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ISBN : 2710389665
Éditeur : La Table ronde (03/01/2019)

Note moyenne : 4.41/5 (sur 81 notes)
Résumé :
"À la ligne" est le premier roman de Joseph Ponthus. C'est l'histoire d'un ouvrier intérimaire qui embauche dans les conserveries de poissons et les abattoirs bretons. Jour après jour, il inventorie avec une infinie précision les gestes du travail à la ligne, le bruit, la fatigue, les rêves confisqués dans la répétition de rituels épuisants, la souffrance du corps. Ce qui le sauve, c'est qu'il a eu une autre vie. Il connaît les auteurs latins, il a vibré avec Dumas,... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (46) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  18 février 2019
Atypique. Remarquable. Captivant.
Atypique, le récit. dans sa forme, des vers libres sans ponctuation, dont on oublie vite le caractère construit, emporté par le rythme du récit, qui se traverse sans difficulté, porté par une respiration en filigrane.
Atypique l'auteur, au parcours singulier, de la littérature, qui émerge au gré des citations et des références, au social, pour en arriver à un travail alimentaire qui sera la source d'un si bel écrit.
Remarquable, pour l'originalité de ces confidences, sans langue de bois, en appelant une chaine une ligne et un contremaître un conducteur de ligne, comme le veut le politiquement correct. La précarité au jour le jour, qui ne peut se permettre le coup de gueule et la grève. L'intérimaire est en première ligne, pour les retours de bâton.
Captivantes, les expériences successives, de la crevette au bulot, jusqu'à l'abattoir, et toujours les mises en scène lors des visites ou des contrôles, et pour fil rouge la fatigue, immense, qui pourrait saturer et anéantir tout le temps hors de l'usine. Et l'on se dit quel courage pour s'abstenir à tout de même écrire.
A la ligne , ou à la chaine, sans fin, sans répit, puisse ce superbe texte, donner la possibilité à l'auteur de sortir de cette existence aliénante.

Lien : https://kittylamouette.blogs..
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fanfanouche24
  26 février 2019
Une pépite totale sur un sujet pourtant abondamment traité, mais ce
récit a un ton, un rythme, une forme qui sortent de l'ordinaire, nous
prenant "aux tripes", littéralement" !
"Ce n'est pas du Zola mais on pourrait y croire
On aimerait l'écrire le XIXe et l'époque des ouvriers
héroïques
On est au XXIe siècle
J'espère l'embauche
J'attends la débauche
J'attends l'embauche
J'espère
Attendre et espérer
Je me rends compte qu'il s'agit des derniers mots
de Monte-Cristo
Mon bon Dumas
"Mon ami, le compte ne vient-il pas nous dire
que l'humaine sagesse était tout entière dans ces
deux mots : Attendre et espérer ! " (p. 18-19)
----------------------------------
Je me suis décidée à lire ce premier roman en écoutant l'auteur à une
émission littéraire... Il a dû être convaincant pour un grand nombre
de lecteurs (dont moi-même !!)... vu le nombre déjà non négligeable
des "billets" des camarades ! et il semble que cela soit bien mérité vu
l'originalité du ton et de la forme, à partir d'une expérience personnelle de
travail en usine, qui abrutit et endort les individus !...
Je transcris un extrait de la dédicace, qui est déjà des plus significatives:
Une reconnaissance pour la richesse du quotidien partagé avec les
camarades, la solidarité des ouvriers dans une précarité commune,et le soutien des mots de la littérature et de certains chanteurs "à textes"...dans des univers de travail juste "infamants", intolérables... ce livre est...
"fraternellement dédié aux prolétaires
de tous les pays aux illettrés et aux sans dents avec lesquels j'ai tant
appris ri souffert et travaillé
A Charles Trenet sans les chansons duquel je n'aurais pas tenu..."
Heureusement, notre auteur a la passion de la littérature, des textes
qui lui permettent de "tenir bon" , dans ces emplois "à la chaîne" qui épuisent mentalement et physiquement...les personnes, grignotent leur vie !!
Jeu de mots du titre... représentant doublement un terme lié à l'usine pour
dire "à la chaîne"... et le travail d'écriture de l'auteur....
La forme atypique du récit ne peut qu'intriguer, emporter ou freiner ! Pour ma part, j'y ai trouvé une musique, un rythme tout à fait prenants !
Poème en prose, sans ponctuation, allitérations nombreuses qui rendent excellemment la routine, la monstruosité des mêmes gestes mécaniques, uniformes...et une seconde de grâce dans ces enfers de l'usine, des conserveries de poisson ou des abattoirs: le souvenir d'une chanson ou d'un beau texte... et notre auteur-ouvrier s'envole dans le "baume" de mots magnifiques, qui l'aident à se sentir à nouveau, un Homme, à part entière !...

"Maman
(....)
Je sais que ma situation à l'usine t'inquiète même
si tu ne m'en parles pas de ne pas trouver de
"vrai" boulot d'avoir bientôt quarante ans d'avoir
fait des études tout ça pour ça
Je sais que tu as travaillé dur toute ta vie
notamment pour me payer l'école que tu as fait
énormément de sacrifices pour me permettre
d'avoir une bonne éducation ce qui est je crois le
cas
Peut-être pense-tu que c'est du gâchis d'en arriver
là à l'usine
Franchement je ne crois pas bien au contraire
Ce que tu ne sais sans doute pas c'est que c'est
grâce à ces études que je tiens le coup et que j'écris
Sois-en remerciée du fond du coeur (...)
Tout va bien
J'ai du travail
Je travaille dur
Mais ce n'est rien
Nous sommes debout
Ton fils qui t'aime" (p. 214-219)

J'avoue avoir appris un terme sans doute très connu, mais complètement ignoré de ma part, pour nommer "les pauvres" : "Les sans - dents " !! ...
direct , violent et imagé à l'excès ... comme l'est cet excellent roman,
successivement poétique, tendre, brutal, cru, terne comme ce quotidien dévorant de gestes toujours mêmes ,du corps qui fatigue, s'abîme.. mais surgit toujours un instant de grâce : un sourire, la plaisanterie d'un camarade, la clope savourée à la pause, les mots magiques d'une poésie, d'une chanson ou d'un texte littéraire, pour reprendre une goutte d'énergie, de suspens réparateur ...!

Je termine sans terminer ...ce billet avec ce passage très fort...Il ne peut y avoir de fin pour parler des "sans-dents", de la souffrance, de la pénibilité extrême de certains emplois, avec cette lancinante "précarité" qui abîme, épuise les individus...dans cette société en manque d'humanité et surtout de reconnaissance, de dignité dans le travail des personnes!
Cette lecture, en dépit de la dureté des expériences en usine de l'auteur, offre plusieurs lumières salvatrices : la vie, la lumière des paysages marins, l'amour de l'épouse pour laquelle l'auteur s'est retrouvé à Lorient, amputé momentanément de son travail premier , d'éducateur social, le courage et la solidarité des camarades , emportés dans la même galère que lui!

"Il y a qu'il faut le mettre ce point final
A la ligne
Il y a ce cadeau d'anniversaire que je finis de
t'écrire
Il y a qu'il n'y aura jamais
même si je trouve un vrai travail
Si tant est que l'usine en soit un faux
Ce dont je doute
Il y a qu'il n'y aura jamais
De
Point final
A la ligne "
(p. 262)
Une curiosité qui sera éveillée pour suivre avec attention cet écrivain original et percutant !
+ Lire la suite
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Nat_85
  14 mars 2019
Je remercie les éditions de la Table Ronde pour l'envoi de ce roman. Et quelle découverte ! Alors que j'écris ces premières lignes, un message apparaît sur mon écran de téléphone : le Grand Prix RTL-Lire 2019 est donc attribué cette année au premier roman de Joseph Ponthus « À la ligne » publié à La Table Ronde, en cette rentrée littéraire 2019. Une récompense hautement méritée. Ce roman est une déflagration littéraire !
» C'est fantastique tout ce qu'on peut supporter « disait un certain… Apollinaire ! Il ne croyait pas si bien dire. Lorsque Joseph Ponthus lâche son emploi d'éducateur en région parisienne pour rejoindre sa belle aimée en terre bretonne, rien ne le prédestinait à pousser les portes des agences d'interim, en quête d'un emploi. Mais le temps passe et les sous manquent. Alors pas le choix. Il faut se résigner à taper aux portes pour trouver un emploi. N'importe lequel. Il faut bien que les sous rentrent.
p. 12 : » À l'agence d'interim on me demande quand je peux commencer
Je sors ma vanne habituelle littéraire et convenue
» Eh bien demain dès l'aube à l'heure où blanchit la campagne «
Pris au mot j'embauche le lendemain à six heures du matin «
Ancien élève d'hypokhâgne, le voilà affublé d'une charlotte et de bottes, au pied de la pointeuse, prêt à en découdre avec les sardines et les bulots, dans un atelier où la température frôle avec le négatif. Et oui, c'est ça, le monde de l'agro-alimentaire. Il faut le voir pour le croire. Non… il faut le vivre pour le croire ! Que se passe-t-il dans la tête de ce jeune presque quadragénaire au parcours intellectuel éloquent à ce moment précis ? C'est toute l'histoire de ce livre, dont le sous titre « Feuillets d'usine » sont autant de notes prises quotidiennement, à l'arrachée d'un corps à l'épuisement. Pour témoigner. Ne pas oublier.
C'est la découverte d'un nouveau monde. de nouveaux mots. de nouveaux collègues. de nouveaux rythmes.
p. 18 : » La débauche
Quel joli mot
Qu'on n'utilise plus trop sinon au sens figuré
Mais comprendre
Dans son corps
Viscéralement
Ce qu'est la débauche «
Le chef d'équipe l'accueil. le carnet a remplacé le livret d'ouvrier. Une autre époque, une autre appellation, mais un même symbole, celui du capitalisme enraciné.
C'est dans la douleur physique, surtout que se joue une journée d'intérimaire dans une usine agro, jusqu'à découvrir des muscles dont on ignorait jusque là l'existence. Et l'abrutissement des tâches répétées inlassablement.
p. 52 : » J'en chie mais à l'usine on se tait «
Alors on attend la pause avec impatience. Car oui, la pause aussi est chronométrée. Clope café. À la ligne. Les sardines n'attendent pas. La production n'attend pas.
p. 18 : » Ce n'est pas du Zola mais on pourrait y croire «
Les rythmes s'enchaînent, s'entremêlent, au point de ne plus savoir ni quand dormir, ni quand manger, et pourtant il faut s'adapter. Toujours. Prévenu parfois le jour même, les changements de planning sont réguliers. S'adapter. Encore. Parce qu'entre chaque mission, on attend désespérément près du téléphone. » Espérer et attendre « , on flirte avec Godot ! L'interim c'est la précarité d'un lendemain incertain.
p. 41 : » le rythme de mes huit heures de nuit est bien étrange à assimiler pour et par mon organisme «
Alors, dans cet étrange ballet de crevettes et de tofu, de transpalettes et de machines, il reste l'amour des mots. Et ça, l'usine ne peut lui enlever !
p. 49 : » Je me dis qu'il faut une sacrée foi dans la paie qui finira bien par tomber dans l'amour de l'absurde ou dans la littérature
Pour continuer
Il faut continuer «
Joseph Ponthus s'accroche à ses auteurs de prédilection Apollinaire, Aragon, Pérec, et chantonne, car oui, chanter donne du baume au coeur quand le physique souffre. Trénet, Brel, il sont tous là et l'accompagnent dans ce dur labeur.
p. 191 : » Trenet me sauve le travail et la vie tous les jours que l'usine fait «
Mais finalement, à y comparer, les crevettes et les bulots, c'était pas si désagréable. Mais ça, il ne le découvre qu'en franchissant les portes de l'atelier de l'abattoir, l'antre de l'inimaginable, où le sang et la mort se côtoient au quotidien.
p. 139 : » Mes cauchemars sont à la hauteur de ce que mon corps endure «
Aucune animosité. Aucune rancoeur. Ce roman est un acte de non-violence. Un hommage à tous ces travailleurs invisibles ! Brutal, pertinent et sincère, Joseph Ponthus nous ouvre les lourdes portes des usines, et plus particulièrement de la précarité des emplois intérimaires, pourtant indispensables à ses énormes unités de production ! Entre sourires et larmes, ce roman est le souvenir de tous ceux et toutes celles qui ont franchi ces portes, pour un jour ou pour une vie, dont le courage et la ténacité soient aujourd'hui récompensés par ce témoignage poignant !
Alors oui, ce livre est grand ! Oui ce livre est incontournable ! Mais pour cela il faut avoir la curiosité et l'audace d'aller voir ce qui s'y passe. de l'intérieur. Une lecture d'utilité publique, ou plutôt devrais-je me permettre de dire d'utilité politique ! Car messieurs les dirigeants de notre beau pays et messieurs les dirigeants d'entreprises, il est grand temps d'ouvrir les yeux sur les conditions d'exploitation, oups pardon, je voulais dire avec plus de diplomatie, les conditions de travail des ouvriers d'usine ! Un style bien singulier et une absence de ponctuation qui procure un relief puissant à l'écriture, et donne ainsi une cadence de lecture, comme sur les lignes de production. À la ligne.
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hcdahlem
  31 janvier 2019
Joseph Ponthus est l'une des vraies surprises de cette rentrée. Sa description du monde de l'usine en une longue phrase, sorte de poème scandé sur quelques 272 pages, va vous prendre aux tripes.
À chaque rentrée littéraire, on croise quelques OVNIS, objets au verbe nouveau inimitables. En septembre, K.O. de Hector Mathis avait ainsi émergé. Pour la rentrée de janvier, c'est À la ligne qui rafle la mise. Oubliez la ponctuation et laisser vous emporter par ce long poème en prose, par le rythme imposé par ces lignes. Essayez la scansion et vous constaterez dès les premières lignes combien vous êtes plongé dans un monde qui ne vous laisse quasiment pas respirer, un monde qui cogne, qui tape, qui aliène
« En entrant à l'usine
Bien sûr j'imaginais
L'odeur
Le froid
Le transport de charges lourdes
La pénibilité
Les conditions de travail
La chaîne
L'esclavage moderne »
C'est ce quotidien que doit endurer le jeune homme qui arrive en Bretagne, ne trouve pas d'emploi dans son domaine et se retrouve contraint à accepter des contrats d'intérimaire dans des usines de transformation du poisson et fruits de mer puis dans un abattoir. le choc est rude pour lui qui est plutôt intellectuel. le rythme, le bruit, l'odeur sont autant d'agressions physiques mais aussi morales. Aux caisses de crevettes qu'il faut laver, trier, empaqueter va bientôt succéder le nettoyage des abattoirs, du sang des animaux découpés à la chaîne dans des cadences qui ne permettent pas d'éviter quelques dérapages avec l'éthique. Ni le pouvoir des petits chefs mis eux-mêmes sous pression par une hiérarchie avide de gain.
« Le capitalisme triomphant a bien compris que pour exploiter au mieux l'ouvrier 
Il faut l'accommoder 
Juste un peu 
À la guerre comme à la guerre 
Repose-toi trente minutes 
Petit citron 
Tu as encore quelque jus que je vais pressurer » 
Pour résister, il y d'abord cette solidarité entre exploités qui n'est pas un vain mot. L'imagination, les petits mots d'encouragement, les tactiques pour gagner un peu de temps, un peu d'air, un peu de liberté sont autant de soupapes qui aident à tenir.
Puis viennent les stratégies individuelles, les moyens développés par chacun pour s'échapper en pensée. Pour le narrateur, ce sont les poèmes et les chansons. Apollinaire, Aragon, Céline ou Cendrars vont l'accompagner tout autant que Trenet, Souchon, Goldmann, Barbara ou «ce bon vieux Pierrot Perret». Des chansons que l'on fredonne et qui sont le vrai baromètre de l'ambiance.
« L'autre jour à la pause j'entends une ouvrière dire à un de ses collègues 
"Tu te rends compte aujourd'hui c'est tellement speed que j'ai même pas le temps de chanter"
Je crois que c'est une des phrases les plus belles les plus vraies et les plus dures qui aient jamais été dites sur la condition ouvrière 
Ces moments où c'est tellement indicible que l'on n'a même pas le temps de chanter 
Juste voir la chaîne qui avance sans fin l'angoisse qui monte l'inéluctable de la machine et devoir continuer coûte que coûte la production alors que
Même pas le temps de chanter 
Et diable qu'il y a de jours sans »
Après avoir cuit des bulots et déplacé des carcasses viendra finalement le jour de la délivrance. Mais de cette expérience il nous restera cet OVNI, comme une pierre précieuse qui, à force d'être polie et repolie étincelle de mille feux.
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ValerieLacaille
  11 février 2019
Quand un ancien élève d'hypokhâgne se retrouve ouvrier dans un abattoir à l'extrémité de la Bretagne, par amour, après un passage dans les cités de la banlieue parisienne en tant qu'éducateur, on obtient un écrit dont plume déménage !
« A l'agence d'intérim, on me demande quand je peux commencer
Je sors ma vanne habituelle littéraire et convenue
"Eh bien demain dès l'aube à l'heure où blanchit la campagne"
Pris au mot j'embauche le lendemain à six heures du matin »
Ce premier roman n'est pas commun. Par sa forme : l'auteur écrit comme il pense, sans ajustement syntaxique ni ponctuation. Il revient à la ligne à chaque proposition… Cela me semblait déstabilisant au départ, mais non, absolument pas. La lecture coule de source, comme passent les crevettes sur le tapis, les carcasses de vache le long des rails, comme jaillit le jet d'eau sensé laver toute ces cochonneries pré ou post mortem de milliers d'animaux destinés à orner vos assiettes ; Dieu merci, je suis végétarienne, je me contenterais, peut-être, du tofu égoutté ?
Le fond du roman est lui aussi inattendu. Ce récit autobiographique navigue entre les pensées hautement littéraires de notre auteur / narrateur et la réalité du monde du travail contemporain. L'utilité d'avoir une tête bien faite et bien pleine s'annihile devant le besoin instauré par une société capitaliste qui veut avant tout produire et consommer. Et pour assouvir ces deux besoins, il faut de la main d'oeuvre, trouvée rapidement et pour pas cher. Faisant fi de son désir de trouver un travail à la mesure de ses compétences intellectuelles, et parce qu'il « faut des sous », Joseph Ponthus se résigne, pousse la porte d'une agence d'intérim et se retrouve dès le lendemain à trier les crevettes et les bulots.
La découverte de ce métier physique d'ouvrier va lui permettre d'aller de découvertes en déconvenues, de réfléchir aux auteurs lus et étudiés naguère, de tracer une ligne de démarcation entre théorie, pratique et idéalisme et d'en ressortir, sur divers points, plus fort : « L'usine m'a apaisé comme un divan ».
Lu dans le cadre des 68 premières fois.
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critiques presse (4)
Culturebox   28 février 2019
Premier roman de Joseph Ponthus, A la ligne (La Table Ronde) est le récit à la première personne d'une vie à l'usine, en intérim. Les cadences, le corps en souffrance, l'odeur, l'épuisement, mais aussi "la paradoxale beauté" de l'usine. Le jeune romancier déploie son texte comme un long ruban, comme une ligne de chaîne qui ne s'arrête jamais. Une claque.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Liberation   22 janvier 2019
Ancien ouvrier dans le secteur alimentaire, Joseph Ponthus a écrit un livre sans ponctuation qui se lit comme un long poème témoignant du quotidien à l'usine, de la pénibilité du travail et des divagations induites.
Lire la critique sur le site : Liberation
Liberation   22 janvier 2019
A la ligne, comme un cadeau offert à la femme qu’il aime, et comme un défi relevé en bonne et due forme [...] On n’a pas l’impression de lire des poèmes, malgré cette disposition dans la page. La lecture est fluide, elle correspond bien au sous-titre, «Feuillets d’usine». Des feuillets arrachés à l’épuisement, pris sur la vie quotidienne.
Lire la critique sur le site : Liberation
LaCroix   18 janvier 2019
Ce texte orchestral, râpeux, révoltant face à l’orgie de besogne itérative, est à mettre entre toutes les mains – calleuses ou manucurées. Il y a dans ce chant un souffle poétique affranchissant, qui replace l’exploitation humaine et animale au centre de l’esprit public. Il était grand temps : et quel tempo grandiose !
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (69) Voir plus Ajouter une citation
MatatouneMatatoune   18 mars 2019
Je ne vole rien
C'est rien que de la réappropriation ouvrière
Tout le monde le fait
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Nat_85Nat_85   14 mars 2019
Ma vie ne sera plus jamais la même depuis l’usine
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blandine5674blandine5674   12 mars 2019
On compte sa peine
Ses abattis
Et ses douleurs
Je compte et je recompte
Parce que
C'est toujours comme chez Brel
"Chez ces gens-là
On ne cause pas
On ne cause pas
On compte."
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Pivoine29Pivoine29   11 mars 2019
Je ne connais que quelques types de lieux qui me fassent ce genre d'effet
Absolu existentiel radical
Les sanctuaires grecs
La prison
Les îles
Et l'usine
Quand tu en sors
Tu ne sais pas si tu rejoins le vrai monde ou si tu le quittes
Même si nous savons qu'il n'y a pas de vrai monde
Mai peu importe
Apollon a choisi Delphes comme centre du monde et ce n'est pas un hasard
Athènes a choisi l'Agora comme naissance d'une idée du monde et c'est une nécessité
La prison a choisi la prison que Foucault a choisie
La lumière la pluie et le vent ont choisi les îles
Marx et les prolétaires ont choisi l'usine
Des mondes clos
Où l'on ne va que par choix
Délibéré
Et d'où l'on ne sort
Comment dire
On ne quitte pas un sanctuaire indemne
On ne quitte jamais vraiment une taule
On ne quitte pas une île sans un soupir
On ne quitte pas l'usine sans regarder le ciel
p. 17

Demain en tant qu'intérimaire
L'embauche n'est jamais sûre
Les contrats courent sur deux jours une semaine tout au plus
Ce n'est pas du Zola mais on pourrait y croire
On aimerait l'écrire le XIXe siècle et l'époque des ouvriers héroïques
On est au XXie siècle
J'espère l'embauche
J'attends la débauche
J'attends la débauche
J'espère
p.18
+ Lire la suite
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Pivoine29Pivoine29   11 mars 2019
A la prochaine
L'usine

A la prochaine
Les sous

Les sous à aller gagner racler pelleter avec les bras le dos les reins les dents serrées les yeux cernés et éclatés les mains désormais caleuses et rêches la tête qui doit tenir la volonté bordel

A la prochaine

Déjà il me tarderait presque de
Retrouver l'usine
Comme si
Je n'étais pas encore allé
Au plus loin du possible du bout de mon épuisement
Au bout du travail
Au bout de mon travail
Sur l'usine et moi-même

"Fini pour toi
A la prochaine"
Qu'il a dit le chef
Enfin un des chefs

C'est pas les chefs qui manquent
C'est le boulot qui manquent
C'est les sous qui manquent

Tant qu'il y aura des missions intérim
Ce n'est pas encore le point final
Il faudra y retourner
A la ligne

pp.115-116
+ Lire la suite
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Pour son premier roman « À la ligne » (Éditions La Table Ronde), Joseph Ponthus raconte dans un style formidable et surprenant, son expérience d?ouvrier à la chaîne.
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