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ISBN : 2824606681
Éditeur : City Editions (30/09/2015)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 77 notes)
Résumé :
1791. On découvre des cadavres dans la Seine, nus et la tête coupée. Malgré l’émoi que cela provoque, Victor Dauterive, jeune officier de la nouvelle Gendarmerie nationale n’a guère le temps de s'en préoccuper : Lafayette, son mentor, l’a chargé d’arrêter Marat, ce dangereux agitateur qui en appelle au meurtre des aristocrates. Une mission qui tourne vite au cauchemar pour l’enquêteur qui joue sa vie en posant trop de questions. Les vainqueurs de la Bastille sont-il... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (48) Voir plus Ajouter une critique
Clubromanhistorique
  28 décembre 2015
LE DÉBUT D'UNE SÉRIE SE DÉROULANT SOUS LA RÉVOLUTION FRANÇAISE
Ce roman policier historique est le premier volume d'une série intitulée "Les enquêtes de Victor Dauterive" qui a lieu sous la Révolution française.
Si la Révolution française est une période très prisée dans les romans historiques, elle l'est moins dans les romans policiers historiques, surtout sous forme de série. Certes, Nicolas Le Floch n'est pas très loin, mais ce personnage parisien évolue quelques années avant la Révolution française, en tout cas pour l'instant !
Et créer une série représente de nos jours un sacré pari et beaucoup de travail, car l'auteur ne réfléchit pas uniquement à un roman, il travaille plus globalement sur la série qu'il souhaite créer, l'organise, imagine les futures intrigues et l'évolution de ses personnages, car ce premier roman pose les bases de la série : époque abordée, personnages récurrents ou non, caractères physiques et psychologiques des personnages...
Ces deux aspects ont donc attiré ma curiosité !

LE LIVRE, UN SACRÉ PAVÉ !
C'est vrai, je préfère les romans en format poche et pas trop épais. J'ai beau être ce que l'on appelle "une grosse lectrice", les gros romans m'ont toujours fait un peu peur. Et là, un pavé de pratiquement 400 pages ! Cependant, la mise en page – blancs tournants, corps du texte et interlignage – est aérée et agréable à l'oeil.
De toute façon, j'étais déjà conquise par le titre, à la fois intrigant et évocateur, et par l'illustration en couverture, étonnante, pittoresque et qui rappelle qu'autrefois certains ponts de Paris étaient couverts de boutiques et de maisons.
Le message est clair : il s'agit bien d'un roman policier historique !

UN CONTEXTE HISTORIQUE AGRÉABLEMENT RETRANSCRIT
Même si la période de la Révolution française reste largement méconnue dans les détails, tout le monde connaît peu ou prou cette période charnière de l'histoire de France. Chacun d'entre nous est capable de citer quelques noms de grands personnages qui ont oeuvré dans les années 1789. Et la Révolution française continue de fasciner les gens, c'est une époque faite d'espoirs, de désillusions, de revirements, de trahisons, de progrès, de cruauté... Bref, tous les ingrédients sont déjà là pour écrire un bon roman historique ! Mais la difficulté est de trouver un angle d'approche original de cette période (personnages, thème, mode de narration...).
Jean-Christophe Portes place son intrigue en 1791 alors que le roi est toujours à la tête du pays et que l'Assemblée Constituante travaille à la rédaction de la Constitution. Malgré un certain nombre d'innovations (création des départements, réforme de la justice...), l'état de la France est toujours aussi fragile : à la pauvreté et à l'injustice qui persistent, s'ajoute un nouveau mal, celui des luttes de pouvoir et de son cortège de manigances, de manipulations, de trahisons, de bassesses, de complots... Les différents clans qui s'affrontent fragilisent d'autant plus la situation de la France.
L'auteur parvient à retranscrire toute l'atmosphère de cette époque, stimulante, pleine d'espoir, puisque tout est à inventer, mais aussi terrifiante, en raison des complots et des conspirations qui se trament entre le parti du roi et au sein même des différentes organisations révolutionnaires.
Si cette histoire m'est familière dans les grandes lignes, cette lecture m'a permis de découvrir l'histoire de la Gendarmerie Nationale (ancienne Maréchaussée), du Comité de liquidation des dettes et du cercle des Vainqueurs de la Bastille. Les informations historiques fournies par l'auteur sont subtilement distillées tout au long du roman, de telle façon qu'on apprend beaucoup de choses sans s'en rendre compte ! Certaines sont même apportées par des notes de bas de page, mais il n'y a aucune description indigeste. Ainsi, le lecteur ne se sent jamais écrasé par un flot d'informations ou interrompu dans sa lecture car c'est l'intrigue qui mène le jeu.
Pour restituer cette atmosphère si particulière, l'auteur s'est appuyé sur une riche bibliographie présentée en fin de roman mais aussi, plus en détails, sur le site web du livre.

PARIS AU XVIIIE SIÈCLE, ON S'Y CROIRAIT !
De la même manière, l'auteur parvient à nous rendre vivant le Paris de la Révolution française, une ville bien plus petite qu'aujourd'hui, qui correspond grosso modo aux six premiers arrondissements actuels. Au-delà, ce sont des fermes, des champs, des vergers, des monastères et des villages.
En suivant le héros de ce roman, Victor Dauterive, on découvre une ville vivante, pleine d'énergie mais aussi terriblement injuste : aux hôtels particuliers du centre s'opposent les quartiers plus excentrés. Tel est le cas du faubourg Saint-Marcel où vit l'un des personnages du roman, Suzanne : il s'agit d'un quartier où dominent les habitations vétustes dans lesquelles les gens vivent dans la saleté, le bruit et la promiscuité.
"Le jeune homme connaissait mal ce quartier, l'un des plus déshérités de la capitale. Il n'y avait jamais mis les pieds et découvrait des maisons noires, un peuple de mendiants et de pauvres gens, un sol puant où s'accumulait une crasse que nul ne songeait à curer. Il y avait, disait-on, moins d'argent dans tout le faubourg Saint-Marcel que dans une seule maison du faubourg Saint-Honoré."
Mais, quel que soit l'endroit, les rues sont étroites, sales, boueuses, encombrées... Haussmann n'est pas encore passé par là ! (même s'il n'a pas fait que du bien à la capitale...)
Outre la géographie et l'architecture de la ville, l'auteur nous fait découvrir au gré des pérégrinations de Victor Dauterive tous les petits métiers d'alors : ravaudeuse, aubergiste, graveur, publiciste, limonadier, marchand d'eau, rétameur, commis, boucher, menuisier, domestique, comédien, boulanger, vendeuse de marée, marieuse, brasseur, barbier, brigadier, juge, gendarme, clerc de notaire... Tout un monde disparu resurgit alors sous les yeux du lecteur !

LA RECETTE D'UNE BONNE INTRIGUE POLICIÈRE
Outre un contexte historique brillamment décrit, l'auteur développe ici une intrigue criminelle bien ficelée et parfaitement intégrée à un épisode marquant de l'histoire de France. Constituée de deux histoires a priori indépendantes, l'intrigue est rythmée par une suite de meurtres, de complots, de trahisons, de poursuites et de fausses pistes : pas de temps mort, il y a en permanence des rebondissements qui permettent au héros d'avancer dans la résolution de son enquête, même si celle-ci s'avère assez compliquée.
Autre particularité de cette intrigue : le lecteur est parfois amené à suivre d'autres personnages que le héros et, par là même, a parfois un petit temps d'avance sur ce dernier, mais pas toujours car le lecteur ne sait pas forcément pourquoi l'auteur l'amène à suivre d'autres personnages ; ce sont parfois de vraies pistes, parfois de fausses pistes... l'auteur joue véritablement avec notre perspicacité. Maîtrisant à la perfection son sujet, l'auteur instaure un suspense qui tient le lecteur en haleine jusqu'aux dernières pages.

UN DÉBUT ASSEZ DÉCONCERTANT
Comme le roman se divise dans un premier temps (pendant au moins 180 pages) en deux histoires parallèles – l'enquête sur les corps retrouvés sans tête et la mission donnée par La Fayette à Victor Dauterive d'arrêter Marat –, on a un peu de mal à comprendre au début s'il y a une intrigue principale ou pas, si les deux intrigues vont se réunir et, si oui, comment.
D'un point de vue narratif, cette juxtaposition de deux histoires qui vont finir par se recouper n'est pas évidente à gérer, d'autant qu'aucun personnage ne sert de liant. D'où des sauts de puce un peu intempestifs : au cours de la lecture, on passe d'une intrigue à l'autre, d'un personnage ou d'un lieu à un autre, sans aucune transition et indication à part un saut de ligne. Il aurait été intéressant de conserver le découpage chronologique mis en place pour le premier chapitre du roman, mais que l'on ne retrouve pas par la suite, et d'y ajouter une mention géographique, car parfois ce n'est qu'au bout de trois lignes que l'on comprend qu'on a changé de personnage ou de lieu. La lecture n'est donc pas très aisée, même si l'on comprend dès que l'on voit un saut de ligne qu'on va changer d'histoire, de personnage ou de lieu. En outre, sans mention de date, on perd le fil du temps et je serais bien incapable de vous dire combien de temps dure cette enquête.

UN SCÉNARIO ÉLABORÉ ET UNE ÉCRITURE FLUIDE
Présenter l'auteur dans le cas présent me semble d'autant plus important qu'il s'agit d'un premier roman et que la formation et le métier de l'auteur ne sont pas étrangers à la conception et à l'écriture de ce roman.
En effet, après avoir étudié le cinéma, la vidéo et l'animation à l'École Nationale de Arts Décoratifs, Jean-Christophe Portes est devenu journaliste et réalisateur. Travaillant pour la télévision, il est l'auteur d'une trentaine de documentaires consacrés à la société ou à l'histoire.
Et, en effet, que ce soit dans la description du Paris d'alors, des situations, de l'action ou bien des personnages, l'écriture de l'auteur est très visuelle, en lien avec un scénario bien construit. Le récit est ainsi magistralement maîtrisé, l'auteur tient toutes les ficelles entre les mains et sait parfaitement quand il va les lâcher. En lisant l'interview de l'auteur sur son site, mon intuition s'est confirmée : il a d'abord rédigé un synopsis puis s'est lancé dans un plan détaillé, constitué de séquences. Une fois validé, il s'est lancé dans l'écriture, apportant par là même le rythme, les descriptions, les émotions...
Cette méthode serait donc la recette magique pour écrire un roman ? Eh non, savoir écrire un scénario détaillé est important, mais cela ne suffit pas : en effet, si seul le scénario est soigné, le lecteur a la sensation d'évoluer dans un univers artificiel, sans aucun relief ni caractère. Outre le scénario, il faut être capable de restituer une époque, un contexte, une atmosphère, de développer des personnages, leur psychologie, ce que l'auteur réussit parfaitement ici.
Bien écrit, agréable à lire, bien rythmé, ce roman se lire avec plaisir et facilité. Les descriptions sont parfois un peu courtes, mais cela permet au récit de rester dynamique. La plume est captivante, légère, donnant un effet de réalisme bien réussi, puisque l'ambiance de l'époque est bien rendue. On est tenus en haleine jusqu'à la dernière page.

LE HÉROS, UN JEUNE ENQUÊTEUR DE 19 ANS
Une intrigue policière bien menée donc, avec à sa tête le gendarme Victor Dauterive. Contrairement à certains personnages d'autres romans historiques, Victor n'est pas un homme aguerri, sûr de lui, parfait.
En effet, suite à des démêlés avec son père, le marquis de Saulon, Victor Brunel de Saulon, chevalier d'Hauteville, a fui sa région natale, la Bourgogne, pour gagner la capitale où, grâce à la protection de La Fayette, il devient à 19 ans sous-lieutenant de la Gendarmerie Nationale et s'appelle désormais Victor Dauterive. Officiellement, le jeune homme est affecté à la garde de l'Hôtel de ville ; dans les faits, La Fayette lui confie des missions confidentielles.
Passionné de dessin et de peinture, Victor est un jeune aristocrate patriote, pétri des idéaux des Lumières, grand lecteur de Voltaire, de Rousseau et de Plutarque. C'est en sa compagnie que l'on découvre cette période pleine de clairs-obscurs, que l'on revit les événements tels qu'ils ont été vécus au jour le jour, en dépassant les clichés qui ont fini par s'imposer aujourd'hui.
Fougueux, parfois un peu candide, mais toujours volontaire, Victor évolue au fil du roman, au fur et à mesure qu'il découvre les réalités politiques de la période dans laquelle il vit. Il prend de l'épaisseur, acquiert de l'expérience au contact d'hommes plus expérimentés (le conseiller de Gastine, le chirurgien-barbier Bouvreuil et l'archiviste Duperrier). Il commet des erreurs, tombe dans des pièges grossiers, mais il grandit et apprend de ses erreurs. Nul doute qu'il prendra davantage d'assurance au fil de ses enquêtes et des romans.
Puisqu'on en est à parler du héros et de son évolution dans les prochains romans, il pourrait être intéressant et bien utile d'ajouter une liste des personnages présents dans le roman, car autour du héros évolue un assez grand nombre de personnages : La Fayette, Antoine Talon, de Gastine, Bouvreuil, Duperrier, la veuve Pinsonnet, Suzanne, Picot, Maurice Duplay, le père François et sa femme, Lesage, Stanislas Bourdon, Charpier, Peretat, le marquis de Saulon, Vassel, Agnès de La Chesnaye, le vicomte de Saint-Prix, Pierre Chéron, mademoiselle Lange, Boulay de Lhéritier...

DES CLINS D'OEIL HISTORIQUES
Au cours de son enquête, Victor Dauterive est amené à croiser une foule de personnages fictifs, le petit peuple de Paris, mais aussi historiques : La Fayette, Marat, Louis XVI, Marie-Antoinette, Danton, Hébert, Olympe de Gouges, Talma, Fragonard, Madame Roland et son époux, Madame Helvétius, Louis Sébastien Mercier, de Batz, Perrégaux... et bien d'autres révolutionnaires qui ne s'entendent guère entre eux, à cause de conflits d'intérêt. L'auteur parvient brillamment à mêler ces personnages historiques à l'intrigue.
J'ai particulièrement apprécié l'irruption de Fragonard dans le cours du récit, ce "vieillard d'au moins soixante-cinq ans, le teint jaune et les traits fatigués. Il portait un mauvais manteau de laine, une grosse écharpe et un petit tricorne, mais cette mise assez pauvre contrastait singulièrement avec l'assurance un peu moqueuse du regard."
Mais également la présence d'Olympe de Gouges, "une agréable personne d'environ quarante ans, au visage rond et aux grands yeux charmeurs", dont l'auteur nous fait partager les revendications et idéaux très actuels : droit de vote des femmes et leur intégration dans la société à la même place que les hommes, aides pour les pauvres isolés dans les quartiers délabrés, abolition de l'esclavage... Un personnage plein de charme, combative, pugnace, combattante, sensible, attentive au sort des autres...
Et, pour finir, l'évocation du milieu du théâtre via le fameux Talma, "un grand jeune homme de belle allure, les cheveux coupés court à la Titus, en costume et sandales romaines parfaitement reproduits", et la rupture entre la troupe du Théâtre-Français et les comédiens patriotes qui se réfugient dans un nouveau théâtre, rue Richelieu.

EN CONCLUSION
Points forts :
– Le premier volume d'une série policière qui se déroule sous la Révolution française.
– Un personnage principal non stéréotypé, qui évolue au cours du roman.
– Un scénario bien construit.
– Une belle restitution du Paris sous la Révolution.
– Un mélange harmonieux entre personnages fictifs et historiques, entre l'intrigue policière et l'Histoire.
– Un roman accessible à tous, quelle que soit la connaissance du lecteur en histoire.
Points faibles :
– Absence de repères spatio-temporels structurant le texte.
– Une introduction sur le contexte historique aurait été un plus.
– Une construction originale mais qui peut dérouter le lecteur sur une centaine de pages.
– Pas de liste de personnages au début du roman.

Merci à l'auteur, Jean-Christophe Portes, qui m'a permis de découvrir ce roman !
Lien : http://romans-historiques.bl..
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jppoprawa
  11 février 2019
Ebook téléchargé à partir de Kobo. J'adore le principe de la liseuse.
Je ne sais pas faire des critiques de quinze pages, ce n'est pas mon style. On aime où on n'aime pas un livre, soit on abandonne la lecture dès le début du roman, soit on arrive au bout en quelques heures, et là, c'est la magie de la lecture.
Ici, avec «L'affaire des corps sans tête (les enquêtes de Victor Dauterive)» de Jean-Christophe Portes qui mélange la réalité et la fiction pour notre plus grand plaisir. On ne s'en rend même pas compte car c'est très bien fait et ce que vit notre sous lieutenant Dauterive est tout à fait crédible. J'adore « le policier historique » car il nous replonge dans un Paris et une France de 1791 ou des grands noms, comme Marat, Danton, La Fayette, Louis XVI, Olympe de Couge, ressurgissent du passé pour essayer de nous faire vivre leur époque. L'énigme nous tient en haleine du début à la fin. C'est un roman plein de rebondissements.
On n'a pas envie de s'arrêter de lire ce roman et on souhaite en connaître le dénouement le plus rapidement possible. Trouvez le, lisez le, vous ne serez pas déçu.
Bonne « E » lecture à vous.
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Papyriri
  03 février 2020
Tout d abord je tire mon chapeau à l auteur pour le contexte historique qu il connait à la perfection , il décrit l époque dans tout le basculement de la société monarchique vers ce qui sera la République . Avec ses vices et ses vertus L' histoire en elle même sans être originale est solide , bien conçue , on y croise des personnages historiques au destin plus ou moins dramatiques, les méchants de fiction sont effrayants à souhait ,les "gentils" des rôles secondaires attachants ils ont une réelle existence et leur triste sort navrant .Maintenant Victor Dauterive ! Est ce la volonté de l auteur ? mais il est inconsistant , il erre entre les pages du roman sans rien comprendre , on se demande même comment il peut résoudre l énigme vu son peu de vivacité d esprit . On se demande bien l intérêt de le mêler a l arrestation de Louis XVI à Varennes vu qu il n arien compris et suit les événements les yeux exorbités . Il est posé sur cet événement historique comme une mouche sur du lait . Coté sentiments ce n est pas mieux c est a peine s il verse une larmichette sur la tragédie de sa maîtresse , il est d une indifférence polie glaçante sur celles des personnes qui l' ont soutenu et aidé . Donc au mieux un égocentrique au coeur sec . Voilà pour ce jeune homme Je vais terminer mon petit billet ( pas doux ) par deux mot sur Lafayette ,dans le récit , je vais faire court c est Mister Bean en plus crétin
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Herve-Lionel
  17 janvier 2016
La Feuille Volante n°1004 – Janvier 2016
L'affaire des corps sans tête - Jean-Christophe Portes - City Éditions.
Nous sommes en 1791, une période où le roi et les révolutionnaires cohabitent encore tant bien que mal, où La Fayette, revenu tout auréolé des Amériques, tente de ménager son avenir entre une royauté qui vacille et un nouveau régime encore assez incertain, occupé à rédiger une nouvelle constitution, organisant une sorte de transition. Dans ce contexte, on retrouve dans la Seine le corps d'un homme nu décapité, sans doute pour qu'on ne le reconnaisse pas, et ce cadavre est suivi par d'autres également sans tête. La Révolution n'est peut-être pas encore entrée dans cette période trouble où elle a envoyé à l'échafaud tant de ses citoyens, mais quand même, l'affaire est d'importance ! Dans le même temps Marat qui attise la révolte et appelle au meurtre des aristocrates, semble protégé par la population parisienne et La Fayette charge un de ses proches, le Chevalier d'Hauteville, devenu Victor Dauterive, jeune sous-lieutenant de dix-neuf ans de la récente gendarmerie nationale, désireux d'échapper à la tutelle familiale, de l'arrêter. La période baigne dans une atmosphère de complots où ordres et contrordres se succèdent de sorte que, après moult péripéties, l'affaire de l'arrestation de Marat est un échec et notre sous-lieutenant est démis de ses fonctions. Pour autant, ses investigations maintenant personnelles, émaillées d'ailleurs de nombreux meurtres et rebondissements, le ramènent vers cette histoire de cadavres sans tête.
J'ai apprécié cette balade au sein de ce Paris de la fin du XVIII° siècle qui m'a toujours enchanté. L'auteur promène son lecteur alternativement dans les quartiers populaires aux rues sales et étroites, dans les bouges et les cabarets autant que dans les théâtres et dans les salons et lui fait découvrir des petits métiers aujourd'hui disparus tels que ravaudeuse, marieuse, chirurgien-barbier... Les événements troubles de cette période ajoutent au suspense et à l'intérêt de ce livre bien documenté et au style agréable qui s'attache son lecteur dès les premières pages, le tient en haleine et ne l'abandonne qu'à la fin, sans que l'ennui ait pu s'insinuer dans sa lecture. J'ai également apprécié les rencontres entre des personnages historiques et fictifs dans le cadre de ce roman, les figures d'Olympe de Gouges, bien à la hauteur de sa réputation, de Talma, de Fragonard... ne m'ont pas laissé indifférent. Même si cette technique a été largement usitée par d'autres écrivains dont cette chronique s'est souvent fait l'écho, je salue une nouvelle fois cette heureuse initiative. Je note également l'aspect culinaire du texte qui donne une dimension, certes accessoire mais plus personnelle, aux événements évoqués.
Ce texte met aussi en évidence, mais ce n'est pas une nouveauté, les travers de l'espèce humaine. Il y avait certes les grandes et généreuses idées de la Révolution qui mûrissaient depuis longtemps, la volonté de changer la société, d'émanciper les gens du peuple, de leur donner cette liberté qu'ils attendaient, mais tout cela n'exclut guère la bassesse des hommes, leur duplicité, les manipulations, les délations, les trahisons, la corruption, la perfidie, l'appât du gain qui sont inhérents à la condition humaine et qui ont largement nourri les désillusions qui ont suivi… La pauvreté et l'injustice ont persisté et chacun, même parmi les
Révolutionnaires, a cherché à préserver son pouvoir et son influence, ce qui donne une situation délétère fort bien rendue.
Ce roman est baigné par une véritable intrigue policière avec parfois de fausses pistes et aussi la cohabitation de deux histoires apparemment étrangères l'une à l'autre, d'une part cette arrestation de Marat et d'autre part ces découvertes déconcertantes de corps sans tête. On passe de l'une à l'autre sans pratiquement de transition et il faut attendre la fin, sur fond de fuite du roi à Varennes, pour s'apercevoir qu'elles ont un lien entre elles. C'est aussi une réflexion sur la raison d'État, les grands principes si hautement déclarés, les décisions d'opportunité et sur le pouvoir politique et que ce roman illustre. Elle est permanente et ne saurait se limiter à cette période [« C'est donc cela le pouvoir, une succession de mensonges et de trahisons, loin des regards du peuple, bien loin du services des idées »]. Les délinquants d'hier retrouvent leurs fonctions officielles et leur pouvoir alors qu'ils ont menacé les fondements mêmes de l'État et l'hypocrisie générale recouvre de son manteau bienveillant tous leurs crimes et charge l'amnésie voire l'amnistie de les reléguer aux oubliettes de l'Histoire.
Ce roman historique, qui est aussi le premier de cet auteur m'a procuré un bon moment le lecture et je suivrai volontiers ses publications futures.
© Hervé GAUTIER – Janvier 2016. [http://hervegautier.e-monsite.com ]
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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talou61
  08 octobre 2018
Merci Monsieur Jean-Christophe Portes !
De février à juin 1791, l'enquête du gendarme Victor Dauterive sur des cadavres dans la seine, aboutira à la découverte un plus vaste complot lié à la fuite du roi et son arrestation à Varennes.
La rencontre des personnages inventés (Dauterive, Duperrier, Bouvreuil) aux vrais personnages historiques (Jean-Louis David, Fragonard, Marat, Duplay, Lafayette, Olympe de Gouges…) est vraiment crédible et réaliste.
Les descriptions des scènes de rues de Paris au XVIIIe sont splendides et trahissent une excellente connaissance historique.
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Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
jppoprawajppoprawa   11 février 2019
Les usurpations des riches, les brigandages des pauvres, les passions effrénées de tous étouffant de la pitié naturelle, et la voix encore faible de la justice, rendirent les hommes avares, ambitieux et méchants.
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Herve-LionelHerve-Lionel   16 janvier 2016
C'était la règle des salons : il ne fallait jamais aller trop loin dans la dispute, même si l'on guettait avec gourmandise le bon mot qui pouvait faire le tour de Paris en quelques heures et ridiculiser sa victime pour longtemps. Révolution ou pas, la vieille maxime de La Rochefoucauld était toujours aussi vraie : le ridicule déshonore plus que le déshonneur lui-même.
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Herve-LionelHerve-Lionel   16 janvier 2016
Depuis cette sinistre confrontation avec Talon dans le donjon de Vincennes, il ne savait plus quoi penser de la Révolution. Lui qui, quelques mois auparavant avait les idées si arrêtées, il ne savait plus comment considérer les choses. Ses grands principes, ses préceptes nourris à la lecture de Rousseau, ses enthousiasmes de jeunesse, tout cela lui paraissait soudain lointain, vain, presque chimérique. La réalité politique était autrement plus complexe et plus féroce.
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talou61talou61   08 octobre 2018
Parmi les multiples réformes votées par les députés de la Constituante, la plus symbolique - et la plus urgente - concernait sans nul doute la justice. Depuis longtemps, les Français la jugeaient lente, injuste et cruelle, se plaignant de la multitude de juridictions et de la corruption qui y régnait. Pour faire table rase du passé, on avait institué des juges de paix, magistrats de proximité élus, qui appliqueraient la même loi pour tous, gratuitement.
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talou61talou61   08 octobre 2018
Depuis deux ans, on ne parlait que de liberté et d'égalité, mais le peuple, c'était toujours la canaille, la populace. On s'en méfiait, on lui refusait le droit de vote ou celui de porter les armes.
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Videos de Jean-Christophe Portes (26) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jean-Christophe Portes
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