiant. À lire, forcément.
Retrouvez ma chronique complète sur Fnac Experts :
Lien : https://www.fnac.com/A-la-li..
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Harioutz
  21 janvier 2020
Après être restée plusieurs jours "dans le sillage" de ce livre, je me décide à vous dire tout le bien qu'il m'a fait !
C'est Sebthos (devenu ensuite Sociolitte, puis à présent Sebthocal) qui m'avait mis "l'eau à la bouche", il y a plus d'un an, par ses très nombreuses citations et sa critique dithyrambique !
J'avais noté ce livre, et puis .... honte à moi, je l'avais oublié !
C'est en passant devant l'un des nombreux présentoirs de ma médiathèque préférée que j'ai reconnu la première de couverture, et même si l'étiquette "nouveauté" qui y était apposée me semblait un peu défraîchie, j'ai sauté sur l'occasion qui m'était donnée de rattraper mon oubli ... et bien m'en a pris !
Quelle performance littéraire, quel beau témoignage, quelle humanité ... j'ai eu l'impression, au cours de ma lecture, de recueillir les confidences de Joseph Ponthus.
Je pouvais presque l'entendre, de sa voix lasse et grave, me confier ses doutes et ses espoirs, ses douleurs, ses questions, et chaque chapitre nous rapprochait dans une amitié née dès les premiers mots.
Comme j'aimerais rencontrer cet exceptionnel auteur, et plus encore, comme j'aimerais le lire à nouveau ... ses mots me manquent déjà et j'éprouve de réelles difficultés à passer à une autre lecture !
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Kirzy
  17 avril 2019
Un livre qui secoue, et pas uniquement parce qu'il chamboule la syntaxe habituelle, aucune ponctuation, des retours à la ligne comme dans une poésie, des vers libres sans rime.
Ce genre de procédé peut vite tourner à vide et sentir l'artificiel à plein nez , sauf que là, il prend une ampleur dingue en scrutant le quotidien à l'usine d'un intérimaire. Comme si l'usine dictait son urgence.
A la ligne donc pour chaque phrase.
A la ligne de production, l'autre nom euphémisant politiquement correct pour désigner le travail à la chaîne.
Chaque ligne pèse une tonne et revient sans fin, heure après heure, jour après jour avec son lot de souffrances, précarité, horaires délirants, aliénation du geste répétitif, corps maltraités, de la conserverie de poissons à l'abattoir.
L'usine comme une balle dans la gueule, comme une déflagration mentale et physique.
Une lutte des classes.
Une lutte tout court. Souvent l'auteur fait des parallèles avec la Première guerre mondiale, audacieux mais limpide lorsqu'on le lit.
Un récit autobiographique. Joseph Pontus écrivait chaque soir deux heures pour ne rien oublier des détails du quotidien. Pas un intellectuel à l'usine pour voir comment c'est, juste un homme qui n'a pas le choix s'il veut bouffer. S'en suis une chronique de l'usine dans laquelle l'humour a toute sa place, malgré tout, surtout malgré tout :
« Certains ayant vécu une expérience de mort
imminente assurent avoir traversé un long tunnel
inondé de lumière blanche
Je peux assurer que le purgatoire est juste avant le tunnel de cuisson d'une ligne de bulots. »
Une journal intime empli de poésie où on découvre que les souvenirs de vers d'Apollinaire, de Hugo, de Cendrars, des chansons de Trénet peuvent vous faire tenir dans l'adversité. Le manuel rejoignant l'intellectuel.
Un livre de fraternité même si le capitalisme a gagné. Des bonbons Arlequin Lutti que l'on suçotte avec «  les yeux ronds de la joie enfantine » pour fêter un anniversaire, parce que le patron en a plein dans son bureau.
Souvent bouleversant.
«  L'autre jour à la pause j'entends une ouvrière dire
à un de ses collègues
Tu te rends compte aujourd'hui c'est tellement
speed que j'ai même pas eu le temps de chanter. »

Tout aussi bouleversant que le passage à La Grande Librairie de l'auteur où il a dit avec classe et sincérité que lui, le chômeur ( les usines dans lesquelles il travaillait n'ont pas vraiment aimé son livre ), s'il devenait riche grâce aux livres, se referait les dents, parce que, les dents, ça coûte cher.
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michemuche
  11 avril 2019
Voila un livre hommage, un récit que j'attendais, un hommage donc que rend Joseph Ponthus à tous ces précaires, ces invisibles, ces sans grades comme dirait Michel Onfray.
Dans ce roman auto biographique on découvre grâce à la plume singulière de l'auteur un univers : L'USINE .
Un univers que je connais car j'y passe huit heures par jour depuis l'âge de vingt ans.
Des précaires j'en vois tous les jours, des ouvrières et ouvriers intérimaires.
Dans " A la ligne " Joseph Ponthus nous raconte son quotidien à l'abattoir et à la conserverie où il travaille. Levé à l'aube, la fatigue du corps, la peur du lendemain, des contrats au jour le jour selon les besoins de l'entreprise.
" A la ligne" est un roman atypique , un récit sans ponctuation, un livre qui s'écoute comme un slam.
Dans " A la ligne" rien n'est inventé ni exagéré, les cadences à tenir, les conditions de travail déplorables, j'ai même retrouvé des analogies comme regarder le ciel et respirer à plein poumon l'air du dehors après le pointage de fin de poste où alors chanter et siffler pour se vider la tête.
Après avoir lu ce livre vous regarderez autrement ces objets et cette nourriture qui sont notre quotidien, ces gens qui triment huit heures par jour pour approvisionner notre société de consommation sans la moindre reconnaissance.
Salutations à mes ami(e)s de galère, Pierre, Daniel, Abdel, Virginie, Yanis, Angélique, Marc et Robert…Que j'ai rencontré et celles et ceux que je rencontrerai.
Un livre que je vous recommande chaudement.
+ Lire la suite
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Kittiwake
  18 février 2019
Atypique. Remarquable. Captivant.
Atypique, le récit. dans sa forme, des vers libres sans ponctuation, dont on oublie vite le caractère construit, emporté par le rythme du récit, qui se traverse sans difficulté, porté par une respiration en filigrane.
Atypique l'auteur, au parcours singulier, de la littérature, qui émerge au gré des citations et des références, au social, pour en arriver à un travail alimentaire qui sera la source d'un si bel écrit.
Remarquable, pour l'originalité de ces confidences, sans langue de bois, en appelant une chaine une ligne et un contremaître un conducteur de ligne, comme le veut le politiquement correct. La précarité au jour le jour, qui ne peut se permettre le coup de gueule et la grève. L'intérimaire est en première ligne, pour les retours de bâton.
Captivantes, les expériences successives, de la crevette au bulot, jusqu'à l'abattoir, et toujours les mises en scène lors des visites ou des contrôles, et pour fil rouge la fatigue, immense, qui pourrait saturer et anéantir tout le temps hors de l'usine. Et l'on se dit quel courage pour s'abstenir à tout de même écrire.
A la ligne , ou à la chaine, sans fin, sans répit, puisse ce superbe texte, donner la possibilité à l'auteur de sortir de cette existence aliénante.

Lien : https://kittylamouette.blogs..
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critiques presse (5)
LaLibreBelgique   05 juillet 2019
Scandée, ponctuée de blancs, jouant avec les mots, apparentée à la ligne claire, la langue de Joseph Ponthus emporte dès l’entame du récit, d’autant que de cette singularité naît une puissance d’évocation hors du commun.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Culturebox   28 février 2019
Premier roman de Joseph Ponthus, A la ligne (La Table Ronde) est le récit à la première personne d'une vie à l'usine, en intérim. Les cadences, le corps en souffrance, l'odeur, l'épuisement, mais aussi "la paradoxale beauté" de l'usine. Le jeune romancier déploie son texte comme un long ruban, comme une ligne de chaîne qui ne s'arrête jamais. Une claque.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Liberation   22 janvier 2019
Ancien ouvrier dans le secteur alimentaire, Joseph Ponthus a écrit un livre sans ponctuation qui se lit comme un long poème témoignant du quotidien à l'usine, de la pénibilité du travail et des divagations induites.
Lire la critique sur le site : Liberation
Liberation   22 janvier 2019
A la ligne, comme un cadeau offert à la femme qu’il aime, et comme un défi relevé en bonne et due forme [...] On n’a pas l’impression de lire des poèmes, malgré cette disposition dans la page. La lecture est fluide, elle correspond bien au sous-titre, Feuillets d’usine. Des feuillets arrachés à l’épuisement, pris sur la vie quotidienne.
Lire la critique sur le site : Liberation
LaCroix   18 janvier 2019
Ce texte orchestral, râpeux, révoltant face à l’orgie de besogne itérative, est à mettre entre toutes les mains – calleuses ou manucurées. Il y a dans ce chant un souffle poétique affranchissant, qui replace l’exploitation humaine et animale au centre de l’esprit public. Il était grand temps : et quel tempo grandiose !
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (275) Voir plus Ajouter une citation
chris49chris49   24 mai 2020
C'est un mercredi banal et je ne sais pas comment je fais pour
Non pas tenir le stylo
Il y a bien longtemps que je n'ai pas écrit avec un stylo
Mais activer les touches de l'ordi qui
S'assemblant
Forment mots puis phrases
Au rythme de la pensée fatiguée qui va

C'est ignorer jusqu'à l'usine qu'on pouvait
Réellement
Pleurer
De fatigue
ça m'est arrivé quelques fois
Hélas non quelquefois
Rentrer du turbin
Se poser cinq minutes dans le canapé
Et
Comme
Un bon gros gros gros point noir que tu n'avais pas vu et qui explose à peine tu le touches
Je repense à ma journée
Sens mes muscles se détendre
Et
Explose en larmes contenues
Tâchant d'être fier et digne
Et ça passera
Comme tout passe
La fatigue la douleur et les pleurs
Aujourd'hui je n'ai pas pleuré
+ Lire la suite
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chris49chris49   24 mai 2020
Maman

Je sais comme à toutes les époques de ta vie que
tu te fais du souci pour moi

Que ça te retourne le ventre et a de conséquences
sur ta santé

Je sais que ma situation à l'usine t'inquiète même
si tu ne m'en parles pas de ne pas trouver de
"vrai" boulot d'avoir bientôt quarante ans d'avoir
fait des études tout ça pour ça

Je sais que tu as travaillé dur toute ta vie
notamment pour me payer l'école que tu as fait
énormément de sacrifices pour me permettre
d'avoir une bonne éducation ce qui est je crois le
cas
Peut-être penses-tu que c'est du gâchis d'en arriver
là à l'usine
Franchement je ne crois pas bien au contraire
Ce que tu ne sais sans doute pas c'est que c'est
grâce à ces études que je tiens le coup et que j'écris

Sois-en remerciée du fond du cœur
+ Lire la suite
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isabiblioisabiblio   22 mai 2020
Nos silences à la pause
Pourquoi se dire et quoi se dire d'ailleurs
Que l'on en chie
Que l'on peine à trouver le sommeil le week-end
Mais que l'on fait comme si
Tout allait bien
On a un boulot
Même si de merde
Même si l'on ne se repose pas
On gagne des sous
Et l'usine nous bouffera
Et nous bouffe déjà
Mais ça on ne le dit pas
Car à l'usine
C'est comme chez Brel
"Monsieur
On ne dit pas
On ne dit pas".
+ Lire la suite
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isabiblioisabiblio   22 mai 2020
On ne quitte pas l'usine sans regarder le ciel...
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HarioutzHarioutz   16 janvier 2020
Mon chien Pok Pok

Si tu savais en rentrant chaque jour
Comme ça me coûte d'aller te promener

Je suis au bord de l'épuisement
Même pas au bord d'ailleurs
Complètement épuisé
Ravagé de fatigue
Prêt à m'endormir sur place dès mon retour

Mais en rentrant à chaque fois
La joie et même plus que la joie de te savoir
derrière la porte
Vivant
A frétiller de la queue et du popotin
A faire cette fête des retrouvailles

Tu dois aimer cette odeur d'abattoir que je
transpire
Mes mains que tu lèches comme des bonbons
Mes habits que tu renifles

A peine le temps de me poser
Faire descendre la pression
Boire une bière
Il faut aller se balader
Même si je n'en peux plus
Même si parfois je pleure littéralement de fatigue

Mais tu n'y es pour rien
Jeune chiot de six mois
Dans ces histoires de tueries d'humains
Tu veux juste courir
Jouer
Agripper l'océan sur la plage où nous avons
coutume d'aller
Rameuter les oiseaux
Creuser le sable encore et encore
Ramener des bouts de bois des algues et encore
courir et jouer

Tu es vivant mon Pok Pok
Et moi accablé de fatigue
Mais si heureux de te voir vivant et heureux
Ça me change des animaux morts sur lesquels je
bosse à longueur de journée

Je ne te parle pas trop de mes journées
Je préfère te raconter que je suis fatigué mais
joyeux de bosser
De te retrouver
Et que viens
On va en balade
On est à la plage
Que si je bosse c'est parce qu'il faut bien pouvoir te
payer tes croquettes
Des histoires d'humains

Qu'y comprendras-tu si je te racontais exactement
l'abattoir
Ton regard changerait-il sur moi
Me considérait me considérerais-tu comme un agent de la banalité
du mal
Un salaud ordinaire
Celui qui accomplit sa tâche de maillon de la
chaîne dégueulasse et qui s'en dédouane pour plein de
bonnes raisons

C'est peut-être atroce à dire mais
Les chefs me demanderaient de tuer les bêtes
Que je le ferais
Il faut bien bosser
J'entends parfois à la pause les gars qui sont à la
tuerie
Leur serre la main
Discute un peu
Ils n'ont l'air ni pires ni meilleurs que moi
Ont les yeux aussi lointains et fatigués
Non ceux de barbares sanguinaires
Peut-être
Sans doute
Certains ont-ils un chien qu'ils chérissent
Je ne sais pas

L'usine bouleverse mon corps
Mes certitudes
Ce que je croyais savoir du travail et du repos
De la fatigue
De la joie
De l'humanité

Comment peut-on être aussi joyeux de fatigue et de
métier inhumain
Je l'ignore encore
Je croyais n'y aller
Que pour pouvoir te payer tes croquettes
Le véto à l'occase
Pas pour cette fatigue ni cette joie

Allez Pok Pok
Encore quelques minutes de balade
Je suis fatigué
Je n'en peux plus

Demain
Il faut aller bosser
Et quand je rentrerai
Demain
On ira faire une balade plus longue j'espère
Là je n'en peux plus

Demain ça ira mieux
Juste me reposer d'ici-là
Bien dormir
Demain mon Pok Pok je te jure
Si tu savais
Demain
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Videos de Joseph Ponthus (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Joseph Ponthus
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À lire : Joseph Ponthus, À la ligne, Feuillets d'usine, La Table ronde , 2019.
http://www.ohlesbeauxjours.fr
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